Parce que je crois que ce texte est important et intéressant, je me suis permis d’en faire la traduction. Je vous demande de bien vouloir me pardonner les imperfections inévitables. Et, si l’un d’entre vous apercevait une erreur modifiant le sens du texte, je lui serais reconnaissant de me le faire savoir pour que je puisse rectifier. Merci d’avance (J.D.)
De l'écrivain Vicent Boix
Un travail excellent et révélateur !
Cristina Castello
http://www.cristinacastello.com
http://les-risques-du-journalisme.over-blog.com
"nous revenons à l'époque où être de gauche était une hérésie"
Chers amis, à propos des faits lamentables qui se précipitent au Honduras, j'ai eu l'occasion d'avoir une entrevue avec un journaliste ami du Diario Tiempo.
http://www.elparquedelashamacas.org/html/rubenescobar.html
L'interview peut être publiée et distribuée librement.
Merci beaucoup et j'espère qu'elle trouvera votre intérêt.
Bien à vous
Vicent Boix
Traduction de Jean Dornac
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Devant les faits lamentables qui arrivent dans la République du Honduras, j'ai eu l'occasion d’avoir une entrevue par Internet avec le journaliste Rubén Escobar. Il occupe actuellement le poste de chef des informations au Diario Tiempo (http: // www.tiempo.hn/), un journal de San Pedro Sulan, la deuxième ville la plus importante du pays de l'Amérique centrale après la capitale Tegucigalpa.
Le Honduras est un pays qui accapare peu les nouvelles en Europe. Beaucoup ne connaissaient pas son actuel président José Manuel Zelaya Rosales (Mel) et moins encore son travail politique à la tête de l'exécutif. Tout a changé il y a quelques jours quand il a été une victime d'un coup d'État honteux qui a alimenté les premières pages des médias internationaux et qui provoque un rejet sans précédent dans la région.
Pour commencer, il serait intéressant d’en savoir un peu plus sur ce président : qui était Manuel Zelaya avant de se lancer dans la course présidentielle ? Avec quel parti s’est-il présenté aux élections ?
José Manuel Zelaya Rosales est fils d'un propriétaire de terrains décédé, et d'une maîtresse d'école. Il est originaire d'une province rurale appelée Olancho, de là lui vient l'usage de son chapeau Stetson, son style " fermier" et son amour par les chevaux qui l'a amené à prendre la tête de défilés hippiques dans quelques villes du pays et même à Managua.
Son père fut impliqué, dans les années 70, dans un complot au cours duquel ont été assassinés quelques membres de l'église catholique et civils de gauche ; son inclination subite au socialisme en a surpris plus d’un. Ce fait est connu dans l'histoire du pays comme " la masacre de los Horcones ", du nom de la ferme familière des Zelaya.
De fait, quelques détracteurs sont arrivés à remarquer qu'un jeune homme "Mel" était l'un des conducteurs des véhicules où ont été séquestrés les dirigeants et les "disparus", mais cela n'a jamais pu être prouvé et, bien que son père ait été condamné, par la suite, il a été aidé et n'a pas été repris.
Avec le retour à la "démocratie" (malgré tout entre guillemets), en 1981, il est apparu comme activiste du Parti Libéral et a aidé d'autres candidats à parvenir à la présidence, jusqu'à ce que le mandataire Carlos Flores Facussé, en 1998, l'a nommé ministre directeur du Fonds Hondurien d'Investissement Social (une entité chargée de construire des écoles, des jardins d'enfants, des systèmes pour l'eau et d'autres oeuvres d'infrastructure dans les plus pauvres communautés).
Il a renoncé à cette charge avec l'argument qu’il commençait à travailler pour être candidat à la présidence, chose qu'il a faite pour les élections de 2005, au cours de laquelle il a battu par une marge peu importante Porfirio Lobo Fade, du Parti National. Bien que beaucoup le disaient « ingénieur », il est connu qu'il a suivi un cours de seulement 11 matières d'ingénierie civile à l'Université Nationale Autonome du Honduras, parce qu'il était un mauvais étudiant.
Bien qu'il ait pris la tête de l'un des partis traditionnels de la droite du pays, rapidement Mel a pris une tournure de gauche avant d’intégrer l’ALBA : y a-t-il initialement un motif pour que Mel abandonne la racine conservatrice du Parti Libéral, pour initier une série de mesures politiques de caractère progressiste et nationaliste ?
Au début, rien ne laissait présager ce changement, bien qu’il se soit entouré des personnages qui, dans sa jeunesse, faisaient partie de groupes universitaires de l'aile gauche du Parti Libéral, comme Patricia Rodas (nommée ministre des Affaires étrangères), Milton Jiménez Puerto (qui fut auparavant son ministre des Affaires étrangères, au cours des années 80, et qui lorsqu’il était étudiant universitaire, a été arrêté par les militaires comme "communiste") et Jorge Arturo Reina (qui dans les années 50 a été à la tête d'un groupe qui a combattu contre des putschistes militaires ; il l’a nommé ambassadeur du Honduras à l'ONU).
Tout semble indiquer que les nécessités économiques l'ont fait se tourner vers la gauche, bien que l'on n'écarte pas qu’il ait fait ce choix sur les conseils de certains. Selon ses propres déclarations, il pris contact avec des organismes financiers de Washington qui ne l'ont pas appuyé, il a donc rencontré Hugo Chávez qui lui a ouvert son « coffre » à un moment où le pétrole atteignait le plus haut pic sur le marché international.
Tout de suite, l'Alternative Bolivarienne pour les Peuples de l'Amérique est venue grâce à laquelle Chávez a offert cent tracteurs et de l’argent par des prêts. Les tracteurs sont arrivés, mais jusqu'à présent ils n'ont pas été utilisés et les prêts ne sont pas arrivés à être déboursés, sauf le fond pétrolier dont on ne se sait pas où et comment il a été investi.
Partant de la question précédente, nous sommes plusieurs à nous demander si réellement le gouvernement du président Zelaya a entrepris des changements politiques palpables, structuraux et réels vers une société moins inégale et plus juste ou, si au contraire, tout n’est que façade pure et rhétorique : des réformes significatives ont-elles été expérimentées au Honduras depuis que Mel est président ? Peut-il montrer un exemple de ces changements ?
À ma connaissance, il n'y a pas eu de changements de fond, mais les décisions polémiques ont miné sa relation avec les entrepreneurs, avec les hommes politiques traditionnels et avec le système judiciaire. Ainsi, lorsque les prix du pétrole étaient très hauts, il a initié un processus d'enchères des combustibles et a commercé avec un conseiller nord-américain (Robert Meyeringh), mais son plan n'a pas pu être exécuté parce que le gouvernement n'a pas d'installations de stockage du combustible et quand ils ont essayé d'exproprier les citernes de l'entreprise Distributrice de Produits de Pétrole S.A. (Dippsa) l'initiative s'est heurtée aux tribunaux. C'était l'un des bras de fer perdu contre l'entreprise privée et le système judiciaire.
Tout de suite, il a essayé de contrôler le trafic des véhicules pour diminuer la consommation du carburant, mais de la même manière, une décision judiciaire l’en a empêché sous prétexte que cela limitait la liberté de locomotion.
L'une des mesures, un bouleversement, qu’il a imposé aux entrepreneurs en janvier de cette année, c’est le relèvement du salaire minimum de 60 pour cent, ce qui a déclenché une vague de critiques de la part des entrepreneurs. Quelques médias ont redoublé de campagnes mal intentionnées pour miner son image, ce qui ne l'a pas fortifié dans sa majorité, qui est pauvre, puisqu'il faisait front fréquemment aux leaders patronaux et aux maîtres de médias, chose que les présidents précédents ne faisaient pas.
De temps en temps, je communique avec une amie nicaraguayenne qui a travaillé avec moi dans des projets de coopération dans le pays. Depuis l'entrée de Daniel Ortega comme président du Nicaragua, elle a accompagné des dizaines de personnes de sa ville à Cuba pour qu'elles soient opérées de la vue, dans le cadre de "l'Opération le Milagro". De quoi le Honduras a-t-il bénéficié par son entrée dans l'ALBA ?
La vérité consiste à dire que la présence cubaine dans l’ "Opération Milagro", où le Venezuela est également présent, a été initié au Honduras bien avant l'arrivée du Honduras dans l'ALBA. De fait, la présence de brigades cubaines a démarré après le passage de l'ouragan Mitch, en octobre 1998, quand le pays est resté désolé. La caractéristique des médecins cubains, c'était leur arrivée dans les lieux retirés, où leurs confrères honduriens n'arrivaient pas, fait pour lequel beaucoup de gens ressentent de l'estime pour leur travail. De plus, Cuba a accordé une bourse à des dizaines de pauvres Honduriens pour étudier à l'École Latino-américaine de Médecine à La Havane, alors qu'au Venezuela des centaines de personnes ont été opérées de problèmes de vue grâce à l’"Opération Milagro". Sous l'instruction de conseillers cubains, des moniteurs honduriens ont appris à lire aux milliers d'analphabètes, spécialement les paysans.
Cependant, les bénéfices de l'ALBA ne sont pas toujours très clairs parce que le pays n'a pas été longtemps sous ce système. Cependant, les cent tracteurs, ce don du Venezuela, sont déjà dans le pays et le fond du prêt créé. Il serait supposément utilisé dans quelques oeuvres sociales qui n'ont pas été totalement définies par le gouvernement de Zelaya, parce que, à cette époque de l’année, le budget de 2009 n'était pas encore élaboré.
La bourgeoisie hondurienne, les députés, l'armée, etc.., différaient les décisions du gouvernement de Mel. La consultation populaire pour demander la création d'une assemblée constituante, qui débouchera sur une nouvelle constitution, a été la goutte qui a fait déborder le vase et a déclenché les alarmes des secteurs réactionnaires. Le président s'est-il exposé dangereusement avec les réformes qu'il essayait d'introduire dans la constitution si finalement la constituante naissait ?
Il a toujours affirmé qu'il ne pensait pas à être réélu et qu'il livrerait le pouvoir en janvier 2010, comme prévu. Cependant, la Constitution hondurienne peut être réformée en majeure partie par le Congrès National, seuls huit articles ne peuvent pas l’être, ce sont ceux qui prévoient la forme de gouvernement, incluant les périodes présidentielles. Ces articles se nomment "les pétrifiés" parce qu'ils ne peuvent pas être réformés, garantis par la constituante. Par déduction on pourrait dire qu'il essayait de créer les conditions pour une réélection. De plus, c’était, l'antécédent par lequel la majorité des pays de l'ALBA ont changé leur constitution pour de possibles réélections du président.
Ce n'est un secret pour personne que Mel est isolé, même par les députés de son propre parti. De plus, son mandat prend fin dans quelques mois et il ne peut pas être réélu. Par conséquent, sa faiblesse est manifeste et ses jours dans la politique sont comptés. Croyez-vous que Mel pense à la fondation d’une force politique qui pourrait conquérir le pouvoir dans l’avenir ?
Je pense que oui, puisque la Constitution accepte des réformes économiques et sociales, mais non politiques, par défaut, on peut dire qu'il cherchait les conditions propices pour la réélection, en s'incluant lui-même puisque, malgré le fait qu'il avait déjà plus de trois ans de gouvernement, il était extrêmement populaire. De fait, une enquête de Cid-Gallup, publié il y a quelques mois par La Presse, un milieu qu'il contrarie, a révélé qu'il était plus populaire que Porfirio Lobo Fade, ce candidat qu'il a battu en novembre 2005.
