Par Cristina Castello
(Cet article est publié en version française et en version originale espagnole inédit en France)
« Qu'est-ce que l'ont fait à la terre ?
Qu'est-ce que l'ont fait à notre belle sœur ?
Dévastée, pillée, violée et frappée
Perforée avec des couteaux dès l’aube »
The Doors
Fin du monde, apocalypse, épilogue d'une Ère… expressions pour nommer la peur qui traverse le cœur du monde. Soif du pétrole, guerres, faim, ouragans, raz de marée, discrimination, déforestation, réchauffement de la planète. Étendu serait l'inventaire des ignominies perpétrées par l'Homme contre la Terre, et contre l'homme. La planète s’ébranle, nous secoue et nous frappe, et chacun essaye de s’abriter à sa manière : par la foi, la négation de la réalité, l'humeur ou… le ridicule ; certains assistent à des cours pour « rendre des miracles » [sic], d'autres mangent dans un cercueil, et quelques-uns essayent de voler comme les oiseaux.
« Quand la musique finira », a alerté Jim Morrison (« The Doors ») en 1967, comme une métaphore de la fin du monde. A-t-il été prophétique ? Disparaîtra-t-il ? Chaque fois, elles sont plus nombreuses les voix de notables —entre eux, la majorité des républicains américains—, qui annoncent la chute de la longue étape conduite par la superpuissance du Nord. Les yeux de l'Humanité, de même ceux qui ont été sourds, aveugles et muets, ont commencé à s’ouvrir. Oui. Nous vivons le principe de la fin du capitalisme, la chute de l'Empire Américain.
Certes, ce Régime hégémonique et unipolaire qui a adoré le « Dieu Marché » au détriment des citadins, ne s'épuisera pas d'un jour à l'autre. Le futur de la Russie n'est pas défini ; La Chine ne pense qu’à nourrir ses presque 1.400 millions d'âmes, et l'Union Européenne est désorientée, et elle choisit toujours de privilégier les nantis.
La majorité de ses pays liquident les droits sociaux, construisent des États policiers et aboutissent à la chasse d'immigrants, comme un cyclone qui assassine des fleurs vierges.
La pauvreté est au cœur même de la vie. Cependant, on en parle comme s’il ne s’agissait que d’un détail, ainsi on supprime son aspect dramatique. On en a déjà parlé et ... on passe à autre chose. Beaucoup de riches très riches vivent isolés entre gardiens et grilles ; et ceux qui n’ont rien, ou presque, sont enfermés dans le dictionnaire. Là où ils sont définis ainsi : « Pauvre : malheureux, miséreux, triste », sans ajouter que la pauvreté, c'est une forme de violence. Et de terrorisme. La musique est ton ami particulier / Danse sur le feu comme elle te le demande / la musique est ton seul ami / Jusqu'à la fin /, résonne la voix de Jim Morrison, au milieu de l'abandon général.
(Œuvre de Guilllermo Roux*)
Le silence. Le silence qui déchire l'âme du monde —la peur— se brise dans des déraisons, parfois amusées. Dans la Villa Borghese (Rome), vingt personnes ont mangé, il y a peu, à cinquante mètres de hauteur, sur la « coupe » des arbres, soutenus par une grue : elles voulaient jouir du paysage. Et, peu de jours après, le maire de la ville a dit à la presse que le fascisme n'incarnait pas le « malheur absolu ». Mamma mia !
Depuis que « septembre noir » a commencé, la crise financière de Wall Street, et qu’elle s'est étendue au monde, il reste évident que les riches ne paient pas le prix, seulement les personnes du commun. Récession, hausse de prix, salaires qui s’effondrent, grèves, manifestations sociales et augmentation de la pauvreté, c'est la monnaie quotidienne. Et voilà que le cauchemar continuera. Comme contrepartie, les grandes fortunes, loin de se volatiliser, passent d’une main à d'autres ; de celles de Merrill Lynch à celles de la Banque d’Amérique, pour citer l'un des cas.
