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lundi 2 décembre 2024

La survie qui s’organise au jour le jour dans l’enfer de Gaza

Brigitte Challande

Parallèlement au compte rendu d’hier sur les activités formidables effectuées par les équipes soutenues par l’UJFP, Abu Amir envoie ce texte sur la situation générale : une destruction sans précédent

L’intensification de l’agression israélienne contre Gaza : Massacres quotidiens et silence international inquiétant

Dès qu’Israël a clos le chapitre de son affrontement avec le Liban par un cessez-le-feu, elle a dirigé toute sa puissance militaire vers la bande de Gaza, comme si elle cherchait à s’isoler pour mieux cibler le territoire sans entrave. Les attaques brutales de l’armée israélienne ont atteint des niveaux sans précédent, dépassant même l’intensité de la violence avant le cessez-le-feu avec le Liban. Ces escalades incessantes ont transformé Gaza en un champ de bataille ouvert, où les massacres se produisent quotidiennement contre des civils, dans un silence international qui suscite des interrogations et des inquiétudes.

Des massacres sans fin : focalisation sur le nord de Gaza

Ces derniers jours ont été marqués par une intensification majeure des attaques israéliennes, notamment dans le nord de la bande de Gaza. Les avions israéliens ont ciblé deux maisons à Beit Lahia, provoquant la mort de plus de 70 personnes en un instant, dont des femmes et des enfants, écrasant les maisons sur leurs habitants. Cet incident n’était pas une exception, mais une partie d’une longue série de massacres commis quotidiennement contre les habitants de Gaza.

Al-Nuseirat : une zone de ruines et de massacres continus

Les attaques israéliennes se concentrent également sur la région au nord-ouest d’Al-Nuseirat, qui est devenue un théâtre quotidien de massacres horribles. Les bombardements incessants ont transformé la zone en une scène tragique de débris et de destructions, où chaque jour voit de nouvelles victimes. Les attaques israéliennes ne font aucune distinction entre cibles militaires et civiles, frappant méthodiquement les zones densément peuplées, aggravant les souffrances des habitants et amplifiant l’ampleur de la catastrophe humanitaire.

Des armes sophistiquées pour une extermination méthodique

Selon le ministère palestinien de la Santé, l’armée israélienne utilise des armes extrêmement sophistiquées dans ses attaques contre Gaza, des armes soupçonnées d’être conçues pour causer des destructions massives et une extermination ciblée. Ces armes, selon les rapports, vaporisent littéralement les corps, rendant difficile l’identification des victimes ou même la récupération de leurs restes. Ces scènes horribles reflètent le niveau de brutalité exercé contre les habitants de Gaza et soulèvent des questions sur l’engagement de la communauté internationale envers les principes humanitaires et le droit international.

Un silence mondial et un soutien indirect à Israël

Alors que ces crimes contre le peuple palestinien se poursuivent, le monde reste silencieux, comme si ce qui se passe à Gaza se déroulait dans une autre réalité qui ne le concerne pas. Pire encore, certaines nations, au lieu d’agir pour arrêter ces massacres, se concentrent sur la protection des dirigeants israéliens contre des poursuites judiciaires. Par exemple, des rapports indiquent que les Pays-Bas explorent des options juridiques pour empêcher l’arrestation du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, bien qu’il soit accusé de crimes de guerre.

Des lectures inquiétantes et une conspiration internationale

Ce qui se passe autour de nous dépasse l’entendement. Lire les événements et analyser les positions internationales est devenu une tâche extrêmement difficile dans ce contexte de silence complice. Les crimes sont commis en plein jour, les massacres sont diffusés à la télévision, et pourtant, aucune action sérieuse n’est prise par la communauté internationale. Au contraire, il semble que certaines grandes puissances justifient ou couvrent même ces crimes, ce qui nous pousse à croire qu’un complot international plus vaste vise à liquider la question palestinienne.

L’extermination du peuple palestinien : une conspiration majeure ?

Le silence international, combiné au soutien qu’Israël reçoit de certaines puissances mondiales, nous amène à penser que ce qui se passe n’est pas une simple coïncidence ou un résultat d’inaction, mais bien une partie d’un complot global visant à éliminer l’existence même du peuple palestinien. Ce complot ne se limite pas à ignorer les crimes, mais inclut également la justification des actes israéliens et la protection de ses dirigeants contre toute responsabilité.

La souffrance du peuple palestinien : une tragédie sans fin

Au milieu de cette atmosphère de destruction et de peur, les habitants de la bande de Gaza vivent leurs pires jours. Les mères perdent leurs enfants, les maisons s’effondrent sur leurs habitants, et les hôpitaux débordent de blessés, tandis qu’ils manquent cruellement de ressources médicales. Les scènes quotidiennes à Gaza reflètent une réalité tragique qu’aucun peuple ne devrait endurer, et pourtant, les Palestiniens restent attachés à leur droit à la vie et à la liberté, malgré les trahisons répétées de la communauté internationale.