En suivant l'idée de la réélection, rappelons l'exemple "Chaviste", dans lequel l'une des bases idéologiques consiste en ce qu'une "révolution" ne peut pas être effectuée en quatre ans, puisque c’est un "projet" à long terme.
Si Ronald Reagan ressuscitait, il observerait que ses deux ennemis des années 80 ont atteint le pouvoir en Amérique centrale : Le Front Sandiniste au Nicaragua et le Front Farabundo Martí au Salvador. De plus, le Honduras, le pays qui a servi de base militaire pour les opérations des États-Unis dans sa lutte contre les guérillas du Nicaragua, du Salvador et du Guatemala a maintenant un président qui a entrepris des mesures politiques progressistes et qui partage de plus des inquiétudes et des discours avec des figures comme Fidel Castro ou Hugo Chávez. Cette scène était impensable il y a cinq ans. Qu'est-ce qui change en Amérique centrale ?
Roberto Micheletti
Président par coup d'Etat
Il me semble que c'est le même phénomène dans toute l'Amérique latine (la Venezuela, le Paraguay, l'Argentine, le Chili, le Brésil, l'Équateur, la Bolivie, le Nicaragua, le Salvador et, presque, au Mexique). Cela a un rapport avec le désenchantement de la "démocratie". Le peuple est appelé à voter tous les quatre ou six ans, mais après, les élections passent à un second plan tandis que les députés, les ministres, les fonctionnaires et même le président se "servent avec une grande cuiller" après avoir réparti pour les entrepreneurs amis, des contrats, des lots confidentiels et tout type de fonds publics. Alors l'alternative qui a été trouvée ce sont les partis de gauche, surtout maintenant qu’existe un cadre légal pour qu'ils arrivent au pouvoir et qu'il n'y a pas de propagande comme dans les années 80, où les termes comme "socialiste" et "communiste" étaient l'équivalent du diable. Bien qu'actuellement, avec le président Roberto Micheletti récemment autoproclamé, nous soyons revenus à cette époque de diabolisation de ces termes.
On commence à respirer les nouveaux airs et les parfums qui arrivent de l'Amérique du Sud et concrètement depuis le Venezuela, la Bolivie, l'Équateur, l'Argentine, etc.. ?
Effectivement, bien qu’au désavantage de la grande majorité de Honduriens, nous ayons une oligarchie qui a pris soin de ne pas offrir une éducation profonde à ses masses, de façon à ce que beaucoup de gens sont facilement manipulables, au point qu’en ce moment, après le coup, la société est polarisée et que nous revenions à l'époque où être de "gauche" est une hérésie et ils ne comprennent pas le fond : les putschistes ont détruit en un jour ce qui a coûté 28 ans de construction, une démocratie faible, une créature qu'on formait encore et qui n'existe pas maintenant par la soif de pouvoir de certains et par l'ignorance de beaucoup.
En revenant sur l'actuel coup d'État, je suis très surpris par le soutien international que Mel a récolté. Le président de fait, Roberto Micheletti, est totalement isolé. Curieusement, cela n'est pas arrivé dans les coups d'État au Venezuela en 2002 et à Haïti en 2004. Le modus operandi a été similaire : la séquestration du président, un faux document de renoncement et la nomination à deux doigts près d'une marionnette de transition. Dans ces deux cas, la presse internationale et beaucoup de gouvernements ont caché le caractère putschiste avec la manipulation des informations. À quoi doit-on cet appui international historique qu’obtient le gouvernement de Mel ? Peut-être y a-t-il la crainte que si le gouvernement putschiste se maintient, soit exploitée une espèce de "guerre froide" et l’instabilité dans la région qui affecterait les investissements des entreprises du nord ?
Je pense qu'en partie c’est dû à l'actuelle tendance unificatrice des gouvernements latino-américains, marqués par divers types de socialisme, ou bien, et c'est certain, le marché est aussi important que s'il était une personne. Mais aussi, le gouvernement de Barack Obama montre un caractère plus flexible envers ceux qui pensent différemment. Peut-être que si George Bush était encore au pouvoir, il aurait reconnu le gouvernement putschiste. De plus, il me semble que l'action des militaires, des hommes politiques et des entrepreneurs honduriens a été inconstitutionnelle. C'est-à-dire, historiquement les coups d'État en Amérique latine ont eu la permission ou ont été promus par les États-Unis et de ce fait se répandait la reconnaissance du nouveau gouvernement vers l'aire d'influence. Je crois que dans ce cas il n'y a pas eu de "permission".
Quelle scénario prévoyez-vous dans votre pays durant les prochains mois ?
Beaucoup d'incertitude et d’instabilité. Si ce gouvernement reste, beaucoup de gens, à l'intérieur et à l’extérieur, ne l'accepteront pas et nous pourrions rester isolés. Si Zelaya revient, il va se retrouver face au Congrès, au Pouvoir Judiciaire, au Ministère Public et à l'Armée semblables à l'actuelle faction et il ne vont pas le laisser gouverner.
Quel a été, au Honduras, le rôle des USA dans les dernières années et maintenant durant le coup d'État ? A-t-on perçu un changement depuis que Barack Obama est président ?
Les États-Unis ont toujours été un appui financier pour le Honduras en tout sens. Déjà par des déboursements directs ou pour permettre à presque cent mille Honduriens de résider avec un permis de travail là-bas. Cependant, dans la dernière décennie et depuis la chute du Mur de Berlin nous perdions de l'importance stratégique, au moins de manière apparente et l'intervention des ambassadeurs s'est limitée à critiquer quelques décisions des gouvernants sans aller en profondeur. De fait, quand Zelaya s'est tourné vers la gauche, ils ont nommé ambassadeur Hugo Llorens, un diplomate sans confrontation, qui a supporté la situation avec des déclarations "douces" et jamais interventionnistes. Je crois qu'Obama est assez tolérant mais nous attendons des décisions importantes la semaine prochaine.
Face à la situation du Honduras : quel rôle devraient adopter des pays comme l'Espagne ou même l’Union Européenne ?
Il me semble que cela a été un rôle clef de monsieur le secrétaire de Relations Extérieures, Miguel Ángel Moratinos, d’avoir sollicité le retrait des ambassadeurs européens, ce qui est déjà entré, hier, en vigueur. Ses mots ont été forts, accablants, après avoir dit que le gouvernement de fait ne doit même pas essayer de communiquer avec les autorités espagnoles parce qu'elles ne lui répondront pas. C’est vers là que tous les efforts doivent être orientés, à isoler un gouvernement que personne n'a choisi et que personne ne veut, sauf quelques entrepreneurs et leurs employés, qui sont "invités" à annoncer des marches et des manifestations en faveur de Roberto Micheletti, un homme politique de « quart » qui n'a même pas pu gagner les élections internes de son parti en novembre passé.
En commençant à commenter un peu le rôle de la société devant les faits qui arrivent, à un endroit, j'ai lu que le Honduras ne dispose pas de quelques organisations sociales fortes et avec expérience, cependant on mobilise les gens et leurs organisations pour la défense de la légalité démocratique ? Croyez-vous que la dite mobilisation soit fondamentale pour reprendre la normalité politique et pour que Mel revienne au pays et à la présidence, de la même manière qu'au Venezuela en 2002, lorsque le peuple est descendu dans la rue pour défendre Hugo Chávez ?
Les choses se passent de façons variables. En premier lieu, il est certain qu'il n'y a pas de fortes organisations, puisque la culture de l'indifférence prédomine. Ceux qui sont mobilisés en faveur de Zelaya sont syndicalistes et dirigeants d'étudiants qui sont vilipendés depuis quelques années et dont le prestige est à terre. Aussi des paysans. Mais il y en a beaucoup qui ne sont pas avec Micheletti, qui n’étaient pas non plus pour Zelaya, mais qui sont pour la loi et la Constitution. Ils déplorent le coup mais ne trouvent pas où s’appuyer pour manifester contre les putschistes. Les protestataires ont aussi le désavantage d’être contrôlés par les militaires, beaucoup ont été empêché d'arriver à Tegucigalpa après avoir été arrêtés sur la route. De plus, quelques chaînes de télévision importantes, de radios et la majorité des journaux ont été partie prenante du complot putschiste et maintenant elles se refusent à informer des protestations contre le nouveau gouvernement et surdimensionnent les manifestations en leur faveur. Alors que les militaires maintiennent leurs contrôles sur les quelques canaux et journaux qui ont soutenu le gouvernement précédent ou qui essaient d'informer d'une manière impartiale.
Par divers médias on annonce que l'armée a commencé la répression. On cite même des noms comme Raphaël Alegría de Via Campesina ou des militants du parti Unification Démocratique. Ces nouvelles sont-elles certaines ?
De fait, quelques personnes qui se sont manifestées contre le gouvernement ont été frappées et blessées par les soldats et les policiers. Les autres ont été arrêtés mais libérés en peu d'heures.
D'un autre côté, ceux qui participent aux manifestations en faveur du gouvernement sont protégés par les mêmes forces de l'ordre. Certes, hier nous avons publié une photographie de l'un des manifestants "pro gouvernement". Il s'agissait d'un garde du corps qui a tiré quelques coups de feu quand deux groupes opposés se sont rencontrés. Cela veut dire que plusieurs manifestants sont des gens d'élite qui ont abandonné la commodité de leur demeure et de leurs entreprises pour protester contre le diable Chávez et son fils, Mel, et se font accompagner de leurs gorilles, qui en plus de les défendre vont faire masse.
Une autre situation que nous avons lue est que les médias n'établissent pas si les putschistes les étouffent et bâillonnent. Diario Tiempo vit-il cette situation ?
A Tegucigalpa, le jour du coup, le dimanche 28 juin, un camion avec des soldats fit une ronde des installations de Diario Tiempo, alors qu’à Sans Pedro Sula un contingent de soldats est arrivé aux installations de Canal 11, une entreprise du même groupe journalistique, et a demandé au personnel de sécurité d'ouvrir les portes parce qu'ils allaient entrer pendant qu’un journaliste avait une interview au téléphone avec Enrique Flores Lanza, l'un des ministres de Zelaya.
Les gardes ont refusé et après un croisement d'appels téléphoniques entre exécutifs et employés ils ont choisi de ne pas entrer, mais ils sont restés dans les environs en brandissant leurs fusils.
Un élément sur lequel enquêter : les exemplaires du journal "disparaissent" très rapidement des kiosques. Aujourd'hui, j'ai reçu un appel d'un lecteur de Tegucigalpa qui m'a dit qu'à 8 heures du matin il ne l'a déjà plus trouvé. Nous ne savons pas si quelqu'un les achète en grandes quantités pour qu'ils n'arrivent pas au public. La même chose arrive à San Pedro Sula et dans d'autres villes.
Mardi nous avons été l'unique périodique qui a tiré en « une » une grande photographie de l'affrontement entre l'armée et les protestataires à Tegucigalpa. Aujourd'hui nous avons recommencé à informer sur les manifestations dans tout le pays tandis que les autres médias sont autocensurés sous le prétexte qu’ils cherchent la "paix" et le retour "à l'ordre".
Pour prendre un exemple, l'Union Internationale de Travailleurs de l'Alimentation, en son siège d'Amérique latine (Rel-Uita), a présenté un document pour l'appui au président Zelaya au nom des 374 organisations qui sont situées dans 120 pays du monde : a-t-il existé un appui réel d'autres organisations et de gauche sociale internationale au président légitime du Honduras ?
