Patrick Mignard
De même que le sang attire et rend fou les
requins et les fauves, l’argent, les privilèges et la notoriété, rendent fous
les politiciens, les rendant capables des pires infamies, trahisons,
renoncement,… et cela dans tous les camps susceptibles d’accéder au
pouvoir.
Au vu des comportements de la classe
politique il faut avoir l’estomac bien accroché pour ne pas avoir envie de
vomir… et je ne parle pas de voter.
Entre « parachutages »,
exclusions et dissidences quelle que soit la formation – qui a des chances
d’avoir des élus – le spectacle est affligeant d’indécence et de
bêtise.
LE BAL DES ARRIVISTES ET DES
MEDIOCRES
La préparation des élections
législatives donne un spectacle digne du « bal des vampires »… Tous les coups sont
permis, et sous les sourires hypocrites réservés aux médias, les coups bas se
multiplient, les déclarations assassines, les ambitions plus ou moins affublées
d’oripeaux démocratiques, sociaux et humanistes se déversent dans un marigot
répugnant de prétentions illégitimes.
Avez-vous entendu parler à propos
de conflit dans un même camp de divergences programmatiques importantes ? De
questions d’éthique qui feraient problèmes ? De désaccords sur des mesures
essentielles à prendre ? Non bien sûr ! Tous cela est secondaire au regard des
ambitions personnelles.
Par contre, écoutez bien, c’est
souvent en subliminal, vous n’entendez que récrimination, trahison, ambition,
félonie, indiscipline, chasse gardée, place réservée, promise, tradition
familiale (népotisme « démocratique »),…
Et le Front National n’est pas le
dernier agir de la sorte, lui qui renifle l’odeur enivrante de plus en plus
forte du pouvoir, écume les bas fonds de la fange de ses partisans les moins
scrupuleux pour se lancer dans une arène qu’il n’a de cesse de dénoncer au nom
d’une éthique qui lui est totalement étrangère,… l’Histoire l’a mainte fois
démontré.
Bien sûr, les bon esprits et les
« républicains » bon teint vont rétorquer, « ils ne sont pas tous pareils », « ce sont des exceptions » !... Peut-être,
mais ce sont ces exceptions qui définissent la règle générale. La voracité à
l’égard du pouvoir, des privilèges et de la notoriété, rythme ce que l’on nous
vend comme du « fonctionnement
démocratique ». Ce ne sont pas les « petits candidats » qui font problème,
mais les grands prédateurs (et leurs laquais), qui squattent le pouvoir… les
premiers ne sont que les cautions démocratiques des seconds.
Le carburant de fonctionnement
des moteurs des partis politiques ne sont ni les idées, ni les projets, encore
moins l’éthique – ça se saurait depuis le temps ! – mais
l’ambition.
LES PARTIS, SYNDICATS
D’INTERET
Le drame dans cette affaire, ce
sont les partis. Les partis politiques qui ne sont pas à leur place, qui
usurpent des fonctions et qui finalement confisquent la démocratie, la vraie,
pas celle qu’ils fabriquent, dans leurs orgies bureaucratiques, pour leurs
propres intérêts, mais celle qui consisterait à avoir comme seul objectif, les intérêts de la
population.
Qu’il existe des groupes, des
associations, brefs des partis qui regroupent des individus en fonction de leurs
opinions communes, ceci est parfaitement sain sur un plan politique. Que ces
mêmes partis participent, incitent, aident, favorisent la réflexion citoyenne,
ceci est encore plus sains sur le plan politique.
Mais que ces mêmes partis
confisquent le pouvoir,au nom,… au nom de quoi d’ailleurs ? Ceci est extrêmement dommageable sur le plan
politique et détruit à terme – ce que nous vivons aujourd’hui – l’essence même
de la citoyenneté.