Jusqu’à quand ce silence va-t-il durer ?

Les crimes commis à Gaza ne sont pas de simples chiffres consignés dans des rapports, mais une tragédie humaine qui touche chaque individu vivant dans le territoire. Le silence persistant de la communauté internationale face à ces massacres est en soi un crime, car il encourage Israël à continuer son agression sans craindre de conséquences. Le peuple palestinien a besoin d’une voix mondiale pour le soutenir, et d’actions concrètes pour mettre fin à cette agression incessante.

En conclusion : Gaza entre la vie et la mort

Ce qui se passe aujourd’hui à Gaza n’est pas une simple agression, mais une extermination méthodique visant un peuple tout entier. Le monde entier porte la responsabilité de ce silence honteux, et si les choses continuent ainsi, la cause palestinienne entrera dans sa phase la plus dangereuse.

Cependant, l’espoir demeure que la conscience humaine se réveille pour sauver Gaza et son peuple de cette tragédie. Gaza ne mourra pas, mais elle a besoin du soutien du monde pour mettre fin à cette agression brutale.

ISM France

samedi 30 novembre 2024

Netanyahou a saboté deux accords sur les otages, acceptés par le Hamas

Europalestine

Einav Tsangauker, la mère d’un des prisonniers israéliens à Gaza, attaque Ben-Gvir au parlement israélien : « Les otages sont torturés et vous permettez que cela continue. »

Réponse de Ben-Gvir : « Au final, dans le cadre d’un accord pour les ramener, nous libérerons un millier de Sinwars. Désolé, je ne suis pas prêt pour ça. »

 La vérité est dite toute crue. Israël n’a jamais voulu conclure un accord sur les prisonniers israéliens. Les médias israéliens révèlent même que Netanyahou a saboté deux accords qui avaient été accepté par le Hamas.

De nouveaux détails révélés par les médias israéliens et mis en évidence par le groupe de campagne populaire palestinien Everyday Palestine ont confirmé ce qui était déjà clair : le Premier ministre israélien et criminel de guerre recherché Benjamin Netanyahu a saboté au moins deux accords de paix qui avaient été acceptés par le Hamas et qui auraient conduit à la libération de captifs israéliens détenus à Gaza après l’attaque du 7 octobre de l’année dernière.

Le média israélien Channel 12 a rapporté la décision unilatérale de Netanyahou de « réduire le mandat » de l’équipe israélienne négociant un accord, et de faire échouer un accord à une autre occasion.

La description du journal israélien Haaretz est plus directe : Netanyahou a réagi à l’acceptation des accords par le Hamas en « recourant au sabotage » pour les faire échouer . « Netanyahou espérait que Hamas rejetterait l’offre de cessez-le-feu. Quand cela ne s’est pas produit, il a choisi vers le sabotage  » écrit Haaretz.

Selon le Times of Israel, le Hamas avait proposé deux ou trois jours seulement après le raid de libérer tous les captifs civils tant que l’armée israélienne restait hors de Gaza, mais Netanyahou et son cabinet ont refusé l’offre, déterminés à poursuivre leur « légitime défense » génocidaire .

Le président américain Joe Biden et ses responsables avaient prétendu essayer de négocier un accord pour la libération des captifs, mais en fin de compte, le porte-parole Matthew Miller a lâché le morceau : les États-Unis « n’ont jamais voulu voir une résolution diplomatique avec Hamas. » Biden a décrit une proposition de paix comme « l’accord d’Israël », mais lorsque le Hamas et d’autres groupes l’ont acceptée, Netanyahou a immédiatement rejeté « son » accord.

Le sabotage flagrant de Netanyahou de toute perspective de paix et de libération des captifs israéliens était si évident que Biden a été attaqué par un sénateur de son propre parti pour ne pas avoir dénoncé le sabotage de Netanyahou.

On a les amis qu’on mérite, n’est-ce pas Monsieur Macron ?

CAPJPO-Europalestine

vendredi 29 novembre 2024

Cessez-le-feu au Liban : la fin de la guerre, vraiment ?

Nathan Deas

Le cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël pourrait bien n’être qu’une trêve temporaire.

Près de 400 jours après l’ouverture par le Hezbollah du front du Liban-Sud en « soutien » à Gaza, et plus deux mois après l’escalade majeure opérée par Israël, les deux belligérants ont signé un accord de cessez-le-feu, entré en vigueur mercredi 27 novembre à 4 heures, heure locale (3 heures, heure de Paris).

