samedi 19 août 2017

Des œufs au fipro quoi ? Fipronil...

Victor Ayoli

- Allo. Salut Victor. Toujours dans tes Hautes Terres je vois. Quoi de neuf ?
- Hier j’ai mangé l’omelette aux girolles, puis les tripoux avec l’aligot. Le matin il fait entre 6 et 10° et on dort bien.
- Une omelette ? Avec des œufs ? T’as pas peur du Fipronil ?
- Ici, les œufs, c’est la voisine, Marguerite, qui me les apporte, direct du cul de ses poules. Des gallines qui cavalent partout, taquinent le ver de terre, coursent la sauterelle et se gavent de salade des champs. Le Fipronil, rien à foutre ! Mais ce truc à la kon montre les ravages de l’industrialisation de l’agriculture, poussant dehors les paysans pour les remplacer par des « exploitants agricoles » formés par les écoles d’agriculture, conditionnés par les chambres d’agricultures et dont la FNSEA bourre le crâne du grand credo ultralibéral de l’agriculture productiviste. Produire toujours plus, mais surtout au prix le plus bas. Tout cela pour satisfaire non pas le client, le consommateur, mais pour conforter les dividendes de la grande distribution, dictatoriale en la matière.
- Ouais mais ici, comment tu fais pour acheter des œufs disons « fiables ». Comment tu fais ici ? En ville, on n’a pas le cul des poules de Marguerite sous la main…
- Les œufs, je les achète au marché, à « Madame Teuf » comme je l’appelle. Une adorable fermière qui nous apporte chaque semaine la production de ses poules, pondue de la veille. Pour te dire que si on veut, on trouve.
- Ouais mais si on n’a pas le temps, on va au supermarché, et on prend ce qu’on trouve. Et puis, Victor, faut donner aux choses l’importance qu’elles ont : il faudrait manger 10 œufs par jour pour être intoxiqué par ce pesticide à la kon. On en est loin.
- Peut-être pas si loin que ça Loulle. Les œufs sont partout dans la bouffe actuelle. Dans les pâtes, dans la pâtisserie, dans les glaces, etc. Fait le compte, t’arriveras vite à tes dix œufs trafiqués. Et puis il y a autre chose. La prétendue faible toxicité pour l’homme de ce pesticide, c’est prôné par qui ? Par les « zautorités » compétentes, c’est-à-dire notre ministre de l’agriculture calquant son attitude sur celle de la Commission de Bruxelles. À noter que, dans un premier temps, les médias « mène strime » montraient des cartes avec la France épargnée ! « Pellerin, sort de ce corps ! » Comme au temps de Tchernobyl, le Fipronil s’était arrêté aux frontières ! Mais ça n’a pas duré. Faut savoir aussi que l’un des premiers « spécialiste autorisé » à avoir largement minimisé les effets néfastes de cette merde, c’est un très éminent toxicologue anglais, le Pr Bobbis clamant que ces doses étaient totalement inoffensives. Il faut savoir que ce type est vice-président du conseil d’administration de ILSI Europe, un puissant lobby étasunien dédié à la « sécurité alimentaire », mais qui est financé par Monsanto, Cargill, Danone, Coca Cola, Procter and Gamble, Syngenta, Nestlé et autres. Et ce puissant lobby noyaute à outrance l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA)… À savoir encore que ce type a aussi efficacement défendu les perturbateurs endocriniens, dont le glyphosate de Monsanto. Voilà le genre de pèlerin auquel on se fie…
- Mouais… Ça va foutre en bas encore quelques entreprises agricoles…
- Si ce sont des marchands de merde, tant mieux si elles disparaissent. Le populo semble enfin prendre conscience de sa puissance : c’est lui qui sort ses sous ! Donc il doit pouvoir choisir. D’où le développement du bio (encore que… depuis que c’est un créneau juteux et que la grande distribution s’en mêle, faut être dubitatif). Le (pas si) con-sommateur cherche de plus en plus les produits locaux, privilégie les circuits courts et se méfie du bourrage de crâne.
- Ouais. Ça, c’est pour ceux qui ont le temps et quelques moyens, les autres, ceux qui triment pour une poignée de figues quand ils ont un boulot ou survivent avec les minima sociaux, ceux-là, ils vont dans les grandes surfaces et achètent toujours le moins cher, donc toujours de la merde…
- Et ouais Loulle. Allez, je te laisse. Paie une tournée sur mon compte.

agoravox.fr

Catastrophe climatique : pourquoi nous n’y couperons pas (sauf si…)

Pierrick Tillet

Vous voulez savoir pourquoi nous autres les humains attendons toujours qu’une catastrophe survienne pour réagir ? Eh bien c’est très simple, nous explique le philosophe Dominique Bourg : c’est parce que l’empire de nos sens brouille notre raison.

