dimanche 5 avril 2009

Une contre-lecture de la nouvelle

Ou une critique de la désinformation organisée

Par Yvon Verrier

Quand je ne fais pas de poésie, je fais de la politique, ou plutôt, de la critique politique. Voici donc un aperçu de mon genre littéraire préféré : La contre-lecture d'un journal populaire. Aujourd'hui, j'ai choisi le plus vendu des quotidiens québécois : Le Journal de Montréal. Remarquez, je n'ai pas dit le plus lu. On le distribue dans plusieurs maisons et commerces, on le trouve sur presque toutes les tables des cafés. Et alors, en attendant le café, et l'ami qui retarde un peu, on regarde la première page, souvent ça dit tout sur le reste du journal, et d'ailleurs, on n'en trouvera pas beaucoup plus dans les prochaines pages. Aussi, après le visionnement des grands titres, plusieurs ne regardent que les images, certains inconditionnels se précipitent sur les pages des résultats sportifs. Je n'ai jamais compris l'intérêt d'aller vérifier les résultats d'une compétition sportive qu'on a probablement regardés la veille, à la télévision. Mais dans le fond, les gens aiment la stabilité. Pour eux, il s'agit simplement de vérifier que ceux qu'on a vu gagner hier, sont encore gagnants dans le journal du matin.

Pauvre littérature. Certains de mes amis désapprouvent qu'on lise cette chose. Ils se moquent même de moi, quand ils me surprennent à le lire. Aussi, j'ai fini par développer une culpabilité intellectuelle, et désormais, je dois me cacher, non pour assouvir une basse passion, mais pour vérifier ce qu'on fait lire à la population. D'habitude, je me contente d'assommer mes amis avec mes commentaires acides. Aujourd'hui, j'ai décidé de partager mes mauvaises habitudes avec vous. On verra bien si j'ai eu tort.

Mais voyons un peu ce que ça dit.

LE JOURNAL DE MONTRÉAL
Aujourd'hui, Samedi le 4 avril 209


C'est la fin de semaine du long congé de Pâques. Traditionnellement, les cloches ne sont pas encore revenues de leur voyage à Rome. Et depuis quelque temps, on peut d'ailleurs constater qu'il y a quelque chose qui cloche au Vatican. Ça clochait même avant l'arrivée de nos clochettes québécoises. Mais attention : discipline et retenue. Rome n'est pas mon propos. En tout cas, il ne l'est pas aujourd'hui. Cependant, rien ne dit qu'il ne le sera pas lundi.

Revenons plutôt à notre Journal. Que trouve-t-on à la une, et sur ses trois premières pages ?

UNE TUERIE A BINGHAMTON, NY (USA)

Faut-il spécifier que c'est une ville américaine ? Mais non. Nous l'avions deviné. Dans un pays où on enseigne aux gens que tous les problèmes se règlent avec des armes, il n'est pas étonnant que les citoyens fassent souvent de l'obéissance passive. Quand ça ne va plus, on prend une arme, on choisi une victime, aux États Unis, on voit grand, on en choisit plusieurs, puis on les tue, et on se suicide ensuite. Dommage qu'on ne pense jamais à inverser la stratégie. Si on se tuait d'abord, ça ne réglerait pas tous les problèmes, mais ça sauverait bien des vies innocentes. Enfin, quand je dis innocentes...

Mais je ne veux pas m'attarder sur cette tuerie. Pour ceux qui ne connaissent pas l'Amérique, ça peut paraître étonnant. Mais pour un Américain, tuer son prochain, c'est la dernière des banalités. On voit ça tous les jours. Aussi, on ne pense pas toujours à en parler aux nouvelles.
Un jour que j'entrais dans un petit village du Tennessee, en passant devant un centre commercial, j'y avais remarqué une forte présence policière, et j'avais demandé au premier venu : où est la scène du crime ? Et le type me répond : laquelle ? Cette nuit, il y a eu trois meurtres. Mais ça, c'est ma traduction personnelle. Dans le fond il m'avait simplement expliqué : last night, we had three different businesses. Évidemment. pour lui, c'était : business, as usual.

MANIFESTEMENT VERT

Je ne m'étendrai pas non plus sur les pages 18 et 19, où on publie tous les jours un extrait d'un livre : Manifestement Vert, de François Tanguay et Jocelyn Desjardin. On y parle de la rareté de l'eau, pensez donc, on parle des trois quarts de la surface de la planète, sans oublier son volume. Je n'essaierai même pas de justifier mon scepticisme sur le sujet. Je sais qu'on veut simplement préparer la prochaine guerre. Celle du pétrole achevant, et celle du terrorisme ne levant pas plus qu'un mauvais soufflé, il nous reste celle de l'eau. Et quel contrôle les grands singes auront alors sur leurs esclaves ? Car on peut bien se passer de voitures, et même de vin et de whisky, hélas. Mais peut-on se passer d'eau ? Enfin, puisque mon but est de critiquer. Je veux seulement soulever un petit point, qui n'a sans doute pas d'importance, mais quand on s'attaque à la mer, on devrait cesser de parler de vert, et changer plutôt pour le bleu. Puisqu'on aborde le sujet selon la pseudo approche scientifique, qu'on ait au moins le bon sens de la justesse des couleurs: MANIFESTEMENT BLEU.

