mardi 21 mai 2013

ZERO voix pour le « plan Combrexelle Sapin » de casse de l’inspection du travail

Gérard Filoche                            

Un « Plan SAPIN » depuis juillet 2012 envisage la disparition des sections d’inspection du travail territoriales et généralistes.
 
Jusque-là, une section était affectée à un territoire délimité et devait contrôler, en moyenne, 3000 entreprises, 30 000 salariés. Inspecteur et contrôleurs intervenaient « en opportunité » : c’est-à-dire qu’ils jugeaient eux-mêmes des priorités de leurs dossiers, des suites des visites. Ils étaient sous la pression des salariés de leur secteur : ils les recevaient dans des permanences, deux fois par semaine et pouvaient se rendre dans les entreprises à toute heure, sans prévenir, pour imposer en toute matière le respect du code du travail aux employeurs assujettis. Les actions étaient indépendantes (convention OIT n°81) mais pas « neutres » : l’inspection avait pour « mission d’alerter les gouvernements en place sur le sort qui est fait aux salariés ».
Le « plan Sapin »  vise à supprimer la base géographique et à définir les missions non plus par le champ d’action et les demandes des salariés… mais par le haut, par les exigences de la hiérarchie. Les sections seraient redécoupées, des « brigades spécialisées » par branche, secteur, thème les remplaceraient, et la hiérarchie dicterait « là où il faut aller » « quand il faut y aller », « les actions prioritaires » qu’il faudra mener. Les « brigades » seront diligentées selon les aléas politiques de la chefferie, elles seront spécialisées et non plus généralistes, elles pourront être plusieurs sur un même secteur ou une même entreprise. Les agents n’auront plus ni opportunité, ni continuité de terrain, ni vision globale dans la durée, ni maitrise de leurs actions.
Pour cela, il fallait casser les organisations existantes. Il existe 767 sections d’inspections, 767 inspecteurs, 1500 contrôleurs, 1500 secrétaires : une section c’était cinq agents complémentaires : 1 inspecteur, 2 contrôleurs, 2 secrétaires. Alors ils ont commencé à réduire les secrétariats, pivots des sections. Puis ils ont promu les contrôleurs… inspecteurs, à raison de 540 pour commencer et le reste étalé sur 12 ans. Ca fait « carotte », ca concentre et supprime des postes, ça divise les rangs, ça casse efficacement l’organisation des sections (À Paris, en 1990 il y avait 8 immeubles différents ou se tenaient les sections, proches des arrondissements qu’elles contrôlaient, aujourd’hui, ils les ont supprimés pour les « concentrer » en un seul…leur coup de force est physique et précède toute pseudo concertation)
Sapin a organisé depuis des mois et des mois une vaste « concertation » avec enquêtes, audits, entrevues collectives et individuelles, négociation avec les syndicats… enfin tout ce tintamarre qui est ordinairement pratiqué pour forcer la main aux personnels… Il devait rendre avis en juillet 2013.
Mais l’échec est total : Chou blanc ! Extraordinaire : après dix mois d’effort, le « plan Sapin » a obtenu ZERO voix dans l’inspection. Aucun soutien ! CGT, Sud, SNUTEFE, FO votent contre, CFDT et UNSA s’abstiennent. ZERO voix ! Bisque bisque bisque rage ! Vont-ils quand même oser passer en force contre 100 % de ceux avec lesquels ils avaient promis de se « concerter » ?
- paru dans l’Huma du 15 mai-

Le Qatar fournit des milliards de dollars aux rebelles syriens

Des médecins israéliens accusés de complicité de torture

 Sharmila Devi

De nombreuses questions ont été soulevées au sujet de l’implication de docteurs israéliens dans la torture présumée d’un jeune détenu Palestinien décédé en détention le mois dernier.

