mercredi 12 août 2020

Liban : après la démission du gouvernement, quelles perspectives pour le soulèvement populaire ?


Wadii Adi

Lundi le gouvernement libanais a démissionné sous pression du soulèvement populaire après que des manifestants aient envahi plusieurs ministères ce week-end.

Pendant ce temps, Macron et les grandes puissances font de l'ingérence et tentent de sauver le régime à coups de millions d'euros.
L’explosion qui a ravagé la capitale libanaise ce mardi 4 août, a fait près de 200 morts et 6.000 blessés selon les derniers décomptes. Elle a réduit en poussière le port de Beyrouth où transitent 70% des importations faisant ainsi planer un risque de pénurie alimentaire sur le pays, et endommagé ou détruit plus de 8.000 bâtiments, mettant à la rue plus de 300.000 personnes. Si les rumeurs vont bon train concernant son origine, il apparaît assez clairement que les 2.750 tonnes de nitrates d’ammonium stockés dans le port de Beyrouth sont en cause.
À l’origine acheminé par un cargo poubelle faisant escale à Beyrouth en 2013, ce produit utilisé pour la fabrication d’engrais, a été saisi par la douane et est resté entreposé au port depuis, malgré sa dangerosité avérée. À titre d’exemple, en 2001 à Toulouse, c’était entre 300 et 400 tonnes de nitrates d’ammonium qui explosait dans l’usine d’AZF et causait 31 morts et 2.500 blessés dans l’agglomération, frappée par un séisme de magnitude 3,4. Pourtant ce produit continue à être utilisé en raison de son faible coût de production et des besoins de l’agriculture intensive en nitrates. Il continue de mettre en danger la vie de milliers de personne, comme au port de Saint-Malo où 60.000 tonnes de nitrates d’ammonium transitent chaque année.
Alors que l’utilisation massive de ce produit au mépris des risques est déjà en soi criminelle, son stockage au port de Beyrouth pendant aussi longtemps sans « mesures de protection » de l’aveu même du premier ministre, Hassan Diab, a choqué la population. C’est la raison pour laquelle le président de la République libanaise, Michel Aoun, a évoqué dans un premier temps l’hypothèse d’« un missile ou d’une bombe », afin de dédouaner les autorités gouvernementales de leurs responsabilités dans ce drame.

« Si le président Aoun dit ça, vous pouvez être sûr que c’est faux »

Ces mots sont ceux d’un jeune manifestant cité par Le Parisien et sont à l’image de l’ampleur de la crise politique qui traverse le pays. Samedi, des manifestants, sortis en masse dans la rue pour exiger des comptes au sujet de l’explosion, ont envahi le ministère des Affaires Étrangères, le ministère de l’Environnement, et celui de l’Énergie, ainsi que l’Association des Banques, symbole de la corruption et du pillage du pays. Le Middle East Eye rapporte que la Croix-Rouge libanaise fait état de « 63 blessés hospitalisés et 117 traités directement », tandis que selon L’Orient Le Jour un agent de la sécurité intérieure est décédé alors qu’il intervenait dans l’hôtel Le Gray, dans le centre-ville de Beyrouth. C’est sous pression de ces manifestations massives que quatre ministres ont démissionné ce week-end ainsi qu’une dizaine de parlementaires, avant que le premier ministre n’annonce la démission du gouvernement ce lundi et propose d’organiser des élections anticipées dans deux mois.
Une tentative du régime pour sauver les meubles alors que la défiance généralisée à l’égard du gouvernement s’exprime dans les rues avec la certitude que les institutions sont incapables de fournir la vérité sur les responsables de ce drame. Une radicalité parfois confuse, comme en témoigne l’adhésion d’une partie de la population à la visite d’Emmanuel Macron à Beyrouth au lendemain de l’explosion, qui dit faire plus confiance au président français et aux institutions internationales pour enquêter sur l’affaire que sur le gouvernement libanais. Une pétition a même été signée par plus de 50.000 personnes pour demander le retour du mandat français au Liban, comme avant l’indépendance.
Cependant, le volontarisme affichée par Emmanuel Macron pour recueillir des financements internationaux via la conférence internationale de soutien qui s’est tenue dimanche cache mal le véritable objectif qu’il défend. En exigeant « de profonds changements » avant le 1er septembre, date à laquelle il a annoncé son retour à Beyrouth « pour faire un point ensemble », le président français a conditionné les aides internationales à la réalisation « des réformes » du secteur de l’énergie, des douanes et des marchés publics, ainsi que de la banque centrale libanaise. Sous prétexte de lutter contre « un système capturé par une corruption organisée », Emmanuel Macron lorgne donc sur les puits de pétrole nouvellement exploités au large du Liban, de même que sur le secteur de la production électrique, encore détenu par une société nationale et qui n’a jamais pu reconstruire les infrastructures détruites lors de la guerre civile au point que certains habitants de Beyrouth n’ont accès à l’électricité qu’une demi-heure par jour. Et c’est précisément là-dessus que joue l’impérialisme, en particulier français, pour justifier son ingérence au Liban, s’appuyant sur la détestation quasi-unanime des élites par le peuple libanais. Entre les mains des grandes puissances mondiales, la lutte contre leur corruption et leur incurie devient ainsi le cheval de Troie de l’impérialisme pour imposer aux classes populaires des réformes néo-libérales et piller les ressources du pays.