Jusqu'à présent rien n'a filtré, au Honduras, quant à l'appui d'organisations, sauf un appel à une marche à Paris de la part des syndicats et des organisations latino-américaines, qui doit être réalisé aujourd'hui jeudi. Les informations se sont concentrées sur les efforts de l'OEA, de l'ONU et des pays qui agissent comme tel.
Notes de l’auteur : Pour suivre l'actualité du Honduras, en plus de visiter Diario Tiempo http: // www.tiempo.hn/, vous pouvez également aller le web de l'Union Internationale de Travailleurs de l'Alimentation http: // www.rel-uita.org/. Là, vous pourrez trouver des interviews, des articles, des vidéos, des photographies, etc.. du journaliste italien Giorgio Trucchi, qui couvre actuellement le coup d'État à Tegucigalpa.
Del escritor Vicent Boix
Por mi parte, agrego al pie, el contenido del adjunto,
Trabajo excelente y revelador !
Cristina Castello
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Entrevista a periodista hondureño: "Estamos volviendo a la época donde ser de izquierda era una herejía"
Estimados/as amigos/as, con motivo de los lamentables hechos que se están precipitando en Honduras, tuve la ocasión de entrevistar a un amigo periodista del Diario Tiempo. Pueden ver la entrevista en html en:
http://www.elparquedelashamacas.org/html/rubenescobar.html
También está adjuntada en archivo word.
La entrevista puede publicarse y distribuirse libremente.
Muchas gracias y espero que sea de su interés.
Atentamente:
Vicent Boix
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Entrevista a Rubén Escobar, periodista hondureño del Diario Tiempo.
Por Vicent Boix, autor del libro “El parque de las hamacas” http://www.elparquedelashamacas.org
Ante los lamentables hechos que están acaeciendo en la República de Honduras, tuve la ocasión de poder entrevistar vía internet al periodista Rubén Escobar. Actualmente él ocupa el puesto de jefe de noticias en el Diario Tiempo (http://www.tiempo.hn/), rotativo ubicado en San Pedro Sula, la segunda ciudad más importante del país centroamericano después de la capital Tegucigalpa.
Honduras es un país que acapara pocas noticias en Europa. Muchos no conocían a su actual presidente José Manuel Zelaya Rosales (Mel) y mucho menos su trabajo político al frente del ejecutivo. Todo cambió hace unos días cuando fue víctima de un vergonzoso golpe de estado que saltó a las primeras planas de los medios internacionales y que está provocando un rechazo sin precedentes en la región.
Por eso, para empezar, sería interesante saber un poco más del presidente ¿Quién era Manuel Zelaya antes de lanzarse a la carrera presidencial? ¿Con qué partido se presenta a las elecciones?
José Manuel Zelaya Rosales es hijo de un hacendado, ya fallecido, y de una maestra de escuela. Es oriundo de una provincia rural llamada Olancho, de allí le viene el uso de su sombrero Stetson, su estilo “ranchero” y su amor por los caballos que lo llevó a encabezar desfiles hípicos en varias ciudades del país y hasta en Managua.
Su padre fue involucrado en los años 70 en un complot en el que fueron asesinados varios miembros de la iglesia católica y civiles de izquierda, por lo que su repentina inclinación al socialismo sorprendió a muchos. Ese hecho se conoce en la historia del país como “la masacre de los Horcones”, por el nombre de la hacienda familiar de los Zelaya.
De hecho algunos detractores han llegado a señalar que un joven “Mel” era uno de los conductores de los vehículos en los que secuestraron y “desaparecieron” a los dirigentes, pero eso nunca se ha podido probar y, aunque su padre fue condenado, después fue favorecido y no estuvo preso.
Con el retorno a la “democracia” (así, entre comillas), en 1981, apareció como activista del Partido Liberal y ayudó a otros candidatos a llegar a la presidencia, hasta que el mandatario Carlos Flores Facussé, en 1998, lo nombró ministro director del Fondo Hondureño de Inversión Social (una entidad encargada de construir escuelas, jardines de niños, sistemas de agua y otras obras de infraestructura en las comunidades más pobres).
Renunció a ese cargo bajo el argumento que comenzaría a trabajar para postularse a la presidencia, cosa que hizo para las elecciones de 2005, en las que derrotó por escaso margen a Porfirio Lobo Sosa, del Partido Nacional. Aunque muchos le llamaban ingeniero, se sabe que sólo cursó 11 materias de ingeniería civil en la Universidad Nacional Autónoma de Honduras, porque era un mal estudiante.
A pesar de encabezar uno de los tradicionales partidos de derecha del país, rápidamente Mel dio un giro a la izquierda llegando al extremo de ingresar dentro del ALBA ¿Hay inicialmente algún motivo por el cual Mel abandona la raíz conservadora del Partido Liberal, para iniciar una serie de medidas políticas de carácter progresista y nacionalista?
De inicio nada hacía presagiar ese extraño giro, aunque se hacía rodear de personajes que en su juventud formaban parte de grupos universitarios del ala izquierda del Partido Liberal, como Patricia Rodas (nombrada canciller), Milton Jiménez Puerto (quien antes fue su canciller y en los años 80, cuando era estudiante universitario, fue detenido por los militares por ser “comunista”) y Jorge Arturo Reina (quien en los años 50 lideró un grupo que combatió contra golpistas militares y a quien él nombró embajador de Honduras en la ONU ).
Todo parece indicar que las necesidades económicas lo hicieron girar a la izquierda, aunque no se descarta que bajo la asesoría de alguno de los arriba mencionados. Según sus propias declaraciones él estuvo tocando puertas de los organismos financieros y de Washington y no lo apoyaron, fue así que encontró en Hugo Chávez un arca abierta en momentos en que el petróleo alcanzaba el pico más alto en el mercado internacional. Originalmente el acuerdo consistió en vendernos petróleo, a precio de mercado, por el cual el gobierno pagaría a corto plazo 60 centavos por cada dólar del costo real mientras que los otros 40 centavos irían a un fondo de préstamo para gasto social. Ese préstamo sería a 25 años plazo, con un uno por ciento de interés, lo cual se consideraba una verdadera “ganga”.
Luego, vino la Alternativa Bolivariana para los Pueblos de América mediante la cual Chávez ofreció cien tractores y más dinero en préstamos. Los tractores llegaron hace un par de meses pero hasta ahora no se han utilizado y los préstamos no alcanzaron a desembolsarse, salvo el fondo petrolero que no se sabe dónde está o cómo se ha invertido.
Incidiendo en la cuestión anterior, muchos nos preguntamos si realmente el gobierno del presidente Zelaya ha emprendido cambios políticos palpables, estructurales y reales hacia una sociedad menos desigual y más justa, o si por el contrario, todo es pura fachada y retórica ¿Ha experimentado Honduras reformas significativas desde que Mel es presidente? ¿Puede poner algún ejemplo de estos cambios?
A mi entender no han habido cambios de fondo, pero si decisiones polémicas que fueron minando su relación con los empresarios, con los políticos tradicionales y con el sistema judicial. Para el caso, cuando los precios del petróleo estaban muy altos inició un proceso de subasta de combustibles y contrató a un asesor norteamericano (Robert Meyeringh), pero su plan no pudo ser ejecutado porque el gobierno no tiene instalaciones de almacenamiento de combustible y cuando trataron de expropiar los tanques de la empresa Distribuidora de Productos de Petróleo S.A. (Dippsa) la iniciativa topó en los juzgados. Ese fue uno de los pulsos que perdió contra la empresa privada y el sistema judicial.
Luego, intentó regular el tráfico de vehículos para disminuir el consumo de combustible, pero de igual modo una decisión judicial se lo impidió bajo el argumento que eso limitaba la libertad de locomoción.
Una de las medidas que conmocionó a los empresarios se dio en enero de este año, cuando subió el salario mínimo en un 60 por ciento, lo cual desató una ola de críticas por parte de los empresarios y varios medios de comunicación arreciaron campañas mal intencionadas para minar su imagen, lo cual no hizo más que fortalecerlo ante la mayoría, que es pobre, pues frecuentemente se enfrentaba a líderes empresariales y a dueños de medios, algo que los anteriores presidentes no hacían. Entonces, pasó a ser parte de los “descamisados” y aunque muchos no creían su discurso, al consultarles se mostraban al menos divertidos con las actitudes desafiantes del “presidente ante los poderosos de la oligarquía de este país” como él les llamaba.
De vez en cuando me comunico con una amiga nicaragüense que trabajó conmigo en proyectos de cooperación en el país. Desde la entrada de Daniel Ortega como presidente de Nicaragua, acompañó a Cuba a decenas de personas de su ciudad para que fueran operadas de la vista, dentro de la denominada "Operación Milagro" ¿En que se ha beneficiado Honduras con su entrada en el ALBA?
La verdad es que la presencia cubana y la “Operación Milagro”, donde también está involucrada Venezuela, inició en Honduras mucho antes de la incursión de Honduras en el ALBA. De hecho la presencia de brigadas cubanas inicia después del paso del huracán Mitch, en octubre de 1998, cuando el país quedó desolado. Los médicos cubanos se han caracterizado por llegar a lugares recónditos, donde sus contrapartes hondureñas no llegan, por lo cual mucha gente siente bastante aprecio por su trabajo. Además, Cuba ha becado a decenas de hondureños pobres en la Escuela Latinoamericana de Medicina en La Habana , mientras que en Venezuela se han operado a cientos de personas con problemas de la vista bajo la “Operación Milagro”. Bajo la instrucción de asesores cubanos, instructores hondureños han enseñado a leer a miles de analfabetos, especialmente campesinos.
Sin embargo, los beneficios del ALBA aún no están muy claros porque el país no estuvo mucho tiempo bajo ese sistema. Sin embargo los cien tractores donados por Venezuela ya están en el país y el fondo de préstamo creado, supuestamente se utilizaría en algunas obras sociales que no se terminaron de definir por parte del gobierno de Zelaya porque a estas alturas del año no se había elaborado el presupuesto de 2009.
La burguesía hondureña, los diputados, el ejército, etc. discrepaban de las decisiones y del gobierno de Mel. La consulta popular para preguntar sobre la creación de una asamblea constituyente que desembocara en una nueva constitución, fue la gota que colmó el vaso e hizo saltar las alarmas de los sectores reaccionarios. ¿Expuso el presidente qué reformas pretendía introducir en la constitución si finalmente nacía la constituyente?
El siempre insistió en que no pensaba reelegirse y que entregaría el poder en enero de 2010, como correspondía. Sin embargo, la Constitución hondureña en su mayor parte puede ser reformada por el Congreso Nacional y sólo hay ocho artículos que no, y son los que tienen que ver con la forma de gobierno, incluyendo los periodos presidenciales. A esos artículos les llaman “pétreos” porque no pueden ser reformados, salvo por una constituyente, por lo que por deducción se podría decir que él intentaba crear las condiciones para una reelección. Además, estaba el antecedente de que la mayoría de los países del ALBA cambiaron sus constituciones para reelegirse.
No es ningún secreto que Mel está aislado hasta por los propios diputados de su partido. Además su mandato finaliza en unos pocos meses y no puede ser reelegido. Por lo tanto, su debilidad es manifiesta y sus días en la política están contados. ¿Cree usted que Mel tiene pensada la fundación de una fuerza política que pueda optar al poder en un futuro?
Pienso que sí, puesto que la Constitución acepta reformas económicas y sociales, mas no políticas, por descarte se puede decir que él buscaba las condiciones propicias para la reelección, incluyendo la de él mismo pues a pesar de que ya tenía más de tres años en el gobierno, era sumamente popular. De hecho una encuesta de Cid-Gallup publicada hace unos meses por La Prensa , un medio que le adversa, reveló que era más popular que Porfirio Lobo Sosa, el mismo candidato al que derrotó en noviembre de 2005.
