vendredi 12 juillet 2024

Meloni, Le Pen et nous

Antoine Manessis

Giorgia Meloni, première ministre néo-mussolinienne, poursuit inexorablement son projet de transformation de l'Italie de démocratie libérale en régime autoritaire. Précisons: pas du tout "illibéral" comme le répètent les perroquets médiatiques mais néolibérale et autoritaire. 

Le positionnement des néofascistes par rapport à l'UE et l'OTAN démontre avec force que l'extrême-droite est bien de droite, capitaliste et atlantiste.

La dirigeante italienne a un modèle en vue pour obtenir ce résultat: le modèle bonapartiste français (constitution de la Ve République) aggravé. En plus de l’élection directe du premier ministre, Meloni entend transférer une partie des pouvoirs du président de la République au président du Conseil tout en assurant au camp arrivé en tête des élections une prime de majorité qui lui permettra de gouverner sans opposition. Le parlement serait complètement dépendant du premier ministre en exercice. Le parlement, serait privé de son pouvoir de renverser un gouvernement par la motion de censure. Élu pour 5 ans, le président du Conseil pourrait  récupérer des prérogatives du président italien telles que le pouvoir de dissoudre le parlement. En outre, la victoire, même limitée, aux élections législatives se solderait par l’obtention automatique d’une majorité absolue.

Une telle réforme constitutionnelle vise à démolir la constitution de 1946 issue forces anti-fascistes d’opposition au régime mussolinien et provoquerait une mutation durable du régime italien qui basculerait du parlementarisme à un bonapartisme où l'exécutif est tout puissant.

Par ailleurs, Meloni prévoit d’accorder une autonomie accrue aux différentes régions italiennes. L’autonomie que mentionne la réforme est dans son essence une mesure néolibérale dont les objectifs sont essentiellement austéritaires chaque région aura à montrer qu’elle est capable de financer certaines prestations de soin, d’éducation et d’autres services. "L’autonomie différenciée" a même été critiquée par l’Union Européenne en raison du risque qu’elle pose d’accroître la division entre le nord et le sud. 

Sur le plan budgétaire, chaque région devra en effet financer elle-même ses prestations publiques et ne pourra plus s’appuyer que marginalement sur le budget national : les régions les plus riches pourront ainsi réduire leurs impôts tandis que la qualité, ou ce qu'il en reste,  des services publics dans le sud en particulier sera gravement dégradé.

Casser la Constitution de la Libération, c'est-à-dire un cadre institutionnel qui laisse une place et une possibilité d'action aux forces de gauche a été tenté par Silvio Berlusconi et par Mattéo Renzi (le Macron italien). En vain. Aujourd'hui les néofascistes peuvent espérer y parvenir en passant par la voie référendaire.

En effet, les Italiens ne croient plus que la Constution de 1946 les protège. Cela après les gouvernements "techniques", issus des pressions du capital italien et des chantages de l'UE, de Mario Monti puis de Mario Draghi qui, ralliant dans une "union nationale" l’ensemble des forces parlementaires, y compris la gauche social-néolibérale (parti démocrate), avaient pu imposer une austérité sauvage sans résistance sociale. Il faut dire que la CGIL, le plus grand syndicat italien, en est à inviter Meloni à prendre la parole à son Congrès...

Le texte de Meloni a été approuvé en première lecture par le Sénat, le 18 juin. De plus il faut noter que le projet de Meloni a un volet "réforme" de la magistrature qui prévoit la séparation complète de la formation, des carrières et des statuts des juges et des procureurs, accusés d'être des "rouges". En fait, il s'agit d'assujettir la magistrature à l’exécutif. Et donc s'en prendre à un pilier de l'Etat de droit, la séparation des pouvoirs.