Est-ce la fin ? Le « septembre noir » —plus qu'une cause que nous subissons aujourd'hui— a été un déclencheur. Et c'est une conséquence. Cette chute a commencé en 1981 avec Ronald Reagan et le fondamentalisme du marché : la « Reaganomics », a été reconnue comme son invention. Celle de la ploutocratie la plus impitoyable, et aussi celui-là du rejet de la responsabilité de l'État envers ses citadins. Pendant presque trente ans, les « maîtres de l'univers » —appelés ainsi par l'écrivain Tom Wolfe dans Le bûcher des vanités— dirigent le destin de la planète. Les maîtres sont des minorités. Écœurés de richesses matérielles incalculables, ils décident du destin de la majorité : de tous ces humbles de plus en plus exclus de toute espérance. La détresse croît et s'étend sur les générations, comme une toile d'araignée.
Par ailleurs, le centre-gauche pas plus que la gauche n’ont pu, encore, articuler des propositions sérieuses ; ils sont encore sous le choc des crises successives —sauf dans quelques pays d’Amérique latine— et ils n'ont pas de réponse devant le désastre.
Combien de temps durera cette chute ? Selon la plupart des analystes les plus conservateurs, entre dix et quinze ans, bien que, plus probablement, vingt. Tout dépend du résultat de la lutte entre la minorité des nantis et la minorité de résistants qui luttent pour le bien de la majorité des « sans voix ». Et ici ne conviennent ni le pessimisme ni l’optimisme mais la conscience d’un monde éveillé pour assumer la responsabilité de tous. Parce que tant de fois les peuples bénirent dans les urnes les mêmes choses qui les sacrifiaient dans la vie ; et parce que le paysage des moutons est aussi beau dans ses troupeaux, que dégradant pour l'Homme qui vit de bêlements.
(Œuvre de Guilllermo Roux*)
Les papillons affolés titillent face à l'imminence de l’inconnu, tandis que l'homme paraît une feuille sous la tempête, sans savoir même comment réagir. « Je vais danser l'Apocalypse », a dit, face aux multitudes, le bailaoir sévillan, Israël Galván ; sa danse a traduit dans des images cette sensation de fin. Avec des sons réels de bombardements et de missiles. Une annonce ? Francis Coppola avait fait déjà son « Apocalypse Now », mais le monde a continué à marcher. A-t-il bien avancé ?
La chute enchantée
C'était l'écrivain finlandais Arto Paasilinna qui a trouvé une sortie harmonieuse ce revers. Il a écrit en 1991 Le Cantique de l'Apocalypse joyeuse, traduit de nos jours uniquement en français1. C'est une fable joyeuse qui éclaire l'espérance, et nous conduit jusqu'à en 2023. Comme une fantaisie qui encourage l'imagination, il rachète l'utopie et nous invite à un monde fantastique, sans nier l’épouvante. Curieusement, le nom de famille de l'auteur —traduit en notre langue— signifie « force de pierre » ; et c'est justement ce qu'Arto nous offre dans son Cantique : un essaim de lumières sur notre avenir hasardeux. Mais oui, cela nous demande le devoir de résister durant cette fin provisoire du monde qu'il prévoit en 2023 ... avec plus de victimes, fruit des râles du capitalisme. Certes, Paasilinna raconte la chute du Mur de Berlin (1989) et —bien que joyeux et ironique— il prophétise ce que nous vivons et devrons vivre. Avec le Mur, l'une des icônes les plus connues fut la « Guerre Froide », s'effondrait aussi le système économique, politique et social représenté par l'Union soviétique. Aujourd'hui, selon les spécialistes les plus brillants du monde, entre autres, Joseph Stiglitz —prix Nobel l'Économie 2001— la crise de Wall Street est au capitalisme ce que la chute du Mur fut au communisme. Comme tant d'autres voix, Stiglitz prédit la fin de l'enrichissement obscène des secteurs financiers et des multinationales, qui retiennent toujours le Pouvoir. Pour retourner la situation, il faudra attendre des années.
