samedi 23 mai 2009

Cuba et les contradictions de Barack Obama

par Salim Lamrani


Le 13 avril 2009, à la veille du Vème Sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago, Barack Obama avait assoupli les sanctions économiques contre Cuba en levant les restrictions affectant les Cubains vivant aux Etats-Unis. Désormais, ces derniers peuvent se rendre dans leur pays d’origine autant de fois qu’ils le souhaitent (contre 14 jours tous les trois ans auparavant), et effectuer des transferts de fonds illimités à leurs familles (contre 100 dollars par mois auparavant) 1.

Le Sommet, auquel La Havane n’a pas participé ne faisant plus partie de l’Organisation des Etats Américains (OEA) depuis son expulsion en 1962, a été dominé par le thème Cuba. Lors du discours inaugural, la présidente argentine Cristina Kirchner a exhorté Washington à éliminer l’état de siège imposé au peuple cubain depuis août 1960. Les 32 autres mandataires des nations latino-américaines et caribéennes ont également lancé un appel à la Maison-Blanche lui demandant de mettre un terme à une situation anachronique et cruelle qui affecte les catégories les plus vulnérables de la population 2.

Le président Obama a fait part de sa volonté de chercher « une nouvelle approche avec Cuba 3 ». « Je crois que nous pouvons mener les relations entre les Etats-Unis et Cuba vers une nouvelle direction », a-t-il souligné. « Je suis ici pour ouvrir un nouveau chapitre de rapprochement qui se poursuivra durant mon mandat », a-t-il conclu. De son côté, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a reconnu que la politique cubaine des Etats-Unis « avait échoué 4 ».

Cependant, dès la fin du Sommet des Amériques, la Maison-Blanche a changé de ton. Le 19 avril 2009, David Axelrod, conseiller politique du président, a noté que son gouvernement ne lèverait pas les sanctions économiques immédiatement. « Nous en sommes encore loin », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision CBS 5. Clinton, quant à elle, a fait une déclaration peu amène et peu diplomatique au sujet du gouvernement de La Havane en soulignant qu’il s’agissait d’un « régime touchant à sa fin », laissant ainsi paraître de sérieux doutes quant à sa volonté de résoudre les différends entre les deux nations 6.

Par la suite, le président Obama a imposé à Cuba comme condition préalable à un dialogue bilatéral qu’elle effectue des changements dans sa politique interne avec notamment une réduction des taxes concernant les flux financiers, sachant pertinemment que le gouvernement de Raúl Castro n’accepterait aucune ingérence dans les affaires internes de son pays. En effet, c’est comme si La Havane exigeait de Washington l’établissement d’un système de sécurité sociale universelle aux Etats-Unis avant d’entamer toute discussion 7.

De son côté, Raúl Castro a réitéré sa disposition à dialoguer avec Washington sur n’importe quel sujet « y compris les droits de l’homme, les prisonniers politiques et la liberté de la presse », à condition que cela se fasse sur une base d’égalité, de réciprocité et de non-ingérence 8. Il a également rappelé que la balle était dans le camp d’Obama : « Cuba n’a imposé aucune sanction contre les Etats-Unis ni contre ses citoyens. Ce n’est pas Cuba qui empêche les entreprises de ce pays de faire du commerce avec le nôtre, ce n’est pas Cuba qui poursuit les transactions financières réalisées par les banques nord-américaines, ce n’est pas Cuba qui dispose d’une base militaire sur le territoire des Etats-Unis contre la volonté de son peuple. Ce n’est donc pas à Cuba d’effectuer des gestes. Il n’y a pas de prétexte politique ou moral pour justifier la continuité de cette politique 9 ».