Mais Meloni n'en reste pas qu'aux projets. Elle passe déjà à l'attaque

L’écrivain et journaliste Roberto Saviano (auteur de Camorra) est poursuivi pour diffamation par celle qui allait devenir première ministre d'Italie pour avoir critiqué vertement son racisme anti-migrants. Il encourt de six mois à trois ans de prison. "Il est clair que s’opposer au pouvoir en Italie, qu’il soit criminel ou politique, est très difficile et entraîne de graves conséquences", a déclaré Saviano. De nombreuses ONG dénoncent donc un "procès scandaleux", illustrant une "tendance inquiétante en Italie, où les journalistes et les écrivains travaillent en sachant qu’ils pourraient être poursuivis et emprisonnés pour ce qu’ils disent ou écrivent". 58e place du classement mondial de la liberté de la presse. Il s’agit du plus bas niveau d’Europe occidentale.  

En mai dernier, les journalistes de la RAI s'étaient mis en grève pour dénoncer le contrôle étouffant exercé sur la chaîne par le gouvernement de la première ministre Giorgia Meloni. En avril, la PAI a empêché Antonio Scurati, auteur ayant analysé l'accession au pouvoir de Benito Mussolini, de lire à l'antenne un essai sur la montée du fascisme. Ce dernier reprochait à la première ministre d'être "obstinément attachée à la ligne idéologique de sa culture néofasciste d'origine".

Le petit quotidien progressiste d'opposition Domani est la cible d'un véritable acharnement de la part de Giorgia Meloni : depuis son arrivée au pouvoir en 2022, les actes d'intimidation se sont multipliés, avec la perquisition de ses locaux en mars 2023, et désormais le procès qui vise son directeur Stefano Feltri et l'un de ses journalistes d'investigation Emiliano Fittipaldi. Ils risquent prison et amendes.

La néofasciste a réussi à faire l'union des droites dont rêve le RN

Son gouvernement est composée de la droite (Forza Italia), de l'extrême-droite de Salvini (la Lega) et des néofascistes de Meloni (Fratelli d'Italia). Les néo-mussoliniens sont en position hégémonique car ils ont eu l'habileté politique de ne pas soutenir le gouvernement "d'union nationale" de Mario Draghi, contrairement à tous les autres partis (droite et gauche confondus). 

Alignement sur les intérêts du capital, soumission à l'impérialisme étasunien et soutien dans l'UE à von der Leyen, droite allemande dans sa fraction la plus réactionnaire et belliciste. Meloni comme tous les gouvernements fascistes se révèle la servante zélée du capitalisme. Mais elle le fait à la façon fasciste: anti-démocratique, raciste, liberticide, avec violence, brutalité. Ceux qui croyaient que les néofascistes ne changeraient pas grand chose par rapport aux droites classiques se trompaient. Ils sont en train de constituer un cadre institutionnel, médiatique, idéologique à leur botte. Sans "chemises noires", nous ne sommes pas dans les années 1920, mais avec le même objectif : détruire la gauche, mater les classes populaires, satisfaire sa base de masse raciste er servir la bourgeoisie.

Nous avons obtenu un sursis le 7 juillet. Mais nous savons bien que la menace subsiste. Contre ce danger il faut aussi être radical c'est-à-dire s'attaquer au mal à la racine. D'autant que la bourgeoisie envisage désormais ouvertement une collaboration avec le RN. Les dîners "discrets" entre des pontes de la droite macroniste, tels l'ex-premier ministre Edouard Philippe ou l'actuel ministre de la défense Sébastien Lecornu  et ceux du RN, comme Marine Le Pen et Jordan Bardella, révèlent que la perspective devient de plus en plus crédible. Voire pressante compte tenu de l'existence en France d'un pôle de résistance sociale (la CGT en tête) et politique (la FI comme locomotive). Pôle politique qu'il faut renforcer, structurer et dont les cadres, élus et porte-paroles doivent appartenir aux classes populaires. Ce dernier point n'étant pas un détail. L'absence à l'Assemblée nationale de Rachel Kéké battue de peu (500 voix !) fait regretter certains choix prioritaires de mobilisation sans aucun doute malvenus. 