Siguiendo con la idea de la reelección, recordemos el ejemplo “Chavista”, en el cual una de las bases ideológicas es que una “revolución” no puede ejecutarse en cuatro años, si no que es un “proyecto” a largo plazo.
Si Ronald Reagan resucitara, observaría que han alcanzado el poder sus dos enemigos de los años 80 en Centroamérica: El Frente Sandinista en Nicaragua y el Frente Farabundo Martí en El Salvador. Además, Honduras, el país que sirvió como base militar y de operaciones a Estados Unidos en su lucha contra las guerrillas de Nicaragua, El Salvador y Guatemala; tiene ahora un presidente que emprendió medidas políticas progresistas y que además comparte inquietudes y discursos con figuras como Fidel Castro o Hugo Chávez. Este escenario era impensable incluso hace cinco años. ¿Qué está cambiando en Centroamérica?
Me parece que es el mismo fenómeno en toda Latinoamérica (Venezuela, Paraguay, Argentina, Chile, Brasil, Ecuador, Bolivia, Nicaragua, El Salvador y, casi, en México). Tiene que ver con el desencanto de la “democracia”. El pueblo es llamado a votar cada cuatro o seis años pero después de las elecciones pasa a un segundo plano mientras diputados, ministros, funcionarios y el mismo presidente se despachan con la cuchara grande al repartirse con sus amigos empresarios, contratos, partidas confidenciales y todo tipo de fondos públicos. Entonces la alternativa que se ha encontrado son los partidos de izquierda, sobre todo ahora que hay un marco legal para que lleguen al poder y que ya no hay una propaganda como en los años 80, donde términos como “socialista” y “comunista” eran el equivalente a ser el diablo. Aunque en la actualidad, con el recién autonombrado presidente Roberto Micheletti, hemos regresado a esa época de satanizar esos términos.
¿Empiezan a respirarse los nuevos aires y aromas que llegan de América del Sur y concretamente desde Venezuela, Bolivia, Ecuador, Argentina, etc.?
Efectivamente, aunque para desventaja de la gran mayoría de hondureños, tenemos una oligarquía que se ha cuidado de no brindar una educación profunda a sus masas, de modo que mucha gente es fácilmente manipulable, al grado que en este momento la sociedad está polarizada tras el golpe y estamos volviendo a la época donde ser de “izquierda” era una herejía y no ven el fondo: los golpistas han destruido en un día lo que costó 28 años construir, una endeble democracia, una criatura que aún se estaba formando y que ahora ya no existe por el afán de poder de unos pocos y por la ignorancia de muchos.
Regresando al golpe de estado actual, me sorprende mucho el respaldo internacional que ha cosechado Mel. De hecho, el presidente de facto, Roberto Micheletti, está totalmente aislado. Curiosamente esto no sucedió en los golpes de estado de Venezuela en 2002 ni en Haití en 2004. El modus operandi fue similar: secuestro del presidente, documento falso de renuncia y nombramiento a dedo de una marioneta de transición. En estos dos capítulos, la prensa internacional y muchos gobiernos escondieron el carácter golpista con la manipulación informativa. ¿A qué se debe este apoyo internacional histórico que está recabando el gobierno de Mel? ¿Tal vez hay temor de que si el gobierno golpista se mantiene, exploté una especie de "guerra fría" e inestabilidad en la región que afecte las inversiones de las empresas del norte?
Pienso que en parte se debe a la tendencia actual unificadora de los gobiernos latinoamericanos, marcados por diversos tipos de socialismo, donde si bien es cierto el mercado es importante también lo es la persona. De igual modo el gobierno de Barack Obama muestra un carácter más flexible hacia quienes piensan diferente. Quizás si el que estuviese en el poder fuese George Bush a estas alturas ya habría reconocido al gobierno golpista. Además, me parece que la acción de los militares, políticos y empresarios hondureños fue inconsulta. Es decir, históricamente los golpes de estado en Latinoamérica han tenido la venia o han sido promovidos por los Estados Unidos y desde allí se desparramaba el reconocimiento del nuevo gobierno hacia el área de influencia. Creo que en este caso no hubo “permiso”.
¿Qué escenario presagia usted en su país durante los próximos meses?
De mucha incertidumbre e inestabilidad. Si este gobierno se queda, mucha gente, adentro y afuera, no lo va a aceptar por lo que podríamos quedar aislados. Si Zelaya regresa se va a encontrar con un Congreso, un Poder Judicial, Ministerio Público y un Ejército afín al otro bando y no lo van a dejar gobernar.
¿Cuál ha sido en Honduras el papel de USA en los últimos años y ahora durante el golpe de estado? ¿Se ha percibido algún cambio desde que Barack Obama es presidente?
Estados Unidos siempre ha sido un apoyo financiero para Honduras en todo sentido. Ya sea por desembolsos directos o por permitirle a casi cien mil hondureños residir con un permiso de trabajo allá. Sin embargo, en la última década y desde la caída del Muro de Berlín hemos ido perdiendo importancia estratégica, al menos de modo aparente y la participación de los embajadores se ha limitado a criticar algunas determinaciones de los gobernantes sin llegar a incidir a profundidad. De hecho, cuando Zelaya dio el giro a la izquierda nombraron como embajador a Hugo Llorens, un diplomático para nada confrontativo y que ha sabido sobrellevar la situación con declaraciones "suaves" y para nada intervencionistas. Creo que Obama es bastante tolerante pero esperamos decisiones importantes la próxima semana.
Ante la situación de Honduras ¿Qué papel deberían adoptar países como España o la misma Unión Europea?
Me parece que ha sido clave el papel del señor secretario de Relaciones Exteriores, Miguel Ángel Moratinos, al solicitar el retiro de los embajadores europeos, lo que ya entró en vigor ayer. Sus palabras han sido fuertes, contundentes, al decir que el gobierno de facto ni siquiera debe intentar comunicarse con las autoridades españolas porque no le responderán. Hacia allí deben ir orientados todos los esfuerzos, a aislar a un gobierno que nadie eligió y que nadie quiere, salvo algunos empresarios y sus empleados, que son “invitados” a participar en marchas y manifestaciones a favor de Roberto Micheletti, un político de cuarta que ni siquiera pudo ganar las elecciones internas de su partido en noviembre pasado.
Entrando a comentar un poco el papel de la sociedad ante los hechos que acontecen, en algún lugar leí que Honduras no dispone de unas organizaciones sociales fuertes y con experiencia, sin embargo ¿Se está movilizando la gente y sus organizaciones en defensa de la legalidad democrática? ¿Cree que dicha movilización es fundamental para retomar la normalidad política y que Mel regrese al país y a la presidencia, de la misma manera que sucedió en el año 2002 en Venezuela cuando el pueblo salió a las calles en defensa de Hugo Chávez?
Suceden varias cosas. En primer lugar es cierto que no hay organizaciones fuertes, pues predomina la cultura de la indiferencia. Los que se están movilizando a favor de Zelaya son sindicalistas y dirigentes magisteriales que han venido siendo vilipendiados desde hace algunos años y cuyo prestigio está por los suelos. También campesinos. Pero hay muchos que no estamos con Micheletti, que tampoco estábamos con Zelaya, pero que sí estamos con la ley y la Constitución y que deploramos el golpe pero que no encontramos a donde arrimarnos para manifestarnos en contra de los golpistas. Los protestantes tienen también la desventaja que están siendo controlados por los militares, pues a muchos les han impedido llegar a Tegucigalpa al detenerlos en la carretera. Además, varias importantes cadenas televisoras, radiales y la mayoría de los periódicos fueron parte del complot golpista y ahora se niegan a informar de las protestas contra el nuevo gobierno y sobredimensionan las manifestaciones a favor. Mientras que los militares mantienen controlados algunos canales y periódicos que fueron afines al anterior gobierno o que están tratando de informar de manera imparcial.
Por diversos medios se comenta que el ejército comenzó con la represión. Incluso se citan nombres como Rafael Alegría de Vía Campesina o militantes del partido Unificación Democrática. ¿Qué tan ciertas son estas noticias?
De hecho varias personas que se han manifestado en contra del gobierno han sido golpeadas y heridas por los soldados y policías. Otros han sido detenidos pero liberados a las pocas horas.
Por otro lado, los que participan en manifestaciones a favor del gobierno son protegidos por las mismas fuerzas del orden. Por cierto, ayer publicamos una fotografía de uno de los manifestantes “progobierno”. Se trataba de un guardaespaldas que hizo varios disparos cuando dos grupos opositores se encontraron. Eso da la pauta de que muchos de los manifestantes son gente de élite que ha abandonado la comodidad de sus mansiones y de sus empresas para protestar contra el diablo de Chávez y su hijo, Mel, y que se hacen acompañar de sus guaruras, quienes además de defenderlos van a hacer bulto.
Otra situación que hemos leído es que los medios no afines a los golpistas también están siendo silenciados y amordazados ¿Está viviendo usted y el Diario Tiempo está situación?
En Tegucigalpa, el día del golpe, el domingo 28 de junio, un camión con soldados estuvo rondando las instalaciones de Diario Tiempo, mientras que en San Pedro Sula un contingente de soldados llegó hasta las instalaciones de Canal 11, una empresa del mismo grupo periodístico, y le pidió al personal de seguridad que abriera los portones porque iban a entrar en el momento en que un periodista entrevistaba vía teléfono a Enrique Flores Lanza, uno de los ministros de Zelaya.
Los guardas les dijeron que no y después de un cruce de llamadas telefónicas entre ejecutivos y oficiales optaron por no entrar, pero se quedaron en las afueras blandiendo sus fusiles.
Algo que está por investigarse es que los ejemplares del periódico “desaparecen” muy rápido de los kioscos. De hecho hoy recibí una llamada de un lector de Tegucigalpa que me dijo que a las 8 de la mañana ya no lo encontró, por lo que no sabemos si alguien los está comprando en grandes cantidades para que no lleguen al público. Lo mismo sucede en San Pedro Sula y en otras ciudades.
El martes fuimos el único periódico que sacó en primera plana y con fotografía grande el enfrentamiento entre el ejército y protestantes en Tegucigalpa. Hoy volvimos a informar de protestas en todo el país mientras los otros medios se autocensuran bajo el argumento de que buscan “la paz” y el regreso “al orden”.
Por poner un ejemplo, la Unión Internacional de Trabajadores de la Alimentación en su sede de América Latina (Rel-Uita), presentó un documento de apoyo al presidente Zelaya en nombre de las 374 organizaciones que la conforman y que están situadas en 120 países del mundo ¿Ha existido un apoyo real de otras organizaciones y de la izquierda social internacional al presidente legítimo de Honduras?
Hasta ahora no ha trascendido en Honduras el apoyo de organizaciones, salvo el llamado a una marcha en Paris de parte de sindicatos y de organizaciones latinoamericanas a realizarse hoy jueves. Las informaciones han estado concentradas en los esfuerzos de la OEA , de la ONU y de los países, como tal.
Nota del autor: Para seguir la actualidad de Honduras, además de visitar el Diario Tiempo http://www.tiempo.hn/ también pueden ir la web de la Unión Internacional de Trabajadores de la Alimentación http://www.rel-uita.org/ En ella podrán encontrar las entrevistas, artículos, vídeos, fotografías, etc. que está recabando el periodista italiano Giorgio Trucchi, que actualmente se encuentra cubriendo el golpe de estado en Tegucigalpa.
