vendredi 22 juin 2018

Du VaisselleGate au VaisselleThon ! Mobilisez-vous !!


Charles Sannat

Si vous connaissez tous les célèbres propos hollandais « mon ennemi c’est la finance », nous pouvons quelque peu modifier ce slogan, pour notre Macronléon de service.

En effet, l’ennemi de notre nouveau président, cela risque d’être la faïence, car semble-t-il personne, dans son entourage, n’a jugé utile d’alerter la « saigneurie » du Palais que par les temps qui courent, dire que la vaisselle du Palais est un peu vieillotte et que l’on changerait bien le service pour avoir un truc plus moderne mais pas de chez Ikea, cela risquait de mal passer dans la population à qui les mêmes mamamouchis demandent de se serrer la ceinture, chaque semaine un peu plus fort !

Faire marcher la manufacture de Sèvres !

Voilà le nouvel axe de communication de nos mamamouchis, si le grand chef jupitérien change sa faïencerie, c’est pour donner du boulot aux manants que nous sommes, et aux ouvriers et aux artisans de la « manu-facture »… Le problème, c’est la facture Manu…
J’ai dû mal acheter ce raisonnement, car si nous sommes bien tous d’accord pour faire fonctionner la manufacture de Sèvres, et même si cela implique parfois des commandes publiques pour maintenir le savoir-faire et faire fonctionner notre usine, il y a d’autres manières de procéder.
Par exemple, en alimentant d’abord certains ministères ou encore, en faisant la publicité de notre usine ! Si BFM TV faisait autant d’efforts pour vendre nos assiettes que pour suivre et rendre compte des faits et gestes quotidiens de notre monarque du Palais, nul doute que les carnets de commandes seraient pleins pour les 10 années à venir.
Ensuite, il est assez cocasse, pour ne pas dire que cela relève du foutage de gueule présidentiel, de trouver des charmes à la commande publique pour ses caprices de porcelaine, et la trouver immonde pour tout le reste. La réside le problème et l’inefficacité de la ligne de « défense » et de communication du gouvernement.
Ces 500 000 euros ne changeront rien, ni aux dettes de notre pauvre pays, ni à la misère qui s’y développe. Mais ces 500 000 euros sont symboliques du mépris que nos puissants manifestent à leurs populations. Là réside le véritable scandale. Mépris et condescendance.

Envoyer de la vaisselle au Palais, pour éviter de dépenser un pognon de dingue !

J’adore l’humour de mes compatriotes. Vraiment. J’adore cette insolence exquise, élégante, courtoise et sachant être cruelle pour pointer les défauts de nos puissants.
Nos compatriotes ont été à la hauteur de notre grande tradition de l’insoumission et de notre impertinence.
« Les Macron ont dû recevoir un colis un peu spécial. Un couple originaire du Clunisois a envoyé de la vaisselle à l’Élysée, suite à la polémique suscitée par une commande de 500 000 euros de vaisselle, rapporte Le Journal de Saône et Loire.
Alors que les commentaires acérés ont fusé sur les réseaux après les révélations du Canard enchaîné, ils ont préféré réagir à la polémique avec humour. Au paquet rempli d’assiettes et de verres, ils ont ajouté ce petit mot : « Pour vous éviter de dépenser un pognon de dingue en vaisselle. Avec toute notre amitié », en signant « Des gens de rien ». »
Alors je sais que cela coûte un peu cher en frais de « porc », mais que voulez-vous, quand on se tient mal, cela fait du bien de se faire plaisir.
Alors nous pouvons appuyer nos amis et camarades insolents « originaires du Clunisois » et nous aussi envoyer quelques assiettes, plates, creuses, ou encore des bols ou des verres pour faire le trousseau du couple Macron, avant que ce dernier de nous détrousse totalement, tout en sachant que je ne parlerai pas des autres troussages du père Macron et que je sais arrêter mes jeux de mots, quoique…

Pour le VaisselleThon, vos dons sont à adresser à :

Monsieur le Président de la République Palais de l’Élysée 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75 008 Paris
Vous pouvez aussi adresser votre vaisselle à la mère macronne qui a perdu non pas son chat mais sa faïence.
Madame Macron, Directrice des arts de la table du Palais Palais de l’Élysée 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75 008 Paris
Voilà, vous envoyez évidemment uniquement de la faïence et de la vaisselle, même vieille et ébréchée, cela ne constituera pas un délit.
Alors, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les Français, dirigez-vous massivement vers le bureau de poste le plus proche de chez vous et participez au VaisselleThon. Chaque don compte, le Palais a vraiment besoin de vous.
Ceux qui n’ont pas assez de sous pour les frais de port peuvent envoyer des serviettes en papier ou de la vaisselle jetable… Cela pèse moins lourd et symboliquement, c’est identique !!
Je compte sur chacun de vous pour relayer cette opération et faire tourner. Opération une assiette pour Macron. Vous pouvez aussi prendre quelques photos de votre missive et de votre colis. Je les partagerai avec plaisir !
Imaginez un peu 65 millions de Français et 65 millions d’assiettes au Palais. J’en rigole d’avance !!!
Je sens que l’on va bien s’amuser !!