Les appels en faveur d’un allègement des sanctions contre Cuba se multiplient aux Etats-Unis. Le prestigieux Lexington Institute a publié un rapport de 50 pages en ce sens sous le titre Options pour un engagement : un guide de ressources pour réformer la politique des Etats-Unis à l’égard de Cuba (Options for engagement : A resource guide for reforming U.S. policy toward Cuba). Le centre d’études politiques a recommandé à l’administration Obama de retirer les conditions imposées à Cuba comme préalable à tout dialogue. En effet, La Havane n’est pas sensible au langage de l’intimidation et n’accepte aucune ombre à sa souveraineté 10.

La représentante démocrate Kathy Castor du district de Tampa en Floride a également demandé au gouvernement d’élargir le nombre d’aéroports autorisés pour les voyages à Cuba, pour faire face au nombre croissant de demandes qui entraîne de sérieux problèmes de logistique. Actuellement seuls les aéroports de Miami, New York et Los Angeles disposent du permis pour réaliser des vols vers Cuba 11.

Enfin, la puissante Chambre du Commerce des Etats a lancé une initiative en faveur de la levée des restrictions commerciales avec le soutien de plusieurs membres du Congrès. « Le bon sens populaire veut que l’on change une politique qui n’a pas fonctionné. Nous avons essayé pendant 50 ans sans résultats. Il est temps de trouver autre chose », a déclaré Thomas J. Donohue, président de l’organisation regroupant près de 3 millions d’entreprises étasuniennes. « Nous sommes en train de perdre de grandes opportunités commerciales dans un marché qui se trouvent à 90 miles [140 km] de nos côtes. D’autres pays comme la Chine sont en train d’en profiter, il n’est pas encore trop tard pour commencer à les récupérer », a-t-il ajouté 12.

Mais au lieu d’effectuer un pas dans ce sens, Obama est allé dans la direction opposée. En effet, en mai 2009 le Département du trésor a infligé une amende de 110 000 dollars à l’entreprise pétrolière Varel Holdings pour avoir exporté des technologies à Cuba. Pourtant, les transactions ont eu lieu entre juin 2005 et juin 2006, c’est-à-dire sous l’administration Bush, par le biais d’une filiale basée à l’étranger. Une fois de plus, le caractère extraterritorial des sanctions économiques apparaît au grand jour. Ainsi, loin d’entendre les appels en faveur d’une politique plus rationnelle, Obama a préféré suivre les pas de son prédécesseur 13.

Une autre décision prise par le Département d’Etat illustre le manque de crédibilité des Etats-Unis dans leur volonté de normaliser les relations avec l’île des Caraïbes. Le 30 avril 2009, Washington a de nouveau inclus – sans raison valable – Cuba dans la liste des pays promoteurs du terrorisme, provocant une forte réaction du côté de La Havane qui a accusé les Etats-Unis d’être un « délinquant international », en référence aux agressions commises en Afghanistan et en Irak. Par ailleurs, les Etats-Unis « ont historiquement de lourds antécédents d’actions de terrorisme d’Etat et pas seulement contre Cuba », a déclaré Bruno Rodríguez Parrilla, ministre cubain des Affaires étrangères. « Jamais le territoire cubain n’a été utilisé pour financier ou exécuter des actes terroristes contre les Etats-Unis. Le Département d’Etat qui publie ces rapports ne pourrait pas en dire autant », a-t-il ajouté en référence aux plus de 5 780 attentats terroristes commis contre Cuba qui ont coûté la vie à 3 478 personnes depuis 1959 14.