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De l'écrivain Vicent Boix
Un travail excellent et révélateur !
Cristina Castello
http://www.cristinacastello.com
http://les-risques-du-journalisme.over-blog.com
"nous revenons à l'époque où être de gauche était une hérésie"
Chers amis, à propos des faits lamentables qui se précipitent au Honduras, j'ai eu l'occasion d'avoir une entrevue avec un journaliste ami du Diario Tiempo.
http://www.elparquedelashamacas.org/html/rubenescobar.html
L'interview peut être publiée et distribuée librement.
Merci beaucoup et j'espère qu'elle trouvera votre intérêt.
Bien à vous
Vicent Boix
Traduction de Jean Dornac
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Devant les faits lamentables qui arrivent dans la République du Honduras, j'ai eu l'occasion d’avoir une entrevue par Internet avec le journaliste Rubén Escobar. Il occupe actuellement le poste de chef des informations au Diario Tiempo (http: // www.tiempo.hn/), un journal de San Pedro Sulan, la deuxième ville la plus importante du pays de l'Amérique centrale après la capitale Tegucigalpa.
Le Honduras est un pays qui accapare peu les nouvelles en Europe. Beaucoup ne connaissaient pas son actuel président José Manuel Zelaya Rosales (Mel) et moins encore son travail politique à la tête de l'exécutif. Tout a changé il y a quelques jours quand il a été une victime d'un coup d'État honteux qui a alimenté les premières pages des médias internationaux et qui provoque un rejet sans précédent dans la région.
* * *
Pour commencer, il serait intéressant d’en savoir un peu plus sur ce président : qui était Manuel Zelaya avant de se lancer dans la course présidentielle ? Avec quel parti s’est-il présenté aux élections ?
Manuel Zelaya
Président du Honduras
Président du Honduras
José Manuel Zelaya Rosales est fils d'un propriétaire de terrains décédé, et d'une maîtresse d'école. Il est originaire d'une province rurale appelée Olancho, de là lui vient l'usage de son chapeau Stetson, son style " fermier" et son amour par les chevaux qui l'a amené à prendre la tête de défilés hippiques dans quelques villes du pays et même à Managua.Son père fut impliqué, dans les années 70, dans un complot au cours duquel ont été assassinés quelques membres de l'église catholique et civils de gauche ; son inclination subite au socialisme en a surpris plus d’un. Ce fait est connu dans l'histoire du pays comme " la masacre de los Horcones ", du nom de la ferme familière des Zelaya.
De fait, quelques détracteurs sont arrivés à remarquer qu'un jeune homme "Mel" était l'un des conducteurs des véhicules où ont été séquestrés les dirigeants et les "disparus", mais cela n'a jamais pu être prouvé et, bien que son père ait été condamné, par la suite, il a été aidé et n'a pas été repris.
Avec le retour à la "démocratie" (malgré tout entre guillemets), en 1981, il est apparu comme activiste du Parti Libéral et a aidé d'autres candidats à parvenir à la présidence, jusqu'à ce que le mandataire Carlos Flores Facussé, en 1998, l'a nommé ministre directeur du Fonds Hondurien d'Investissement Social (une entité chargée de construire des écoles, des jardins d'enfants, des systèmes pour l'eau et d'autres oeuvres d'infrastructure dans les plus pauvres communautés).
Il a renoncé à cette charge avec l'argument qu’il commençait à travailler pour être candidat à la présidence, chose qu'il a faite pour les élections de 2005, au cours de laquelle il a battu par une marge peu importante Porfirio Lobo Fade, du Parti National. Bien que beaucoup le disaient « ingénieur », il est connu qu'il a suivi un cours de seulement 11 matières d'ingénierie civile à l'Université Nationale Autonome du Honduras, parce qu'il était un mauvais étudiant.
Bien qu'il ait pris la tête de l'un des partis traditionnels de la droite du pays, rapidement Mel a pris une tournure de gauche avant d’intégrer l’ALBA : y a-t-il initialement un motif pour que Mel abandonne la racine conservatrice du Parti Libéral, pour initier une série de mesures politiques de caractère progressiste et nationaliste ?
Au début, rien ne laissait présager ce changement, bien qu’il se soit entouré des personnages qui, dans sa jeunesse, faisaient partie de groupes universitaires de l'aile gauche du Parti Libéral, comme Patricia Rodas (nommée ministre des Affaires étrangères), Milton Jiménez Puerto (qui fut auparavant son ministre des Affaires étrangères, au cours des années 80, et qui lorsqu’il était étudiant universitaire, a été arrêté par les militaires comme "communiste") et Jorge Arturo Reina (qui dans les années 50 a été à la tête d'un groupe qui a combattu contre des putschistes militaires ; il l’a nommé ambassadeur du Honduras à l'ONU).
Tout semble indiquer que les nécessités économiques l'ont fait se tourner vers la gauche, bien que l'on n'écarte pas qu’il ait fait ce choix sur les conseils de certains. Selon ses propres déclarations, il pris contact avec des organismes financiers de Washington qui ne l'ont pas appuyé, il a donc rencontré Hugo Chávez qui lui a ouvert son « coffre » à un moment où le pétrole atteignait le plus haut pic sur le marché international.
Tout de suite, l'Alternative Bolivarienne pour les Peuples de l'Amérique est venue grâce à laquelle Chávez a offert cent tracteurs et de l’argent par des prêts. Les tracteurs sont arrivés, mais jusqu'à présent ils n'ont pas été utilisés et les prêts ne sont pas arrivés à être déboursés, sauf le fond pétrolier dont on ne se sait pas où et comment il a été investi.
Partant de la question précédente, nous sommes plusieurs à nous demander si réellement le gouvernement du président Zelaya a entrepris des changements politiques palpables, structuraux et réels vers une société moins inégale et plus juste ou, si au contraire, tout n’est que façade pure et rhétorique : des réformes significatives ont-elles été expérimentées au Honduras depuis que Mel est président ? Peut-il montrer un exemple de ces changements ?
À ma connaissance, il n'y a pas eu de changements de fond, mais les décisions polémiques ont miné sa relation avec les entrepreneurs, avec les hommes politiques traditionnels et avec le système judiciaire. Ainsi, lorsque les prix du pétrole étaient très hauts, il a initié un processus d'enchères des combustibles et a commercé avec un conseiller nord-américain (Robert Meyeringh), mais son plan n'a pas pu être exécuté parce que le gouvernement n'a pas d'installations de stockage du combustible et quand ils ont essayé d'exproprier les citernes de l'entreprise Distributrice de Produits de Pétrole S.A. (Dippsa) l'initiative s'est heurtée aux tribunaux. C'était l'un des bras de fer perdu contre l'entreprise privée et le système judiciaire.
Tout de suite, il a essayé de contrôler le trafic des véhicules pour diminuer la consommation du carburant, mais de la même manière, une décision judiciaire l’en a empêché sous prétexte que cela limitait la liberté de locomotion.
L'une des mesures, un bouleversement, qu’il a imposé aux entrepreneurs en janvier de cette année, c’est le relèvement du salaire minimum de 60 pour cent, ce qui a déclenché une vague de critiques de la part des entrepreneurs. Quelques médias ont redoublé de campagnes mal intentionnées pour miner son image, ce qui ne l'a pas fortifié dans sa majorité, qui est pauvre, puisqu'il faisait front fréquemment aux leaders patronaux et aux maîtres de médias, chose que les présidents précédents ne faisaient pas.
De temps en temps, je communique avec une amie nicaraguayenne qui a travaillé avec moi dans des projets de coopération dans le pays. Depuis l'entrée de Daniel Ortega comme président du Nicaragua, elle a accompagné des dizaines de personnes de sa ville à Cuba pour qu'elles soient opérées de la vue, dans le cadre de "l'Opération le Milagro". De quoi le Honduras a-t-il bénéficié par son entrée dans l'ALBA ?
La vérité consiste à dire que la présence cubaine dans l’ "Opération Milagro", où le Venezuela est également présent, a été initié au Honduras bien avant l'arrivée du Honduras dans l'ALBA. De fait, la présence de brigades cubaines a démarré après le passage de l'ouragan Mitch, en octobre 1998, quand le pays est resté désolé. La caractéristique des médecins cubains, c'était leur arrivée dans les lieux retirés, où leurs confrères honduriens n'arrivaient pas, fait pour lequel beaucoup de gens ressentent de l'estime pour leur travail. De plus, Cuba a accordé une bourse à des dizaines de pauvres Honduriens pour étudier à l'École Latino-américaine de Médecine à La Havane, alors qu'au Venezuela des centaines de personnes ont été opérées de problèmes de vue grâce à l’"Opération Milagro". Sous l'instruction de conseillers cubains, des moniteurs honduriens ont appris à lire aux milliers d'analphabètes, spécialement les paysans.
Cependant, les bénéfices de l'ALBA ne sont pas toujours très clairs parce que le pays n'a pas été longtemps sous ce système. Cependant, les cent tracteurs, ce don du Venezuela, sont déjà dans le pays et le fond du prêt créé. Il serait supposément utilisé dans quelques oeuvres sociales qui n'ont pas été totalement définies par le gouvernement de Zelaya, parce que, à cette époque de l’année, le budget de 2009 n'était pas encore élaboré.
La bourgeoisie hondurienne, les députés, l'armée, etc.., différaient les décisions du gouvernement de Mel. La consultation populaire pour demander la création d'une assemblée constituante, qui débouchera sur une nouvelle constitution, a été la goutte qui a fait déborder le vase et a déclenché les alarmes des secteurs réactionnaires. Le président s'est-il exposé dangereusement avec les réformes qu'il essayait d'introduire dans la constitution si finalement la constituante naissait ?
Il a toujours affirmé qu'il ne pensait pas à être réélu et qu'il livrerait le pouvoir en janvier 2010, comme prévu. Cependant, la Constitution hondurienne peut être réformée en majeure partie par le Congrès National, seuls huit articles ne peuvent pas l’être, ce sont ceux qui prévoient la forme de gouvernement, incluant les périodes présidentielles. Ces articles se nomment "les pétrifiés" parce qu'ils ne peuvent pas être réformés, garantis par la constituante. Par déduction on pourrait dire qu'il essayait de créer les conditions pour une réélection. De plus, c’était, l'antécédent par lequel la majorité des pays de l'ALBA ont changé leur constitution pour de possibles réélections du président.
Ce n'est un secret pour personne que Mel est isolé, même par les députés de son propre parti. De plus, son mandat prend fin dans quelques mois et il ne peut pas être réélu. Par conséquent, sa faiblesse est manifeste et ses jours dans la politique sont comptés. Croyez-vous que Mel pense à la fondation d’une force politique qui pourrait conquérir le pouvoir dans l’avenir ?
Je pense que oui, puisque la Constitution accepte des réformes économiques et sociales, mais non politiques, par défaut, on peut dire qu'il cherchait les conditions propices pour la réélection, en s'incluant lui-même puisque, malgré le fait qu'il avait déjà plus de trois ans de gouvernement, il était extrêmement populaire. De fait, une enquête de Cid-Gallup, publié il y a quelques mois par La Presse, un milieu qu'il contrarie, a révélé qu'il était plus populaire que Porfirio Lobo Fade, ce candidat qu'il a battu en novembre 2005.
En suivant l'idée de la réélection, rappelons l'exemple "Chaviste", dans lequel l'une des bases idéologiques consiste en ce qu'une "révolution" ne peut pas être effectuée en quatre ans, puisque c’est un "projet" à long terme.