Oui, le nombre d'affamés dans le monde est de 925 millions : seulement en un an, 75 millions se sont ajoutés aux faméliques. Et bien que, d'un côté et d'un regard idéalisé, certains voient dans l'Amérique latine une espérance, non moins de 26 millions de ses gens grossiront —presque d'un jour à l'autre —les files des affamés. La musique est ton ami particulier / Danse sur le feu comme elle te le demande / la musique est ton seul ami / Jusqu'à la fin / « The Doors » nous défient.
L'œil de Dieu ?
À la frontière entre la France et la Suisse, les scientifiques cherchent la « Particule de Dieu ». Ils ont inventé un Grand collisionneur de hadrons (LHC), pour découvrir l'origine de l'Univers. Tout est mis en doute. « Tout ce qui est solide fond dans l'air », comme Marshall Bergman a écrit en 1988.
La peur, la peur qui lacère ; la sensation d'être des marionnettes sous la folie des puissants ; l'inconnu et le guetteur incitent aussi à l'humour ... noir. Des fossoyeurs ukrainiens de l'entreprise « Éternité » ont fait un restaurant dans un espace de vingt mètres de longueur. C’est un cercueil —le mais grande do mundo —, décoré avec des cercueils et dont les assiettes ont des noms relatifs à la mort : « Nous nous voyons dans le Paradis », ou « Riez de l'enfer », par exemple. Un autre cas : malade du vide et assoiffé de sang, un jeune homme argentin a tué son papa, l'a cuisiné et ... l'a mangé. En contrepartie, le Suisse Yves Rossi, pourvu d'ailes équipées de réacteurs sur son dos et son corps comme fuselage, a volé sur les 35 kilomètres du Canal de la Manche en dix minutes. Par grâce, il y a aussi des oiseaux.
Crise énergétique, changement climatique, réchauffement global, déforestation, discrimination d’immigrants qui cherchent un lieu sous le soleil et trouvent la mort de la main de leur frère, l'homme ; occupations de pays et massacres de la part de l'Empire ; crise financière ; militarisation de l'Amérique indigène ; menace de manque d'eau, tandis que les irresponsables la gaspillent ; la médecine inaccessible pour la majorité, le manque de demeures et d'éducation, les morts par panique …
(Œuvre de Guilllermo Roux*)
L'homme a épouvanté la Nature et aujourd'hui nous sommes exposés à sa juste furie. Mais maintenant, quand ce qui se joue n’est rien moins que la destinée de tous, le pire n’est plus que la perte du sens de la vie, des valeurs humaines. Pris par les urgences et par la banalité dont le Système fait preuve pour distraire l’attention des dépourvus ou indifférents, nous ne voyons pas le kaléidoscope qui —comme un miracle — nous convoque avec mille images à donner vie à la vie.
Aujourd'hui nous connaissons la réalité. Qu'est-ce qui vient après ? Il y a seulement des présomptions. Les prophéties mayas deviendront-elles certaines ? Selon celles-ci, après avoir subi beaucoup de malheurs, le 22 décembre 2012 commencera une nouvelle Ère. Changeons-nous de paradigmes... ou choisissons-nous les ombres ?
D’après Une brève histoire de l'avenir, livre du français Jacques Attali, il y a trois alternatives. La première —que tous, et toujours, les faits, écartent— est la continuation de l'Empire des USA ce qui signifierait la fin du monde. L'autre, également grave, est le super-conflit qui suivra sa chute, dans le cas où la mondialisation capitaliste continuerait ; le chaos suivrait in crescendo, alors que l'anomalie internationale permettrait que les nouveaux groupes de déprédateurs —avec l'accès aux armes de destruction massive— croiseraient l'espace et les mers. Si cette hypothèse s'accomplit, l'espèce humaine s'éteindra.
Une autre possibilité : la super - démocratie. Si l'humanité ne veut pas s’autodétruire, le chemin serait un contrat social planétaire, avec instances de gouvernabilité et des actions collectives à l'avantage de la nature. Ainsi, l'existence pourrait être inaugurée, comme un profil humain pour transiter le temps. Déjà George W Bush, c'est certain, qualifié comme « le pire entre tous les présidents des USA ». Mais, avec le président flambant neuf, quoi ? Les oiseaux nous regarderont-ils depuis leur chemin aérien et décideront-ils d’être « libres comme les hommes » ?