L'AFGHANISTAN AU MENU

Avec un pareil titre, on se doute que l'article ne parlera pas vraiment de l'Afghanistan, ni même des problèmes qu'on lui suppose, évitant ainsi de parler de ceux que les Afghans subissent depuis bientôt trente ans, et probablement plus encore : invasion Russe et Américaine. Mais puisqu'il est question de faire passer des vivres et des munitions par la Russie, on veut : renouer avec la Russie.

Voilà qui m'étonne. Étions-nous encore fâchés avec la Russie ? Tout au long de la guerre froide, que les Américains ont entretenue avec les Russes, et dans laquelle ils ont aussi entraîné plusieurs autres nations, jamais ils n'ont cessé de faire du commerce avec la Russie. Ils nous faisaient pourtant si peur, avec les méchants communistes, aussi bien les Russes que les Chinois. Mais parce qu'à la fin de sa longue marche, Mao n'avait plus les moyens de continuer la partie, il s'est retiré de la table, et les Américains n'ont eu d'autre choix que de se trouver un nouveau partenaire de guerre. Et puisqu'ils jouent fort, ils ont aussi réussi à épuiser la Russie, qui s'est à son tour retiré du jeu en 1991. Mais à peine dix ans plus tard, les Américains se sont trouvé une nouvelle cause : le terrorisme, et de nouveaux ennemis : Ben Laden et ses Talibans, des fantômes qu'on n'attrape jamais vivants, et qu'on identifie finalement, une fois qu'ils sont morts, et rendus totalement méconnaissables. Au niveau des guerres qu'on excuse par la religion, celle qu'on fait au terrorise fantôme, passera à l'histoire, au même titre que l'invention d'un dieu invisible par Moise. On peut désormais financer les deux adversaires en même temps, fantomatiques terroristes et braves chevaliers de la cause. Et avec cette nouvelle stratégie, gageons que le nouveau Moïse américain nous gardera dans le désert au moins quarante ans.

Mais ça n'est pas pour ça que j'en parle. J'y reviendrai même un peu plus tard, dans un autre texte. Pour le moment, je veux simplement rappeler que nous étions en guerre froide avec les Russes communistes, et nous le sommes encore avec les Russes capitalistes. Et puis, les Russes étaient déjà pauvres sous les Tsars, ils le sont restés sous les communistes, et ils le sont encore avec les capitalistes. Voilà de la stabilité sinon politique, du moins économique. Et comme on dit chez nous : si tu ne sais pas bien choisir tes amis, essai au moins de bien choisir tes ennemis.

Mais revenons au menu du jour. En page 26, nous trouvons un article sur le :

DROIT DES FEMMES EN AFGHANISTAN

Il paraît qu'une nouvelle loi sur la famille afghane : interdirait aux femmes de refuser des rapports sexuels à leur mari, ou de quitter le domicile familial et d'effectuer différentes démarches sans leur accord.

Et c'est pour ça qu'on a envoyé nos soldats se faire tuer en Afghanistan ? Quand je disais que ça ne servirait à rien. Quoi ? On a échangé des Talibans pour d'autres Talibans ? Mais rappelons-nous. La dernière fois, qui a installé des Talibans en Afghanistan ? Mais voyons, ce sont les Américains. Encore de la stabilité politique. Plus ça change, plus c'est pareil. Ça me rappelle mon professeur de météo: rien n'est plus stable que le mauvais temps.

Résumons-nous. Nous avons perdu quarante ans à entretenir une guerre froide avec les vilains communistes russes, pour finalement poursuivre la même guerre froide avec des vilains capitalistes russes. Bon, c'est vrai que ça donne un drôle de coup d’œil. Mais je me rappelle aussi que nous avons perdu trente ans à faire la guerre aux vilains communistes vietnamiens. Il paraît que notre démocratie était alors en péril. Eh bien, nous avons perdu cette guerre, sans doute, par manque d'intérêt, le Vietnam est devenu communiste, il ne semble pas s'en porter plus mal, et nous non plus d'ailleurs. Ne pouvions-nous pas d'abord leur laisser la liberté de choisir leur propre gouvernement ?

Non. Ça n'est pas ainsi que ça se passe. Si une nation vote pour le mauvais parti politique, par exemple, prenons le cas du Liban, eh bien, démocratiquement, nous nous donnons le droit de bombarder le Liban. C'est d'ailleurs la même chose en Palestine, et même en Irak, où on a bombardé et tué de nombreux civils, pour les protéger d'un dictateur qui n'existe plus, et où les gens envoient désormais des messages très clairs aux Américains. Mais il faut tout leur expliquer. Quand on vous lance des chaussures à la tête, ça ne signifie pas : vous reprendrez bien un peu de thé ? Remarquez, au Québec, du moins, jusqu'à maintenant, ça n'était pas dans nos traditions de lancer des chaussures à la tête des gens. Ça nous vient sans doute de nos ancêtres Bretons et Normands, mais nous préférions alors le cou de pied au cul. Mais trêve de plaisanterie, puisque nous ne pouvons pas espérer en obtenir une pour nos guerres. Il suffit de relire un peu l'histoire, pour comprendre que les guerres ne mènent à rien d'autre qu'à la destruction totale, ou a la paix. Et la paix, pour ceux qui ont la mémoire courte, et je spécifie, c'est la même chose pour toutes les guerres, la paix, c'est cet item que nous avions à la deuxième page de notre agenda militaire, et que nous avons totalement oublié pour aller directement à cette magnifique page d'histoire : ...Depuis ce matin, nous répondons aux bombes par des bombes. (Hitler)