Il faudra aussi apprendre à faire vivre la diversité d'opinion et la gestion intelligente des différences et des divergences au sein de ce pôle. Dénoncer le "traître", "l'espion" Boukharine en 2024 en France nous apparait comme une vision des choses caduque et même contre-productive au vu des résultats...

Bref nous avons beaucoup de travail pour être à la hauteur de nos responsabilités historiques. Nous avons fait beaucoup, comparons avec nos amis d'Italie, mais faisons...mieux.

Antoine Manessis 

Coup de force : Macron tente de faire barrage au NFP en fixant les conditions du prochain gouvernement

Paul Morao

Dans une lettre envoyée à la presse régionale, le Président fixe les conditions pour la nomination d’un nouveau premier ministre, qui devra émaner selon lui d’une coalition majoritaire. Un coup de force totalement anti-démocratique pour se replacer au centre du jeu.

Ces derniers jours, la question de la composition du prochain gouvernement agite le débat politique en France. Après des législatives remportées par la gauche, sans que celle-ci ne parvienne à obtenir une majorité absolue, le NFP demande à gouverner. En face, la macronie et la droite tentent de dessiner des scénarios alternatifs, entre projet de grande coalition et projet d’alliance Ensemble-LR. Une situation d’indétermination face à laquelle Emmanuel Macron a décidé d’intervenir ce mercredi dans une lettre transmise à la PQR.

Malgré la défaite de son camp aux législatives, celui-ci y explique que « personne ne l’a emporté » et appelle à un accord de « l’ensemble des forces politiques se reconnaissant dans les institutions républicaines, l’Etat de droit, le parlementarisme, une orientation européenne et la défense de l’indépendance française » pour « bâtir une majorité solide, nécessairement plurielle ». Minoritaire, Macron fait de cette perspective la condition pour la nomination du prochain Premier ministre, imposant ainsi sa volonté de façon totalement bonapartiste et anti-démocratique. Une position qui va jusqu’à s’immiscer dans le programme du futur gouvernement, en expliquant que celui-ci « devra se construire autour de quelques grands principes pour le pays, de valeurs républicaines claires et partagées, d’un projet pragmatique et lisible et prendre en compte les préoccupations que vous avez exprimées au moment des élections. »

L’annonce vise non seulement à faire barrage à un gouvernement Nouveau Front Populaire, réclamé par la gauche, mais également à maintenir au pouvoir le gouvernement actuel jusqu’à l’émergence d’une coalition. Il s’agit d’un coup de force qui doit être dénoncé largement. Plus affaibli que jamais, Macron continue de vouloir dicter qui peut gouverner, en s’appuyant pour cela sur les rouages anti-démocratiques de la Vème République et les attributions qu’elle confère au Président de la République.

Cependant, si cette politique est rendue possible, c’est également grâce à la politique de désistements systématiques dans l’entre-deux tours au nom de la lutte contre l’extrême-droite, au profit de figures aussi réactionnaires que Elisabeth Borne ou Gérald Darmanin, désormais ennemi numéro 1 du NFP sur les plateaux télés. Plébiscité par toutes les forces de la gauche, ce « front républicain » a permis à Macron, malgré la haine qu’il suscite dans le pays, de sauver les meubles aux législatives, en conservant un socle de 163 députés qui le place au centre d’éventuelles coalitions. Désormais, le Président explique qu’« aucune force politique n’obtient seule une majorité suffisante et les blocs ou coalitions qui ressortent de ces élections sont tous minoritaires », et appelle à prolonger la logique du « front républicain » dans un gouvernement.

La décision de Macron met ainsi en lumière les limites profondes de la gauche institutionnelles. Ces derniers jours, Jean-Luc Mélenchon et le NFP se limitent à exiger une « cohabitation » avec Macron et montrent leur adaptation totale au cadre totalement anti-démocratique de la Vème. À la menace d’appeler Macron à démissionner exprimée dans l’entre-deux tours s’est substituée son interpellation pour qu’il accepte de nommer un premier ministre de gauche. Cette stratégie institutionnelle est non seulement impuissante, mais elle ouvre la voie aux pires compromissions et trahisons, avec le risque réel qu’une partie de la gauche finisse par accepter de travailler avec Macron, comme certains l’ont envisagé très concrètement avant le 7 juillet.