L’accord, négocié par l’envoyé spécial étasunien au Liban, Amos Hochstein, a vu le jour après plusieurs semaines de tractations, dans lesquelles les Etats-Unis et la France ont joué un rôle important. Le président américain encore en exercice, Joe Biden, et le président français, Emmanuel Macron ont ainsi salué conjointement mardi soir l’annonce de la mise en œuvre du cessez-le feu, après l’approbation du texte par le cabinet de sécurité israélien.

L’accord « créera les conditions nécessaires au rétablissement durable du calme et permettra le retour en toute sécurité dans leurs foyers des habitants des deux côtés de la « ligne bleue » », la frontière entre les deux pays tracés par les Nations unies, ont-ils déclaré dans un communiqué commun. Un son de cloche repris par les dirigeants occidentaux et la « communauté internationale » qui ont appuyé l’accord et de nouveau apporté leur soutien à l’Etat d’Israël, qui continue de commettre un génocide à Gaza.

Comme un symbole, mercredi matin, la diplomatie française s’est empressée d’annoncer, après qu’Israël ait affiché pendant plusieurs jours sa volonté d’écarter Paris du comité de surveillance de la 1701, que Netanyahu bénéficierait d’une « immunité » sur le sol hexagonal en réaction au mandat d’arrêt émis par la cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du chef d’Etat israélien. Le « droit international » à géométrie variable, une fois de plus. Un rappel également qu’une solution durable ne pourra venir des négociations de ceux qui sont les principales causes de la situation actuelle au Moyen-Orient.

Quelles qu’aient pu être cependant les tractations sous-jacentes et par-delà les effervescences hypocrites des soutiens d’Israël, ce cessez-le-feu n’en reste pas moins une mesure bienvenue. Et une amélioration de la situation désespérée de millions de Libanais que Tsahal a mis sur les routes de l’exil. Les images, ce mercredi, de familles rentrant chez elles ont réchauffé le cœur de tous ceux qui scrutent avec une infinie tristesse les développements terrifiants qui sont le quotidien du Moyen-Orient depuis plus d’un an.

Mais ces scènes ne sauraient faire oublier que dans le même temps, les massacres se poursuivent à Gaza où l’application du plan « famine et extermination de Tsahal » menace plus que jamais d’une recolonisation, à minima, du nord de la Bande. Et que la situation au Liban, elle, reste extrêmement précaire.

Alors que Tsahal a réalisé une campagne de campagne de bombardements extrêmement brutale sur Beyrouth dans les heures qui ont précédé la signature du cessez-le-feu, Netanyahu a insisté sur le fait qu’Israël conserverait une marge de manœuvre complète et qu’il n’entendait pas mettre fin à la guerre au Liban [1]. Le point 4 de l’accord souligne dans cette perspective que le droit à la « légitime défense » ne saurait être remis en question et introduit une brèche qui pourrait légitimer les opérations israéliennes sur le territoire libanais.

L’accord de cessez-le-feu comprend également une période de transition de 60 jours durant lesquels Israël devrait retirer ses forces du sud du Liban, à condition que le Hezbollah déplace son armement lourd, ses infrastructures et ses combattants au nord du fleuve Litani. L’armée libanaise, soutenue par la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), prendra le contrôle de la zone, sous contrôle aérien d’Israël et d’un comité de supervision composé des Etats-Unis, de la France, de l’ONU, et du Liban.

Toutefois s’il est très probable que, dans un premier temps, une procédure initiale de désescalade soit appliquée, d’éventuels affrontements sporadiques risquent de saper les perspectives d’un cessez-le-feu permanent. Ce scénario pourrait résonner avec celui de 2006, lorsque l’Etat d’Israël avait été contraint d’arrêter son agression au Liban en s’appuyant sur une résolution internationale qui n’offrait aucune garantie réelle pour sa mise en application.

Si l’accord signé ce mardi est en grande mesure fondé sur la résolution 1701 qui avait mis fin à la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah, la situation est cependant très différente aujourd’hui. La première différence, et la plus importante, est que les forces armées sionistes ont infligé au « parti de Dieu » des dégâts beaucoup plus importants qu’ils n’avaient été en mesure de le faire en 2006. Bien que le Hezbollah soit toujours en mesure de cibler Israël par ses missiles, le conflit a été à sens unique, les pertes d’Israël étant très largement inférieures à celles du Hezbollah. L’organisation est beaucoup plus faible qu’elle ne l’était il y a un an, nombre de ses dirigeants sont morts et son prestige a été terni.