Non, non, attendez, ce n’est pas compliqué à comprendre. Un autre chercheur, le neurobiologiste Henri Laborit, nous avait très bien décrit le problème. Nous autres êtres humains sommes dotés en fait de trois cerveaux :
  • Notre premier cerveau, dit « reptilien » déclenche les comportements de survie immédiate : boire, manger, copuler…
  • Notre second cerveau, celui de l’affectivité, est celui qui nous fait instantanément réagir à ce qui nous est agréable ou désagréable en fonction de notre mémoire individuelle et collective. Ce cerveau-là – et c’est important – ne réagit qu’en fonction de ce que lui ou sa communauté ont déjà ressenti, éprouvé ;
  • Notre troisième cerveau, le « cortex cérébral », devrait en principe être celui de la raison, de l’anticipation ; mais hélas, ce n’est jamais ainsi que cela marche vraiment : bien loin de maîtriser nos pulsions et de nos réactions affectives spontanées, notre troisième cerveau, nous dit Henri Laborit, fournit juste « le langage explicatif qui donne toujours une excuse, un alibi au fonctionnement inconscient des deux premiers ».
Voilà pourquoi, tant que nous n’avons pas été touché personnellement, notre raison humaine est incapable de réagir à temps aux dangers qui nous menacent, d’anticiper les catastrophes qui vont nous dégringoler dessus. Il faut que nos deux premiers cerveaux les subissent dans leur chair pour que le troisième cerveau se mette enfin à essayer de trouver une solution aux tragédies qui nous frappent.

… sauf si nous cognons à bras raccourci sur le cortex cérébral borné de nos dirigeants

Voilà pourquoi il a toujours fallu que les ouvriers tapent un peu sur les patrons pour que ceux-ci leur accordent enfin quelques menus avantages sociaux comme en 1936. Voilà pourquoi il a fallu une Seconde Guerre mondiale et ses désastres pour qu’un Conseil national de la résistance mette enfin, en 1944, ses fameuses ordonnances en route. Voilà pourquoi les pavés de Mai 68 ont largement permis de compléter ce train de mesures sociales, notamment celles concernant l’émancipation féminine.
Voilà pourquoi, il y a peu de chance que nous échappions au chaos climatique en train de débouler… sauf si, comme les ouvriers en 1936 ou les étudiants en 1968, nous envisageons enfin de cogner à bras raccourci sur le cortex cérébral borné de nos dirigeants !

Écoutez donc les explications lumineuses de Dominique Bourg sur l’urgence climatique. En 4:06, vous aurez tout compris. ICI

Le Yéti

A défaut d’un État pour les Palestiniens, Abbas installe un État policier

Photo : [Zann Huizhen Huang/Al JazeeraJaclynn Ashly

« L’Autorité palestinienne peut maintenant arrêter qui elle veut » : les journalistes palestiniens déclarent une grève de la faim.

Alors que les critiques locales et internationales continuent de s’élever contre les mesures prises par l’Autorité palestinienne (AP) basée à Ramallah pour resserrer l’étau sur la liberté d’expression en Cisjordanie occupée, sept journalistes palestiniens emprisonnés par l’AP ont commencé une grève de la faim après avoir été arrêtés en vertu de la loi controversée sur la cybercriminalité approuvée par le président palestinien Mahmoud Abbas le mois dernier.
Les journalistes palestiniens Mamduh Hamamra, correspondant d’Al-Quds News, Tariq Abu Zeid, correspondant d’Al-Aqsa TV et le journaliste indépendant Qutaiba Qassem se sont déclarés en grève de la faim aussitôt après que leurs détentions ont été prolongées de 15 jours jeudi dernier, selon un communiqué publié par Omar Nazzal, membre du syndicat des journalistes palestiniens et ancien prisonnier d’Israël.
Issam Abdin, avocat et chef du service plaidoyer à l’ONG palestinienne al-Haq, a confirmé à Ma’an que quatre autres journalistes palestiniens : Ahmad Halayqa, correspondant de Al-Quds News, Amer Abu Arafa, correspondant de Shehab News Agency et les reporters Islam Salim et Thaer al-Fakhouri, ont déclaré être en grève de la faim jeudi pour protester contre leur détention.
Ces journalistes avaient tous été arrêtés plusieurs jours auparavant pour de prétendues violations des clauses de la nouvelle loi, selon Abdin.
Les sept journalistes auraient travaillé pour des médias qui sont parmi les 30 sites bloqués par l’AP en juin – dont tous auraient été affiliés au mouvement Hamas, le parti au pouvoir dans la Bande de Gaza assiégée qui s’est trouvé entraîné dans dix ans d’amère rivalité avec l’AP sous contrôle du Fatah, ou avec le vieux rival politique d’Abbas, Muhammad Dahlan.
Alors que la décision de bloquer les sites web en Cisjordanie a été condamnée à l’époque comme une violation sans précédent des libertés de le presse sur le territoire palestinien, Abbas a passé la répression contre les médias à la vitesse supérieure le mois dernier en adoptant la loi sur la cybercriminalité par décret présidentiel.