Alors que le gouvernement à venir sera de toute façon fragile et soumis aux aléas d’une situation éruptive, ce constat rappelle à nouveau combien les travailleurs, la jeunesse et les quartiers populaires ne doivent se faire aucune illusion sur la capacité d’un éventuel gouvernement de gauche à arracher des revendications à la hauteur de leurs aspirations. Qu’il s’agisse des salaires, des retraites, ou du durcissement autoritaire du régime, dans la situation de crise internationale actuelle et de déclin du capitalisme français...

... c’est plus que jamais dans nos propres forces et dans les armes du monde du travail que nous devons placer notre confiance.

Révolution Permanente

Un bloc bourgeois durablement déstabilisé, une union de la gauche sans dynamique populaire

Michel Marti

Voici comment a varié (2ème tour par rapport au 1er) le corps électoral des principales coalitions de partis, en nombre de voix :

RN : - 634833
LFP : - 1 990 207
Macron : + 111 899
LR : - 681 516
Abst+blancs+nuls : + 2 782 542.
En détaillant seulement blancs et nuls : 1er tour : 850 711 2ème tour : 1 588 046 soit + 737 335

On constate qu’entre le 1er et le 2ème tour, les reports de voix à double sens, gauche-Macron, ont très peu influé sur le score Macron qui gagne peu, par contre on constate bien une explosion abstentionniste. Signe que l’électorat du NFP a refusé en majorité à rejoindre Macron. Le grand perdant de cette stratégie en nombre de sièges cette fois a été LFI qui garde le même nombre de sièges (72) quand tous les autres groupes progressent sauf le PCF : PS : + 40, Ecolos :+10 , PCF : - 3 . A noter que LFI a opté pour le plus de désistements au sein du NFP : retrait de plus d‘une centaine de circos.

Pour le bloc bourgeois en déconfiture, l’inversion du rapport de force de LFI dans la coalition va être prise en compte : les 72 LFI sur 131 Nupes sont passés à 72 LFI sur 178 NFP.

En face, nous n’avons malheureusement pas grand-chose : la fracture sociale qui divise le pays entre électorat RN et NFP ne semble pas prête à se colmater. Et la participation du NFP, LFI comprise, à l’entreprise de renflouement non seulement du PS, mais surtout des macronistes va rester dans la mémoire des électeurs RN.

Le casse tête n’est pas seulement le lot d’un pays sans majorité pour gouverner. Il est aussi celui de l’Union Européenne et de l’Otan.

À lire les gros titres des journaux, ils veulent faire croire, et s’intoxiquent eux-mêmes (comme d’hab), que c’est un Front Républicain qui a gagné, à savoir une coalition centre-gauche (PS, les verts, Macron) qui se dessine. Rien n’est moins sûr : du RN à NFP, personne ne veut prendre spontanément la place du mort dans le tacot Macron. Le groupe Macron est d’ailleurs le premier à ne pas vouloir de Macron. (Veran sur TF1 : « je n’ai pas voulu de cette dissolution »).

Le PS serait bien tenté, mais trahir ouvertement serait carrément suicidaire. Or, le capital financier qui domine le système neo libéral avait jusqu’ici un représentant naturel en la personne de Macron. Celui-ci gérant la fonction dévolue en mode extrême droite. En s’adossant idéologiquement au RN qui se nourrissait en retour au sein macroniste. Le bébé a profité, passant en 25 ans de 700 000 voix dites protestataires à 10 millions de voix quasiment stabilisés !

Sauf que maintenant ce parti fait peur à un bloc bourgeois fragilisé : sans boussole, sans expérience, sa base sociale populaire à laquelle le RN devra des comptes dès son accession au pouvoir est redoutée.