Quand les divisions confessionnelles ne suffisent plus au régime pour se maintenir

Depuis le mois d’octobre déjà, les masses populaires libanaises se sont soulevées contre le régime. Le déclencheur avait été la projet de loi du gouvernement de surtaxer la messagerie instantanée Whatsapp, notamment utilisée pour les appels à l’étranger. Avec le mot d’ordre « Kulun ya3ni kulun ! » (« Tous ça veut dire tous ! »), les manifestants signifiaient le rejet de l’ensemble de la classe politique corrompue, peu importe leur appartenance confessionnelle, et avaient déjà poussé l’ex premier ministre Saad Hariri à la démission.
Pourtant, le défi était de taille dans un pays régit par un système patrimonial où les postes de pouvoir sont constitutionnellement répartis selon l’appartenance confessionnelle : le président de la république est chrétien maronite, le premier ministre musulman sunnite, et le président du parlement chiite. Les clans au pouvoir y tirent leur légitimité de leur appartenance religieuse, et se passent le flambeau de père en fils, telles de véritables dynasties. Un régime confessionnel produit de la période coloniale, lorsque le Liban était sous mandat français de 1920 à 1943, et des accords de Taëf de 1989 pour mettre fin à la guerre civile qui a déchiré le pays et fait au moins 150.000 morts entre 1975 et 1990.
La rente, extraite du secteur bancaire et des services en pleine expansion avant et après la guerre civile, était ainsi partagée entre les chefs de communauté, avant d’en redistribuer des miettes (travail, logement, aides sociales...) à la plèbe via des réseaux clientélistes en échange de voix aux élections. Un système dans lequel la charité communautaire des notables venait pallier la misère, en créant un lien de dépendance des assistés envers leurs « bienfaiteurs », ce qui les incitait à leur rester fidèle et renforçait l’hégémonie du pouvoir en place. C’est donc le lien étroit entre l’organisation confessionnelle de l’Etat et le système de corruption clientéliste qui assurait sa base sociale au régime et qui a volé en éclat. Le cocktail entre la crise financière de 2008, les tensions avec l’Etat colonialiste israélien, dont la dernière agression contre le Sud Liban date de 2006, et surtout la situation de guerre civile en Syrie après la révolte de 2011, a provoqué une crise économique importante, tarissant la capacité à redistribuer la rente et affaiblissant les forces politiques en présence. Même le Hezbollah qui avait jusque là pu jouir d’une certaine reconnaissance relative à son rôle dans la résistance contre l’agression militaire israélienne en 2006, s’est révélé être un ennemi des peuples de la région de part sa complicité avec le régime criminel de Bachar Al-Assad qui a massacré son propre peuple.