Si Ronald Reagan ressuscitait, il observerait que ses deux ennemis des années 80 ont atteint le pouvoir en Amérique centrale : Le Front Sandiniste au Nicaragua et le Front Farabundo Martí au Salvador. De plus, le Honduras, le pays qui a servi de base militaire pour les opérations des États-Unis dans sa lutte contre les guérillas du Nicaragua, du Salvador et du Guatemala a maintenant un président qui a entrepris des mesures politiques progressistes et qui partage de plus des inquiétudes et des discours avec des figures comme Fidel Castro ou Hugo Chávez. Cette scène était impensable il y a cinq ans. Qu'est-ce qui change en Amérique centrale ?
Roberto Micheletti
Président par coup d'Etat
Il me semble que c'est le même phénomène dans toute l'Amérique latine (la Venezuela, le Paraguay, l'Argentine, le Chili, le Brésil, l'Équateur, la Bolivie, le Nicaragua, le Salvador et, presque, au Mexique). Cela a un rapport avec le désenchantement de la "démocratie". Le peuple est appelé à voter tous les quatre ou six ans, mais après, les élections passent à un second plan tandis que les députés, les ministres, les fonctionnaires et même le président se "servent avec une grande cuiller" après avoir réparti pour les entrepreneurs amis, des contrats, des lots confidentiels et tout type de fonds publics. Alors l'alternative qui a été trouvée ce sont les partis de gauche, surtout maintenant qu’existe un cadre légal pour qu'ils arrivent au pouvoir et qu'il n'y a pas de propagande comme dans les années 80, où les termes comme "socialiste" et "communiste" étaient l'équivalent du diable. Bien qu'actuellement, avec le président Roberto Micheletti récemment autoproclamé, nous soyons revenus à cette époque de diabolisation de ces termes.On commence à respirer les nouveaux airs et les parfums qui arrivent de l'Amérique du Sud et concrètement depuis le Venezuela, la Bolivie, l'Équateur, l'Argentine, etc.. ?
Effectivement, bien qu’au désavantage de la grande majorité de Honduriens, nous ayons une oligarchie qui a pris soin de ne pas offrir une éducation profonde à ses masses, de façon à ce que beaucoup de gens sont facilement manipulables, au point qu’en ce moment, après le coup, la société est polarisée et que nous revenions à l'époque où être de "gauche" est une hérésie et ils ne comprennent pas le fond : les putschistes ont détruit en un jour ce qui a coûté 28 ans de construction, une démocratie faible, une créature qu'on formait encore et qui n'existe pas maintenant par la soif de pouvoir de certains et par l'ignorance de beaucoup.
En revenant sur l'actuel coup d'État, je suis très surpris par le soutien international que Mel a récolté. Le président de fait, Roberto Micheletti, est totalement isolé. Curieusement, cela n'est pas arrivé dans les coups d'État au Venezuela en 2002 et à Haïti en 2004. Le modus operandi a été similaire : la séquestration du président, un faux document de renoncement et la nomination à deux doigts près d'une marionnette de transition. Dans ces deux cas, la presse internationale et beaucoup de gouvernements ont caché le caractère putschiste avec la manipulation des informations. À quoi doit-on cet appui international historique qu’obtient le gouvernement de Mel ? Peut-être y a-t-il la crainte que si le gouvernement putschiste se maintient, soit exploitée une espèce de "guerre froide" et l’instabilité dans la région qui affecterait les investissements des entreprises du nord ?
Je pense qu'en partie c’est dû à l'actuelle tendance unificatrice des gouvernements latino-américains, marqués par divers types de socialisme, ou bien, et c'est certain, le marché est aussi important que s'il était une personne. Mais aussi, le gouvernement de Barack Obama montre un caractère plus flexible envers ceux qui pensent différemment. Peut-être que si George Bush était encore au pouvoir, il aurait reconnu le gouvernement putschiste. De plus, il me semble que l'action des militaires, des hommes politiques et des entrepreneurs honduriens a été inconstitutionnelle. C'est-à-dire, historiquement les coups d'État en Amérique latine ont eu la permission ou ont été promus par les États-Unis et de ce fait se répandait la reconnaissance du nouveau gouvernement vers l'aire d'influence. Je crois que dans ce cas il n'y a pas eu de "permission".
Quelle scénario prévoyez-vous dans votre pays durant les prochains mois ?
Beaucoup d'incertitude et d’instabilité. Si ce gouvernement reste, beaucoup de gens, à l'intérieur et à l’extérieur, ne l'accepteront pas et nous pourrions rester isolés. Si Zelaya revient, il va se retrouver face au Congrès, au Pouvoir Judiciaire, au Ministère Public et à l'Armée semblables à l'actuelle faction et il ne vont pas le laisser gouverner.
Quel a été, au Honduras, le rôle des USA dans les dernières années et maintenant durant le coup d'État ? A-t-on perçu un changement depuis que Barack Obama est président ?
Les États-Unis ont toujours été un appui financier pour le Honduras en tout sens. Déjà par des déboursements directs ou pour permettre à presque cent mille Honduriens de résider avec un permis de travail là-bas. Cependant, dans la dernière décennie et depuis la chute du Mur de Berlin nous perdions de l'importance stratégique, au moins de manière apparente et l'intervention des ambassadeurs s'est limitée à critiquer quelques décisions des gouvernants sans aller en profondeur. De fait, quand Zelaya s'est tourné vers la gauche, ils ont nommé ambassadeur Hugo Llorens, un diplomate sans confrontation, qui a supporté la situation avec des déclarations "douces" et jamais interventionnistes. Je crois qu'Obama est assez tolérant mais nous attendons des décisions importantes la semaine prochaine.
Face à la situation du Honduras : quel rôle devraient adopter des pays comme l'Espagne ou même l’Union Européenne ?
Il me semble que cela a été un rôle clef de monsieur le secrétaire de Relations Extérieures, Miguel Ángel Moratinos, d’avoir sollicité le retrait des ambassadeurs européens, ce qui est déjà entré, hier, en vigueur. Ses mots ont été forts, accablants, après avoir dit que le gouvernement de fait ne doit même pas essayer de communiquer avec les autorités espagnoles parce qu'elles ne lui répondront pas. C’est vers là que tous les efforts doivent être orientés, à isoler un gouvernement que personne n'a choisi et que personne ne veut, sauf quelques entrepreneurs et leurs employés, qui sont "invités" à annoncer des marches et des manifestations en faveur de Roberto Micheletti, un homme politique de « quart » qui n'a même pas pu gagner les élections internes de son parti en novembre passé.
En commençant à commenter un peu le rôle de la société devant les faits qui arrivent, à un endroit, j'ai lu que le Honduras ne dispose pas de quelques organisations sociales fortes et avec expérience, cependant on mobilise les gens et leurs organisations pour la défense de la légalité démocratique ? Croyez-vous que la dite mobilisation soit fondamentale pour reprendre la normalité politique et pour que Mel revienne au pays et à la présidence, de la même manière qu'au Venezuela en 2002, lorsque le peuple est descendu dans la rue pour défendre Hugo Chávez ?
Les choses se passent de façons variables. En premier lieu, il est certain qu'il n'y a pas de fortes organisations, puisque la culture de l'indifférence prédomine. Ceux qui sont mobilisés en faveur de Zelaya sont syndicalistes et dirigeants d'étudiants qui sont vilipendés depuis quelques années et dont le prestige est à terre. Aussi des paysans. Mais il y en a beaucoup qui ne sont pas avec Micheletti, qui n’étaient pas non plus pour Zelaya, mais qui sont pour la loi et la Constitution. Ils déplorent le coup mais ne trouvent pas où s’appuyer pour manifester contre les putschistes. Les protestataires ont aussi le désavantage d’être contrôlés par les militaires, beaucoup ont été empêché d'arriver à Tegucigalpa après avoir été arrêtés sur la route. De plus, quelques chaînes de télévision importantes, de radios et la majorité des journaux ont été partie prenante du complot putschiste et maintenant elles se refusent à informer des protestations contre le nouveau gouvernement et surdimensionnent les manifestations en leur faveur. Alors que les militaires maintiennent leurs contrôles sur les quelques canaux et journaux qui ont soutenu le gouvernement précédent ou qui essaient d'informer d'une manière impartiale.
Par divers médias on annonce que l'armée a commencé la répression. On cite même des noms comme Raphaël Alegría de Via Campesina ou des militants du parti Unification Démocratique. Ces nouvelles sont-elles certaines ?
De fait, quelques personnes qui se sont manifestées contre le gouvernement ont été frappées et blessées par les soldats et les policiers. Les autres ont été arrêtés mais libérés en peu d'heures.
D'un autre côté, ceux qui participent aux manifestations en faveur du gouvernement sont protégés par les mêmes forces de l'ordre. Certes, hier nous avons publié une photographie de l'un des manifestants "pro gouvernement". Il s'agissait d'un garde du corps qui a tiré quelques coups de feu quand deux groupes opposés se sont rencontrés. Cela veut dire que plusieurs manifestants sont des gens d'élite qui ont abandonné la commodité de leur demeure et de leurs entreprises pour protester contre le diable Chávez et son fils, Mel, et se font accompagner de leurs gorilles, qui en plus de les défendre vont faire masse.
Une autre situation que nous avons lue est que les médias n'établissent pas si les putschistes les étouffent et bâillonnent. Diario Tiempo vit-il cette situation ?
A Tegucigalpa, le jour du coup, le dimanche 28 juin, un camion avec des soldats fit une ronde des installations de Diario Tiempo, alors qu’à Sans Pedro Sula un contingent de soldats est arrivé aux installations de Canal 11, une entreprise du même groupe journalistique, et a demandé au personnel de sécurité d'ouvrir les portes parce qu'ils allaient entrer pendant qu’un journaliste avait une interview au téléphone avec Enrique Flores Lanza, l'un des ministres de Zelaya.
Les gardes ont refusé et après un croisement d'appels téléphoniques entre exécutifs et employés ils ont choisi de ne pas entrer, mais ils sont restés dans les environs en brandissant leurs fusils.
Un élément sur lequel enquêter : les exemplaires du journal "disparaissent" très rapidement des kiosques. Aujourd'hui, j'ai reçu un appel d'un lecteur de Tegucigalpa qui m'a dit qu'à 8 heures du matin il ne l'a déjà plus trouvé. Nous ne savons pas si quelqu'un les achète en grandes quantités pour qu'ils n'arrivent pas au public. La même chose arrive à San Pedro Sula et dans d'autres villes.
Mardi nous avons été l'unique périodique qui a tiré en « une » une grande photographie de l'affrontement entre l'armée et les protestataires à Tegucigalpa. Aujourd'hui nous avons recommencé à informer sur les manifestations dans tout le pays tandis que les autres médias sont autocensurés sous le prétexte qu’ils cherchent la "paix" et le retour "à l'ordre".
Pour prendre un exemple, l'Union Internationale de Travailleurs de l'Alimentation, en son siège d'Amérique latine (Rel-Uita), a présenté un document pour l'appui au président Zelaya au nom des 374 organisations qui sont situées dans 120 pays du monde : a-t-il existé un appui réel d'autres organisations et de gauche sociale internationale au président légitime du Honduras ?
Jusqu'à présent rien n'a filtré, au Honduras, quant à l'appui d'organisations, sauf un appel à une marche à Paris de la part des syndicats et des organisations latino-américaines, qui doit être réalisé aujourd'hui jeudi. Les informations se sont concentrées sur les efforts de l'OEA, de l'ONU et des pays qui agissent comme tel.