Ou continuerons-nous à rêver d’être « libres comme le vent » tandis que nous vivons, prisonniers et entourés de murailles par la peur ?
*Cristina Castello est poète et journaliste. Buenos Aires /París
* Guillermo Roux est l'un des plus grands artistes argentins contemporains
* Cet article est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur
* * *
(version originale espagnole)
Cuando la música acabe
¿Fin del mundo, o renacimiento?
Por Cristina Castello*
¿Qué le han hecho a la tierra?
¿Qué le han hecho a nuestra bella hermana?
Devastada, saqueada, violada y golpeada
Perforada con cuchillos en su amanecer
The Doors
Fin del mundo, apocalipsis, epílogo de una Era... expresiones para nombrar el miedo que atraviesa el corazón del mundo. Sed de petróleo, guerras, hambre, huracanes, maremotos, discriminación, guerras, deforestación, calentamiento global. Extenso sería el inventario de las ignominias perpetradas por el Hombre contra la Tierra, y contra el hombre. El planeta se estremece, nos sacude y golpea, y cada uno trata de ampararse a su manera: por la fe, la negación de la realidad, el humor o... el ridículo; algunos asisten a cursos para «hacer milagros» [sic], otros comen dentro de un ataúd, y algunos intentan volar como los pájaros.
«Cuando la música acabe», alertó Jim Morrison («The Doors») en 1967, como una metáfora del fin del mundo. ¿Fue profético? ¿Desaparecerá? Cada vez son más las voces de notables —entre ellos, la mayoría de los republicanos estadounidenses—, que anuncian la caída de la larga etapa liderada por la superpotencia del Norte. Los ojos de la Humanidad, aun los que estuvieron sordos, ciegos y mudos, empezaron a abrirse. Sí. Vivimos el principio del final del capitalismo, la caída del Imperio Americano.
Por cierto que este Régimen hegemónico y unipolar que adoró al «Dios Mercado» en detrimento de los ciudadanos, no se agotará de un día para otro. El futuro de Rusia no está definido; China no piensa sino en alimentar a sus casi 1.400 millones de almas, y la Unión Europea está desorientada, y siempre elige beneficiar a los que más tienen.
La mayoría de sus países liquidan los derechos sociales, construyen Estados policíacos y salen a la caza de inmigrantes, como un vendaval que asesina flores vírgenes.
La pobreza está en el corazón de la vida. Sin embargo, se habla de ella como tema y se le quita dramaticidad como problema. Ya está, ya se habló y... a otra cosa. Muchos poderosos viven aislados entre guardianes y rejas; y los que menos, o nada, tienen, están encerrados en el diccionario. Allí donde define: «Pobre: infeliz, desdichado, triste», sin agregar que la pobreza, es una forma de violencia. Y de terrorismo. La música es tu amigo especial / Baila sobre el fuego como te lo pide / La música es tu único amigo / Hasta el final, tañe la voz de Jim Morrison, en medio del desamparo general.
El silencio. El silencio que rasga el alma del mundo —el miedo— se quiebra en dislates, a veces divertidos. En Villa Borghese (Roma), veinte personas comieron hace poco, a cincuenta metros de altura, sobre la copa de los árboles, sostenidos por una grúa: querían disfrutar del paisaje. Y a los pocos días, el alcalde de la ciudad dijo a la prensa que el fascismo no encarnaba el «mal absoluto». ¡Vaya tiramisú!
Desde que en el «septiembre negro» empezó la crisis financiera de Wall Street y se extendió por el mundo, quedó claro que el precio no lo pagan los ricos, sino las personas del común. Recesión, suba de precios, salarios caídos, huelgas, estallidos sociales y aumento de la pobreza, son moneda cotidiana. Y continuarán. Como contrapartida, las grandes fortunas, lejos de volatilizarse, pasan de unas a otras manos; de las de Merrill Lynch a las del Bank of América, por citar uno de los casos.