Macron et l’impérialisme pillent le peuple libanais et sont complices de la répression

Face à la crise et dans un Liban isolé, accessible seulement par la mer ou par les airs, jugé « peu productif », la classe dirigeante a mené une politique d’émission de bons au trésor avec des forts taux d’intérêts, qui a conduit le pays à contracter une dette de plus de 80 milliards de dollars, soit 160% du PIB. Ce que les impérialistes n’ont pas tardé à exploiter pour obliger le gouvernement à appliquer des plans d’austérité, privatiser les restes du secteur public, et casser les droits sociaux des couches populaires. A l’image de la Conférence CEDRE de 2018 qui s’est tenue à Paris, où les bailleurs internationaux se sont engagés à verser 11 milliards de dollars d’aide au Liban, en échange de réformes budgétaires libérales aux conséquences désastreuses pour les masses populaires : les fameuses réformes exigées par Emmanuel Macron en échange de l’aide financière promise au lendemain de l’explosion.
Une situation que la pandémie de coronavirus a amplifié. Non seulement du point de vue de la défiance de la population vis-à-vis du gouvernement, étant donné la faiblesse du système de santé public libanais et par conséquent de la gestion de la crise sanitaire. En effet, le Liban connaît actuellement un pic de l’épidémie qui évolue à un rythme plus que doublé par rapport à la moyenne mondiale, avec à ce jour 6.517 cas confirmés de coronavirus et 78 décès. Mais également du point de vue économique puisque, avec la crise mondiale historique, la dette publique se retrouvait à 250% du PIB à la veille de l’explosion tandis que la livre libanaise avait perdu 80% de sa valeur, et qu’un libanais sur deux vivait déjà dans la pauvreté. À titre d’exemple alors que le salaire moyen s’élève à 700€ par mois, le prix moyen des loyers à Beyrouth est d’environ... 700€ par mois.
Ainsi, les 252 millions d’euros récoltés ce dimanche par la conférence internationale de soutien présidée par Emmanuel Macron sont un moyen pour l’impérialisme de faire du chantage pour exiger encore plus d’austérité au peuple libanais. Cependant, malgré les annonces en grande pompe du président français, ni la Russie ni l’Iran n’ont participé à ces concertations. Ce que le porte-parole du ministère iranien des Affaires Étrangères a expliqué en déclarant que « l’explosion ne doit pas être utilisée comme une excuse à des fins politiques » et que « si l’Amérique est honnête au sujet de son offre d’assistance au Liban, elle devrait lever les sanctions », en référence à la loi César mise en place par les États-Unis pour sanctionner le régime syrien et toute personne ou entreprise entretenant des rapport lui, à l’instar du Liban qui entretient des rapports commerciaux avec Damas. Ces tensions entre les grandes puissances révèlent la crise du multilatéralisme et la rapacité de l’impérialisme.
Ainsi ce n’est pas un hasard si Emmanuel Macron a réagi aussi vite face au risque de perdre de l’influence au Liban, qui constitue une porte d’entrée historique au Moyen-Orient pour l’impérialisme français. De plus, si l’impérialisme français conditionne son aide au Liban, c’est pour mieux en tirer profit ensuite, notamment en s’assurant de pouvoir jouir des marchés publics pour la reconstruction du port par les grandes entreprises françaises du BTP. Les pays impérialistes ne peuvent donc pas être une alternative pour les masses populaires, d’autant plus lorsque les armes qui servent à réprimer proviennent directement de France comme c’est le cas des grenades lacrymogènes employées à Beyrouth, et il s’agit de lutter contre leur ingérence.

Quelle perspective pour dégager le régime corrompu et construire le monde d’après ?

Dans ce contexte, la démission du gouvernement et la proposition du premier ministre Hassan Diab de rester en place le temps d’organiser des élections anticipées dans deux mois montre la faiblesse du régime en même temps qu’elle est une mascarade pour le sauver. De telles élections resteraient régies par la constitution actuelles et maintiendrait les divisions confessionnelles sur lesquelles s’appuient la corruption et les inégalités sociales. À l’inverse, la mise en place d’une assemblée constituante libre et souveraine en charge de réaliser les aspirations sociales et démocratiques du peuple libanais doit pouvoir unifier l’ensemble des masses populaires, la jeunesse et les travailleurs en tête, en abolissant le système confessionnel ainsi que le statut de demi-citoyenne auquel les femmes sont astreintes et le système du « kafala » qui impose aux travailleurs étrangers une situation de semi-esclavage, en supprimant la dette, en nationalisant le système bancaire et les ressources du pays contre l’impérialisme, et en garantissant le droit à l’éducation, à la santé, à un travail et à un logement digne pour tous.
D’autre part, l’exigence du peuple libanais d’obtenir la vérité concernant l’explosion du port de Beyrouth est légitime et doit être satisfaite par la mise en place d’une commission d’enquête indépendante du régime et des institutions internationales impérialistes. La levée du secret bancaire qui a « inquiété de nombreuses personnes qui ont des choses à cacher au sujet des explosifs » selon une source anonyme citée par Al-Jazeera, doit servir à déterminer les responsables de ce drame, et l’utilisation de nitrate d’ammonium doit être interdite.
Enfin la lutte pour l’auto-détermination du peuple libanais contre l’ingérence étrangère déguisée sous forme d’aide internationale ou de dette doit permettre aux masses populaires de prendre leur destin en main, en construisant une organisation qui représente leur intérêt et qui leur permette de déjouer les manœuvre du régime et de l’impérialisme. Car si les élections anticipées sont une tentative du régime pour se maintenir, elle apparaît toutefois peu à même de venir à bout de la mobilisation, ce qui renforce la nécessité de construire une direction révolutionnaire au mouvement à même d’affronter les défis auxquels il sera confronté.

C’est à cette condition que le soulèvement pourra servir d’exemple aux peuples opprimés de la région et du monde entier pour construire le monde d’après, débarrassé de l’exploitation et des oppressions.

Révolution Permanente

Comment Macron a ruiné l’influence de l’empire occidental au Liban


 Pierrick Tillet

En se précipitant comme un matamore à Beyrouth au lendemain de l’explosion du 4 août pour y faire la leçon aux dirigeants libanais...

... le président Macron – qui se garda bien de se rendre à Rouen après la catastrophe Lubrizol – a sans doute ruiné les efforts de l’Occident pour restaurer son influence au Liban. Par bêtise.
Laissons aux véritables spécialistes comme Pablo Escobar ou notre Grand jeu le soin de démêler l’écheveau des luttes d’influence géopolitiques qui se déroulent au pays du cèdre autour d’une tragédie dont on ne sait toujours pas vraiment si elle est d’origine accidentelle ou criminelle. De notre côté, nous nous bornerons à l’envisager sous l’angle de notre hexagone en morceaux.
L’effondrement des empires est souvent précipité par la dégénérescence de ses ultimes dirigeants. Et de ce côté-là, avec Macron, on est servi !  Un homme d’État sûr de son influence et qui veut vraiment renforcer son emprise sur un de ses congénères s’assure de le morigéner dans l’intimité d’un cabinet. Pas en public, ou alors c’est l’effet repoussoir assuré.
En étalant ainsi son arrogance en public au micro et sous l’oeil de toutes les caméras du monde entier, le « serviteur dévoué des Rothschild » (Pablo Escobar) cherchait autant à redorer son blason terni auprès de ses administrés français, qu’à tenter de se faire passer en leader du bloc occidental aux yeux de ses pairs impériaux.
Peine perdue, en allant jusqu’à humilier, toujours publiquement, l’infortuné président Aoun, Macron ajoutait la stupidité à l’arrogance.

Effet boomerang garanti… et récolté !

Macron enterrait définitivement son cas en se lançant, toute voix de crécelle déployée, dans une de ses invraisemblables diatribes suicidaires dont il a l’affligeant secret. Effet boomerang garanti !
Les propagandistes médiatiques français pouvaient toujours essayer d’enfouir les torrents d’imbécilités proférés par leur poulain hors contrôle – en faisant croire, tel BFMTV, à l’accueil triomphal du « sauveur » par le peuple libanais – le mal était fait et l’imbécile n’allait pas tarder à récolter le fruit de sa bêtise.
Le lendemain du passage de l’histrion de l’Élysée, la colère du peuple libanais éclatait, effaçant en un tournemain sentant la poudre tous les effets de pacotille diffusés par ce pitoyable représentant de commerce.

BEYROUTH combats. Fight..Le peuple tente de prendre le Parlement.

Publiée par Leo Nicolian sur Dimanche 9 août 2020

Désastre écologique : plus de 1000 tonnes de carburant déversées au large de l’Île Maurice


Tom Cannelle

Le 25 juillet, au large de l’île Maurice, un cargo japonnais transportant 4000 tonnes d'hydrocarbures s'est échoué.

C'est à ce jour plus d'un quart de sa cargaison qui s'est déversé dans l'océan indien menaçant l'équilibre précaire des 1,3 millions d'habitants et de la biodiversité unique de l’île.
Le Wakashio, navire japonais transportant 3800 tonnes d’huile lourdes et 200 tonnes de diesel, a heurté ce 25 juillet les récifs de Pointe d’Esny au Sud-Est de l’Ile Maurice. Le paquebot, aux prises des récifs et de la houle, qui atteint parfois plus de 3 mètres de haut, menace désormais de se briser en deux engendrant une marée noire plus terrible encore que celle qui guette actuellement l’île, ses habitants et sa biodiversité.
L’économie de l’île, fondée sur le tourisme et la pêche, déjà mis à mal par la situation sanitaire, s’aggrave aujourd’hui encore plus : « La pêche est notre seule activité. Nous ne savons pas comment nous pourrons nourrir nos familles » confie un pêcheur mauricien dans des propos relayé par l’AFP. Les écoles sont désormais fermées en raison des vapeurs émanent des hydrocarbures répandues sur le littoral. Une crise sociale qui s’accompagne d’un désastre écologique : l’Île Maurice est en effet connue pour sa biodiversité unique : lagon, récif coralliens, mangroves, rivières, forêts abritant des espèces endémiques qui risquent aujourd’hui de disparaître.
Ce sont des milliers d’habitants, de bénévoles d’ONG qui, depuis dimanche, tentent d’atténuer les conséquences de cette fuite désastreuse alors que le gouvernement a mis plusieurs jours avant de décréter « l’état d’urgence environnemental » et appeler l’aide des experts internationaux français et japonnais. Les barrages flottants de fortunes mis en place pour l’instant, en chanvres, cheveux et tissus ne tiennent pas face à la mer agitée et les plages commencent à se noircir. « Je pense qu’il est déjà trop tard. Si le navire se casse en deux, la situation sera incontrôlable », a déclaré à Vassen Kauppaymuthoo, un océanographe et ingénieur environnemental, à l’AFP.
Mitsui O.S.K. Lines qui exploitait le navire qui s’est échoué, l’un des plus grands groupes de transport maritime du monde, a, quant à lui, fait plus d’un million de yen de bénéfices par an depuis 2017. 

C’est à lui et non aux populations locales qui subissent déjà les conséquences sanitaires et économiques de ce naufrage, de payer ce désastre : toutes les mises en places nécessaires pour le nettoyage de l’océan ainsi que la prise en charge des populations qui en dépendent durant le temps nécessaire à la réhabilitation du littoral ! 

Révolution Permanente

Les Palestiniens d’Israël organisent de l’aide médicale et lèvent des fonds pour Beyrouth