Ricardo Alarcón, président de l’Assemblée nationale cubaine, a également fustigé la double morale étasunienne en matière de lutte contre le terrorisme, en se référant à Luis Posada Carriles, criminel international responsable de plus d’une centaine d’assassinats, réfugié à Miami et que Washington refuse de juger ou d’extrader :

« Pourquoi Washington refuse de répondre à la requête formelle pour l’extradition de Luis Posada Carriles au Venezuela ? Elle a été reçue il y a plus de quatre ans et est restée sans réponse.
Les conventions internationales contre le terrorisme sont très claires et ne laissent aucune alternative aux Etats-Unis. Posada doit être extradé afin d’être jugé pour avoir fait exploser un avion civil en vol ou alors les Etats-Unis se trouvent dans l’obligation de le mettre en examen pour le même crime « sans aucune exception possible ». Il faut extrader ou juger immédiatement Posada sinon les Etats-Unis continueront d’être en violation de l’article 7 de la Convention de Montréal sur la protection de l’aviation civile et de tous les autres instruments légaux contre le terrorisme international, ainsi qu’avec la résolution 1373 de septembre 2001 du Conseil de sécurité des Nations unies
15 ».

Le président Obama est en train de revenir sur les promesses faites à l’opinion internationale. Ainsi, après s’être montré implacable sur les tribunaux d’exception instaurés par l’administration Bush à Guantanamo –territoire cubain illégalement occupé par les Etats-Unis – qu’il avait qualifiés d’ « échec monumental », le locataire de la Maison-Blanche a tout simplement décidé de conserver les commissions militaires, annulant de facto la fermeture des prisons de Guantanamo, et suscitant l’ire des organisations internationales 16. Il a également choisi de mettre son veto sur la publication de photos illustrant les actes de torture commis par la CIA, contredisant une nouvelle fois sa volonté affirmée à maintes reprises de faire la lumière sur les exactions commises sous le règne de Georges W. Bush 17.

Le monde entier a les yeux rivés sur Barack Obama qui dispose d’une opportunité historique pour mettre un terme à une agression longue de cinquante ans contre le peuple cubain. Il n’y a plus aucune justification du statu quo actuel.

Notes

1 Salim Lamrani, « Le premier geste de Barack Obama à l’égard de Cuba », Voltaire, 18 avril 2009. http://www.voltairenet.org/article159757.html (site consulté le 16 mai 2009).

2 Agence France-Presse, « Presidenta argentina pide a Obama que levante embargo contra Cuba », 17 avril 2009 ; Agencia Bolivariana de Noticias, « Cristina Fernández abogó por Cuba en discurso inaugural de Cumbre de las Américas », 17 avril 2009 ; Agencia Bolivariana de Noticias, « Daniel Ortega rechazó política intervencionista de Estados Unidos », 17 avril 2009.

3 The Associated Press, « Obama Seeks ‘New Beginning’ With Cuba », 17 avril 2009.

4 Macarena Vidal, « Obama ofrece ‘un nuevo comienzo’ en las relaciones con Cuba », EFE, 17 avril 2009.

5 EFE, « Asesor de Obama : EEUU está lejos de levantar el embargo », 19 avril 2009.

6 Agence France-Presse, « Clinton afirma que régimen de Castro en Cuba ‘está finalizando’ », 22 avril 2009.

7 Frances Robles, « Obama a Raúl Castro : ‘Ahora es su turno’ », The Miami Herald, 19 avril 2009.

8 The Associated Press, « Castro Says Cuba Willing to Talk on Equal Terms », 16 avril 2009.

9 Agence France-Presse, « Raúl Castro responde a Obama : No es Cuba la que tiene que hacer gestos », 29 avril 2009.

10 Juan Carlos Chávez, « Informe sugiere ‘más realismo’ en nexos con Cuba », El Nuevo Herald, 21 avril 2009.

11 EFE, « Piden que se pueda viajar a la isla desde más aeropuertos », 28 avril 2009.

12 Nestor Ikeda, « Dueños de empresas y congresistas piden comercio con Cuba », The Associated Press, 6 mai 2009.

13 Wilfredo Cancio Isla, « Multa a petrolera por exportar tecnología a Cuba », El Nuevo Herald, 7 mai 2009.

14 El Nuevo Herald, « EEUU deja a Cuba en la lista de países terroristas », 1er mai 2009.

15 Ricardo Alarcón de Quesada, « Cuba : The Imperial Ignorance », Znet, 13 mai 2009. http://www.zcommunications.org/znet/viewArticle/21446 (site consulté le 16 mai 2009).