Notes de l’auteur : Pour suivre l'actualité du Honduras, en plus de visiter Diario Tiempo http: // www.tiempo.hn/, vous pouvez également aller le web de l'Union Internationale de Travailleurs de l'Alimentation http: // www.rel-uita.org/. Là, vous pourrez trouver des interviews, des articles, des vidéos, des photographies, etc.. du journaliste italien Giorgio Trucchi, qui couvre actuellement le coup d'État à Tegucigalpa.
* * *
Del escritor Vicent Boix
Por mi parte, agrego al pie, el contenido del adjunto,
Trabajo excelente y revelador !
Cristina Castello
http://www.cristinacastello.com
http://les-risques-du-journalisme.over-blog.com
Entrevista a periodista hondureño: "Estamos volviendo a la época donde ser de izquierda era una herejía"
Estimados/as amigos/as, con motivo de los lamentables hechos que se están precipitando en Honduras, tuve la ocasión de entrevistar a un amigo periodista del Diario Tiempo. Pueden ver la entrevista en html en:
http://www.elparquedelashamacas.org/html/rubenescobar.html
También está adjuntada en archivo word.
La entrevista puede publicarse y distribuirse libremente.
Muchas gracias y espero que sea de su interés.
Atentamente:
Vicent Boix
_______________________
Entrevista a Rubén Escobar, periodista hondureño del Diario Tiempo.
Por Vicent Boix, autor del libro “El parque de las hamacas” http://www.elparquedelashamacas.org
Ante los lamentables hechos que están acaeciendo en la República de Honduras, tuve la ocasión de poder entrevistar vía internet al periodista Rubén Escobar. Actualmente él ocupa el puesto de jefe de noticias en el Diario Tiempo (http://www.tiempo.hn/), rotativo ubicado en San Pedro Sula, la segunda ciudad más importante del país centroamericano después de la capital Tegucigalpa.
Honduras es un país que acapara pocas noticias en Europa. Muchos no conocían a su actual presidente José Manuel Zelaya Rosales (Mel) y mucho menos su trabajo político al frente del ejecutivo. Todo cambió hace unos días cuando fue víctima de un vergonzoso golpe de estado que saltó a las primeras planas de los medios internacionales y que está provocando un rechazo sin precedentes en la región.
Por eso, para empezar, sería interesante saber un poco más del presidente ¿Quién era Manuel Zelaya antes de lanzarse a la carrera presidencial? ¿Con qué partido se presenta a las elecciones?
José Manuel Zelaya Rosales es hijo de un hacendado, ya fallecido, y de una maestra de escuela. Es oriundo de una provincia rural llamada Olancho, de allí le viene el uso de su sombrero Stetson, su estilo “ranchero” y su amor por los caballos que lo llevó a encabezar desfiles hípicos en varias ciudades del país y hasta en Managua.
Su padre fue involucrado en los años 70 en un complot en el que fueron asesinados varios miembros de la iglesia católica y civiles de izquierda, por lo que su repentina inclinación al socialismo sorprendió a muchos. Ese hecho se conoce en la historia del país como “la masacre de los Horcones”, por el nombre de la hacienda familiar de los Zelaya.
De hecho algunos detractores han llegado a señalar que un joven “Mel” era uno de los conductores de los vehículos en los que secuestraron y “desaparecieron” a los dirigentes, pero eso nunca se ha podido probar y, aunque su padre fue condenado, después fue favorecido y no estuvo preso.
Con el retorno a la “democracia” (así, entre comillas), en 1981, apareció como activista del Partido Liberal y ayudó a otros candidatos a llegar a la presidencia, hasta que el mandatario Carlos Flores Facussé, en 1998, lo nombró ministro director del Fondo Hondureño de Inversión Social (una entidad encargada de construir escuelas, jardines de niños, sistemas de agua y otras obras de infraestructura en las comunidades más pobres).
Renunció a ese cargo bajo el argumento que comenzaría a trabajar para postularse a la presidencia, cosa que hizo para las elecciones de 2005, en las que derrotó por escaso margen a Porfirio Lobo Sosa, del Partido Nacional. Aunque muchos le llamaban ingeniero, se sabe que sólo cursó 11 materias de ingeniería civil en la Universidad Nacional Autónoma de Honduras, porque era un mal estudiante.
A pesar de encabezar uno de los tradicionales partidos de derecha del país, rápidamente Mel dio un giro a la izquierda llegando al extremo de ingresar dentro del ALBA ¿Hay inicialmente algún motivo por el cual Mel abandona la raíz conservadora del Partido Liberal, para iniciar una serie de medidas políticas de carácter progresista y nacionalista?
De inicio nada hacía presagiar ese extraño giro, aunque se hacía rodear de personajes que en su juventud formaban parte de grupos universitarios del ala izquierda del Partido Liberal, como Patricia Rodas (nombrada canciller), Milton Jiménez Puerto (quien antes fue su canciller y en los años 80, cuando era estudiante universitario, fue detenido por los militares por ser “comunista”) y Jorge Arturo Reina (quien en los años 50 lideró un grupo que combatió contra golpistas militares y a quien él nombró embajador de Honduras en la ONU ).
Todo parece indicar que las necesidades económicas lo hicieron girar a la izquierda, aunque no se descarta que bajo la asesoría de alguno de los arriba mencionados. Según sus propias declaraciones él estuvo tocando puertas de los organismos financieros y de Washington y no lo apoyaron, fue así que encontró en Hugo Chávez un arca abierta en momentos en que el petróleo alcanzaba el pico más alto en el mercado internacional. Originalmente el acuerdo consistió en vendernos petróleo, a precio de mercado, por el cual el gobierno pagaría a corto plazo 60 centavos por cada dólar del costo real mientras que los otros 40 centavos irían a un fondo de préstamo para gasto social. Ese préstamo sería a 25 años plazo, con un uno por ciento de interés, lo cual se consideraba una verdadera “ganga”.
Luego, vino la Alternativa Bolivariana para los Pueblos de América mediante la cual Chávez ofreció cien tractores y más dinero en préstamos. Los tractores llegaron hace un par de meses pero hasta ahora no se han utilizado y los préstamos no alcanzaron a desembolsarse, salvo el fondo petrolero que no se sabe dónde está o cómo se ha invertido.
Incidiendo en la cuestión anterior, muchos nos preguntamos si realmente el gobierno del presidente Zelaya ha emprendido cambios políticos palpables, estructurales y reales hacia una sociedad menos desigual y más justa, o si por el contrario, todo es pura fachada y retórica ¿Ha experimentado Honduras reformas significativas desde que Mel es presidente? ¿Puede poner algún ejemplo de estos cambios?
A mi entender no han habido cambios de fondo, pero si decisiones polémicas que fueron minando su relación con los empresarios, con los políticos tradicionales y con el sistema judicial. Para el caso, cuando los precios del petróleo estaban muy altos inició un proceso de subasta de combustibles y contrató a un asesor norteamericano (Robert Meyeringh), pero su plan no pudo ser ejecutado porque el gobierno no tiene instalaciones de almacenamiento de combustible y cuando trataron de expropiar los tanques de la empresa Distribuidora de Productos de Petróleo S.A. (Dippsa) la iniciativa topó en los juzgados. Ese fue uno de los pulsos que perdió contra la empresa privada y el sistema judicial.
Luego, intentó regular el tráfico de vehículos para disminuir el consumo de combustible, pero de igual modo una decisión judicial se lo impidió bajo el argumento que eso limitaba la libertad de locomoción.
Una de las medidas que conmocionó a los empresarios se dio en enero de este año, cuando subió el salario mínimo en un 60 por ciento, lo cual desató una ola de críticas por parte de los empresarios y varios medios de comunicación arreciaron campañas mal intencionadas para minar su imagen, lo cual no hizo más que fortalecerlo ante la mayoría, que es pobre, pues frecuentemente se enfrentaba a líderes empresariales y a dueños de medios, algo que los anteriores presidentes no hacían. Entonces, pasó a ser parte de los “descamisados” y aunque muchos no creían su discurso, al consultarles se mostraban al menos divertidos con las actitudes desafiantes del “presidente ante los poderosos de la oligarquía de este país” como él les llamaba.
De vez en cuando me comunico con una amiga nicaragüense que trabajó conmigo en proyectos de cooperación en el país. Desde la entrada de Daniel Ortega como presidente de Nicaragua, acompañó a Cuba a decenas de personas de su ciudad para que fueran operadas de la vista, dentro de la denominada "Operación Milagro" ¿En que se ha beneficiado Honduras con su entrada en el ALBA?
La verdad es que la presencia cubana y la “Operación Milagro”, donde también está involucrada Venezuela, inició en Honduras mucho antes de la incursión de Honduras en el ALBA. De hecho la presencia de brigadas cubanas inicia después del paso del huracán Mitch, en octubre de 1998, cuando el país quedó desolado. Los médicos cubanos se han caracterizado por llegar a lugares recónditos, donde sus contrapartes hondureñas no llegan, por lo cual mucha gente siente bastante aprecio por su trabajo. Además, Cuba ha becado a decenas de hondureños pobres en la Escuela Latinoamericana de Medicina en La Habana , mientras que en Venezuela se han operado a cientos de personas con problemas de la vista bajo la “Operación Milagro”. Bajo la instrucción de asesores cubanos, instructores hondureños han enseñado a leer a miles de analfabetos, especialmente campesinos.
Sin embargo, los beneficios del ALBA aún no están muy claros porque el país no estuvo mucho tiempo bajo ese sistema. Sin embargo los cien tractores donados por Venezuela ya están en el país y el fondo de préstamo creado, supuestamente se utilizaría en algunas obras sociales que no se terminaron de definir por parte del gobierno de Zelaya porque a estas alturas del año no se había elaborado el presupuesto de 2009.
La burguesía hondureña, los diputados, el ejército, etc. discrepaban de las decisiones y del gobierno de Mel. La consulta popular para preguntar sobre la creación de una asamblea constituyente que desembocara en una nueva constitución, fue la gota que colmó el vaso e hizo saltar las alarmas de los sectores reaccionarios. ¿Expuso el presidente qué reformas pretendía introducir en la constitución si finalmente nacía la constituyente?
El siempre insistió en que no pensaba reelegirse y que entregaría el poder en enero de 2010, como correspondía. Sin embargo, la Constitución hondureña en su mayor parte puede ser reformada por el Congreso Nacional y sólo hay ocho artículos que no, y son los que tienen que ver con la forma de gobierno, incluyendo los periodos presidenciales. A esos artículos les llaman “pétreos” porque no pueden ser reformados, salvo por una constituyente, por lo que por deducción se podría decir que él intentaba crear las condiciones para una reelección. Además, estaba el antecedente de que la mayoría de los países del ALBA cambiaron sus constituciones para reelegirse.
No es ningún secreto que Mel está aislado hasta por los propios diputados de su partido. Además su mandato finaliza en unos pocos meses y no puede ser reelegido. Por lo tanto, su debilidad es manifiesta y sus días en la política están contados. ¿Cree usted que Mel tiene pensada la fundación de una fuerza política que pueda optar al poder en un futuro?
Pienso que sí, puesto que la Constitución acepta reformas económicas y sociales, mas no políticas, por descarte se puede decir que él buscaba las condiciones propicias para la reelección, incluyendo la de él mismo pues a pesar de que ya tenía más de tres años en el gobierno, era sumamente popular. De hecho una encuesta de Cid-Gallup publicada hace unos meses por La Prensa , un medio que le adversa, reveló que era más popular que Porfirio Lobo Sosa, el mismo candidato al que derrotó en noviembre de 2005.