Suha Arraf
Après l’explosion massive qui a secoué la capitale libanaise...
... les dirigeants palestiniens en Israël commencent à lever des fonds et à organiser l’envoi d’une délégation d’experts médicaux.
Il est encore trop tôt pour saisir pleinement l’étendue de l’explosion qui a secoué le port de Beyrouth mardi après-midi. Au moins 100 personnes ont été tuées et 4000 blessées, beaucoup d’autres étant encore prises au piège sous les décombres ; l’électricité est coupée dans une grande partie de la ville. Le gouverneur de Beyrouth a déclaré qu’à peu près la moitié de la ville a été endommagée par l’explosion, tout en avertissant que le nombre de morts allait probablement dépasser 100.
Quatre grands hôpitaux de la ville ont subi de lourds dommages à cause de l’explosion — que le Président libanais Michael Aoun a imputée à un stockage défectueux d’une large cache de nitrate d’ammonium—, forçant le personnel hospitalier et les volontaires à transformer les parkings des hôpitaux en centres médicaux de fortune. Plus de 200 000 personnes auraient été laissées sans abri à la suite de l’explosion.
Plusieurs pays arabes ont proposé leur aide au Liban, qui était déjà sujet à un pic des cas de COVID-19 et à une crise économique alimentée par la corruption gouvernementale, les mesures d’austérité et un manque d’infrastructure de base. Dans la nuit de mardi, l’Egypte a éclairé ses pyramides aux couleurs du drapeau libanais et mercredi matin, un convoi de fournitures médicales a quitté le pays pour Beyrouth. La Jordanie, le Qatar, l’Iraq et l’Arabie saoudite ont aussi offert leur aide. Le président palestinien Mahmoud Abbas a exprimé sa solidarité et ses condoléances au peuple libanais.
Les Palestiniens d’Israël trouvent aussi des manières d’offrir de l’aide et d’exprimer leur solidarité.
Mohammad Barakeh, le chef du Haut Comité de suivi, une organisation parapluie qui représente les citoyens palestiniens du pays, a écrit sur sa page Facebook :
« Beyrouth est dans nos coeurs. Le Haut Comité de suivi se tient aux côtés du peuple libanais dans le désastre qui l’a frappé. Nous sommes très attristés par ce qui s’est passé dans le Liban blessé, qui a toujours compris le peuple palestinien. Nous envoyons nos condoléances à nos frères libanais et souhaitons une prompte guérison aux blessés. C’est notre devoir d’aider autant que nous le pouvons. »
Barakeh a commencé à contacter des politiciens libanais ainsi que l’ambassadeur palestinien au Liban, Ashraf Dabbour, afin d’envoyer une délégation d’experts médicaux palestiniens d’Israël. Le Haut Comité de suivi a aussi publié une déclaration disant : « Nous sommes prêts à envoyer des équipes médicales, des dizaines de médecins sont prêts à partir et à aider dans leurs différents domaines d’expertise. »
Pourtant Barakeh attend de voir si son projet se concrétisera. « C’est une affaire compliquée », a-t-il dit à Local Call. « Nous avons besoin du consentement des deux gouvernements, le Liban et Israël. Il y a 50% de chances que la délégation parte ».
Parallèlement, la branche méridionale du Mouvement islamique en Israël, a lancé un appel afin de lever des fonds pour les « frères du Liban ».
Depuis les explosions, les Palestiniens en Israël et dans les territoires occupés ont tourné leur attention vers Beyrouth, beaucoup d’entre eux changeant leurs portraits sur les réseaux sociaux en drapeau libanais en symbole de solidarité. Certains ont partagé des photos et cité des poèmes et des chants sur la ville, par le célèbre poète palestinien Mahmoud Darwish et le chanteur libanais renommé Fairuz.
D’autres Palestiniens ont indiqué que la route de Haïfa à Beyrouth est relativement courte et qu’une frontière ouverte entre les deux pays aurait permis de leur envoyer de l’aide.
Les religieux palestiniens ont aussi exprimé leurs solidarité avec le peuple libanais.

À la mosquée Al-Aqsa, le chanteur Abu Khadifa Albastami a prié et chanté l’un des célèbres tributs de Fairuz à Beyrouth, et des églises ont ouvert leurs services par des prières en mémoire des morts.

Une version de cet article a été d’abord publié en hébreu sur Local Call. Vous pouvez le lire ici.

Suha Arraf est réalisatrice, scénariste et productrice. Elle écrit sur la société arabe, la culture palestinienne et le féminisme.

Traduction : CG pour l’Agence Média Palestine
Source : +972 Magazine

Images terribles sur les Ouïghours


Théophraste

Un homme nu bastonné, une femme tabassée à qui on arrache les ongles, des enfants terrorisés, un bébé tenu en laisse et qui mange dans la gamelle du chien, vous allez voir sur ce lien des insoutenables images du martyr des Ouïghours.

Sauf que tout est inventé, truqué, manipulé, mis en scène, mensongèrement légendé, comme cela va être démontré.
Le comble est dans le texte qui accompagne ces photos. Y sont mis en accusation, non pas les crapules qui fabriquent des faux, mais les autorités chinoises qui seraient bien capables (quel culot !) de les utiliser pour leur propagande en accusant les occidentaux de fabriquer des fake news.

Ainsi, ce qui scandalise, ce n’est pas le mensonge permanent, c’est le possible bénéfice de sa dénonciation.

Théophraste R. Lecteur de la Charte des journalistes, dite : « Charte de Munich ».

Le Grand Soir

La gagnante...


BM - 268 -

Citation de Bolivar


Tous les peuples du monde qui ont combattu pour la liberté ont finalement éteint leurs tyrans.