La seconde différence est que les Israéliens ont appris les « leçons de 2006 et de 1701 », à l’instar de ce qu’a récemment déclaré l’ambassadeur de l’Etat hébreu aux Nations Unies, et seront probablement soucieux de vérifier que le retrait complet des forces du Hezbollah au nord du fleuve Litani sera cette fois effectif. Ils chercheront également à empêcher l’Iran à réarmer le parti à travers le territoire syrien. Israël a exigé des garanties officielles des Etats-Unis au sujet de ces deux questions, tout en préservant sa liberté de frapper tout mouvement qui contredirait l’accord. Une stratégie multiforme, impliquant notamment un contrôle direct ou indirect (par voie de frappes aériennes israéliennes) de la frontière orientale du Liban pour empêcher toute reconstitution de l’arsenal de la milice est envisageable.

Dans le prolongement naturel de 1701, et de la mise sous tutelle internationale du sud du Litani, l’objectif évident est de parvenir à mettre en œuvre la résolution 1559 de l’ONU -qui prévoit le désarmement du Hezbollah. Que les choses aillent dans cette direction ou que l’affrontement des buts poursuivis conduise à un nouveau cycle de guerre par procuration, cette fois entre l’Iran d’un côté et les Etats-Unis de l’autre, la question reste ouverte.

L’ampleur de la déroute militaire de la milice chiite est encore à déterminer. Et la grande incertitude consiste à déterminer quelle sera la réponse de l’Iran. Difficile de ne pas constater comment Téhéran, après avoir insisté sur le rejet par le Hezbollah d’un cessez-le-feu au Liban avant un cessez-le-feu à Gaza, a changé de position. Certains analystes ont attribué cette évolution à la crainte d’une participation de Washington à une prochaine attaque israélienne, et contre les capacités nucléaires de l’Iran, dans les coordonnées du retour de Trump à la Maison Blanche.

Si cette dernière estimation est correcte et que Téhéran cherche à conclure un « accord » avec Trump, le prix à payer sera le désarmement et l’engagement de ses "proxies" régionaux, principalement le Hezbollah, dans la construction d’un Etat national plutôt qu’un Etat parallèle, mais aussi un renoncement sur le programme nucléaire iranien. Cette perspective est d’autant moins certaine que les services de renseignement étasuniens ont rapporté en juillet que « l’Iran continuait d’augmenter la taille de son stock d’uranium, sa capacité d’enrichissement, la fabrication et l’exploitation des centrifugeuses avancées ».

En toile de fond, les contradictions israéliennes se maintiennent. Le succès des négociations ces derniers jours est dû en grande partie à la lassitude et aux difficultés suscités par l’effort de guerre. Plusieurs rapports, ces dernières semaines ont indiqué que les réservistes israéliens ne répondaient plus pleinement aux appels à la mobilisation, compliquant la capacité de Tsahal à mener des opérations terrestres.

Après les mandats d’arrêts internationaux émis par la CPI contre Yoav Gallant et Benjamin Netanyahou, la signature d’un cessez-le-feu a tout d’un gage donné aux puissances impérialistes, comme le revirement de la France en témoigne. En outre, Netanyahou s’est montré très clair sur les objectifs qui justifiaient la cessation temporaire des hostilités. Dans son discours, hier soir, le Premier ministre a avancé trois motifs : « Il y a plusieurs raisons pour ce cessez-le-feu. Nous voudrions nous concentrer sur la menace iranienne, nous voulons donner du temps à notre armée pour se reposer et pour mobiliser plus de soldats. Il est vrai qu’il y a certains délais dans la livraison des équipements et il nous faut attendre. Enfin, pour isoler le Hamas : il était nécessaire de mettre le Hezbollah hors du cadre ».

Alors que le Hezbollah conserve cependant la capacité à frapper lourdement le territoire israélien, Israël se retrouve forcé d’abandonner ses objectifs maximalistes. Une situation qui pourrait participer à renforcer en interne le durcissement autoritaire de la société israélienne. Du côté de « l’opposition », Gantz et Lapid se sont d’ores et déjà opposés au cessez-le-feu. L’extrême droite de Ben Gvir, le ministre de la Sécurité nationale de Netanyahu, a de son côté qualifié l’accord de « piège historique ».

Une conjonction qui depuis des mois a participé de façon cruciale aux tendances à la régionalisation de la guerre. La seule certitude dans ce contexte est que le cessez-le-feu avec le Hezbollah n’a rien résolu de ces contradictions ni offert de réponse durable à l’aporie stratégique israélienne. Dans ce contexte, le cessez-le-feu pourrait très bien n’être qu’une nouvelle trêve temporaire dans une confrontation multiforme qui a commencé il y a plus de quarante ans avec la fondation du Hezbollah, et même six ans plus tôt avec la naissance de la « République islamique ».

Et qui prend sa source plus tôt encore : à la naissance de l’Etat israélien et avec l’émergence de la question nationale palestinienne.