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source RTL ici ! 

Macron Merkel, une rencontre pour la galerie


christophecroshouplon

À l'approche du sommet européen des 28 et 29 juin prochains, rencontre inter-ministerielle des deux têtes de pont autoproclamées de l'UE, dans un château proche de Berlin.

Puissance invitante, une chancelière sur le déclin, fortement contestée et par les urnes et par son propre ministre de l'intérieur, lequel a déclaré ne plus supporter travailler avec – je cite – cette … femme.
Invité de choc, le monarque élyséen, déjà intronisé par ses amis les Rothschild avec 4 ans d'avance futur Roi d'Europe – en un mot Gouverneur.
Fraulein Nein et Sa Majesté Jupiter ont deux conceptions fort différentes de ce projet européen, que ce soit sur les questions budgétaires, sur la suprématie des états nations et sur la question migratoire. Angela, contrairement à son jeune collègue, a des positions arrêtées et donc claires, les mêmes depuis toujours. Lui, à sa bonne habitude, oscille telle une toupie, n'hésitant jamais à dire ce que son auditoire du moment a envie d'entendre.
Au souhait macronien d'un budget conséquent, la chancelière, le doigt accusateur rivé sur les mauvais gestionnaires et ses gros actionnaires teutons dans l'oreillette, répond NEIN. Un petit budget rien de plus, pas question que nous qui sommes si favorisés par l'Euro et par les exportations nous mettions à débourser pour ces mauvais des pays du sud. Pas grave, pense le poulbot qui, sur le sujet, garde son fil conducteur, ce que tu ne veux pas avaler aujourd'hui on le fera gober à ton successeur demain. Car Macron, qui a du temps devant lui, entend passer par dessus Angela, armé de sa place garantie de nouveau Juncker pour 2022.
Cette rencontre – qui met en exergue des différents déjà connus – ne sert que pour la galerie. Afficher le prétendu couple phare de l'Union Européenne et faire accroire à la capacité de ces deux-là à s'entendre et à conjuguer leurs divergences. Le discours macronien enfile aussi les perles en parlant d'unité nécessaire entre états européens, ce que le réel dément de plus en plus. La question épineuse des vagues d'immigrés a créé une zone de fracture qu'aucun discours, fut-il pompeux ou martial , ne viendra recoudre. Il s'agit donc de prendre tout le monde de vitesse, de jouer des muscles et de tonner, bref de faire exactement le genre de laïus que celui envers Trump au G7. Faire croire aux journalistes, et donc aux opinions, que l'on tient fermement le manche et qu'on n'entend en rien le lâcher – quitte à faire exactement l'inverse faute de moyens dans la foulée.
Le job de politicien ou de chef d'état se résume de plus en plus à pondre des discours et à prendre des postures. À l'époque de Mitterrand et Kohl, les dirigeants pouvaient encore faire bouger les lignes et s'entendre, la politique servait encore un peu à quelque chose. Aujourd'hui elle se fait, comme disait De Gaulle, uniquement à la corbeille, et les pantins élus viennent chercher leur feuille de route en passant un coup de fil aux agences de notation, celles-là qui ont mis l'Allemagne sur le podium.
Rien ne peut obliger 27 partenaires à avaler le même brouet de concert, sauf que, sur un plan juridique, la Constitution de VGE a organisé les choses de manière à ce que l'impensable devienne plus que probable. Quoi qu'ils aient voté, les peuples avaleront tous la même potion, leurs dirigeants se soumettront à l'autorité des marchés, lesquels n'ont que faire des opinions, que l'on consulte pour la galerie.
Laisser les professionnels faire leur tambouille entre eux, répéter comme des cabris les mantras européistes habituels, élire des députés payés en dessous de table par des lobbyes ayant pignon sur rue à Bruxelles – voila comment ça marche.