Dès lors, il est certain que l’Union Européenne, tenant compte de l’endettement de la France, du rôle croupion mais quand même central qu’elle joue internationalement (financement de la guerre en Ukraine alors que l’OTAN patauge sur le terrain), ne peut pas rester passive face à la paralysie politique du pays.

D’autant que les nuages noirs s’accumulent de partout : Biden est en bien plus mauvaise posture que Macron : sa sénilité est maintenant de notoriété publique dans son pays !

Aussi faut-il s’attendre à des pressions énormes pour débloquer coûte que coûte la situation et permettre au bloc bourgeois de retrouver une quelconque assise.

Là, toutes les hypothèses possibles et imaginables sont ouvertes : un gouvernement « technique » UE comme en Grèce ou en Italie, un retournement désespéré d’un PS sous pression.

Ce qu’il y a d’à peu près certain, c’est que toutes les mesures du pg NFP seront d’abord passées au crible de l’UE. En commençant par la retraite à 60 ans qui peut se négocier en versions diverses ( 60 ans mais à taux minimum avec rattrapage progressif étalé à 62 ans ou plus etc.).

Mais tous ces palliatifs passeront difficilement : c’est là qu’on peut, peut-être, entrevoir une montée populaire contre l’UE et la main mise américaine sur l’Europe.

A nous de nous y préparer.

Le Grand Soir

Israël utilise l’eau comme arme de son génocide à Gaza

 Euromed Monitor

En ciblant de manière persistante, systématique et généralisée les sources d’eau et les usines de dessalement de la bande de Gaza, Israël utilise l’eau comme une arme contre les civils palestiniens. 

En plus d’imposer la famine, Israël réduit délibérément la quantité d’eau disponible pour les résidents de la bande de Gaza, en particulier les sources d’eau potable, ciblant intentionnellement les plus de 2,3 millions de personnes qui y vivent dans le cadre de son génocide, qui se poursuit depuis octobre dernier.

Le lundi 1er juillet, l’équipe de terrain d’Euro-Med Monitor a constaté des dommages importants à une usine de dessalement dans le quartier d’Al-Zaytoun, au sud de la ville de Gaza, à la suite d’un tir direct israélien. Un jeune homme qui remplissait un gallon d’eau a été tué et d’autres personnes ont été blessées.

La station, qui fournissait des services à au moins 50 000 personnes dans plusieurs quartiers résidentiels voisins, a subi des dommages importants après avoir été bombardée par l’armée israélienne avec un missile GBU qui a traversé plusieurs étages et a explosé au rez-de-chaussée.

Avec la hausse des températures estivales, la population de la bande de Gaza est confrontée à d’importants problèmes d’accès à l’eau. Les estimations montrent que depuis octobre de l’année dernière, la part d’eau par habitant dans la bande de Gaza a diminué de 97 % en raison de la destruction massive des infrastructures d’eau par Israël.

Par conséquent, en raison du génocide, la quantité d’eau par habitant dans la bande de Gaza est tombée entre 3 et 15 litres par jour, alors qu’en 2022, elle était d’environ 84,6 litres par jour.

Compte tenu des crimes continus perpétrés contre le peuple palestinien, qui le prive des éléments nécessaires à sa survie, comme la destruction de plus de 700 puits et usines de dessalement de l’eau depuis le début du génocide, toutes les zones de la bande de Gaza connaissent une pénurie d’eau et le système d’égouts est en train de s’effondrer.

Parallèlement, certaines zones du territoire assiégé souffrent d’une pénurie de carburant, dont Israël interdit l’entrée, malgré le grand nombre de victimes, y compris des enfants, causées par des maladies infectieuses et des épidémies qui se propagent par l’accumulation d’eau contaminée en raison de stations d’épuration inopérantes.