Une loi draconienne

Dans un communiqué publié jeudi, Nazzal a déclaré qu’au moins six des journalistes emprisonnés – omettant al-Fakhouri – étaient incarcérés sur des allégations de violation de l’article 20 sur la loi sur la cybercriminalité.
L’article stipule qu’un individu est passible d’au moins un an de prison ou être condamné à une amende d’au moins 1.410$ pour « création ou administration d’un site web ou une plate-forme technologique d’information qui peut attenter à l’intégrité de l’Etat palestinien ou à l’ordre public ou à la sécurité extérieure de l’Etat. »
Pendant ce temps, « toute personne qui diffuse les types d’informations mentionnées ci-dessus par quelque moyen que ce soit, y compris en les radiodiffusant ou en les publiant » est passible d’un an de prison ou d’une amende allant de 282$ à 1.410$, selon la nouvelle loi.
Abdin a dit à Ma’an que ces « clauses lâches », par lesquelles des individus peuvent être emprisonnés simplement pour avoir publié certains articles sur leurs comptes de réseaux sociaux, vont permettre l’arrestation des journalistes palestiniens et « la destruction de la liberté du travail journalistique en Palestine. »
Nadim Nashig, co-fondateur et directeur du groupe de défense numérique palestiniens et arabes 7amleh, a qualifié la loi de « terrible » et « draconienne ».
« C’est la pire loi de l’histoire de l’AP, » a dit Nashif à Ma’an. « Elle permet à l’AP d’arrêter n’importe qui selon des définitions floues. »
Nashif a noté que non seulement la loi criminalise la création, la publication et la propagation de certaines informations jugées dangereuses par l’AP, mais elle stipule également que des individus ayant contourné des blocages de l’AP sur des sites web via des serveurs proxy ou des réseaux privés virtuels (RPV) pourraient être condamnés à trois mois de prison.
Nashif a dit à Ma’an que la loi avait fait « régresser » la Cisjordanie .
Malgré l’occupation israélienne de la Cisjordanie et plus de 10 ans de scission politique avec le Hamas, « en général, on a laissé les médias et les sites web tranquilles, » a dit Nashif. « Ils ne faisaient pas partie de cette lutte politique. »
« L’AP est en train de briser les derniers espaces de liberté d’expression, » dit-il.

Des journalistes palestiniens piégés entre la division Hamas-AP

Des groupes de défense des droits n’ont pas tardé à condamner la détention des journalistes, affirmant que l’objectif de la nouvelle loi était d’extirper la contestation politique contre Abbas et l’AP – vraisemblablement sous l’égide de la coordination sécuritaire largement condamnée de l’AP avec l’Etat israélien, bien que l’AP ait affirmé à plusieurs reprises avoir mis fin à cette politique depuis juillet.
Selon le groupe de défense des droits des prisonniers Addameer, un responsable de la sécurité de l’AP avait initialement dit qu’au moins cinq des journalistes emprisonnés avaient été arrêtés pour « fuite d’informations et communication avec des parties hostiles. »
Cependant, a ajouté Addameer, le Syndicat des journalistes palestiniens a contacté les forces de sécurité palestiniennes mercredi matin et on leur a dit que les journalistes ont été arrêtés « pour faire pression sur le Hamas pour qu’il libère un autre journaliste détenu dans la bande de Gaza, » se référant à Fouad Jaradeh, correspondant pour la chaîne de TV officielle de l’AP, Palestine TV, qui est en prison à Gaza depuis plus de deux mois.
Le Hamas et l’AP ont été critiqués pour avoir mené des actions de représailles contre des individus affiliés au groupe adverse, notamment sous la forme d’arrestation et d’emprisonnement politiques.
Abdin a déclaré à Ma’an que les journalistes palestiniens ont été « plongés dans la division Hamas-Fatah », car les deux groupes ont ciblé les journalistes pour étouffer l’opposition qui pouvait nuire à leur emprise politique dans la Bande de Gaza et la Cisjordanie respectivement.
Dans un communiqué publié mercredi 9, le Centre palestinien pour le développement et la liberté d’expression MADA déclare que l’arrestation des journalistes font « partie d’une nette intensification des violations contre la liberté de la presse » en Cisjordanie et à Gaza.
Cependant la nouvelle loi et les démarches d’Abbas pour étouffer la dissidence contre l’AP ne « sont pas seulement problématiques pour les journalistes, » a dit Nashif à Ma’an. « Tout militant ou individu que l’AP considère comme un adversaire peut maintenant être arrêté sans aucune raison claire. »
L’AP a également été accusée de mener des rafles visant les Palestiniens affiliés au Hamas en Cisjordanie, tandis qu’elle a intensifié des mesures, ces derniers mois, pour faire pression sur le Hamas pour qu’il abandonne le contrôle de la bande de Gaza.
Une étude du groupe de réflexion palestinien al-Shabaka a documenté les conséquences des campagnes de sécurité de l’Autorité palestinienne « dont l’objectif était d’établir l’ordre public » mais que les habitants ont perçu comme une criminalisation de la résistance contre Israël.