Plus loin, en page 36, on aperçoit un article sur Al-Qaïda. Ça revient, à l'occasion, comme un évier qui se débouche. Tient, ça me revient, ça fait longtemps qu'on n'a pas vu de vidéo de Ben Laden. Il ne nous donne plus de nouvelles. Je me demande ce qu'il devient. Est-ce qu'il prend des vacances cet été ? Ira-t-il encore jouer au Golf avec son ami Bush. Les États-Unis sont en train d'installer le plus grand terrain de Golf de l'histoire, sur leur propre territoire : des trous économiques partout, très peu de joueurs au départ, encore moins à l'arrivée, pas d'attente sur le vert, et une place assurée au dix-neuvième trou. Bon, il faut que je pense à contacter son agence des relations publiques. Ils doivent bien savoir où il se trouve. Ils le savaient, au matin du 10 septembre 2001. Des agents de la CIA se trouvaient avec lui, dans sa chambre d'hôpital, à Dubaï, où ce diable alors vivant, était hospitalisé pour un important problème aux reins. A-t-il survécu ? C'est seulement au matin du 11 septembre, que nous avons perdu la trace du mourant.

Mais c'est des choses qui arrivent. L'histoire change, au moment même où on veut l'écrire. Rappelez-vous, au premier matin du bombardement de Bagdad, quand les Américains déclaraient en toute candeur : nous ne savons pas si Saddam Hussein a été atteint par notre bombardement, nous l'avons vu entrer dans son bunker, et personne ne l'a vu en ressortir. Aussi, nous avons de bonnes raisons de croire qu'il est désormais sous les décombres de son bunker. Sauf que des mois plus tard, nous avons appris que les premiers bombardements qu'on nous a montrés à la télévision, avaient eu lieu au milieu du désert. En fait, on a retrouvé Saddam, des années plus tard, terré dans un trou, comme un rat. Lui, le plus grand stratège militaire de l'empire des méchants, après ses nombreux refus de laisser les Américains inspecter les sites où il entreposait des armes de destruction massive qu'il n'a jamais eues, il n'avait pas songé à s'éloigner du pays, au moins quelques jours avant l'arrivé de ses anciens alliés. Peu importe. On sait au moins que son armée avait déjà quitté les lieux, bien avant lui. Et bien sûr, on peut alors se demander, contre qui se battent encore les Américains en Irak ? Mais voyons, contre les citoyens qu'ils prétendent protéger. D'où la nouvelle discipline olympique du : lancer de la chaussure à la tête du président.

Voilà, je me suis laissé distraire, encore une fois. Revenons plutôt à cet article de la page 36.

LES EUROPÉENS PLUS MENACÉS QUE LES ÉTATS-UNIS

Il est probablement plus vraisemblable qu'Al-Qaïda lance une grave attaque terroriste en Europe qu'aux États-Unis. (Obama)

Bon, d'abord : probablement plus vraisemblable. Voilà une façon plus que diplomatique de noyer le poisson. En probabilités, l'addition d'une nouvelle occurrence probable, vient diminuer la résultante finale. Quand on fait précéder sa déclaration par des mots qui en diminuent la probabilité, ça lui donne moins de valeur. Et plus on ajoute de ces mots, moins il reste de valeur à la déclaration. À la fin, on peut même douter de sa pertinence. C'est le genre de discours qui permet à un voyant de prédire la bonne aventure à ses clients. Mais eux, ils paient pour se faire mentir. Nous, on nous ment d'abord, et on nous fait payer ensuite. Bon, dans le fond, c'est la même chose.

Mais acceptons cette déclaration comme évidente. Car je suis certain que les Américains savent de quoi il en retourne, quand ils parlent de terrorisme. La fantomatique organisation de terroristes attaquera donc l'Europe. D'accord. Ça n'est pas tellement qu'ils n'auraient pas raison de le faire. L'Europe a longtemps occupé, exploité, et réduit une partie du monde à l'esclavage. Mais quand avons-nous vraiment vu des Musulmans attaquer l'Europe, je veux dire, depuis les mille dernières années ? Oui, car pour moi, un type qui tire sur une foule, et même quinze qui pseudo pilotent des avions fantômes, ça n'est pas encore une invasion. Je veux dire, ça n'est pas comme si des milliers de soldats envahissaient l'Irak, dans le but d'y chercher des armes de destruction massive qu'on sait bien n'avoir jamais existé.

Mais peu importe, j'ai déjà admis que c'était possible, et même probable, disons, pour demeurer dans l'esprit de l'article, que c'est probablement vraisemblable. Mais alors, que vaut l'action des Américains en Irak et en Afghanistan ?

