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mardi 12 mai 2009

Lettre ouverte

Victor VARJAC
poète dramaturge conférencier
Vice président du Prix Alain Lefeuvre
Délégué de la Forêt des Mille Poètes


Concerne : ANNULATION DU PRIX ALAIN LEFEUVRE PAR COURRIER MUNICIPAL DU 7 AVRIL 2009

LETTRE OUVERTE à Monsieur Raoul Mille, conseiller municipal, subdélégué à la culture, à la littérature, à la lutte contre l’illettrisme et à l’histoire.

Monsieur,

Après la disparition du poète Alain Lefeuvre, qui fut tour à tour : comédien, grand reporteur, éditeur et créa le mensuel « Nice Magazine », (dont il assura la fonction de Rédacteur en Chef jusqu’à son départ à la retraite en Décembre 2001), la ville de Nice lui rendit, par la voix de Maître Jacques Peyrat, Sénateur Maire, un double hommage, donnant le nom du grand homme à la bibliothèque des Moulins, et offrant le Prix Alain Lefeuvre.

Depuis sa création, ce Prix de poésie fut remis, chaque année, lors de l’inauguration du Festival du Livre de Nice, en même temps que le Prix « Baie des Anges », par le premier magistrat de la Ville.

Vous assistiez, Monsieur Raoul MILLE, si ma mémoire ne me trahit pas, à cette fête de l’écrit et de la pensée.

Au Centre Universitaire Méditerrranéen, lors du Printemps des Poètes 2009, après l’intervention du poète marocain Abdellatif Laabi, vous avez confirmé à Jacqueline Lefeuvre que le Prix était maintenu et serait remis comme les années précédentes. Nous étions le 11 Mars.

Le 7 Avril, coup de théâtre, arrive un courrier émanant de la mairie de Nice, portant votre signature, et annonçant la suppression du Prix Alain Lefeuvre, sans aucune explication !

A quel moment faut-il entendre la vérité ?
Je ne peux que m’indigner face à une telle attitude !

Le concours est lancé le 2 Janvier et prend fin le 15 ou le 30 Avril,( selon les années.) Comment avez-vous pu oser une telle décision, au mépris des convenances les plus élémentaires, sans oublier le respect dû aux concouristes ?

Quelle image pensez-vous donner de la ville dont vous êtes le conseiller municipal et subdélégué à la culture, à la littérature, à la lutte contre l’illettrisme et à l’histoire par cette attitude méprisante envers les poètes ?

Je vous demande, en conséquence, en tant que vice-président du jury, de maintenir ce Prix cette année, ne fut-ce que par fidélité à la mémoire d’un grand poète qui fit tant pour que la poésie soit l’ambassadrice privilégiée de la belle ville de Nice.

Victor VARJAC.

jeudi 23 avril 2009

« A CECILE (tuée dans un attentat, au Caire, le 22 Février 2009) ELLE AVAIT DIX SEPT ANS

« LA GUERRE PORTE A JAMAIS LE MASQUE DE LA TERREUR TANDIS QUE L’AIGUILLE DU PROFIT CREVE LES YEUX DES HOMMES QUI REGARDENT ET LE CŒUR DE CEUX QUI NE VOIENT RIEN ! »

Par Victor VARJAC

le samedi, février 7 2009


(Extrait de la chasse au dain de
Frans Snijders Jan Wildens)
Un trou
rien qu’un trou
un trou
dans le ventre d’un mur
un trou
au milieu des pierres
une marque affreuse
comme une perforation
qui cherche à tout prix
l’imprévisible sentier
de l’âme !...
Un nuage égaré
œil intrépide
où respire
l’écume du ciel…

Une brèche
aux lèvres sévères
qui mord l’espace
et arrache un cri
à la transparence
de l’air…

La blessure…
la blessure se souvient
de la violence extrême
brandissant des corps
au milieu de la rue…

Les deux mains arrachées
le jour n’a plus de force
il ne parvient
même plus
à saisir le soleil
et sa parole siffle
touchée à bout portant
par la déflagration
des obus et des bombes…

Le feu dévore
les rêves noircis
de poussière et de sang
puis recouvre
un à un les visages
de ce masque éternel
à la beauté de cire
où s’éteint le regard…
tandis que la fumée
camoufle une seconde
le crime insupportable
et traverse le chaos
telle une âme en partance…

La tempête…
la tempête a surgi du ciel
brisant la quiétude
d’un trait de métal…
L’horrible vint alors
de ces armes affreuses
où bourdonne la mort…

Les rapaces d’acier
dérobent le sourire
et mordent à belles dents
la poitrine de la Paix
et comme des chimères
désignant leurs victimes
ils empoignent ces êtres
par la crinière vive
d’un galop de souffrance
avant de les abandonner
dans les couloirs déserts
où les heures peu à peu
momifieront
leurs dépouilles sanglantes !...

Existe-t-il seulement
une lumière capable
de traverser
la main de l’ombre
qui retient
et multiplie
ce désastre ?
L’aube
pourra-t-elle encore
inventer une brume claire
aux cheveux de rosée ?...

Qui pourra retenir
cette douleur suprême
sans être crucifié
par le sang de l’enfance ?...

La mort enfin repue
s’abandonne au sommeil
et les marchands retournent
à leurs comptoirs prospères
laissant au silence
le dernier mot…

L’homme regarde
regarde sans voir
assis sur un mur
un mur perforé
il regarde un paysage
un paysage qui hurle
hurle sa détresse
et l’homme regarde
assis sur un mur
un mur perforé
il regarde un paysage
ignorant le trou
plus large qu’une blessure
plus vaste que le néant
et met sans le savoir
ce trou ordinaire
cette béance obscure
à la place de la vie
où chantait son cœur !...

Victor VARJAC.
Poème extrait de "LA ROUILLE DES JOURS"