[1Dans un discours prononcé à la télévision israélienne, à 19 heures française, le premier ministre israélien a expliqué : « Ils disaient que nous ne pourrions pas retourner nous battre, lorsque que nous avons signé un cessez-le-feu avec le Hamas. Mais nous sommes retournés nous battre. Ils pensaient qu’à cause de la pression internationale, nous ne nous emparerions pas du corridor de Philadelphie et de Rafah. Nous avons réussi à le faire. Nous faisons ce que nous disons et notre détermination à obtenir la victoire est intacte ».

Révolution Permanente 

jeudi 28 novembre 2024

Israël a assassiné 10% des journalistes de Gaza

Agence Média Palestine

Depuis plus d’un an à Gaza, l’armée israélienne assassine des journalistes à Gaza et détruit leurs infrastructures. 

Aux frontières de l’enclave palestinienne, Israël interdit l’entrée aux journalistes internationaux qui demandent à couvrir l’actualité gazaouie, arrête massivement les journalistes palestiniens en Cisjordanie et dans les territoires de 48, et interdit des médias internationaux comme Al-Jazeera, qui couvre en continu les attaques israéliennes.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), qui cite des données du Syndicat des journalistes (PJS) palestiniens, près de 10 % des journalistes opérant à Gaza ont été tués depuis le début des hostilités. Contactée par l’Agence Média Palestine, la porte-parole du PJS Suruq As’ad confirme que le nombre de journalistes palestinien-nes tué-es à Gaza s’élève à 182, auxquels s’ajoutent 164 blessé-es. 136 journalistes ont été arrêté-es à Gaza et en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023, dont 58 sont toujours en détention. 88 établissements de presse palestiniens ont été détruits, dont 73 dans la bande de Gaza.

Dans son allocution au séminaire international des médias sur la paix au Moyen-Orient, qui s’est tenu le 1er novembre à Genève, le secrétaire général des Nations unies a fait remarquer que « le nombre de journalistes tués à Gaza a atteint un niveau sans précédent dans les conflits modernes ». Il a qualifié d’« inacceptable » l’interdiction faite aux journalistes internationaux d’entrer dans la bande de Gaza, soulignant que « les voix des journalistes doivent être protégées et la liberté de la presse défendue ».

Le 16 novembre, le journaliste Mohammed Saleh Al-Sharif a été assassiné par un drone israélien, qui lui a tiré dessus près de l’hôpital Kamal Adwan, dans le nord de la bande de Gaza, rapportent le syndicat des journalistes palestiniens (PJS).

Al-Sharif avait récemment été contraint d’évacuer sa maison dans le quartier de Tal Al-Zaatar, à l’est de Jabalia, en raison des bombardements israéliens en cours, et s’était réfugié chez un parent à Beit Lahia. Les médias locaux indiquent que le journaliste et son cousin rentraient chez eux pour évaluer les dégâts lorsqu’un drone israélien les a pris pour cible. Al-Sharif a saigné pendant deux heures avant de succomber à ses blessures, tandis que son cousin a été tué sur le coup.

Le 19 novembre, l’agence WAFA annonçait la mort violente dans un bombardement israélien d’une enfant et du journaliste Ahmed Abu Sharia, à proximité de la mosquée Al-Iman dans le sud de la ville de Gaza.

Le 23 novembre, le bureau des médias de Gaza a déclaré dans un communiqué de presse la mort du journaliste Wael Ibrahim Abu Quffa, professeur au département du journalisme et des médias de l’Université islamique, qui travaillait également comme journaliste pour la radio éducative du Coran, la Voix de l’Université islamique.

Crimes de guerre

Le comité de protection des journaliste (CPJ) affirmait au début du mois enquêter sur plus de 130 cas de journalistes tué·es par Israël à Gaza, dont la mort semble avoir été délibérée et directement liée à leur profession, ce qui constitue un crime de guerre. Le CPJ ajoute que ces enquêtes sont extrêmement difficiles à réaliser en raison des conditions du terrain.

Une enquête du Guardian révélait hier qu’Israël avait utilisé une munition américaine pour cibler et tuer trois journalistes et en blesser trois autres lors d’une attaque menée le 25 octobre dans le sud du Liban, que des experts juridiques ont qualifiée de crime de guerre potentiel.

Tous trois ont été tués dans leur sommeil lors de l’attaque, qui a également blessé trois autres journalistes de différents médias qui se trouvaient à proximité. L’enquête précise qu’il n’y a pas eu de combats dans la zone avant ou au moment de l’attaque.

« Tout indique qu’il s’agissait d’un ciblage délibéré de journalistes : un crime de guerre. Il était clairement indiqué qu’il s’agissait d’un lieu où séjournaient des journalistes », a déclaré Nadim Houry, avocat spécialisé dans les droits de l’homme et directeur exécutif de Arab Reform Initiative.

