(Albert Dürer - Deux pieds)
Pour qu’il y ait obéissance, sans discussion, sauf pour les apparences démocratiques, il faut des lois contraignantes, des lois de surveillance de la population ; il faut des sanctions et, pour les appliquer, des exécutants.
Les exécutants, par mimétisme et profession, imposent, sans réfléchir, les lois et volontés du pouvoir. C’est ainsi que nous en arrivons à une obéissance aveugle exigée et imposée au peuple, quelle que soit la nature d’une décision. Une décision ou une loi peut être l’une des meilleures, cela existe aussi et, en général, celles-ci passent bien et n’ont nul besoin d’être imposées. Celles que l’on nous impose sont bien sûr les pires. Et la pire des pires reste la guerre ! Là, l’humain atteint l’aberration absolue ! Par obéissance, il tue d’autres humains qu’il ne connaît pas, qui, le plus souvent, ne lui ont fait aucun mal, mais qui ont le tort de posséder des richesses naturelles, de vivre selon d’autres cultures, d’autres religions, d’autres convictions. Là, oui, l’humain devient fou, l’humain est fou ! Et, par peur ou par endoctrinement1, il obéit, il exécute avec rage les ordres les plus débiles, les plus stupides, les plus criminels, sans réaliser qu’en niant le droit à la vie de ceux qu’il tue, il renie son propre droit à la vie…
J’exècre l’obéissance aveugle des militaires ou des policiers, par exemple. Ces individus, par cette obéissance quasi maladive, n’ayant pas le choix (disent-ils !), abdiquent totalement tout sens de leur propre personnalité, jusqu’à devenir des espèces de robots sans âme, sans conscience et parfois sans cœur. J’ai en tête la violence des répressions policières contre les manifestants, en 1968. J’étais jeune, j’étais effaré d’assister à cela sur mon petit écran. Atroces, ces matraques qui se levaient sur les contestataires comme sur les simples spectateurs ou passants ayant pour seul tort d’être là au mauvais moment.

L'armée rouge vue par les tchèques en 1945 et en 1968,sans commentaires
(Image issue du site increvablesanarchistes.org)
Ce qui devient absolument tragique et abominable, en période de guerre, c’est que nombre de militaires, sous prétexte de la supposée obligation d’obéissance, trouvent une justification et une excuse aux crimes qu’ils commettent, assassinats, viols, vols, et s’en satisfont, devenant ainsi des monstres, enfouissant leur conscience personnelle dans des abîmes de ténèbres impénétrables…
« Terroriste », un mot bien commode…
Il est évident, si nous voulons être lucides, ne serait-ce qu’un instant, que ces horreurs ne sont possibles que grâce à la complicité, consciente ou inconsciente des peuples. Le plus souvent, ce qui rend obéissant, c’est la peur face aux pouvoirs. D’où l’évidence suivante : l’intérêt des pouvoirs est de provoquer ou entretenir la peur. On le voit avec le dévoiement des lois sécuritaires depuis sept ans, partout dans le monde, avec l’inflation verbale, qui confine, là encore au ridicule, pour désigner tout groupe de résistance aux pouvoirs sous le vocable infamant de « terroriste ». C’est devenu le « hochet » favori de la majorité des gens au pouvoir dans l’ensemble du monde ! Ainsi, ils pensent et espèrent que les peuples, effrayés par le mot « terroriste » ne se poseront pas la moindre question face aux crimes d’État qui se déroulent ou se préparent… Exemples : la guerre contre l’Irak et tout récemment, les crimes de guerre (selon la Croix Rouge) commis par l’armée israélienne à Gaza…
(image issue du site www.recit.net)
Dans un passé encore récent, nos pouvoirs occidentaux cherchaient à provoquer la peur au sein de peuple, en traitant tous ceux qui luttaient pour plus de justice de « communistes », puis de « gauchistes » et enfin « d’extrémistes de gauche ». À présent, le vocabulaire s’usant à mesure qu’on le « consomme » avec excès, on en est à « l’ultra gauche »...
Il faut bien reconnaître que, depuis la chute du mur de Berlin, juste avant la fin de l’URSS, ces mots qui se voulaient infamants et devaient résonner dans la tête du peuple comme une alerte majeure, mobilisant la peur, ces discours ne fonctionnaient plus vraiment. Ce n’était plus crédible. Alors, comme un « sauveur » du système, est venu le pain béni du mot « terroriste ». C’est la tarte à la crème des pouvoirs… Qui donc, un peu partout dans le monde, aujourd’hui, des défenseurs des droits de l’homme aux humanistes, en passant par les citoyens simplement choqués par les abus policiers, mais osant réagir, peut s’illusionner encore ? Il est évident que nous tous, qui que nous soyons, si nous osons protester contre l’injustice, nous serons un jour désignés à la haine et à la vindicte du « bon peuple », celui qui obéit sans sourciller, comme « terroristes » !
Pour se convaincre de ce que je dis, il suffit, pour la France par exemple, de lire les derniers rapports de la Ligue des Droits de l’homme ou de la CNIL…
Nous n’échapperons pas au jugement des générations à venir si nous ne nous levons pas pour imposer l’arrêt des politiques sécuritaires et des politiques de répressions. Celles-ci n’existent que pour faire obéir la majorité des citoyens ! Elles n’ont de sens réel, très fondamentalement, que pour favoriser le pouvoir et les fortunes de quelques misérables castes d’humains se considérant comme supérieures, s’auto proclamant « élite des nations » au mépris, toujours cinglant, de l’égale valeur et dignité de la masse de l’humanité.
Nous n’échapperons pas non plus au jugement de notre propre conscience si, par peur, nous obéissons aveuglément, si nous refusons de devenir des « insoumis ». L’insoumission, j’en suis persuadé, tout comme la beauté, est ce qui sauvera le monde si nous avons le courage de la faire nôtre. Cela à certaines conditions que j’expliquerai dans un article à venir un peu plus tard…
À suivre…
Premier texte : Etre et rester insoumis ( 1 )
1 ce qui revient au même, l’endoctrinement étant souvent basé soit sur la peur soit sur l’idée d’une récompense.


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