Les rencontres des pantins à la tête de nos Etats, c'est bon pour les articles de presse, ça ne sert à rien d'autre qu'à ça.

Au bistro de la toile : le foot rend Victor grognon !


Victor Ayoli

- Oh ! Loulle, t’as mis le drapeau toi aussi ? Non, pas toi… Ca y est, c’est reparti, pendant un mois, les me (r) dias vont nous bassiner avec les « exploits » de grands garçons, souvent à demi analphabètes, payés des millions d’euros pour taper dans un ballon. C’est déprimant.

- Ne sois pas grognon, Victor. Tu bades bien devant les matchs de rugby, alors respecte les amateurs de foot !
- C’est un peu vrai Loulle. Le rugby, comme le foot, est né dans l’esprit tracassé mais plein d’humour des Anglais. Ils étaient enracinés à leur village, à leur ville, à leur nation. C’était deux villages, deux villes, deux nations qui s’affrontaient à travers des équipes très représentatives dans un simulacre pacifique de guerre. Ce n’est plus le cas, Loulle. Le professionnalisme – le culte et la dictature du pognon - est passé par là. Et le rugby, hélas, suit l’exemple lamentable du foot. Aujourd’hui ce sont des mercenaires achetés comme des bestiaux sur un « mercato » international. Ils ne représentent en rien la ville ou la nation qui les emploient.
- Ça fait tchatcher Victor. Le foot est un moyen de sociabilité, de convivialité, de création de liens, de conversation.
- Mouais… Comme sujet de débat, ça va pas chier bien haut. Le foot n’a plus grand-chose à voir avec le sport, c’est devenu le premier spectacle international et un business aussi opaque que juteux. C’est un moyen astucieux qu’ont trouvé les oligarques qui nous manipulent pour abrutir l’opinion publique et la détourner des véritables enjeux : casse sociale tous azimuts, privatisations des bijoux de famille, flicage généralisé, invasion migratoire organisée par les oligarques, etc. Le foot fabrique des idoles de consommation courante, présente une version ridicule du patriotisme avec ces braillards saccageant leur hymne national. La coupe du monde de foot, c’est un évènement tonitruant et insignifiant. Panem et circenses – du pain et des jeux - avaient déjà compris les Romains.
- Eh bien oui, Victor, que ça te plaise ou pas, le foot rassemble et transcende les foules. C’est comme ça.
- Pourquoi pas. Mais voir des stades emplis de dizaines de milliers de gens vociférants, qui éructent des onomatopées pittoresques - « OHISSE enculé ! » - qui font souvent preuve du racisme le plus dégradant avec des cris de singe, je t’avoue que ça me laisse dubitatif sur l’évolution humaine : peut-on être adulte et se comporter ainsi ? Le foot est le seul « sport » qui suscite des comportements racistes, qui expriment à travers des clubs de « supporters » des idées ouvertement fascistes, qui déchaîne des bagarres, voire des émeutes, qui génère des mouvements de foule qui tuent, comme au Heisel en Belgique où des bagarres entre supporters ont fait 39 morts et des centaines de blessés.
- C’est pas tous les jours ça, Victor…
- Mais enfin, tu les as vus, Loulle, les bandes de « supporters » à l’œuvre : rappelle-toi les émeutes, les affrontements bestiaux entre « supporters » Anglais et Russes lors d’un match de l’Euro de foot à Marseille. Tu les as vus, ces bedonnants plein de bière, peinturlurés et qui agitent comme des trophées leurs fanions de clubs ou leur drapeau national avant de se foutre sur la gueule. C’est de l’abrutissement collectif. T’en voudraient des clients pareils ?
- Sûrement pas. Mais,… teng ! T’es pas tendre Victor.
- Le milieu du foot est pourri, Loulle. Encore pire que les Jeux Olympiques. C’est le business le plus opaque : une Fédération internationale (Fifa) aux pratiques plus que louches ; des dirigeants et propriétaires de clubs qui ne sont pas sans rappeler des mafieux ; sans oublier évidemment les très nombreux matches truqués : le monde footballistique est pourri jusqu’à la moelle. Et que dire de la manière dont le plus grand raout politico financier qu’est la coupe du monde de foot attribue son organisation : la prochaine, après l’actuelle en Russie, aura lieu au Qatar ! Un pays qui finance à la fois le plus grand club français et les assassins du djihad… Tout ce pognon, ces montagnes de fric, ces milliards qui proviennent pour une bonne partie du recyclage d’argent sale, ne profite qu’à une petite mafia de footballeurs, d’entraîneurs de grands clubs, d’intermédiaires véreux, d’agents de joueurs douteux, d’oligarques propriétaires de clubs, de chaînes de télé et de marchands de vent que sont les publicitaires. Et ce qui est le plus désolant, c’est que cette névrose collective suscite des dépenses inutiles de la part des classes sociales les moins favorisées, achats de télé grand écran, voyages de supporters, etc... Et que dire des détournements de fric que le foot engendre…
Le foot est une arme de destruction massive de la citoyenneté qui participe à l’appauvrissement, à l’abrutissement et à l’asservissement de la société.
- Eh ben dis donc ! Tu leur as taillé un sacré maillot aux fouteux ! Tè, bois un coup, ça te passera. Allez les bleuuuuux, Allez les bleuuuuuux !