Instrument de pouvoir et
instrument d’accès au pouvoir, le parti politique change sa vraie nature. D’un
lieu de réflexion, il devient un moyen de promotion sociale, et entraîne dans
son sillage toute une faune d’arrivistes, d’incompétents, de médiocres qui
fondent leur légitimité sur la veulerie, l’obéissance et les courbettes aux
chefs… Des noms ? Il suffit de
regarder la télévision.
Toute cette fange qui se bouscule
au portillon du pouvoir, est souvent prête à changer d’étiquette si son ambition
n’est pas satisfaite… des noms ? À
utiliser n’importe quel argument pour justifier son maintien… des noms ? ou pour prendre la place d’un
autre… des noms ?
Les décisions bureaucratiques,
généralement prises à Paris, sont imposées aux subordonnés qui doivent céder au
nom des intérêts supérieurs du parti. L’exclusion, forme d’excommunication,
frappe les indisciplinés.
ET LE PEUPLE DANS TOUT
CA ?
Tout ces gens là, évidemment s’en
foutent,… il ne constitue qu’une masse de manœuvre pour réaliser les ambitions
personnelles et faire perdurer un système qui les engraisse (voir leurs revenus,
leurs privilèges, leurs avantages en nature,…).
Il est d’autant moins bien
considéré que systématiquement il renomme les mêmes individus qui le grugent.
Quel crédit peut avoir le peuple pour ces ambitieux quand ils savent que l’on
peut le manipuler, lui mentir, lui raconter n’importe quoi… et que généralement
il le croit.
Ce système pervers, dit
démocratique, et on le voit en Grèce, en Espagne et à peu prés dans toutes les
« grandes dites démocraties », a réduit le peuple à une masse ballottée par des mystificateurs qui, sans
scrupules, promettent des choses dont on sait qu’ils ne les tiendront pas. Les
candidats parlent d’ailleurs, sans ambiguïté, de « leurs électeurs » comme de leur cheptel. Et ils savent qu’effectivement
ils sont de fait « captifs », par leur culture, leurs habitudes, leurs
croyances, leurs ignorances. Les changements majoritaires de couleurs ne se font
qu’à la marge, sans rationalité, où la séduction et la démagogie, voire
l’intérêt personnel, l’emportent sur la réflexion.
La « peur du vide » qui habite le peuple,
consciencieusement entretenue par les politiciens, incite les plus réticents à "
faire le pas " et à aller donner leurs
suffrages à celles et ceux qui en ont absolument besoin pour exister et réaliser
leurs ambitions. Ils qualifient pompeusement cela de « devoir citoyen », et ils se forgent
ainsi une « légitimité » qui excusera
toutes les trahisons et dérapages.
Enfin le peuple croit que ces
élus dirigent les affaires du pays,… ce qui est faux. 80% de la législation
échappe aux députés,… quand on leur demande des comptes ils n’ont qu’un seul
mot : c’est Bruxelles ! où là aussi
ils font leurs choux gras. Les marchés financiers auxquels ils sont
intégralement soumis et la puissance des lobbys, qui souvent les arrosent,
constituent le véritable pouvoir.
La mystification est complète et
renforcée par un discours tant hypocrite que larmoyant quand ils évoquent « celles et ceux qui sont morts/es pour le
droit de vote » … comme s’ils étaient morts pour que des profiteurs puissent
se gaver en toute impunité et mènent depuis un siècle et demi les peuples à la
catastrophe.
Ainsi va le vaisseau bancal de la citoyenneté,
naviguant sur une mer de promesses et
poussé par le vent de l’espoir.
L’équipage est sûr de son impunité et sait quitter le navire en cas de
catastrophe. Que crèvent les passagers !
Tant que ce système pervers
continuera, nous continuerons à aller vers la catastrophe… la montée de
l’extrême droite en est un indicateur. Une fois au 20e siècle ce
système nous y a conduit,… on n’en a tiré aucune leçon,… on recommence les mêmes
erreurs que par le passé.
Les mois qui viennent vont nous
le démonter… demandez dès à présent aux Grecs, demander demain au Espagnols !
Notre tour va venir et on sera tous surpris !
Patrick MIGNARD

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire