mardi 21 août 2018

Pour compenser la suppression de l’Exit Tax pour les milliardaires, MACRON veut taxer les ventes sur Le Bon Coin !


JBC

Dans un pays où des millions de travailleurs sont condamnés à la précarité et aux bas salaires, il est un domaine qui fait florès, celui du commerce d’occasion entre particuliers. 

Favorisé par des sites internet bien connus comme . Il ne s’agit pas d’un loisir pour une grande majorité des utilisateurs, mais bien d’une nécessité. Meubler son logement, réparer sa voiture pour les uns, trouver les quelques dizaines d’euros nécessaires pour finir le mois pour les autres. Des échanges informels qui échappent jusqu’à présent à l’impôt. Mais avec le robin des riches qui prend aux pauvres pour donner aux riches cela va changer.

Suppression de l’ pour les !

Le régime MACRON n’a qu’une préoccupation : que les riches soient toujours plus riches.
Même si la réalité montre que le doublement de la fortune des milliardaires en dix ans s’est traduit par une hausse massive du chômage et de la précarité. il s’en moque. Puisque la pauvreté, l’insécurité et la peur du lendemain généré par la précarité et le chômage ne frappent que les “riens”. Cette classe ouvrière bonne à exploiter pour enrichir les plus riches. En pratique, le régime MACRON ce sont les vieux principes de l’exploitation capitaliste la plus brutale du 19e siècle !
Tout à sa préoccupation d’engraisser les milliardaires qui l’ont fait élire, MACRON a donc décidé – même si “ça coûte un pognon de dingues” – après avoir fait cadeau de 4 milliards d’euros par an aux plus riches en supprimant en 2017 l’impôt sur la fortune- de supprimer l’Exit Tax.
De son vrai nom imposition des plus-values latentes lors du transfert par les contribuables de leur domicile fiscal hors de France, cette taxe vise à freiner le transfert dans les paradis fiscaux des revenus du Capital en les taxant à la sortie du pays. Une taxe qui ne concerne que les très riches, puisqu’il il fallait détenir plus de 800 000 euros en actions (le montant était de 1,3 million d’euros en 2011) ou la moitié des actions d’une société pour y être assujetti. Rappelons qu’une première version de cette taxe votée en 1998 avait été censurée… par l’Union Européenne, au nom du principe de libre circulation des capitaux. Et oui, la protection contre l’évasion fiscale est interdite par l’Union Européenne et la zone euro dont c’est une des fonctions essentielles.
L’Exit Tax est un impôt qui rapporte près de 800 millions d’euros par an. Autant que la nouvelle baisse des aides au logement (APL) décidée par le régime MACRON pour début 2019.  La suppression de cette taxe représente un cadeau moyen de 7 millions d’euros pour chacune des 400 familles d’ultra riches concernées

Taxer les pauvres qui vendent et achètent sur Le Bon Coin !

L’article 4 de la loi prévue contre la ne prévoit nullement de s’attaquer aux arrangements scandaleux des milliardaires et de leurs multinationales qui font sortir des milliards d’euros de France, pour échapper à l’impôt, tout en utilisant les infrastructures et services publics du pays, payés par les Français mais refusant de verser le moindre centime pour leur fonctionnement et leur entretien. Faut il ici rappeler que ce sont aussi les services publics qui font la productivité de la France ? … Que ce qui distingue un pays développé d’un pays sous développé ce sont justement ses services publics ?
Non, le régime MACRON choisit de s’en prendre au commerce informel des particuliers sur internet. Les revenus générés par la vente de vos objets d’occasion sur le bon coin seront ainsi taxés à l’impôt sur le revenu.  Pourtant les revenus des particuliers sur Le Bon Coin sont très faibles, en moyenne moins de 400 € par an. Mais taxés à la première tranche de l’impôt sur le revenu, ce sera 60# qui devront être versés. Un impôt bien injuste puisque les objets vendus ont pour la plupart déjà fait l’objet d’une taxation importante, la TVA de 20%, à leur achat.

Une fois de plus, le régime MACRON montre ce qu’il est. Loin d’être La République En Marche, c’est Les Riches Exploitent et Matraquent !

Le massacre de 40 petits Yéménites vu par Jim Carey : nous, les salauds de l’histoire


Pierrick Tillet

Le dessin est de l’acteur Jim Carey. Il illustre le massacre de 40 enfants yéménites, tués par un missile fabriqué par l’entreprise américaine Lockheed Martin.

Le carnage a eu lieu le 9 août à Dahyan, province de Saada, dans le nord du Yémen. Le missile guidé par laser MK-82 a été tiré sur un bus circulant au milieu de la foule compacte d’un marché bondé.
La provenance du missile, photo à l’appui, a été confirmée vendredi par le journaliste US Ben Norton de CNN :
« Les journalistes yéménites ont trouvé ce fragment de la bombe en Arabie saoudite sur un autobus scolaire rempli d’enfants au Yémen. C’est une bombe guidée MK-82 fabriquée aux États-Unis, qui a été utilisée lors de précédentes attaques contre des civils yéménites. Le code de la cage sur la bombe est celui de Lockheed Martin »

« Opération militaire légitime », se sont défendus conjointement  le Département d’État US et les autorités saoudiennes pour justifier cette attaque de leur coalition.

NOTRE allié, NOTRE missile, NOTRE crime

Jim Carey a ajouté un texte à ce dessin publié sur son compte Twitter :
« 40 enfants innocents tués dans un bus au Yémen.
Notre allié
Notre missile
Notre crime. »

Ce possessif répété trois fois a quelque chose de terrible. Il fait de nous les meurtriers de ces 40 petits innocents, mais aussi de centaines de milliers d’autres victimes de la tragédie du Yémen.
« Nous ??? », s’écrieront certains. « Mais le missile était américain, pas français ! Nous sommes innocents !!! »
Ah bon ?
Libération, 20 mars 2018
Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman
Eh oui, n’en déplaise à ceux qui s’obstinent à voir le monde en regardant le bout de leurs godasses, nous sommes vraiment devenus nous aussi les salauds de l’histoire.

Jeremy Corbyn, les Palestiniens et l’antisémitisme


Alain Gresh

Encore une attaque contre Jeremy Corbyn, dirigeant du Parti travailliste britannique. Encore des accusations d’antisémitisme.

Depuis des mois, Jeremy Corbyn est l’objet d’une campagne orchestrée par le lobby pro-israélien au Royaume-Uni avec l’appui de la droite de son propre parti (le Parti travailliste) et du Parti conservateur. Il est accusé régulièrement d’antisémitisme. Celui qui est ainsi visé est l’un des dirigeants politiques européens à avoir dénoncé constamment et sans fléchir, malgré tous les chantages, l’occupation israélienne, les assassinats à Gaza, la politique du gouvernement de Benyamin Nétanyahou.
Le dernier épisode de ces polémiques remonte à quelques jours et est rapporté, en termes plus que discutables, par le quotidien Le Monde :
Benyamin Nétanyahou est intervenu, lundi 13 août, dans la controverse sur l’antisémitisme qui déchire le Parti travailliste britannique. Sur Twitter, le premier ministre israélien a demandé une “condamnation sans équivoque” de Jeremy Corbyn, le leader du Labour. Celui-ci est accusé d’avoir déposé, en 2014, une gerbe de fleurs sur la tombe des membres de Septembre noir, le groupe terroriste palestinien qui avait mené la prise d’otages d’athlètes et d’entraîneurs israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972, se terminant par la mort de onze d’entre eux. (...)
Le Daily Mail a publié samedi une photo montrant M. Corbyn en 2014 tenant en ses mains une couronne de fleurs lors d’une cérémonie à Tunis. Celui qui était alors simple député était sur place pour une conférence consacrée à la Palestine, organisée par le président tunisien. À la fin, deux gerbes de fleurs avaient été déposées sur des tombes palestiniennes.
La première commémorait le souvenir de 47 Palestiniens tués dans une attaque aérienne israélienne sur une base de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1985. M. Corbyn affirme que c’est ce que la photo du Daily Mail montre. La seconde a été déposée sur les tombes de Salah Khalaf, le fondateur de Septembre noir, Fakhri al-Omari, son bras droit, et Hayel Abdel-Hamid, le chef de la sécurité de l’OLP. Tous les trois ont été assassinés vingt ans après l’attentat de Munich par le Mossad, les services secrets israéliens. C’est à cette cérémonie que M. Corbyn dit avoir été simplement “présent”.
Notons d’abord que l’intervention de Nétanyahou confirme les ingérences permanentes d’Israël dans les affaires intérieures d’autres États. Un documentaire explosif d’Al-Jazira sur le lobby pro-israélien au Royaume-Uni avait divulgué les interventions d’Israël dans les affaires internes de ce pays et ses tentatives de faire chuter un ministre considéré comme propalestinien, ce qui avait abouti à des excuses publiques de l’ambassadeur israélien à Londres et au retour précipité à Tel-Aviv d’un diplomate de haut rang. Notons aussi que, pour Nétanyahou, l’antisémitisme est à géométrie variable, comme le prouve son compagnonnage avec certains dirigeants d’extrême-droite en Europe de l’Est ou son silence sur l’antisémitisme qui sévit chez certains supporteurs de Donald Trump.

Septembre Noir et Abou Iyad

Mais revenons sur cette dernière polémique. Le journaliste du Monde ignore visiblement de quoi il parle. Et il ne se donne pas la peine de chercher. Le raid de 1985 ne visait pas « une base » de l’OLP (terme qui laisse entendre que l’objectif était militaire), mais le siège de la direction de l’OLP, réfugiée à Tunis depuis 1982, et avait pour objectif d’assassiner Yasser Arafat. Le raid, décidé par le premier ministre de l’époque Shimon Peres, a tué 50 Palestiniens et 18 Tunisiens, dans une opération qu’on ne peut qualifier autrement que de « terrorisme d’État ».
Quant au fait que Corbyn ait déposé « une gerbe de fleurs sur la tombe des membres de Septembre noir », elle est plus que réductrice. Visiblement, l’auteur n’a jamais entendu parler de Salah Khalaf, dit Abou Iyad, dont la sépulture aurait été fleurie. Il aurait pu jeter un œil sur le livre de l’un de ses illustres prédécesseurs au Monde, Éric Rouleau, Palestinien sans patrie (Fayolle, 1978). Il aurait appris qu’Abou Iyad, l’un des fondateurs du Fatah avec Yasser Arafat était l’un des principaux dirigeants de cette organisation ; qu’il a, comme le reste de la direction, renoncé aux « opérations extérieures » après la guerre d’octobre 1973, engagé son organisation sur le chemin de la recherche d’une solution politique et accepté l’idée d’un mini-État palestinien en Cisjordanie et Gaza, avec Jérusalem comme capitale. Il était aussi le contact de nombreux services secrets occidentaux qu’il aidait à combattre certains groupes, comme celui du renégat palestinien Abou Nidal. Il était considéré jusqu’à son assassinat à Tunis en 1991 (par le groupe dissident d’Abou Nidal, pas par les Israéliens) comme le numéro 2 de l’OLP.
Quel fut son rôle dans Septembre noir ? Interrogé par Éric Rouleau, le responsable des services spéciaux palestiniens « nie énergiquement avoir été le chef de cette organisation », dont le dirigeant aurait été Youssef El-Najjar, assassiné par les Israéliens à Beyrouth en avril 1973. Il ne la condamne néanmoins pas et explique les conditions de sa naissance, après l’écrasement de la résistance palestinienne en Jordanie en 1970-1971, événements connus sous le nom de « Septembre noir ».

« Si la seule solution est la violence... »

Menacée dans son existence même, soumise à une sévère répression et à une occupation brutale, notamment à Gaza, la résistance palestinienne va se lancer dans des opérations spectaculaires sur la scène internationale qui, pense-t-elle, permettra à la Palestine de ne pas disparaître du paysage politique. L’attaque contre les Jeux olympiques de Munich en 1972 s’inscrit dans ce cadre et Abou Iyad rappelle qu’elle avait pour but un échange de prisonniers et que le gouvernement israélien a tout fait pour faire échouer les négociations.
On peut, bien sûr, condamner ce type d’actions menées contre des civils. Mais il faut d’un côté rappeler que la plupart des organisations de lutte armée y ont eu recours au cours de l’histoire, du Front de libération nationale (FLN) algérien aux groupes sionistes dans les années 1940 (Yitzhak Shamir, qui sera premier ministre, était considéré comme un terroriste par les autorités britanniques). D’autre part, on ne peut condamner ce type d’actions si on ne condamne pas aussi les actions d’oppression et d’occupation qui les engendrent.

Comme le rappelait Nelson Mandela lors de son voyage dans les territoires palestiniens en 1999 : « Il faut choisir la paix plutôt que la confrontation, sauf dans les cas où nous ne pouvons rien obtenir, où nous ne pouvons pas continuer, où nous ne pouvons pas aller de l’avant. Si la seule solution est la violence, alors nous utiliserons la violence. » Il avait d’ailleurs proclamé : « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. »


Un clou chasse l’autre, mais Claire O’Petit et Aurore Bergé restent


Théophraste

Combien de rédacteurs en chef, en détresse devant la pénurie d’incendies qui assurent habituellement les ventes et gonflent l’audimat estival, ont imploré Dieu de faire un geste charitable, ce à quoi il a consenti par une pichenette divine sur un viaduc italien.

Leur été ainsi sauvés, nos médias nous ont sorti le grand jeu des photos sous tous les angles, des rescapés, des témoins. Et voici les politiciens indignés et les experts qui avouent ne pas pouvoir donner un avis à distance sans avoir enquêté, ce qui ne les empêche pas de se prêter à des débats avec d’autres experts qui n’ont pas bougé de Paris.
Quand le « marronnier » du poids des cartables (ou celui du coût de la rentrée) viendra, on oubliera la catastrophe de Gênes qui risquait d’inciter les Français à discutailler sur l’entretien de nos voies de communication et sur le projet de privatiser nos barrages.
En septembre, les « « éléments de langage » de LREM auront été rédigés, Claire O’Petit et Aurore Bergé (photos) les auront (presque) compris, BFM-TV aura déniché les Saint-Jean Bouche d’Or qui sauront nous convaincre que l’argent empoché par les actionnaires ne fait pas défaut à la surveillance des constructions et à leur entretien.

Théophraste R. (Auteur du manuel médical : « Les risques du triple-pontage dans un hôpital délabré »).

Le Grand Soir

Résistance !...


PRCF

Citation de Nelson Mandela


Il faut choisir la paix plutôt que la confrontation, sauf dans les cas où nous ne pouvons rien obtenir, où nous ne pouvons pas continuer, où nous ne pouvons pas aller de l’avant. Si la seule solution est la violence, alors nous utiliserons la violence.

lundi 20 août 2018

Les devoirs de vacances du procureur Molins


Régis de Castelnau

Les médias nous ont appris la nomination de François Molins au parquet de la Cour de cassation et son départ prochain du poste qu’il occupe encore aujourd’hui, celui de procureur du tribunal de grande instance de Paris.

Il nous est apparu souhaitable de faire le point dans la mise à jour de quelques-uns de ses dossiers avant qu’il ne rejoigne ses nouvelles fonctions.

Pourquoi cette sollicitude ?

Pour une raison très simple. L’annonce simultanée de sa nomination à la Cour de cassation avec celle du refus de son parquet de délivrer un réquisitoire supplétif aux juges d’instruction pour la disparition du coffre-fort d’Alexandre Benalla, a provoqué dans l’opinion publique une réaction prévisible. « Le procureur de Paris a obéi aux ordres de l’Élysée et sa nomination en est la récompense ». Je ne crois pas une seule seconde à ce scénario, mais cette interprétation expose une nouvelle fois l’institution judiciaire à une perte de légitimité difficile à rétablir. C’est d’autant plus sérieux que, depuis l’arrivée à la présidence de la république d’Emmanuel Macron, les pouvoirs exécutifs et législatifs ont été complètement déconsidérés. Un gouvernement composé d’ectoplasmes politiques assume complètement de ne servir que de relais aux directives de l’Élysée. Et que dire de cette Assemblée nationale peuplée de sombres et improbables nullités ? Il serait donc judicieux que l’institution judiciaire, troisième pilier de nos institutions, restaure une confiance largement entamée. Le meilleur moyen serait de remplir scrupuleusement sa mission et notamment en donnant à toutes les affaires invraisemblables apprises cet été les suites judiciaires qu’elles méritent.

Alexandre Benalla et ses acolytes

À tout seigneur tout déshonneur, commençons par Alexandre Benalla et ses acolytes. En rappelant encore une fois que le principal d’entre eux bénéficie d’une immunité pénale pour la durée de son mandat.
Concernant les violences de la place de la Contrescarpe, l’homme de main est poursuivi pour l’instant pour « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité temporaire de travail », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique en accomplissant des actes réservés à l’autorité publique », « port et complicité de port prohibé et sans droit d’insignes réglementés par l’autorité publique », « recel de violation du secret professionnel » et «recel de détournement d’images issues d’un système de vidéo protection». Son complice, Vincent Crase, pour « violence en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité temporaire de travail », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique en accomplissant des actes réservés à l’autorité publique » et « port prohibé d’arme de la catégorie B ».
D’après ce que l’on sait, et comme l’établissent des vidéos qui circulent, des faits strictement similaires s’étaient produits peu avant au Jardin des Plantes et ont fait l’objet d’une plainte des victimes. Les incriminations, en dehors de la question de la violation du secret professionnel, seront exactement les mêmes. En cumulé, nous arrivons déjà pour nos deux duettistes, bien sûr présumés innocents, à pas moins de 16 infractions… Mais il ne faudrait pas oublier la question de la complicité par fourniture de moyens dont auraient pu se rendre coupables tous ceux qui ont facilité la commission de ces délits. Notamment un étrange personnage présent sur tous les coups, le policier Philippe Mizerski. A priori, celui-ci a apporté son concours à la commission de 15 des 16 infractions. Ce qui positionne l’aiguille du compteur d’infractions sur 31…

Un ban pour les artistes !

Passons maintenant à la chaîne administrative et aux exploits accomplis par ceux qui n’ont rien su refuser au prince. Au sujet de certains des avantages loufoques systématiquement accordés à Benalla, j’avais relevé là aussi l’éventualité de la violation à plusieurs reprises de l’article 432–15 du code pénal relatif au détournement de biens publics. Il y a pour l’instant trois infractions bien visibles, avec une collection d’auteurs dans la chaîne administrative. Il y a aussi l’histoire ahurissante de la violation du secret professionnel par trois hauts gradés de la police pour permettre à Benalla de préparer sa défense médiatique. Les trois policiers ont été suspendus et mis en examen, pour deux infractions distinctes : violation du secret professionnel et détournement d’images issues d’un système de vidéosurveillance. Mais surtout il y a la suite, car on voit mal comment la crème des collaborateurs d’Emmanuel Macron pourrait, elle aussi, échapper aux poursuites. Reportons-nous à l’imprudente interview de Benalla sous magistère de Mimi Marchand au journal le Monde. Receleur de la violation du secret professionnel commis par les trois gradés, il encourt les mêmes peines que les auteurs principaux. Pour se justifier, il a trouvé intelligent de dire la chose suivante à la journaliste : «« Ce CD, je ne le regarde pas et je le remets à l’Elysée à un conseiller communication ». Ce conseiller sera identifié quelques heures plus tard par BFMTV. Il s’agit d’Ismaël Emelien. Relancé par les journalistes du Monde sur l’usage fait de ces images dans la foulée par le service de communication de l’Elysée, Alexandre Benalla lâche : « Je crois qu’ils ont essayé de la diffuser et de la fournir à des gens, pour montrer la réalité des faits. »
Benalla nous dit benoîtement qu’un proche d’entre les proches du président a visionné ces images pour qu’elles soient ensuite transmises à des militants LREM pour les besoins de leur propagande. Absolument génial ! Une Infraction de recel pour Ismaël et ses collaborateurs, et une nouvelle fois défaut d’application de l’article 40 avec un refus de signalement au parquet et de transmission à celui-ci des images. Un ban pour les artistes ! Compte-tenu du nombre de personnes probablement impliquées dans cette opération de recel, difficile d’être précis sur le nombre d’infractions. L’aiguille de notre compteur flirte cependant avec la zone rouge du surrégime en s’approchant dangereusement du chiffre de 50 délits !

Des soucis pour le préfet menteur ?

Passons maintenant à ce qui ressemble à des parjures devant les commissions parlementaires. Il y a les mensonges de Gérard Collomb prétendant ne pas connaître Benalla, mais plus grave les mensonges du préfet Delpuech qui a mécaniquement énoncé les éléments de langage fournis par l’Élysée, mais qui présentaient le défaut d’être contraires à la réalité. L’on sait que ce genre de mensonges est justiciable des articles du Code pénal relatifs au faux témoignage, la seule question qui se pose étant celle du déclenchement de l’action publique et de la poursuite. Celle-ci appartient normalement au président de la commission parlementaire au moment de la publication du rapport. À mon sens, la commission ayant fini en queue de poisson, le parquet retrouve sa liberté et peut (doit ?) poursuivre les faux témoins.
Égrener cette litanie qui n’est probablement pas exhaustive, n’est pas vouloir à tout prix la mort des pêcheurs, mais demander que la justice fasse son travail et la clarté sur ce qui n’est pas loin de là, une simple « affaire d’été » comme nous l’ont seriné les préposés au colmatage. Parce qu’il y va de la crédibilité de l’institution judiciaire qu’il faut mettre à l’abri de l’accusation meurtrière d’être soumise au pouvoir de l’Élysée.
Pour cela, il faut s’occuper soigneusement de l’affaire Benalla, mais pas seulement.

Marlène Schiappa et l’erreur humaine

Le parquet de Paris devrait se saisir de l’existence des infractions pénales commises et reconnues (voire revendiquées par Castaner qui n’en rate pas une) à l’occasion du financement de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron. C’est la question des ristournes commerciales accordées à la campagne Macron. Le parquet de Paris devrait évidemment accorder au juge d’instruction de l’affaire de délit de favoritisme France business/Havas pour faire la clarté sur la responsabilité de Muriel Pénicaud. Le parquet de Paris ne devrait pas non plus oublier la pauvre Marlène Schiappa, qui a laissé utiliser les fichiers et le personnel de son ministère pour faire la promotion d’un livre qui n’avait rien à voir avec ses fonctions ministérielles. Édouard Philippe est sorti de sa léthargie pour nous dire, sans crainte du ridicule, que tout cela n’était pas grave puisqu’il s’agissait d’une « erreur humaine ». Magnifique justification que les avocats ne manqueront pas d’utiliser dans les prétoires à l’appui de leurs demandes d’acquittement « vous comprenez Monsieur le président, mon client a certes coupé la tête à sa belle-mère, mais c’était une erreur humaine ». On rappellera simplement que, soit la ministre l’a demandé et dans ce cas c’est l’article 432–15 du code pénal qui s’applique, soit elle a été négligente et l’a laissé faire, ce sera alors le 432–16.
Il y a sûrement beaucoup d’autres choses, mais on va s’en tenir là pour ne pas gâcher la fin de vacances de François Molins, en s’adressant quand même quand même à son collègue du TGI de Nanterre. Pour lui narrer l’histoire d’un des petits marquis les plus déplaisants de la macronie. Le député Gabriel Attal, perdant le sens des convenances et de la décence commune, a trouvé malin, au moment où Benalla se déguisait en policier, d’enfiler l’uniforme du facteur pour jouer les briseurs de grève. Notre preux législateur a simplement oublié que cette profession est réglementée. Assurant le « service public universel du courrier » le facteur doit prononcer un serment de respecter le secret professionnel et d’assurer en toute circonstance le secret des correspondances. Cette très ancienne obligation relève aujourd’hui du Décret no 93-1229 du 10 novembre 1993. Gabriel Attal a donc commis sans discussion le délit d’usurpation de fonctions prévu et réprimé par l’article 432–12 du Code pénal. Et exposé par la même, le vrai facteur qu’il prétendait aider, à la complicité dans la commission de cette infraction puisque celui-ci lui a remis illégalement une partie de son courrier à distribuer.

Un simple rappel à la loi après une garde à vue, permettrait de moucher le morveux, et de lui rappeler ses obligations.
Un moment de détente dans l’exploration du marécage.

PS : Alexis Kohler ne devrait avoir aucun souci pour les histoires de conflits d’intérêts que des méchantes langues  lui reprochent. Le Parquet National Financier s’est saisi de l’affaire. C’est un passeport pour la tranquillité, qui devrait lui permettre de préparer soigneusement la réforme des services de l’Élysée.