Siguiendo con la idea de la reelección, recordemos el ejemplo “Chavista”, en el cual una de las bases ideológicas es que una “revolución” no puede ejecutarse en cuatro años, si no que es un “proyecto” a largo plazo.
Si Ronald Reagan resucitara, observaría que han alcanzado el poder sus dos enemigos de los años 80 en Centroamérica: El Frente Sandinista en Nicaragua y el Frente Farabundo Martí en El Salvador. Además, Honduras, el país que sirvió como base militar y de operaciones a Estados Unidos en su lucha contra las guerrillas de Nicaragua, El Salvador y Guatemala; tiene ahora un presidente que emprendió medidas políticas progresistas y que además comparte inquietudes y discursos con figuras como Fidel Castro o Hugo Chávez. Este escenario era impensable incluso hace cinco años. ¿Qué está cambiando en Centroamérica?
Me parece que es el mismo fenómeno en toda Latinoamérica (Venezuela, Paraguay, Argentina, Chile, Brasil, Ecuador, Bolivia, Nicaragua, El Salvador y, casi, en México). Tiene que ver con el desencanto de la “democracia”. El pueblo es llamado a votar cada cuatro o seis años pero después de las elecciones pasa a un segundo plano mientras diputados, ministros, funcionarios y el mismo presidente se despachan con la cuchara grande al repartirse con sus amigos empresarios, contratos, partidas confidenciales y todo tipo de fondos públicos. Entonces la alternativa que se ha encontrado son los partidos de izquierda, sobre todo ahora que hay un marco legal para que lleguen al poder y que ya no hay una propaganda como en los años 80, donde términos como “socialista” y “comunista” eran el equivalente a ser el diablo. Aunque en la actualidad, con el recién autonombrado presidente Roberto Micheletti, hemos regresado a esa época de satanizar esos términos.
¿Empiezan a respirarse los nuevos aires y aromas que llegan de América del Sur y concretamente desde Venezuela, Bolivia, Ecuador, Argentina, etc.?
Efectivamente, aunque para desventaja de la gran mayoría de hondureños, tenemos una oligarquía que se ha cuidado de no brindar una educación profunda a sus masas, de modo que mucha gente es fácilmente manipulable, al grado que en este momento la sociedad está polarizada tras el golpe y estamos volviendo a la época donde ser de “izquierda” era una herejía y no ven el fondo: los golpistas han destruido en un día lo que costó 28 años construir, una endeble democracia, una criatura que aún se estaba formando y que ahora ya no existe por el afán de poder de unos pocos y por la ignorancia de muchos.
Regresando al golpe de estado actual, me sorprende mucho el respaldo internacional que ha cosechado Mel. De hecho, el presidente de facto, Roberto Micheletti, está totalmente aislado. Curiosamente esto no sucedió en los golpes de estado de Venezuela en 2002 ni en Haití en 2004. El modus operandi fue similar: secuestro del presidente, documento falso de renuncia y nombramiento a dedo de una marioneta de transición. En estos dos capítulos, la prensa internacional y muchos gobiernos escondieron el carácter golpista con la manipulación informativa. ¿A qué se debe este apoyo internacional histórico que está recabando el gobierno de Mel? ¿Tal vez hay temor de que si el gobierno golpista se mantiene, exploté una especie de "guerra fría" e inestabilidad en la región que afecte las inversiones de las empresas del norte?
Pienso que en parte se debe a la tendencia actual unificadora de los gobiernos latinoamericanos, marcados por diversos tipos de socialismo, donde si bien es cierto el mercado es importante también lo es la persona. De igual modo el gobierno de Barack Obama muestra un carácter más flexible hacia quienes piensan diferente. Quizás si el que estuviese en el poder fuese George Bush a estas alturas ya habría reconocido al gobierno golpista. Además, me parece que la acción de los militares, políticos y empresarios hondureños fue inconsulta. Es decir, históricamente los golpes de estado en Latinoamérica han tenido la venia o han sido promovidos por los Estados Unidos y desde allí se desparramaba el reconocimiento del nuevo gobierno hacia el área de influencia. Creo que en este caso no hubo “permiso”.
¿Qué escenario presagia usted en su país durante los próximos meses?
De mucha incertidumbre e inestabilidad. Si este gobierno se queda, mucha gente, adentro y afuera, no lo va a aceptar por lo que podríamos quedar aislados. Si Zelaya regresa se va a encontrar con un Congreso, un Poder Judicial, Ministerio Público y un Ejército afín al otro bando y no lo van a dejar gobernar.
¿Cuál ha sido en Honduras el papel de USA en los últimos años y ahora durante el golpe de estado? ¿Se ha percibido algún cambio desde que Barack Obama es presidente?
Estados Unidos siempre ha sido un apoyo financiero para Honduras en todo sentido. Ya sea por desembolsos directos o por permitirle a casi cien mil hondureños residir con un permiso de trabajo allá. Sin embargo, en la última década y desde la caída del Muro de Berlín hemos ido perdiendo importancia estratégica, al menos de modo aparente y la participación de los embajadores se ha limitado a criticar algunas determinaciones de los gobernantes sin llegar a incidir a profundidad. De hecho, cuando Zelaya dio el giro a la izquierda nombraron como embajador a Hugo Llorens, un diplomático para nada confrontativo y que ha sabido sobrellevar la situación con declaraciones "suaves" y para nada intervencionistas. Creo que Obama es bastante tolerante pero esperamos decisiones importantes la próxima semana.
Ante la situación de Honduras ¿Qué papel deberían adoptar países como España o la misma Unión Europea?
Me parece que ha sido clave el papel del señor secretario de Relaciones Exteriores, Miguel Ángel Moratinos, al solicitar el retiro de los embajadores europeos, lo que ya entró en vigor ayer. Sus palabras han sido fuertes, contundentes, al decir que el gobierno de facto ni siquiera debe intentar comunicarse con las autoridades españolas porque no le responderán. Hacia allí deben ir orientados todos los esfuerzos, a aislar a un gobierno que nadie eligió y que nadie quiere, salvo algunos empresarios y sus empleados, que son “invitados” a participar en marchas y manifestaciones a favor de Roberto Micheletti, un político de cuarta que ni siquiera pudo ganar las elecciones internas de su partido en noviembre pasado.
Entrando a comentar un poco el papel de la sociedad ante los hechos que acontecen, en algún lugar leí que Honduras no dispone de unas organizaciones sociales fuertes y con experiencia, sin embargo ¿Se está movilizando la gente y sus organizaciones en defensa de la legalidad democrática? ¿Cree que dicha movilización es fundamental para retomar la normalidad política y que Mel regrese al país y a la presidencia, de la misma manera que sucedió en el año 2002 en Venezuela cuando el pueblo salió a las calles en defensa de Hugo Chávez?
Suceden varias cosas. En primer lugar es cierto que no hay organizaciones fuertes, pues predomina la cultura de la indiferencia. Los que se están movilizando a favor de Zelaya son sindicalistas y dirigentes magisteriales que han venido siendo vilipendiados desde hace algunos años y cuyo prestigio está por los suelos. También campesinos. Pero hay muchos que no estamos con Micheletti, que tampoco estábamos con Zelaya, pero que sí estamos con la ley y la Constitución y que deploramos el golpe pero que no encontramos a donde arrimarnos para manifestarnos en contra de los golpistas. Los protestantes tienen también la desventaja que están siendo controlados por los militares, pues a muchos les han impedido llegar a Tegucigalpa al detenerlos en la carretera. Además, varias importantes cadenas televisoras, radiales y la mayoría de los periódicos fueron parte del complot golpista y ahora se niegan a informar de las protestas contra el nuevo gobierno y sobredimensionan las manifestaciones a favor. Mientras que los militares mantienen controlados algunos canales y periódicos que fueron afines al anterior gobierno o que están tratando de informar de manera imparcial.
Por diversos medios se comenta que el ejército comenzó con la represión. Incluso se citan nombres como Rafael Alegría de Vía Campesina o militantes del partido Unificación Democrática. ¿Qué tan ciertas son estas noticias?
De hecho varias personas que se han manifestado en contra del gobierno han sido golpeadas y heridas por los soldados y policías. Otros han sido detenidos pero liberados a las pocas horas.
Por otro lado, los que participan en manifestaciones a favor del gobierno son protegidos por las mismas fuerzas del orden. Por cierto, ayer publicamos una fotografía de uno de los manifestantes “progobierno”. Se trataba de un guardaespaldas que hizo varios disparos cuando dos grupos opositores se encontraron. Eso da la pauta de que muchos de los manifestantes son gente de élite que ha abandonado la comodidad de sus mansiones y de sus empresas para protestar contra el diablo de Chávez y su hijo, Mel, y que se hacen acompañar de sus guaruras, quienes además de defenderlos van a hacer bulto.
Otra situación que hemos leído es que los medios no afines a los golpistas también están siendo silenciados y amordazados ¿Está viviendo usted y el Diario Tiempo está situación?
En Tegucigalpa, el día del golpe, el domingo 28 de junio, un camión con soldados estuvo rondando las instalaciones de Diario Tiempo, mientras que en San Pedro Sula un contingente de soldados llegó hasta las instalaciones de Canal 11, una empresa del mismo grupo periodístico, y le pidió al personal de seguridad que abriera los portones porque iban a entrar en el momento en que un periodista entrevistaba vía teléfono a Enrique Flores Lanza, uno de los ministros de Zelaya.
Los guardas les dijeron que no y después de un cruce de llamadas telefónicas entre ejecutivos y oficiales optaron por no entrar, pero se quedaron en las afueras blandiendo sus fusiles.
Algo que está por investigarse es que los ejemplares del periódico “desaparecen” muy rápido de los kioscos. De hecho hoy recibí una llamada de un lector de Tegucigalpa que me dijo que a las 8 de la mañana ya no lo encontró, por lo que no sabemos si alguien los está comprando en grandes cantidades para que no lleguen al público. Lo mismo sucede en San Pedro Sula y en otras ciudades.
El martes fuimos el único periódico que sacó en primera plana y con fotografía grande el enfrentamiento entre el ejército y protestantes en Tegucigalpa. Hoy volvimos a informar de protestas en todo el país mientras los otros medios se autocensuran bajo el argumento de que buscan “la paz” y el regreso “al orden”.
Por poner un ejemplo, la Unión Internacional de Trabajadores de la Alimentación en su sede de América Latina (Rel-Uita), presentó un documento de apoyo al presidente Zelaya en nombre de las 374 organizaciones que la conforman y que están situadas en 120 países del mundo ¿Ha existido un apoyo real de otras organizaciones y de la izquierda social internacional al presidente legítimo de Honduras?
Hasta ahora no ha trascendido en Honduras el apoyo de organizaciones, salvo el llamado a una marcha en Paris de parte de sindicatos y de organizaciones latinoamericanas a realizarse hoy jueves. Las informaciones han estado concentradas en los esfuerzos de la OEA , de la ONU y de los países, como tal.
Nota del autor: Para seguir la actualidad de Honduras, además de visitar el Diario Tiempo http://www.tiempo.hn/ también pueden ir la web de la Unión Internacional de Trabajadores de la Alimentación http://www.rel-uita.org/ En ella podrán encontrar las entrevistas, artículos, vídeos, fotografías, etc. que está recabando el periodista italiano Giorgio Trucchi, que actualmente se encuentra cubriendo el golpe de estado en Tegucigalpa.


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