Résumons encore une fois. Ils retournent bombarder l'Afghanistan, à qui il restait déjà si peu à bombarder, et bien sûr, ils évitent de faire le moindre dommage à leurs champs d'opium, on ne sait jamais. Mais en fin de compte, on se retrouve avec un président afghan qui ne vaut pas plus cher que les Talibans qu'on a tenté de chasser. Wow! (expression québécoise qui ne signifie pas forcément un encouragement positif) Bon. Et en plus, il faudrait accepter que cette guerre, et tous ces morts, ça n'a servi à rien, et surtout pas à nous protéger de ce pseudo terrorisme ? Mais attendez. Il y a un autre problème. Au début, les Américains sont allés en Afghanistan pour se défendre contre le terrorisme, et voilà que la menace terroriste est transférée à l'Europe.

Oui, je sais, les Européens ne vont pas tous avaler cette couleuvre. Et d'ailleurs, ça n'est pas à leur intention qu'on invente cette nouvelle probabilité vraisemblable. C'est pour les Américains, pour les convaincre que les guerres, pour lesquelles on les a appauvris, et pour lesquelles on a détruit le peu d'économie qu'il leur reste, c'est pour les persuader que ces guerres, qui n'ont jamais servi à les protéger d'un invisible ennemi, elles ont au moins servit à protéger l'Europe, ce qui pour l'Américain moyen, et Dieu sait si en général ils le sont, ce qui leur fait au moins une petite douceur morale : ...nous crevons, mais nous sauvons le monde. Praise the Lord !

Enfin, je m'en voudrais de patauger dans la boue pendant une heure, sans au moins essayer d'éclabousser Sarcophage au passage : Nos services secrets suivent l'évolution des cellules terroristes qui militent autour d'Al-Qaïda. Dieu du Ciel ! J'aurais bien envie de lui répéter : mais tire-toi, pauve con. Dans le fond, pourquoi serais-je plus méchant avec lui qu'avec Bush ou Obama. Bon, soyons poli : voyez-vous, Monsieur de Sarkozy, les terroristes, c'est pas tout de suivre leur évolution, Il faut aussi la freiner. Surtout que, d'après Obama, l'Europe est désormais dans le collimateur de ces fantômes. Mais est-ce bien à lui que je devrais dire tout ça ? Après tout, en Europe, c'est bien Sarkozy qui est le protecteur du monde, de la foi, de la morale, de la liberté, ben quoi, des croyants, en général. Et pourquoi ne remplit-il pas aussi une demande d'application pour obtenir le poste de secrétaire général de L'Otan ? Et qui sait ? Peut-être que les terroristes ont aussi des bateaux...

Bon, il me reste encore Chavez, à la page 34.

CHAVEZ S'EN PREND AU G-20

Les valeurs du capitalisme sont en crise. C'est impossible que le capitalisme puisse réguler le monstre qu'est le système financier mondial, c'est impossible. Il faut en finir avec le capitalisme. Il faut que cela cesse. Et nous devons prendre une route de transition vers un nouveau modèle que nous appelons le socialisme. Il faut éliminer le Fond monétaire international. (Hugo Chavez)

Quoi ? On est déjà rendu au G-20 ? Dire que cette machine infernale a commencé avec un G-7. Est-ce qu'on se rendra jusqu'au G-106 ? Mais non, car les pays les plus industrialisés du monde ont encore et toujours besoins d'exploiter les pays les moins industrialisés du monde. Il faut donc garder un équilibre entre les riches et les pauvres. Car les riches ne s'entendent pas toujours sur celui qui devrait être le plus riche. Mais ils s'entendent assez bien sur ceux qui doivent rester les plus pauvres.

Quelle bêtise ! Je viens pourtant de l'écrire comme il le faut. Mais il y a une erreur technique. L'Amérique n'est plus le pays le plus industrialisé du monde ? Mais voyons ! Nous ne fabriquons plus rien. Nous avons transféré l'ensemble de notre production en Chine. Nous ne faisons plus rien en Amérique. Tout ce que nous consommons vient de la Chine. Ils font tout, y compris nos enfants, ce qui devrait au moins nous surprendre, de la part d'un pays pseudo communiste : ils vendent leurs enfants à des Américains.

Enfin, comme le disait Sato, dans Black Rain : les Américains ne font plus que des films et des chansons. Depuis un moment, le pays le plus industrialisé du monde, c'est la Chine. On y fabrique tout ce que nous surconsommons en Amérique. Est-ce encore une stratégie pour nous faire la guerre ? Peut-être. Quand les Chinois pourront ajouter un deuxième œuf à leur plat de riz hebdomadaire, quand ils seront enfin assez riches pour jouir à leur tour, de notre magnifique décadence, ils finiront par manquer de produits, et ils ne verront plus l'urgence d'exporter leur production vers l'Amérique. Et quoi, qu'est-ce que trois cents millions de clients américains, contre presque deux milliards de clients asiatiques ?