C’est illégal en vertu du droit palestinien

Abdin a souligné que le blocage de site et la nouvelle loi sur la cybercriminalité violaient l’article 27 de la loi fondamentale palestinienne qui protège les libertés de la presse des citoyens palestiniens, y compris leur droit d’établir, d’imprimer, de publier et de distribuer toutes les formes de médias. La loi garantit également la protection des citoyens qui travaillent dans le domaine du journalisme.
L’article interdit également la censure des médias, déclarant que « aucun avertissement, suspension, confiscation ou restriction ne soit imposé aux médias, » sauf si une loi violant ces conditions a rendu une décision légale.
Abbas n’a cependant pas reçu l’autorisation du pouvoir judiciaire pour approuver ces restrictions considérables contre la presse, selon Abdin.
Depuis que le Hamas a remporté les élections législatives en 2006, le Conseil législatif palestinien ne s’est pas réuni à Ramallah, ce qui signifie que la grande majorité des lois adoptées par l’Autorité palestinienne au cours des dix dernières années ont été adoptées par Abbas, qui a prolongé indéfiniment sa présidence par décret présidentiel en 2009.
Al-Haq a souligné que la nouvelle législation contrevient au droit international, dont l’article 19 du Pacte international relatifs aux droits civiques et politiques (ICCPR).

Des groupes de droits, des militants et des journalistes ont exigé que l’Autorité palestinienne modifie la loi pour se conformer à la législation palestinienne préexistante, annule le blocage des sites d’information et mette fin à sa pratique consistant à arrêter régulièrement des militants, des écrivains, des journalistes et autres Palestiniens pour leurs opinions politiques.

13 août 2017 – Ma’an News – Traduction : ISM France – MR 
Photo : Flics d'Abbas réprimant une manifestation à Ramallah - Mars 2017 - Photo : [Zann Huizhen Huang/Al Jazeera.

Chronique de Palestine

 

Interview imaginaire

Théophraste

- Monsieur Dugenou, vous êtes député LREM après avoir été député LR…
- Non, PS.
- Exact. J’ai confondu.
- Vos ennemis disent que vous soutenez toutes les dictatures parce que vous refusez de condamner l’émir polygame-misogyne et esclavagiste du Qatar, le monarque du Maroc, l’émir du Koweït...
- Attendez, attendez…
- Et l’Arabie saoudite : plus de la moitié de la population obligée d’être voilée, mariée de force, lapidée à l’occasion, interdite de conduite automobile et de sortie dans la rue sans être chaperonnée par son mari, son frère ou son fils ! C’est une dictature ou pas ? Je vous rappelle qu’on peut y être décapité pour une affaire de moeurs, condamné à 30 ans de prison pour un poème, que la presse est muselée et qu’il n’y a pas d’élections …
- Les élections ! Quand on voit la farce électorale du vote de la Constituante au Venezuela du dictateur Maduro, ami de Cuba.
- Ah oui, Cuba, le « goulag tropical » avec son centre torture de Guantanamo ! Passons. Vous trouvez normal que la France décore les dictateurs saoudiens et qataris ?
- Mon jeune ami, continuez l’interview comme ça si vous voulez visiter Pôle emploi. Et comptez sur moi pour vous signaler à Arnaud Lagardère, Serge Dassault, Vincent Bolloré, Bernard Tapie, Édouard de Rothschild, Martin Bouygues, Bernard Arnault, Philippe Hersant, François Pinault, Xavier Niel, Matthieu Pigasse, Pierre Bergé...