La mort d’un détenu palestinien dans des circonstances contestées dans une prison israélienne a relancé la controverse de longue date au sujet des allégations de complicité de torture par des médecins et renouvelé la colère palestinienne à propos des 4600 prisonniers estimés détenus par Israël. L’ Association Médicale Israélienne (IMA) a nié que des professionnels médicaux aient été impliqués dans des tortures ou abus et a déclaré qu’à sa connaissance, la torture n’était pas approuvée ou utilisée par les forces de sécurité ou prisons israéliennes. Cependant, les défenseurs des droits de l’Homme déclarent que les prisonniers palestiniens souffrent depuis longtemps de passages à tabac, privations de sommeil, menottages prolongés et douloureux, humiliations et de négligence médicale – considérés comme de la torture selon les standards internationaux.
Arafat Jaradat, un pompiste de 30 ans, père de deux enfants, a été arrêté le 18 février parce qu’il était soupçonné d’avoir jeté des pierres et des cocktails Molotov durant une manifestation contre l’action militaire israélienne dans la bande de Gaza qui s’est déroulée en Cisjordanie en novembre dernier. Les palestiniens déclarent que son arrestation et son interrogatoire, des mois après la manifestation, font partie d’une ancienne politique israélienne visant à forcer les prisonniers à devenir des informateurs après leur libération.
Les leaders palestiniens déclarent que quelques 800 000 palestiniens ont été détenus par les forces israéliennes depuis 1967, et que Jaradat a été le 203ème prisonnier à mourir. Il est décédé, après plusieurs jours d’interrogatoire menés par les services de sécurité interne du Shin Bet israélien, le 23 février à la prison israélienne de Megiddo. Une autopsie a été pratiquée le jour suivant à l’Institut médico-légal d’Israël, en présence de Saber Aloul, le pathologiste en chef de l’autorité palestinienne, qui a déclaré que des traces de coups sur le corps était la preuve de torture.
Le ministère de la santé israélien a déclaré le 28 février, après examen de nouvelles découvertes suite à l’autopsie, qu’il n’y avait pas de preuve démontrant que Jaradat ait subi des abus physiques ou ait été empoisonné, et qu’il n’était pas non plus possible de déterminer la cause de sa mort.
Les autorités israéliennes avaient initialement attribué sa mort à une crise cardiaque et déclaré que les bleus et côtes cassés étaient « des signes caractéristiques d’une réanimation, celle que l’équipe médicale du Service de la Prison Israélienne et Magen David adom (équivalent de la croix rouge israélienne ndlt) a pratiqué pendant 50 minutes en tentant de sauver sa vie. » Des échantillons supplémentaires prélevés sur le corps étaient toujours le fruit d’analyses microscopiques et toxicologiques et les résultats n’étaient pas attendus avant plusieurs semaines.
«  Les signes apparus lors de l’autopsie montrent clairement qu’il a été soumis à de violentes tortures ayant directement entrainé sa mort »,  a déclaré Issa Qaraka, Ministre palestinien des affaires relatives aux prisonniers, lors d’une conférence de presse tenue à Ramallah, après s’être entretenu avec le pathologiste palestinien ayant assisté à l’autopsie. Kamil Sabbagh, avocat de Jaradat, avait dit à un juge militaire israélien deux jours avant la mort de son client, qu’il était forcé à s’asseoir durant de longues périodes d’interrogatoire, s’était plein de douleurs dorsales, et semblait terrifié à l’idée de retourner dans le centre de détention du Shin Bet dans lequel il était emprisonné. Le juge a ordonné un examen par un docteur de la prison. Jaradat est mort à la prison de Megiddo alors qu’on ignorait à quel moment il y  avait été transféré .
Dereck Summerfield, Maître de conférence honoraire à l’Institut de psychiatrie de l’Université de Londres, engagé dans la lutte contre ce qu’il appelle les violations des droits de l’homme par les médecins israéliens, a déclaré qu’il voulait connaître le rôle joué par les docteurs dans les circonstances de la mort de Jaradat. « Selon les propres dires d’Israël, Jaradat a été vu par des docteurs israéliens deux jours plus tôt et ils l’ont déclaré en bonne santé. La question médical éthique principale est pour quoi ces docteurs l’ont examiné, sinon pour vérifier s’il pouvait supporter la torture » a-t-il dit à The Lancet. « C’est précisément ce pourquoi la campagne concernant la complicité médicale avec la torture en Israël a été lancée en 2009 et continue d’être mise en œuvre. »
L’IMA a déclaré  dans un communiqué : « L’IMA s’oppose avec véhémence à la revendication selon laquelle des professionnels médicaux sont impliqués dans des actes de tortures ou d’abus, et nous allons continuer à faire tout ce qui est possible avec les moyens à notre disposition, pour informer les médecins de leur obligation de dénoncer et de se conduire de façon appropriée. »
L’IMA et les organisations de défense des droits de l’Homme ont appelé à ce que la responsabilité de la santé des prisonniers soit retirée au Service de Prison d’Israël (IPS) et transférée à une entité extérieure telle que les organisations de maintien de santé (HMO) ou le Ministère de la santé, qui a mis en place il y a un an un comité permanent auquel les médecins peuvent rapporter les soupçons de torture. « Il est vrai que chaque docteur fait face a un conflit d’intérêt entre le patient et le système dans les HMOs et aussi dans l’armée », a déclaré Avinoam Reches, à la tête du bureau d’éthique de l’IMA, au journal Ha’aretz. « Mais dans le cas du IPS, le problème est grave car le traitement est donné à des personnes qui n’ont aucune liberté de choix quoiqu’il en soit. »

Les Palestiniens et les groupes de défense des droits de l’Homme demandent une enquête indépendante sur la mort de Jaradat.