N'importe quoi !...


fedetlib

Proverbe indien


Le temps fait cuire un éléphant dans un petit pot.

jeudi 21 juin 2018

Nokia : on va péter un câble


Jean-Luc Mélenchon

Il y a trois ans, j’alertais sur les dangers de la vente d’un fleuron industriel français comme Alcatel à une multinationale étrangère : Nokia.

Aujourd’hui, la mise en péril de notre souveraineté par cette opération boursière se confirme. En effet, la multinationale de la téléphonie a annoncé vouloir se séparer de sa division câbles sous-marins Submarine Networks Solutions. En fait, il s’agit de l’ancienne division d’Alcatel, Alcatel Submarine Networks (ASN).
Alcatel Submarine Networks est passé sous le contrôle de Nokia lors de son rachat d’Alcatel en 2015. Cette entreprise est un sommet du savoir technique de notre pays. En effet, ASN est le numéro un mondial en matière de production, d’installation et de maintenance des câbles sous-marins. Elle possède aujourd’hui 47% des parts de marché dans ces domaines au niveau mondial. Son usine de Calais est la plus grande usine du monde de production de ces câbles. En 2015 et 2016, l’entreprise a battu des records historiques de vitesses de transmission sur ses câbles transatlantiques. Grâce à sa technologie, le débit de ces câbles sont aujourd’hui 13 000 fois supérieur à ce que l’on connaissait en 1995.
Les câbles sous-marins jouent un rôle essentiel dans le monde moderne. Ils sont au cœur des communications mondiales. Ils permettent 99% des communications intercontinentales, qu’elles soient téléphoniques ou internet. Ces gigantesques câbles sont les infrastructures physiques sur lesquelles repose l’essentiel de la révolution communicationnelle des trente dernières années. Mis bout à bout, ils représentent 800 000 kilomètres soit plus de 20 fois le tour de la terre.
Ils sont donc évidemment d’une importance vitale pour les sociétés. Couper l’accès d’un pays à l’un de ces câbles et vous le plongez littéralement dans le noir. C’est ce qui est arrivé à l’Égypte qui, suite à un accident sur un câble en 2008, fut privée de la moitié de son réseau internet pendant plusieurs jours. Aujourd’hui, la plupart des activités d’un pays ne peuvent pas fonctionner sans accès au réseau internet ou téléphonique.
Il est probable que ces installations soient donc un jour des cibles militaires. C’est pourquoi le code de la défense français classe l’entreprise ASN comme un « opérateur d’importance vitale ». Ce qui signifie que les dirigeants de cette entreprise doivent être formés en matière de cybersécurité, que le préfet de département élabore des plans de protection pour ses installations ou encore que les prestataires utilisés par elle doivent être homologués par l’État.
En dehors de la guerre, la question des câbles reste très sensible puisque toutes nos communications passent par eux. Leur maîtrise est donc un enjeu de souveraineté pour notre pays. Nous savons par exemple depuis 2013 et les révélations d’Edward Snowden que la propriété américaine sur certains de ces câbles ou sur les entreprises capables de les faire fonctionner ont joué un grand rôle dans le dispositif d’espionnage des États-Unis.
Et justement, ce sont aujourd’hui les géants américains d’internet et de l’informatique qui investissent gros dans ces infrastructures. Au début de l’année, Google a annoncé qu’il allait construire et poser 3 câbles sous-marins supplémentaires. La multinationale possédera ainsi en 2019 entièrement ou partiellement 11 câbles. Facebook et Microsoft ont eux aussi investi dans leur propre câble. Ce faisant, ils accroissent leur influence sur le monde virtuel, contrôlant à la fois la production des contenus et leur diffusion. Évidemment, ceci est dangereux pour la neutralité du net : Facebook ou Google, les principales plateformes qui relient des millions d’êtres humains acquièrent la possibilité technique de ralentir ou couper l’accès de tout un pays au réseau mondial. D’autant plus que la proximité de ces entreprises avec les agences d’État des États-Unis est largement documentée.
Pour toutes ces raisons, l’existence d’une entreprise comme Alcatel en France, capable de prouesses dans ces domaines, était un atout considérable pour notre pays, pour sa souveraineté, pour son indépendance. Elle a été progressivement dépecée. Au nom d’une idéologie absurde, elle a été sommée de se recentrer sur son « cœur de métier », c’est-à-dire progressivement vendue à la découpe, perdant ainsi de sa puissance. C’est encore l’argument utilisé par Nokia pour vendre la branche câbles sous-marins. C’est exactement l’inverse que font les géants américains.
Emmanuel Macron, encore une fois, a une responsabilité directe dans ce désastre. C’est lui qui, en 2015, en tant que ministre de l’Économie, a autorisé la vente d’Alcatel. Il aurait pu prendre ses dispositions pour protéger ce qui restait vital. Il ne l’a pas fait.  Il pouvait légalement l’empêcher et ne l’a pas fait. Ses phrases creuses sur la « French tech », sur la volonté de bâtir des « géants européens » capables de rivaliser avec les Google, Facebook ou Microsoft pèsent peu face à un tel abandon. Son libéralisme dogmatique prive la puissance publique des outils nécessaires pour élaborer une réelle stratégie industrielle.
L’État français doit avoir son mot à dire dans cette vente. 