Théophraste R. (Dessinateur de la banderole : « Maduro, sois plus fort qu’Allende ! »).

Le Grand Soir

Amusons le bon peuple !

fedetlib

Citation d'Edward Snowden

La réponse aux fausses informations, ce n’est pas la censure, c’est plus d’informations, discutées en commun. Trop de gens dépendent d’une seule source, comme Facebook, pour s’informer. Lorsque vous allez sur votre page Facebook, c’est Facebook qui décide quelles nouvelles vous voyez sur votre page. Ils créent plus de silence qu’ils ne créent d’informations. Vous comprenez à quel point il est dangereux qu’une entreprise puisse avoir assez de pouvoir pour remodeler notre façon de penser. Nous devons utiliser et répandre l’idée que la pensée critique importe maintenant plus que jamais, étant donné que les mensonges semblent devenir très populaires. Si les gens utilisaient plus de sources pour s’informer, la vérité l’emporterait.

vendredi 18 août 2017

Antisionisme antiraciste non ; néonazisme sioniste oui ?

UJFPUJFP       

Toute la « alt-right » (droite alternative), ainsi pudiquement nommée par les médias conservateurs américains pour mieux en masquer le néonazisme et le relativiser, s’y était donnée rendez-vous vendredi soir et samedi dernier.

Défilé nocturne à la lumière des torches, les mêmes que celles utilisées pour aller chercher les Noirs et les pendre, à une époque pas si lointaine. Chants négrophobes (« Nègres, retournez en Afrique ! ») et antisémites (« Juifs, vous ne nous remplacerez pas !). Claires références au national-socialisme allemand, avec la reprise enthousiaste du slogan « Blut und Boden » (sang et sol), les saluts nazis ponctuant régulièrement le rassemblement et le nombre considérable de brassards à croix gammées. Les horreurs seraient trop longues à lister dans leur intégralité. Et pourtant, malgré la légitime émotion suscitée par les vies fauchées à la marge de ce rassemblement, malgré la colère provoquée par cette démonstration de racisme à visages découverts, malgré l’antisémitisme avéré des manifestants, silence radio du côté des autorités israéliennes et des organisations juives sionistes européennes et françaises.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, d’habitude si prompt à dénoncer l’antisémitisme et à appeler à l’immigration en masse des Juifs du monde entier vers Israël vient de dénoncer du bout des lèvres la manifestation néonazie, mais pas un mot sur son allié Trump ! Pourtant, au sein de l’Administration Trump, les collusions sont nombreuses et parfaitement documentées [1] entre les suprématistes blancs antisémites et les sionistes. Preuve supplémentaire, s’il en fallait, que sionistes et racistes antisémites ne sont pas des ennemis mais des alliés ! Ils partagent, notamment, l’idée que les Juifs ne sont pas des Américains comme les autres – et qu’ils feraient mieux de déguerpir en Palestine. D’où l’absence de réaction du gouvernement israélien. Depuis quand cogne-t-on sur ses amis ? Ce silence assourdissant s’ajoute à la bruyante marque d’amitié que Netanyahu a manifesté quelques semaines plus tôt au Premier ministre hongrois Viktor Orban, dont l’antisémitisme est avéré.
On ne pourra éviter de remarquer le silence incroyable du CRIF et des organisations juives sionistes européennes habituellement très promptes à hurler à l’antisémitisme devant chaque manifestation BDS dans le monde. Faudra-t-il en conclure qu’antisionisme et antiracisme sont condamnables et que le sionisme, même sous ses formes les plus agressives et antisémites, non ?
L’UJFP rejoint le concert des voix juives qui, aux États-Unis comme ailleurs, condamnent sans la moindre ambiguïté les militants néonazis rassemblés à Charlottesville et leurs idéologues ayant pignon sur rue à la Maison Blanche. Nous tenons également à apporter toute notre solidarité aux proches des victimes assassinées pour avoir tenu tête aux suprématistes blancs, et à tous les manifestants qui refusent la haine inter-raciale aux États-Unis.

Enfin, nous manifestons notre plus profond mépris pour les combines des dirigeants sionistes, qui partout dans le monde, y compris à la tête des gouvernements français et européens, ferment les yeux sur les démonstrations antisémites les plus barbares quand cela les arrange, plaçant leur agenda politique au-dessus de toute autre considération.


Le Bureau national de l’UJFP, le 16 août 2017.