¿Es el fin? El «septiembre negro» —más que una causa de lo que vivimos hoy— fue un disparador. Y es una consecuencia. Esta caída empezó en 1981 con Ronald Reagan y el fundamentalismo del mercado: la «Reaganomics», como se conoció su invento. El de la más despiadada plutocracia, y también el de la desvinculación de la responsabilidad del Estado para con sus ciudadanos. Durante casi treinta años, los «amos del universo» —llamados así por el escritor Tom Wolfe en La hoguera de las vanidades— dirigen los destinos del planeta. Los amos, son los menos. Empalagados de riquezas materiales incalculables, deciden los destinos de los más: de los sufrientes y cada vez más excluidos de toda esperanza. El desamparo crece y se extiende sobre las generaciones, como una telaraña.
Por otra parte, ni el centroizquierda ni la izquierda pudieron todavía articular una propuesta seria; están todavía bajo el shock de las sucesivas crisis —salvo en algunos pocos países de América Latina—, y no tienen respuestas ante al desastre.
¿Cuánto durará esta caída? Según la mayoría de los analistas más conservadores, entre diez y quince años, aunque más probablemente veinte. Todo depende del resultado de la puja entre los menos que quieren destruir en pro de esa oligarquía financiera; y los menos que abogan por el bien de los más: la mayoría doliente. Y aquí no caben ni pesimismo ni optimismo sino la conciencia despierta del mundo, para recordar que la responsabilidad es de todos. Porque tantas veces esos «todos» bendijeron en las urnas lo mismo que los sacrificaba en la vida; y porque es tan bello el paisaje de las ovejas en sus rebaños, como degradante que el Hombre viva para dar balidos.
Titilan las mariposas, despavoridas, ante la inminencia de lo desconocido, mientras el hombre parece una hoja en la tormenta, sin saber siquiera cómo reaccionar. «Voy a bailar el Apocalipsis», dijo frente a multitudes el bailaor sevillano Israel Galván, y su danza tradujo en imágenes esa sensación de final. Con sonidos reales de bombardeos y misiles. ¿Un anuncio? Ya Francis Coppola había hecho su «Apocalypse Now», pero el mundo siguió andando. Bueno, ¿anduvo?
La caída encantada
Fue el escritor finlandés Arto Paasilinna quien encontró una salida armoniosa a este intríngulis universal. Escribió en 1991 El Cántico del apocalipsis alegre, traducido por ahora sólo en francés1. Es una fábula gozosa que alumbra la esperanza, y nos conduce hasta 2023. Como una fantasía que alienta la imaginación, rescata la utopía y nos invita a un mundo fantástico, sin negar el pavor.
Curiosamente, el apellido del autor —traducido a nuestra lengua—, significa «fortaleza de piedra»; y es justamente lo que Arto nos ofrece en su Cántico: un enjambre de luces sobre nuestro futuro azaroso. Pero –eso sí— nos pide el deber de resistir durante este final provisorio del mundo que él prevé en 2023... con más víctimas, fruto de los estertores del capitalismo. Por cierto que Paasilinna relata la caída del Muro de Berlín (1989) y —aunque jubiloso e irónico— profetiza lo que vivimos y viviremos.
Con el Muro, uno de cuyos iconos más conocidos fue la «Guerra Fría», se desplomaba el sistema económico, político y social representado por la Unión Soviética, Hoy, según los especialistas más lúcidos del mundo, entre ellos Joseph Stiglitz —Premio Nobel de la Economía 2001—, la crisis de Wall Street fue al capitalismo lo que la caída del Muro al comunismo. Stiglitz, como tantas otras voces, vaticina el fin del enriquecimiento obsceno de los sectores financieros y de las multinacionales, que aún retienen el Poder. Para revertir la situación, habrá que esperar años.
Sí, el número de hambrientos en el mundo es de 925 millones: sólo en un año, 75 millones se sumaron a los famélicos. Y aunque, por un lado y con una mirada idealizada, algunos ven en América latina una esperanza, no menos de 26 millones de sus gentes engrosarán —casi de un día para el otro— las filas de los hambrientos. La música es tu amigo especial/Baila sobre el fuego como te lo pide/La música es tu único amigo/Hasta el final, nos desafían «The Doors».