Mais les Chinois apprennent vite, trop même. Ça n'est pas une bonne idée de se faire un ennemi d'une pareille nation. Mais l'ignorance et le mépris américain n'ont pas de bornes : the sky is the limit. Oui, sans doute, mais c'est encore très haut, et ça laisse bien de la place pour toutes les bêtises du monde. Enfin, pendant que nous achevons de transporter toute notre production en Chine, les Chinois ont commencé à exporter une partie de leur production aux Indes. Et déjà, il y a un petit problème que ces fins messieurs de la finance ne semblent même pas avoir aperçu. Quand la production passe ailleurs, on perd des emplois, en d'autres mots, des revenus, et donc, nous perdons la capacité d'acheter cette production, quand bien même elle viendrait de Chine, et à la moitié de son prix. Oui mais justement, elle ne vient pas à la moitié de son prix habituel. Au contraire, les prix ne cessent d'augmenter, même si on fait tout fabriquer dans un pays où on peut nourrir tout un village, avec ce qu'un Américain mange en une seule journée. Le problème c'est que les Chinois n'ont pas encore les moyens d'acheter ce que nous leur faisons fabriquer. Bien sûr, puisque c'est pour réduire le coût de fabrication qu'on fait tout faire en Chine. On peut donc comprendre qu'on ne les paie pas beaucoup. C'est au moins un concept qu'un Chinois communiste devrait comprendre : ...l'ouvrier qui n'a pas les moyens d'acheter ce qu'il produit. Quant à nous, ouvriers qui ne travaillent plus, nous n'aurons bientôt plus les moyens d'acheter ce que nous faisons fabriquer en Chine. Est-ce que c'est trop compliqué ? Il me semble que c'est à la portée d'un enfant de cinq ans. Mais semble-t-il, hors de celle de ceux qui nous dirigent. Oui, enfin, et où donc nous dirigent-ils ?

Résumons une dernière fois. Quand on joue au Poker, si on joue assez longtemps, la partie se termine avec un seul gagnant et de nombreux perdants. Mais, peu importe qui perd ou gagne, quand on balaie la table une dernière fois, la partie est finie, et tous les joueurs s'en vont : les perdants aussi bien que les gagnants. Bien sûr, pour des joueurs de Poker, ça n'est que partie remise. La semaine prochaine, ils auront encore de l'argent à perdre au jeu. Mais la société n'est pas un jeu. Et si nous continuons de la voir ainsi, la partie s'arrêtera. Et alors, peu importe qui sera gagnant ou perdant, dans notre société capitaliste, quand la partie s'arrête, un moment plus tard, il ne reste plus que des perdants.

En passant, La Russie fut-elle jamais communiste ? Mais je parle de son gouvernement, et non des citoyens russes qui furent toujours pauvres, qu'ils soient communistes ou capitalistes. Et la Chine, est-elle encore communiste ? En ce qui me concerne, quand on fait affaire avec le Diable, c'est parce qu'on a déjà le feu au cul. En commerçant avec les Américains, en acceptant leur argent et leurs contrats, les Chinois sont en train de prouver à tout le monde que le capitalisme est l'anti-chambre du communisme, et que les communistes ne sauraient survivre sans le capitalisme, tout comme un bon esclave soumis protège le maître sans lequel il pense ne pas pouvoir survivre. En fait, les Chinois sont aussi communistes que les bonnes sœurs. Les sœurs sont pauvres, et elles vivent en communauté. Mais la communauté est riche. Aussi, je dis que les Chinois sont peut-être communistes. Mais la Chine ne l'est plus depuis un bon moment.

Et qui a récemment proposé une nouvelle monnaie mondiale, entièrement soumise au FMI ? Mais ce sont les Chinois ! Alors, la question du siècle : quelle différence peut-on faire entre la Chine et l'Amérique ? Bien, ils sont plus petits, moins gras et certainement plus nombreux. Pour le reste, ça n'est qu'une question de temps. Et si nous continuons de garder la tête dans le sable, les Chinois formeront bientôt le prochain empire mondial. Il sera probablement pas chrétien, mais il sera capitaliste. Nous n'y verrons donc pas grande différence, sauf pour la forme et la couleur des yeux de nos nouveaux dictateurs. Et puis, nous apprendrons assez vite à lire Hugo, Dumas et Stendhal en Mandarin.

Qui donc est encore communiste ? Ceux qui proposent de donner plus d'autorité au FMI ? Ou ceux qui proposent de l'abolir ?

Remarquez, je ne dis pas qu'il faut saborder le capitalisme, au contraire. Mais ce système qu'on prétend insubmersible, se dirige de lui-même sur un énorme glacier. Et il le frappera, ça n'est qu'une question de temps. Le premier but de tout capitaliste est d'être le seul à tout posséder, un peu comme au Poker. C'est une maladie personnelle qui devient un mal social. Et si nous survirons encore, c'est parce jusqu'à date, personne n'avait encore réussi à remporter le Jackpot. Ou disons le plus net : à faire sauter la Banque, ce qui ne saurait tarder. Mais si cette machine infernale s'arrête avant que nous soyons prêts, nous ne survivrons pas plus longtemps.