Janina Dill, codirectrice de l’Oxford Institute for Ethics, Law and Armed Conflict (Institut d’Oxford pour l’éthique, le droit et les conflits armés), a déclaré : « Il s’agit d’une tendance dangereuse déjà observée à Gaza : des journalistes sont associé·es à des opérations militaires en raison de leur affiliation supposée ou de leurs tendances politiques, puis semblent devenir la cible d’attaques. Cela n’est pas compatible avec le droit international. »

Cette enquête, qui n’aurait pas pu être réalisée à Gaza en raison des bombardements constants et de l’interdiction faite aux journalistes internationaux de pénétrer dans l’enclave, démontre la dangerosité, l’illégalité des pratiques d’Israël ainsi que la complicité des États-Unis.

Irene Khan, rapporteure spéciale des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, a déclaré : « Le récit du Guardian sur ce qui s’est passé au Sud-Liban correspond au schéma des meurtres et des attaques des forces israéliennes contre les journalistes à Gaza. Les assassinats ciblés, l’excuse selon laquelle les attaques étaient dirigées contre des groupes armés sans fournir aucune preuve à l’appui, l’absence d’enquêtes approfondies, tout cela semble faire partie d’une stratégie délibérée de l’armée israélienne pour réduire au silence les reportages critiques sur la guerre et faire obstacle à la documentation d’éventuels crimes de guerre internationaux ».

Agence Média Palestine 

mercredi 27 novembre 2024

L’ONU a failli à sa mission sur Gaza. Nous devons radicalement décoloniser et réformer cette organisation

Omar Barghouti

Par décolonisation, j’entends un processus de transformation qui intègre les points de vue des communautés marginalisées et les plus touchées.

Bien avant l’investiture du président américain élu Donald Trump en janvier 2025, l’ONU a vu son propre pouvoir, sa crédibilité et même sa pertinence s’atrophier. L’organisation internationale a été confrontée à de nombreux défis depuis sa création en 1945, dans le contexte du chapitre le plus horrible de notre histoire moderne. Pourtant, peu de chapitres de l’ONU ont été plus sombres que celui de son regard docile tandis qu’Israël diffuse en direct le génocide contre 2,3 millions de Palestiniens à Gaza en toute « impunité ».

Le fait que le génocide perpétré par Israël soit armé, financé et protégé de toute responsabilité par de puissants États occidentaux (avec les États-Unis en tête), a rendu cette impunité plus flagrante que jamais. L’hypocrisie occidentale qui consiste à infliger à la Russie un régime de sanctions des plus sévères après son invasion de l’Ukraine en 2022, tout en autorisant pleinement le génocide israélien, vieux de plusieurs décennies de colonialisme, d’apartheid et d’occupation militaire illégale, a également atteint des niveaux sans précédent, rendant dérisoire la prétention de l’Occident à se préoccuper des droits de l’Homme universels. Lors d’un récent débat à l’ONU sur Gaza, le ministre des affaires étrangères indonésien a appelé les États membres à ne pas « enterrer les principes de la Charte des Nations unies et du droit international sous les décombres du double standard, du déficit de confiance et du jeu à somme nulle ».

Le sociologue congolais-américain Pierre van den Berghe a inventé le terme de « démocratie herrenvolk », qui est « démocratique pour la race dominante mais tyrannique pour les groupes subordonnés ». Le principe dystopique que « la force fait le droit » planant sur les ruines et au sein des interminables cadavres palestiniens à Gaza, ainsi que la montée du fascisme aux États-Unis, en Europe et ailleurs, représentent une menace crédible d’un dérapage du monde vers une ère de législation internationale herrenvolk, exercée exclusivement par les puissants oppresseurs contre les dispensables et les opprimés qui osent résister à la soumission et cherchent à s’émanciper. Cette année, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a donné un premier aperçu d’une telle situation en déclarant : « Si vous n’êtes pas à la table du système international, vous serez sur le menu ».

Dans ce contexte, la délivrance de mandats d’arrêt par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre de Benjamin Netanyahou et de l’ancien ministre du cabinet de guerre Yoav Gallant, le 21 novembre, n’aurait pas pu arriver à un moment plus opportun. Bien qu’elle fasse suite à des dizaines de milliers de cadavres palestiniens, la décision de la CPI donne une lueur d’espoir que les Palestiniens puissent encore obtenir un semblant de justice de La Haye après des années de tergiversations et d’apathie mortelle. De plus, cette décision de la CPI, qui résiste à des années de menaces et d’intimidations de la part d’Israël et des États-Unis, pourrait également contribuer à restaurer, au moins partiellement, la discipline du droit international, alors que de nombreuses parties, en particulier dans le sud mondial, ont quasiment abandonné toute confiance en elle.