 Source en anglais
Traduction : Julie V. et Michèle S.

Agence Média Palestine

Un dictateur meurt sur son bidet

Jean ORTIZ                              

Alors qu’il reste en Espagne neuf ex-ministres de Franco bien vivants et en liberté, le dictateur et tortionnaire argentin Videla vient de mourir en prison, en train de déféquer. Les agences de presse disent qu’il "purgeait" (oui, c’est bien le mot !) une peine de cinquante ans de réclusion pour "crimes contre l’humanité".

Videla était le plus connu des trois serviteurs des Etats-Unis qui perpétrèrent le coup d’Etat de 1976 pour combattre "l’ennemi intérieur, le "communisme", par des méthodes barbares. Le "monde libre" avait tous les droits, toutes les excuses... 30 000 disparus, des dizaines de milliers de torturés, et une coopération sanglante entre bourreaux : le "Plan Condor". C’était le prix à payer pour empêcher "de nouveaux Cuba".
Les suppliciés, avant la dernière torture fatale, recevaient la bénédiction d’un prêtre. Les religieux allaient et venaient dans les centres de torture, les camps, comme on se promène dans un musée de l’horreur. Ils couvrirent et même organisèrent le vol de centaines de bébés à leurs mères détenues qui accouchaient en prison puis étaient assassinées. Tenus sans doute au "secret religieux", aucun dignitaire ensoutané, aucune instance officielle de l’Eglise, n’émirent la moindre protestation. Qui ne dit mot... devient complice de la barbarie.
Le symbole de la dictature vient de mourir, des dizaines de militaires ont été jugés et condamnés, des lieux de tortures transformés en musées de la mémoire. La justice et la vérité sont en marche... Les époux Kirchner ont annulé les "lois d’amnistie". Celle de 1977 en Espagne est toujours en vigueur, et le gouvernement espagnol a menacé de rétorsions son homologue argentin, s’il permet que la juge Maria Servini instruise le dossier pour "génocide et crimes contre l’humanité" du franquisme, à la demande de plusieurs familles de suppliciés espagnols.
Ce n’est pas la première fois que la juge est intimidée. Le gouvernement Zapatero fit en sorte qu’elle ne puisse voyager en Espagne. En réalité, ce n’est pas la juge, mais le Tribunal supérieur argentin (la "Chambre fédérale") qui a décidé d’ouvrir le dossier espagnol en ... 2010. Les autorités espagnoles du bipartisme font traîner les choses en longueur, multipliant les obstacles.

Le dictateur Videla est, quant à lui, mort reclus sur sa cuvette. Tirons la chasse.

Jean Ortiz
Le Grand Soir

L’esclave crypté

Gaëtan Pelletier            

Tout progrès est ambigu, à la fois chance et péril. C’est nous qui choisissons. Le progrès technique nous donne actuellement la possibilité de gagner plus, de vivre mieux, de travailler moins. Et comme nous avons libéré la cupidité des hommes, avec la libéralisation du secteur financier, ce sont les effets pervers qui l’emportent. Ce qui devrait être un instrument de libération des hommes devient un moyen d’asservissement. L’homme devient la variable d’ajustement de l’augmentation des dividendes. Tant qu’on n’aura pas tranché le nœud gordien du pouvoir de la finance, rien ne sera possible. Parce que le rapport de force agira toujours dans cette direction, et le côté pervers du progrès technique l’emportera toujours. Sous la pression des événements et des drames qui se multiplieront, serons-nous amenés à le faire à temps ? Sans cela, nous courrons à la catastrophe. Il faut continuer à alerter et à travailler dans ce sens. ( René Passet, Bastamag )

Le grand pouvoir de ce monde repose désormais sur la magie contemporaine. Un mélange d’huile de serpents « humanoïdes » ( sic), scandant des slogans à travers une presse quadriplégique, une télévision-mitraillette et une médecine franchement douteuse, qui ne sont pas sans rappeler les expériences étranges des saignées et des incantations autour du corps malade.
Magie contemporaine ?
Étrangement, nous avons rétrogradé, sans le savoir, dans une ère de sorciers « mono-vêtus », nouveaux prêtres de la religion : ils s’habillent pareillement, camouflés en une cravate et veston. Une discrétion équivoque…
Le déclenchement de cette fabulation pernicieuse ? « Science ». Il y a un rapport entre le shaman bariolé et l’armada de politiciens écrasés par la foi en un néolibéralisme « développeur » : puisque tout est « science », l’économie l’est également. La politique – celle qui se targue de pouvoir et de changement- n’est plus qu’un produit – exempt du « clan science ». Leur pouvoir se résume à calfeutrer à la hâte les nids de poules creusés par la vitesse d’exécution du totalitarisme de l’économie. Et dans sa foi, sa poursuite à appliquer une recette désuète, le résultat est que l’homme d’État n’est désormais qu’un esclave, mains liées, encagées dans un bateau ivre. Pendant que passent, au-dessus de lui ou elle, les drones rieurs. Manettes à distance.