¿El ojo de Dios?
En la frontera entre Francia y Suiza, los científicos buscan la «partícula de Dios». Inventaron un Gran Colisionador de Hadrones (LHC), para descubrir el origen del Universo. Todo está puesto en duda. «Todo lo sólido se desvanece en el aire», como escribió en el ‘88 Marshall Bergman.
El miedo, el miedo que lacera; la sensación de ser títeres bajo la locura de los poderosos; lo desconocido y acechante incitan también al humor... negro. Enterradores ucranianos de la empresa «Eternidad» hicieron un restaurante en un espacio de veinte metros de largo. Es un ataúd —el mais grande do mundo—, decorado con féretros y cuyos platos tienen nombres relacionados con la muerte: «Nos vemos en el Paraíso», o «Ríase del infierno», por ejemplo. Otro caso: enfermo de vacío y sediento de sangre, un joven argentino mató a su papá, lo cocinó y... se lo comió. Como contrapartida, el suizo Yves Rossi, provisto de alas equipadas con reactores sobre sus espaldas y su cuerpo como fuselaje, voló sobre los 35 kilómetros del Canal de la Mancha en diez minutos. Por gracia, también hay pájaros.
Crisis energética, cambio climático, calentamiento global, deforestación, discriminación, inmigrantes que buscan un lugar bajo el sol y encuentran la muerte de la mano de su hermano, el hombre; ocupaciones de países y masacres por parte del Imperio; la crisis financiera; la militarización de la América indígena; la amenaza de carencia de agua, mientras los sin conciencia la despilfarran; la medicina inaccesible para la mayoría, la falta de viviendas y de educación, las muertes por pánico…
El hombre horrorizó a la Naturaleza y hoy estamos expuestos a su justa furia. Pero ahora, cuando lo que se juega es nada menos que el destino de todos, lo peor es la pérdida del sentido de la vida, de los valores humanos. Tomados por las urgencias y por la banalidad con que el Sistema distrae la atención de los desprevenidos o indiferentes, no vemos el caleidoscopio que —como un milagro— nos convoca con mil imágenes a dar vida a la vida.
Hoy conocemos la realidad. ¿Qué viene después? Sólo hay presunciones. ¿Se harán ciertas las profecías mayas? Según ellas, después de sufrir no pocas desventuras, el 22 de diciembre de 2012 comenzará una nueva Era. ¿Cambiamos de paradigmas... o elegimos las sombras?
Según Una breve historia del futuro, libro del francés Jacques Attali, hay tres alternativas. La primera —que todos, y aun los hechos, descartan— es la continuación del Imperio de los USA, lo que significaría el fin del mundo. Otra, igualmente grave, es el súper-conflicto que seguiría a su caída, en cuyo caso continuaría la mundialización capitalista; el caos seguiría in crescendo, mientras que la anomia internacional permitiría que nuevos grupos de depredadores —con acceso a armas de destrucción masiva— cruzaran el espacio y los mares. De cumplirse esta hipótesis, la especie humana se extinguirá.
Otra posibilidad: la súper-democracia. Si la humanidad no quiere autoaniquilarse, el camino sería un contrato social planetario, con instancias de gobernabilidad y acciones colectivas en pro de la naturaleza. Así, podría inaugurarse la existencia, con un perfil humano para transitar el tiempo.
Ya no está George W. Bush, es cierto, calificado como «el peor entre todos los presidentes de los USA». Pero, con el flamante presidente, ¿qué? ¿Los pájaros nos mirarán desde su camino aéreo y desearán ser «libres como los hombres»?
¿O seguiremos soñando ser «libres como el viento», mientras vivimos prisioneros y amurallados por el miedo?
1Le Cantique de l'Apocalypse joyeuse, traduit en français par Anne Colin du Terrail. Éditions Denoël &D’Ailleurs.
*Cristina Castello es poeta y periodista. Buenos Aires /París
http://www.cristinacastello.com/
http://les-risques-du-journalisme.over-blog.com/
* Este artículo es de libre de reproducción, a condición de respetar su integralidad y de mencionar a la autora.
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