Mais il serait irréaliste, voire complètement illusoire, de considérer la décision tardive de la CPI comme le triomphe ultime de la justice sur la force brute. Cela nous transformerait également en témoins d’un spectacle d’inévitabilité déterministe dans lequel notre volonté ne joue aucun rôle. Parmi les nombreuses choses à régler dans ce monde pour mettre fin au génocide à Gaza et empêcher toute puissance de refaire « un Gaza » sur quelconque communauté vulnérable, la décolonisation de l’ONU est peut-être la priorité absolue. L’arrivée imminente d’un destructeur en chef à la Maison Blanche rend cette tâche des plus urgentes.

Par décolonisation de l’ONU, j’entends un processus de transformation qui intègre les perspectives des communautés et des nations marginalisées et les plus touchées, en particulier celles qui souffrent encore du poids de l’héritage colonial, qui se manifeste sous forme de dettes, de développement inégal et de pillage pur et simple des ressources naturelles. Ce processus radical mais progressif vise à réclamer l’ONU en tant qu’héritage de l’humanité au sens large et en tant que seule organisation capable d’incarner les principes de justice, de paix, de dignité humaine et de salut collectif.

Ce processus multi-facettes et exceptionnellement exigeant impliquerait d’aborder les questions d’une représentation véritablement démocratique et inclusive, de l’élimination du pouvoir de veto et de la réorganisation de la structure grossièrement démesurée de l’ONU, pour la rendre plus légère, plus agile, plus efficace et, par conséquent, moins corrompue et moins dépendante des largesses conditionnées de Washington et d’autres capitales occidentales. Après tout, les salaires et les avantages ridiculement élevés que touchent les hauts fonctionnaires de l’ONU, qui sont pour la plupart occidentaux, peuvent contribuer à réduire la pauvreté dans des petites nations.

Le transfert du siège de l’ONU du territoire qui sera bientôt gouverné par Trump vers un territoire plus démocratique et moins autoritaire comme l’Afrique du Sud pourrait être essentiel dans ce processus. Certes, l’Afrique du Sud n’est pas une utopie, mais elle symbolise la victoire de l’humanité et de la démocratie sur une ère impitoyable de colonialisme occidental et d’apartheid, malgré le long chemin qui reste à parcourir pour mettre fin à l’injustice économique et sociale.

En prévision de l’inévitable colère de l’empereur à Washington et de la réduction sévère attendue des contributions américaines à l’ONU, et dans un esprit de décolonisation et de démocratisation, je propose une taxe annuelle progressive de l’ONU qui serait prélevée sur chaque adulte dans le monde, calculée en fonction du PIB par habitant de chaque pays et payée par les États membres au nom de leurs citoyens.

Un citoyen de Singapour ou du Qatar, par exemple, devrait payer beaucoup plus qu’un citoyen du Sud-Soudan ou de l’Afghanistan, mais tout le monde contribue au gouvernement mondial. Cette contribution s’accompagne d’un droit à la parole sur la gouvernance et l’efficacité des Nations unies, afin de préserver leur indépendance et leur pertinence face aux défis les plus persistants de l’humanité, et de refléter véritablement l’aspiration de la majorité de l’humanité pour un monde plus propre, plus sûr, plus durable, moins militarisé, plus juste et plus en paix. Les multinationales seraient régies par des règles strictes qui privilégieraient les peuples et la planète avant la cupidité et les profits sanglants.

Tout cela peut sembler assez idéaliste, voire impossible, vu la dynamique de pouvoir qui règne au sein des Nations unies et dans le monde en général. Mais de nombreux changements dans l’histoire ont commencé par des idées originales, non orthodoxes, qui peuvent sembler impossibles jusqu’à ce qu’elles deviennent possibles. Nous, avec notre autonomie, pouvons les rendre possibles. Avant que la vague montante de fascisme et de folie impériale ne transforme l’ONU en un véritable organisme comateux, avant que davantage de nations ne se retrouvent sur le « menu », nous devons tous imaginer une réalité différente et nous efforcer avec tout notre pouvoir d’y parvenir. 

Nous n’avons qu’un seul monde.

Agence Média Palestine 

lundi 25 novembre 2024

Le sionisme est-il devenu le nouveau symbole du mal absolu ?

Abdel Bari Atwan

La Cour pénale internationale a de fait, placé Netanyahu au même rang qu’Hitler. Elle envoie un message fort à l’Amérique et aux Arabes qui cherchent à normaliser leurs relations avec l’État génocidaire.

La Cour pénale internationale a délivré aujourd’hui des mandats d’arrêt à l’encontre de Benjamin Netanyahu, le Premier ministre de l’État occupant, et de son ministre de la guerre, Yoav Galant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans le cadre du génocide de la bande de Gaza.

Le juge Karim Khan, président du tribunal, n’a pas succombé aux menaces et pressions américaines et sionistes, ni au harcélèment juridique et moral.