En attendant, nous sommes tous sur le même navire, il fonce sur le glacier, et nous ne savons pas comment l'éviter. Réduisons déjà la vitesse, l'impact se fera plus tard, et il sera moins violent. Mais cessons de boire du champagne sur le pont, en chantant des hymnes nationaux. Notre magnifique navire ne terminera pas sa première traversée. Nous le savons tous. Même nos capitaines le savent. Aussi, je dis : ne sabordons pas notre navire. Attendons plutôt que les secours approchent. Mettons au moins les canots à la mer. Nous ne sommes plus en guerre, les uns contre les autres, Notre véritable ennemi vient de sortir la tête de l'eau : c'est notre insociabilité qui détruira notre société. Et que restera-t-il de nous ?

En fait, je pense que notre société n'a pas d'autre possibilité que le socialisme. Est-ce que ça fait si mal, de reconnaître qu'une société soit socialiste ? Mais je ne dis pas communiste, en tout cas, certainement pas comme on l'a vu en Russie ou en Chine. D'un autre côté, je ne crois pas qu'on puisse installer un système socialiste mondial, aussi facilement qu'on change de chemise ou de gouvernement. Pour un capitaliste, devenir socialiste, c'est quasiment un changement de sexe. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, ni sur un coup de tête. Mais voilà un secret bien gardé : le socialisme ne peut pas être forcé ; ça n'est pas une affaire de tyran ou de dictature. Il faut que ça vienne de chacun des citoyens. On ne pourra jamais inventer les lois et les règlements assez vite, pour régler tous les problèmes que puisse poser un pareil changement. Il n'y aura jamais assez de policiers pour contrôler tous les citoyens. Après tout, les policiers et les soldats sont aussi des citoyens, et parfois, ils s'en rappellent.

On ne règle pas tous les problèmes par la force et par la violence. En fait, on ne règle jamais rien de cette façon. Notre problème, c'est que nous sommes sortis de nos cavernes, mais nous traînons encore nos gourdins. On ne résout pas les problèmes mathématiques avec des bâtons. On ne guérit pas les gens en les frappant, et surtout, on ne les fait pas changer d'idées en les torturant. Depuis les débuts de notre humanité, nous essayons de régler nos problèmes en nous faisant des guerres. Et les guerres, on les perd, on les gagne. Mais ça ne dure jamais bien longtemps.

Les empires ne durent pas. C'est pour ça qu'on en parle plus souvent dans les livres d'histoire que dans les journaux. Alexandre est mort, l'empire grec aussi. César est mort, l'empire romain aussi. Il n'y a plus de pharaons, ni d'empires égyptiens. Pierre, Napoléon et Hitler sont morts avec leurs empires. Tous les empires s'épuisent, et le plus souvent, ils disparaissent au sommet de leur gloire, justement, quand leur empire devient plus grand et plus complexe que leur capacité à le contrôler. Ils disparaissent tous. Ce qui demeure, ce sont les victimes de ces empires, de ces fous, qui pensent pouvoir mener le monde : ne confie surtout pas le gouvernement à celui qui s'en croit capable, ou à celui qui serait assez bête pour l'accepter. Ce qui reste, ce qui survit, c'est notre désir de vivre heureux et en paix, avec notre famille, nos amis, nos voisins.

Les humains ont d'autres choses à faire sur terre, que la guerre. Cet univers n'a pas mis des milliards d'années à transformer sa poussière d'étoiles en planètes, en mers et en terres, en arbres et en plantes, en poissons, en animaux de toutes sortes, et en ces humains, qui pensent être les maîtres de l'univers, justement, cet univers ne s'est pas donné tant de mal, pour aboutir à ces petits singes prétentieux, qui ne savent rien faire d'autres que la guerre : crier, hurler, taper du pied, et frapper son adversaire sur la tête, avec un gros bâton. Nous devons changer, nous adapter à ce mode de vie de l'Univers, dans lequel les choses ne s'améliorent pas en s'opposant, mais en se fusionnant, en se complétant, en socialisant, en disparaissant parfois ensembles, mais pour recréer une nouvelle forme de vie. Aucune forme de vie intelligente ne survivra à sa bêtise. Hélas, comme on dit, ça n'est pas demain la veille. On le voudrait bien. Et même avec la meilleure volonté, il nous reste encore un long chemin à faire. Espérons seulement que nous saurons survivre à notre bêtise.

Quand nous serons près, probablement pas avant quelques centaines d'années encore, il nous faudra d'abord devenir de meilleurs êtres humains, s'efforcer de conserver cette conscience sociale, si importante à la qualité d'une société, et cesser de tenter de régler tous les problèmes, en ne pensant qu'au bien-être d'une minorité, et en méprisant le reste du monde. Voici un autre secret : nous avons besoins les uns des autres. Nous ne pouvons ignorer personne. Nous avons déjà la conscience de protéger les espèces animales en voix d'extinction, quand aurons-nous celle de protéger les humains ? Tous les humains. Pas seulement les Américains et les Européens, mais tous les humains de la terre. Et quand nous trouverons aussi une vie intelligence sur d’autres planètes, il nous faudra aussi la protéger, tout comme ces nouvelles espèces de poissons que nous trouvons au fond de nos océans. La vie, la vie intelligente et consciente, c'est le but de l'univers. On a beau nous répéter que le monde est une jungle, et que les plus forts survivent. Oui, sans doute, c'est ainsi pour les lions et les bêtes sauvages. Mais qui met les autres animaux en cage ? Le descendant d'un petit mammifère, à peine plus grand qu'une souris. Non, le monde n'est pas une jungle, il pourrait même être un paradis terrestre, et pas seulement pour les rois et leurs cours. Le monde n'est pas une jungle, et à la fin, ça n'est pas le plus fort qui gagne. Mais le plus intelligent.

Mon discours semble prendre des tendances évangéliques. Mais je ne dis pas que nous devrons tous être chrétien. Je pense même que la religiosité ne pourra pas subsister, dans cette nouvelle société que j'espère. Mais nous voudrons peut-être mettre en pratique cet enseignement de Jésus, qui fut aussi celui de Bouddha et de Lao Tseu : ne fait pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'on te fasse. Ça n'est pas de la religion, c'est la base même de cette société que nous espérons tous. Et comment disait-on déjà ?

Liberté, égalité, fraternité...

Aussi longtemps que ces mots ne seront qu'une jolie phrase, ils ne serviront qu'à commencer des discours politiques, ou à écrire des chansons. Mais qu'ils deviennent un jour notre première prière du matin, et nous pourrons enfin espérer voir le soleil se lever encore, pour plusieurs autres matins. Sinon, eh bien, que nous importe, nous n'y serons plus, pour voir s'il se lève encore.

Voilà donc ma lecture du journal pour ce jour. Je veux bien reconnaître que mes amis ont raison de parler du Journal de Montréal comme d'une feuille de chou. Mais il me semble qu'on peut quand même tirer quelque enseignement, à regarder les jolies coccinelles lui brouter les feuilles. Après tout, même en écoutant le pire des mensonges, on peut y trouver une vérité. Et quand bien même cette vérité serait de comprendre qu'on nous ment, c'est déjà un bon point.

Mais rassurez-vous, je ne vous lirai plus d'autres pages de journal. Je préfère encore la poésie à la politique.
* * *

ADDENDUM

J'avais pourtant promis. Mais c'est difficile. Et puis, surtout aujourd'hui, le journal me donne raison. Alors, pourquoi ne pas en profiter, au moins une dernière fois ?

LE JOURNAL DE MONTRÉAL
Dimanche 5 avril 2009


Page 6

DES TALIBANS REVENDIQUENT,
WASHINGTON DOUTE


Vue comme ça, ça dit pas grand chose. Mais le titre se rapporte à la tuerie de Binghamton. C'est l'immigrant vietnamien qui a tué treize personnes dans un village de New York, et qui a terminé sa petite affaire en retournant l'arme contre lui. Quel dommage ! Il était presque devenu un véritable Américain. Et dans sa frénésie, il n'a tué que des étrangers. Bon. Mais quel lien peut-il y avoir entre ce drame et Al-Qaïda ? Cette fois, ai-je le droit de dire qu'il n'y en a aucun ? Bien sûr, c'est même le FBI qui le dit avant moi : nous doutons qu'il y ait un lien avec Al-Qaïda. Oui, bien sûr. Mais la nouvelle nous est pourtant venue du FBI. C'est comme ça qu'on fait de la désinformation. Quand on veut que les gens croient quelque chose, on commence par nier ce que personne n'avait même supposé. Alors, vous appelez les journaux, et vous leur dite : il n'y a aucun lien entre la tuerie de Binghamton et Al-Qaïda. Et à l'autre bout du téléphone, le journaliste de service répond : mais de quoi vous parlez ? Et là, puisqu'on est dimanche, et qu'il n'y a presque pas eu de tueries, le journaliste décide quand même d'écrire la nouvelle dans sa petite colonne. Et bien sûr, tous ceux qui la liront finiront par se dire : si le FBI nie qu'il y ait un lien, quand même, on n'est pas tous des cons, (et c'est là qu'ils se trompent) si le FBI le nie, c'est parce que c'est vrai. Et voilà, Binghamton, c'est encore un coup de Al-Qaïda !

Et pourtant, il se passait quand même quelque chose dans le reste de l'Amérique. Oh, pas grand-chose, mais quand même. Après tout, on est dimanche, c'est le jour du Seigneur, un jour sanctifié. Alors, on tue un peu moins, on se retient. On attend au lundi matin.

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Un père tue ses cinq enfants

C'est arrivé hier soir, à Muckleshoote, au sud de Seattle, dans l'État de Washington. Je précise, parce que si vous allez sur Internet, et que vous cherchez simplement : killing Seattle, on vous retournera plus de 5 millions de pages. C'est pas aussi bien que de chercher: killing USA. Ça donne 26 millions de pages. En fait, le killing est très présent dans la conversation américaine. On tue le temps, l'économie, et souvent sa femme et ses enfants.

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Deuxième fusillade en deux jours,
trois policiers tuée à Pittsburgh


Bon, encore une fois, et la fin de semaine n'est pas terminée. Mais en fait, il aurait fallu écrire : une troisième fusillade. Et puis, dans le fond, c'est une nouvelle apparemment sans importance, je veux dire, pour un Américain. Mais quand même, on est dimanche. Et puis, ça prouve que j'avais raison d'en parler hier. Mais voyons un peu cet article : l'auteur des coups de feu, muni d'un fusil d'assaut AK-47, d'une carabine de calibre 22, et d'un arme de poing, à lui-même été blessé au cour de l'échange de coup de feu. Non mais, il partait à la guerre ! Il est certain que pour un Canadien, c'est renversant. Non seulement nous n'avons pas le droit de posséder des armes de poing, et c'est même difficile d'acheter des fusils pour la chasse. (C'est sans doute pour ça qu'on va à la chasse aux phoques avec des bâtons...) Mais enfin, nos policiers n'ont pas le droit d'utiliser des AK-47. Quel dommage, n'est-ce pas ? Une telle arme règle les problèmes définitivement. En passant, aux États-Unis, on peut même se procurer un bazooka, mais pour sa protection personnelle, bien sûr.

Droits des femmes en Afghanistan
Karzai "Y a rien là"

Là, je doute que la phrase soit de lui. L'expression me semble typiquement québécoise. Mais quand même, il prétend qu'on a mal compris la loi, que ça n'est pas si grave. Mais en gros, la loi, on la connaît déjà. Selon la loi islamique, non seulement un mari ne peut pas violer sa femme, mais il ne peut pas non plus violer la femme de son frère. Ça ne signifie pas que c'est illégal. Mais que c'est impossible. Aussi, une femme qui se fait violer par son beau-frère, sera ensuite accusée d'adultère, et dans certains pays, elle sera même lapidée. Oh, la belle civilisation que voilà ! Mais au moins, on ne mange plus les gens. C'est déjà ça. Par contre, dans d'autres pays, on les fait cuire. Ah ! Vous pensez que je vous parle du Moyen Age ? Mais non. Il y a moins de deux ans, on a brûlé une femme aux Indes, après qu'elle eut été violée et battue par l'ensemble des vrais mâles du village. Un officiel du gouvernement avait parlé de vieilles traditions. Alors là, il ne faut plus rien ajouter. Au Québec, on évite de faire des commentaires désobligeants au sujet des religions et des traditions. C'est qu'on ne veut pas blesser les gens. Quant à cette femme qui attendait d'être lapidée en Afrique, nous n'avons plus de nouvelles. Mais il semble bien que celui-qui-n'avait-jamais-péché lui ait lancé la première pierre, et que plusieurs autres sans-péchés du même village, l'aient imité par la suite. Vous pensiez qu'on était sorti du Moyen Age ? Pas tout à fait. Et certaines nations n'y sont même pas encore entrées. Disons qu'elles sont encore dans leur période classique...

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La Turquie ne voulait pas de Rasmussen
Parce qu'il avait appuyé l'invasion américaine de l'Irak, et fourni des troupes armées.

Et pourtant, en lisant ailleurs sur Internet, j'apprends que Rasmussen a été accepté par Ankara. Bon. On dirait bien que c'est foutu pour Sarkozy. Mais c'est pas grave. On lui trouvera bien autre chose, dans une organisation politique américaine. Secrétaire de l'ONU, par exemple ? Vous savez, cette organisation qui est supposée préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances... Oui, enfin. L'ONU, ça n'est pas tout. Quand on a de bonnes raisons, on peut s'en passer. Et surtout, puisque l'édifice principal de l'ONU se trouve sur notre territoire, on finit par s'imaginer que l'ONU c'est NOUS. Ben oui, quoi ! J'ai peut-être inversé les lettres. Mais je l'ai mis au pluriel. C'est TOUT.

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La Corée du Nord a lancé son missile
Washington a estimé qu'il s'agissait d'un acte de provocation.

Bien sûr ! Dieu qu'ils sont longs à comprendre ! Lancer un missile, ça n'est pas comme de lancer le bouquet de la mariée. En passant, des missiles, il y en a aussi en Chine, au Tibet, aux Indes, et dans bien d'autres pays. Et il y en a aussi aux États-Unis. On les transporte souvent d'une base militaire à l'autre, un peu comme des pizzas, au dessus des villes américaines. Et dire que pendant ce temps-là, on continue de faire peur aux Américains, avec de possibles Talibans qui vivent cachés dans les cavernes de l'Afghanistan, qui n'ont aucune base militaire importante, sinon, ça fait longtemps qu'on l'aurait trouvé, qui n'ont pas d'avion, et c'est pour ça qu'ils empruntent celles des autres, qui ne savent pas piloter. Je sais, ça semble bien vilain de le dire ainsi. Mais je ne fais que répéter la première déclaration officielle de Bush, au matin du 11 septembre 2001, quand on lui a appris qu'un avion venait de percuter l'une des tours jumelles du World Trade Center: wow, that's a hell of a pilot. Ma traduction : c'est un diable de pilote. En fait, Bush n'était pas du tout au courant de ce qui se passait. Ben tient ! Il aurait dû demander à Sarkozy. Lui au moins, il les suit à la trace.

Voilà, c'était la dernière fois. Je ne le ferai pus jamais. C'est promis.

Yvon Verrier

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