16 Le Monde, « Barack Obama maintient les tribunaux d’exception », 16 mai 2009.

17 Jennifer Loven, « Obama Seeks to Block Release of Abuse Photos », The Associated Press, 14 mai 2009.

Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a publié, entre autres, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009) et comporte un prologue de Nelson Mandela.

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; salim.lamrani@parisdescartes.fr

Salim Lamrani est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.
© Droits d'auteurs Salim Lamrani, Mondialisation.ca, 2009

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Cuba y las contradicciones de Barack Obama

Salim Lamrani


El 13 de abril de 2009, en vísperas de la V Cumbre de las Américas en Trinidad y Tobago, Barack Obama alivió las sanciones económicas contra Cuba levantando las restricciones que afectaban a los cubanos que vivían en Estados Unidos. Ahora, éstos pueden viajar a su país de origen siempre que lo deseen (antes limitado a 14 días cada tres años), y mandar remesas sin límites a sus familias (antes 100 dólares al mes).1

La Cumbre, en la cual no participó La Habana , que no forma parte de la Organización de Estados Americanos (OEA) desde su expulsión en 1962, estuvo dominada por el tema Cuba. Durante su discurso inaugural, la presidenta argentina Cristina Kirchner exhortó a Washington a que eliminara el estado de sitio que impone al pueblo de Cuba desde agosto de 1960. Los otros 32 mandatarios latinoamericanos y caribeños también llamaron a la Casa Blanca para que acabase con una situación anacrónica y cruel que afecta a todos los sectores de la población.2

El presidente Obama declaró su voluntad de buscar “un nuevo comienzo con Cuba”.3Creo que podemos llevar la relación entre EEUU y Cuba en una nueva dirección”, subrayó. “Estoy aquí para lanzar un nuevo capítulo de acercamiento que continuará durante mi mandato”, concluyó. Por su parte, la secretaria de Estado Hillary Clinton reconoció que la política cubana de Estados Unidos “había fracasado”.4

No obstante, tan pronto acabó la Cumbre de las Américas, la Casa Blanca cambió el tono. El 19 de abril de 2009, David Axelrod, asesor político del presidente, señaló que su gobierno no levantaría inmediatamente las sanciones económicas. “Todavía estamos lejos de eso”, declaró a la cadena de televisión CBS.5 Clinton, por su parte, hizo una declaración poco agradable y poco diplomática con respecto al gobierno de La Habana , enfatizando que se trataba de un “régimen que estaba finalizando”, con lo que suscitó serias dudas en cuanto a su voluntad de resolver las diferencias entre las dos naciones.6

Luego, el presidente Obama impuso a Cuba como condición previa a un diálogo bilateral que efectuara cambios en su política interna, particularmente con una reducción de los impuestos relativos a los flujos financieros, sabiendo a ciencia cierta que el gobierno de Raúl Castro no aceptaría ninguna injerencia en los asuntos internos de su país. En efecto, es como si La Habana le exigiera a Washington el establecimiento de un sistema universal de atención médica en Estados Unidos antes de entablar cualquier negociación.7

Por su parte, Raúl Castro reiteró su disposición a dialogar con Washington sobre cualquier tema “derechos humanos, presos políticos y libertad de prensa”, con tal de que se hiciera sobre una base de igualdad, de reciprocidad y de no injerencia.8 También recordó que la pelota se encontraba en el campo de Obama: “Cuba no ha impuesto sanción alguna contra Estados Unidos ni contra sus ciudadanos. No es Cuba la que impide a los empresarios de ese país hacer negocios con el nuestro, no es Cuba la que persigue las transacciones financieras realizadas por los bancos norteamericanos, no es Cuba la que tiene una base militar en territorio de los Estados Unidos contra la voluntad de su pueblo. No es Cuba la que tiene que hacer gestos. No hay pretexto político ni moral que justifique la continuidad de esa política”.9