La destruction et la dévastation continues par l’armée israélienne rendent la bande de Gaza invivable, en particulier après la destruction par l’armée de 9 réservoirs d’eau sur 10 et de la moitié des réseaux d’eau, soit 350 km sur 700 km.

En outre, en raison des crimes et des politiques arbitraires d’Israël, les six stations d’épuration des eaux usées ont été perturbées, environ 65 pompes à eaux usées ont été arrêtées et 70 km de réseaux d’égouts ont été détruits. Il en résulte un déversement incontrôlé d’eaux usées, estimé à environ 130 000 mètres cubes par jour, sur les routes de la bande de Gaza et dans les abris pour les personnes déplacées.

Selon les estimations des Nations unies, environ 96 % de la population de la bande de Gaza (2,15 millions de personnes) est confrontée à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë. Alors que l’ensemble du territoire est classé en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC), plus de 495 000 personnes (22 % de la population) sont toujours confrontées à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë (phase 5 de l’IPC). Dans cette phase, les ménages sont confrontés à un manque extrême de nourriture, à la famine et à l’épuisement des capacités de survie.

Euro-Med Monitor a averti en janvier dernier que la détresse engloutissait la ville de Gaza et les régions du nord de la bande de manière alarmante, résultat de la coupure de l’approvisionnement en eau par Israël dans la bande, des bombardements israéliens systématiques et intentionnels des sources d’eau et des puits, et d’un manque de carburant nécessaire pour faire fonctionner les installations de conversion et de distribution de l’eau.

Le manque d’eau potable dans la bande de Gaza est devenu une question de vie ou de mort, les habitants étant actuellement contraints de boire de l’eau de puits non traitée en raison des attaques militaires israéliennes incessantes et du manque de nourriture, d’eau et de carburant. La consommation excessive d’eau salée non potable entraîne une hypertension artérielle, des maladies rénales, un risque accru d’accident vasculaire cérébral, des maladies intestinales et gastriques, des vomissements constants et des diarrhées. Ces effets se traduisent pour finir par une déshydratation excessive des tissus de l’organisme, en particulier des tissus cérébraux.

Euro-Med Monitor a mené une étude analytique en décembre dernier auprès d’un échantillon de 1 200 personnes dans la bande de Gaza afin de déterminer l’impact de la crise humanitaire vécue par les résidents de l’enclave au milieu de la guerre génocidaire d’Israël. Selon l’étude, le taux d’accès à l’eau dans la bande de Gaza, qu’il s’agisse de l’eau potable, de l’eau pour se laver ou le nettoyage, n’est que de 1,5 litre par personne et par jour. C’est 15 litres de moins que la quantité minimale d’eau nécessaire à la survie au niveau requis par les normes internationales.

Le droit international humanitaire interdit d’attaquer, de détruire ou de perturber les installations vitales nécessaires à la survie de la population civile, telles que les installations et les réseaux d’eau potable. En tant que puissance occupante, Israël est tenu, en vertu du droit humanitaire international, de répondre aux besoins fondamentaux de la population palestinienne de la bande de Gaza et de la protéger.

Le statut de Rome de la Cour pénale internationale prévoit que le fait d’affamer intentionnellement des civils en les « privant d’objets indispensables à leur survie, y compris en faisant délibérément obstacle à l’acheminement des secours » constitue un crime de guerre.

Israël commet des actes de génocide contre la population civile de la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023, conformément au Statut de Rome de la Cour pénale internationale, à la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide et aux décisions judiciaires internationales pertinentes.

Les crimes flagrants d’Israël consistent notamment à priver la population civile de la bande de Gaza d’eau potable en quantité suffisante, ce qui lui a causé des dommages graves et intentionnels et l’a enfermée dans des conditions de vie destinées à la détruire.

* L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme est une organisation indépendante à but non lucratif dirigée par des jeunes qui défend les droits humains de toutes les personnes à travers l'Europe et la région MENA, en particulier celles qui vivent sous occupation, en proie à la guerre ou à des troubles politiques et/ou ont été déplacés en raison de persécutions ou de conflits armés.

