Boris Johnson, puisqu’il s’agit de lui, ex-maire de Londres, était sans doute, avec Nigel Farage, l’un des europhobes pro-Brexit les plus déchaînés lors de la campagne pour le référendum du 23 juin. Les européistes n’avaient de cesse de moquer son apparente mise à l’écart à l’issue du scrutin.
Et voilà que l’individu, quoi qu’en disent (pour se rassurer) les “rémainistes” marris, est appelé à jouer un rôle non négligeable dans les négociations pour la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne, Ironie de l’histoire, le père de Boris Johnson travaillait en son temps à la Commission européenne de Bruxelles.
Theresa May — dont on rappellera qu’elle est elle aussi une eurosceptique de longue date, même si elle joua la carte de la fidélité à David Cameron au moment du référendum — a fait encore plus vachard dans le camouflet : nombre d’autres membres de son gouvernement sont loin de porter l’UE dans leur cœur.
À commencer par David Davis, farouchement pro-Brexit, et ministre désigné pour conduire la procédure de divorce.
Le grand-prêtre des éditocrates europhiles français (Jean Quatremer, Libération), qui souhaitait un Brexit le plus douloureux possible, peut se réjouir… sauf que les souffrances risquent fort de ne pas toucher le camp qu’il visait ! Du coup, lui et ses collègues en bruxellophilie n’ont plus guère que la coiffure en pétard de Boris Johnson à se mettre sous la dent pour libérer leurs aigreurs. (Mais non, non, je ne ferai aucun rapprochement vaseux avec le coiffeur à 10 000 balles par mois du président Hollande).

Le Yéti