Netanyahu est le seul homme politique et premier ministre inculpé pour des atrocités comparables à celles commises par Hitler, et le gouvernement israélien est désormais au même niveau, voire pire, que l’Allemagne nazie.

Ce sont ses alliés et partisans occidentaux qui ont fondé ce tribunal pour les représenter, eux et leur dite « civilisation ».

La décision de la Cour est sans ambiguïté et se fonde sur le droit international, et non sur la politique.

Le mémorandum indique que le plus grand crime de Netanyahu, a été d’utiliser la famine comme une arme et de commettre des crimes contre l’humanité tels que des meurtres, des persécutions et des attaques délibérées contre des civils.

Il a également empêché l’aide humanitaire et les médicaments d’atteindre les populations assiégées et affamées, et détruit les hôpitaux, où les médecins ont dû opérer des enfants blessés sans anesthésie.

Ces deux mémorandums marquent le début de l’effondrement de l’hégémonie, de l’arrogance et du chantage sioniste dans le monde, de ses représentations institutionnelles internationales, et la révélation du visage hideux, criminel et sanguinaire du sionisme, qui ne demande qu’à verser le sang et à s’emparer des terres d’autrui avec le soutien et la protection de ceux qui prétendent défendre les droits de l’homme, la dignité et l’humanité.

La condamnation par la Cour pénale internationale du génocide de la bande de Gaza impacte également les États-Unis et d’autres nations européennes qui ont fourni à Israël des instruments de meurtre et de génocide.

Ils ont couvert ce génocide en invoquant la légitime défense dans le cadre d’un plan répugnant visant à massacrer plus de 50 000 personnes, principalement des enfants et des femmes, avec plus de 10 000 disparus dont la plupart sont toujours sous les décombres, et à ravager 95 % de la bande de Gaza.

La décision audacieuse et courageuse de la Cour apportera un réconfort à Gaza, à la Cisjordanie, au Liban et aux martyrs du Yémen, en guise de vengeance pour des criminels de guerre qui se considéraient au-delà de toutes les lois terrestres, internationales et divines.

Si les résistants ou ceux qu’il a trompés, déplacés de force ou dont il a tué les enfants ne liquident pas Benjamin Netanyahu dans les semaines et les mois qui suivent, il survivra mais risquera à vie d’être arrêté ou emprisonné par la Cour pénale internationale, à l’instar du criminel serbe Ratko Mladić.

Rappelons qu’il séjourne dans un abri gardé à 70 mètres de profondeur et qu’il n’est pas retourné à Césarée depuis qu’un missile du Hezbollah a frappé sa chambre à coucher.

Tous les dirigeants arabes et leurs partisans qui ont normalisé leurs relations avec le criminel de guerre Netanyahu, ou ceux qui font la queue pour la normalisation et se réjouissent de lui serrer la main et de l’embrasser chaleureusement, seront choqués, démasqués, durement instruits par ce qui est l’équivalent d’une claque.

Comment sera-t-il encore possible de s’afficher avec un criminel de guerre, un auteur d’atrocités et un tueur d’enfants ?

L’État occupant prétendument « civilisé » et ses opposants à l’intérieur qui qualifient le jugement du tribunal d’« antisémite » et de « tache sur son histoire » sont pathétiques. Le génocide, le nettoyage ethnique et la famine des enfants sont une véritable honte… Être enfin qualifié de nazi et de génocidaire pour ces actes n’est que justice.

En conclusion, nous rendons hommage au juge Khan et à ses collègues de la Cour pénale internationale pour avoir défendu la justice, l’humanité et les martyrs innocents, comme nous rendons hommage à ceux qui restent en vie parmi leurs familles dans cette région ravagée, que le reste de l’humanité et la plupart de leurs coreligionnaires ont abandonnés, refusant d’écouter leurs appels à l’aide comme s’ils venaient d’une autre planète.

Le juge Khan est resté ferme comme un vrai chevalier, protégeant les déshérités qui risquent la famine ou les missiles des criminels aujourd’hui poursuivis. Les tentatives de le salir et de le faire chanter avec de fausses accusations de harcèlement et de viol, n’ont pas manqué, et à ce jour, il nous rend fiers de l’humanité, et pas seulement de l’islam.

Je l’admire en tant que réfugié arabe palestinien, qui considère toutes les victimes, les martyrs, les mutilés et tous ceux qui sont impactés en Palestine, au Liban et au Yémen, comme sa famille et ses proches et qui, comme eux, tient sa place dans les tranchées de la justice et de l’humanité.

Khan partage et subit comme nous ces années de plomb et d’obscurantisme. 

Raï al-Yaoum

Traduction : Chronique de Palestine

Chronique de Palestine