Les machines à mutiler 1.0

Les guerres mutilent.


C’était nécessaire, direz-vous, de se débarrasser du nazisme. C’est ce que le citoyen en a retenu… Mais cette guerre fut déclenchée par des « besoins économiques » d’extension afin de faire prospérer L’Allemagne. Les méchants nazis n’étaient que des avares de terres… Hitler s’entoura d’assoiffés de pouvoir qui eurent chacun leur but « personnel ».
Bien avant l’attaque de Pearl Harbor, le président américain avait déjà entrepris des ententes avec l’Angleterre pour « vendre » des armes, pour une dette ultérieure. Hitler, en délaissant la cible « Angleterre », se rua vers l’U.R.S.S. , ses champs de blé et les puits de Stalingrad.
Il a simplement compris que la richesse réelle était ailleurs…
L’interprétation historique vous dira qu’il avait fait erreur. Il avait tout simplement oublié son sens « pratico-pratique ».
La machine à mutiler 2.0 

N’ayant plus de « méchants » à combattre, les « méchants javellisés aux idéologies trafiquées » décidèrent alors de crypter les causes des guerres. Et c’est « ici » que cela se passe.

Si les Nazis ont utilisé une machine Enigma pour crypter leurs messages, le cryptage « moderne » de transferts d’information a noyé toute compréhension de l’humain, devenu le poisson le plus salé et fumé de la création. Si vous faites un mélange de la « présentation » de la situation terrestre globale, vous ne pouvez pas saisir et analyser réellement ni la somme, ni les composants, ni les changements rapides, ni les mensonges, ni les religions. Ni les réactions humaines, encore plus complexes… De fait, on a créé enfin cette tour de Babel – et dans un but précis-, pour subjuguer quiconque irait se « mêler » à essayer de voir clair dans l’ignominie mondialiste. L’Histoire, pour ne pas laisser de traces, est passée à la déchiqueteuse de minute en minute, d’heure en heure, de jour en jour. Ajoutez à cela le mouvement perpétuel dans un quasi "instantéisme", toute capacité de saisir le mouvement de l’Histoire est du domaine de l’impossibilité.
La machine à crypter, Énigme, version 21e siècle a rendu quadriplégique la masse de politiciens-chiots de poche. Ils sont assis et ils parlent.
La machine à mutiler est camouflée, cryptée, invisible, furtive. On vous montrera des corps - aux fins de propagande - pouvant servir à attiser vos haines, mais on ne vous montrera pas la mutilation psychologique et économique, de vie quotidienne du citoyen d’un pays qui n’existe que sur papier.
On se penchera sur « l’Énigme » des plans d’austérité, de la pauvreté, sans trop de finesse, et le plus étrange est qu’on fera appel à l’entreprise privée pour délivrer les pays riches appauvris.
Pour être à jour, il faut se lever hier…
Une société qui n’a pas de questionnement sur son avenir ignore son passé.
Il n’y a que le camouflage qui change.
La réussite de demain est dans le décryptage de l’Histoire.
C’est la raison pour laquelle on l’a toujours trafiquée, et que dans les écoles on refuse d’y donner l’importance qu’elle a.
La Terre est une boule de cristal sur laquelle nous vivons tous. Le secret de l’avenir réside sans doute dans ses millions d’années pendant lesquelles elle a permis le développement et la réussite de la race humaine. C’est un grand livre rond que nous nous refusons de lire.

P.S. : Il reste cette merveille électronique sur laquelle j’écris en ce moment. Aux mains de tous, il n’est ni meilleur ni pire. C’est un outil magique, mais il peut également servir à nous berner sur notre liberté d’expression. Une pancarte électronique, c’est également un miroir dangereux pour les petits « sauvages » qui peuvent hurler pendant qu’ils se font mutiler sans cadavres.
C’est le progrès. Il faudra l’arrêter un jour.

Photos :  images de la fin de la guerre 39-45 en URSS

Gaëtan Pelletier - 14 mai 2013 -

Jusqu'où peut aller le libéralisme ?


Comment caguer sur les piétons en seulement 12 leçons

Citation chiffrée

Il faudra 300 ans pour déminer le territoire vietnamien. Le Comité d’État de pilotage pour la résolution du problème des bombes et des mines laissées par la guerre (…) confirme plus de 100 000 morts et blessés entre 1973 et 2000. Quatre mille personnes en sont victimes chaque année (…). Le comité estime encore à au moins 800 000 tonnes la masse d’engins non exposés. 

 Le Courrier du Vietnam du 5 au 11 avril 2013