Source  Euromed Monitor

Traduction : Chronique de Palestine

Chronique de Palestine

Rambhollande

fedetlib 

Citation de Viktor Dedaj

Si vous n’avez pas suivi de près l’affaire Julian Assange, tout ce que vous croyez savoir est probablement faux.


jeudi 11 juillet 2024

Le bordel...là !

Olivier Cabanel 

On le sentait venir, la dissolution a provoqué une situation quasi inédite, car en mettant le NFP en tête, le RN en queue, et les macronistes entre les deux, tout se complique…

C’est peut-être ce que visait Macron, voyant le pouvoir qu’il voulait jupitérien lui échapper, il a préféré provoquer un joli bordel… et là, faut avouer que c’est plutôt réussi…

Soyons réalistes, rien n’empêche le chef de l’état de se maintenir encore longtemps au pouvoir, arguant que ses opposants ne parviennent pas à se mettre d’accord, et comment le pourraient-ils ?

Les uns veulent bien discuter avec le Nouveau Front Populaire... mais pas avec la F.I….Les autres sont peut-être prêts à tout pour empêcher la gauche d’exercer le pouvoir...

Macron aura beau jeu de prétexter aussi que les J.O. arrivent,… que ce sont les vacances… pour se maintenir au pouvoir pour « gérer les affaires en cours »…

Quant au premier ministre, il commence à « marquer son camp », se détachant visiblement du « patron », avec 2027 en perspective... et il démissionne sachant qu’elle sera refusée, afin de « gérer les affaires courantes »… ce qui lui permet de rester au pouvoir… avant l’assaut de la présidentielle...

Le parti d’extrême droite fait « contre mauvaise fortune bon cœur », car, tout en admettant une déception, il fait remarquer qu’il est « le premier parti de France ». Sauf que le second tour a fait apparaître un autre visage du parti, car certains candidats, choisis peut-être à la-va-vite, ont montré un visage peu rassurant... laissant apparaître leur vrai nature, raciste, xénophobe, et même si les patrons du RN affirme les avoir « débranchés », ...pour certains, car d’autres siègent maintenant à l’assemblée. La cheffe du parti a beau promettre de sanctionner ces « moutons noirs », son Bardella répond en écho qu’il y a une «  majorité de braves gens ». lien

Mais quand un candidat RN, un certain Daniel Grenon, déclare qu’un Maghrébin bi-national n’a pas sa place dans les hauts lieux, ou qu’un autre, Laurent Gnaedig affirme que la déclaration du patriarche sur les chambres à gaz n’était pas « une remarque antisémite », que Jonathan Rivière, se dit convaincu que « nazi, voulait dire le premier parti socialiste d’Hitler », ou qu’une autre Paule Veyre de Soras affirmait que c’était « archi faux » que le RN soit un parti raciste, alors que Ludivine Daoudi s’affichait avec une casquette de l’armée nazie...il y a de quoi s’interroger. lien

D’autant que malgré les « sanctions », Grenon a été élu...lien

Bordel donc, mais aussi entretenu par certains médias, et instituts de sondages, dont on a peine à croire que leurs erreurs soient dus à une négligence…En effet, n’y a-t-il pas tentative de manipulation lorsque ces instituts publient régulièrement avant le vote des résultats donnant le RN largement en tête ? lienOu quand, après l’élection, les médias publient des « camemberts » largement trompeurs… ?

Qui proposeront les députés majoritaires comme premier ministre, de président de l’Assemblée, de responsables des différentes commissions ? L’opposition va-t-elle faire front, en se réunissant, de l’extrême droite à la droite afin d’empêcher le NFP d’appliquer son programme ?

Les élus de droite arrivés au pouvoir grâce au report des voix de la gauche en seront-ils reconnaissants ?

L’avenir nous le dira, car comme dit mon vieil ami africain : « celui qui est patient voit le soleil se lever ».

agoravox.fr