L’essentiel des activités d’Alcatel Submarine Networks est encore en France. Nous ne pouvons pas laisser céder l’usine de Calais, le savoir technique accumulé par des générations de travailleurs français et en partie financé par l’État français à n’importe qui. Le risque serait trop grand de voir arriver un investisseur rapace qui pillerait la trésorerie de l’entreprise puis délocaliserait la production.

« Manu », ou le jupitérisme en danger


Jean Ortiz

Il est là, au premier rang, le jeune collégien, cheveux longs et visage d’ange. Le président serre des mains ; « Tocamanetas », on dit chez moi. Il le fait pour marquer des points...

Après le président jupitérien, le « Manu » de proximité ? N’y voyez surtout aucune démagogie !
Le jeune collégien, après avoir fredonné quelques mots de « l’Internationale », interpelle gentiment Monsieur le Président de la République (bien malade), avec un diminutif, sans doute trop familier, mais plutôt sympathique. « Manu ». Manifestement, ce jeune est d’une génération qui n’a pas tout à fait les mêmes codes que nous, les mêmes « bonnes manières ». Sur le champ, le président s’est rebiffé sévèrement et a « recadré », pour la comm’ et sans doute pour son plaisir personnel, le jeune provocateur, qui très vite, fait marche arrière, et s’excuse en opinant de la tête. Quelle victoire, monsieur le président !
Pour vous, l’occasion est trop belle. Vous en profitez pour lui (leur, nous) faire la leçon, avec une insistance lourde, et non sans condescendance. Vous expliquez au jeune, qui le savait sans doute, que l’on est là pour une commémoration officielle de résistance : le 18 juin. Excusez-moi, mais lorsque vous évoquez le « Chant des partisans », par rapport à votre politique, ça fait plutôt tâche. Quant à « l’Internationale », beaucoup de résistants sont morts en la chantant. Vous, président des riches, vous conseillez au jeune gavroche de passer ses examens avant de faire la « révolution ». Là, les masques tombent. D’autant qu’avec Parcoursup, qui vous est si cher, il est sûr d’être dirigé vers les voies de garage, les « mauvaises filières ». Vous l’incitez à viser une « mention », sans doute parce que vous le rêvez à votre image de « premier de cordée » (dommage pour Frison-Roche !). Nous, à la sélection sociale, fût-elle masquée, nous préférerons toujours l’excellence pour tous, avec les moyens nécessaires ! Une véritable démocratisation du savoir. Pas une marchandisation.
Monsieur le Président, si vous vous sentez agressé parce qu’un gamin s’adresse à vous par un diminutif, c’est que vous n’êtes pas si sûr que cela de votre jupitérisme.

Je vous ai trouvé, une nouvelle fois, fidèle à votre classe et donneur de leçon au « petit peuple », avec l’arrogance qui vous caractérise. Mais, finalement, tel l’arroseur arrosé, vous nous avez donné de vous une bien piètre image...