Los llamados a favor de un alivio de las sanciones contra Cuba se multiplican en Estados Unidos. El prestigioso Lexington Institute publicó un informe de 50 páginas en este sentido bajo el título Opciones para un compromiso: una guía de recursos para reformar la política de Estados Unidos hacia Cuba (Options for engagement: A resource guide for reforming U.S. policy toward Cuba).El centro de estudios políticos recomendó a la administración Obama que retirara las condiciones impuestas a Cuba como premisa para cualquier diálogo. En efecto, La Habana no es sensible al lenguaje de la intimidación y no acepta ninguna sombra a su soberanía.10

La representante demócrata Kathy Castor, del distrito de Tampa en Florida, también instó al gobierno a que ampliara el número de aeropuertos autorizados para los viajes a Cuba, para hacer frente a número creciente de demandas que ocasiona serios problemas logísticos. Actualmente, sólo los aeropuertos de Miami, Nueva York y Los Ángeles disponen del debido permiso para realizar vuelos a Cuba.11

Por fin, la poderosa Cámara de Comercio de Estados Unidos lanzó una iniciativa a favor del levantamiento de las restricciones comerciales con el apoyo de varios miembros del Congreso. “El convencimiento popular quiere que si algo que hemos intentado durante años no ha funcionado, deberíamos pensar en otra cosa. Hemos hecho durante 50 años algo que no ha dado resultados, hoy es el momento de buscar otros medios”, declaró Thomas J. Donohue, presidente de la organización que agrupa a cerca de 3 millones de empresas estadounidenses. “Estamos perdiendo grandes oportunidades comerciales en un mercado que está a 90 millas de nuestras costas. Esas oportunidades están siendo aprovechadas por otros países como China, pero todavía no es tarde para empezar a recuperarlas”, añadió.12

Pero en vez de dar un paso en esta dirección, Obama adoptó la posición contraria. En efecto, en mayo de 2009, el Departamento de Tesoro infligió una multa de 110.000 de dólares a la empresa petrolera Varel Holdings por haber exportado tecnología a Cuba. No obstante, las transacciones tuvieron lugar entre junio de 2005 y junio de 2006, es decir bajo la administración Bush, mediante una filial basada en el exterior. Una vez más, el carácter extraterritorial de las sanciones económicas aparece a plena luz. Así, lejos de oír los llamados a favor de una política más racional, Obama prefirió seguir los pasos de su predecesor.13

Otra decisión que tomó el Departamento de Estado ilustra la falta de credibilidad de Estados Unidos en su voluntad de normalizar las relaciones con la Isla del Caribe. El 30 de abril de 2009, Washington incluyó otra vez –sin razón válida– a Cuba en la lista de los países patrocinadores del terrorismo, provocando una fuerte reacción por parte de La Habana , que acusó a Estados Unidos de ser un “delincuente internacional”, en referencia a las agresiones cometidas contra Afganistán e Iraq. Por otra parte, Washington “ha tenido históricamente un largo expediente de acciones de terrorismo de Estado no sólo contra Cuba”, declaró Bruno Rodríguez Parrilla, canciller cubano. “Jamás el territorio cubano se ha utilizado para financiar o ejecutar actos terroristas contra los EEUU de América. El Departamento de Estado que emite esos informes no podría decir lo mismo”, añadió refiriéndose a los más de 5.780 atentados terroristas cometidos contra Cuba que costaron la vida a 3.478 personas desde 1959.14

Ricardo Alarcón, presidente de la Asamblea Nacional cubana, también criticó la doble moral estadounidense en materia de lucha contra el terrorismo, refiriéndose a Luis Posada Carriles, criminal internacional responsable de más de un centenar de asesinatos, refugiado en Miami y a quien Washington se niega a juzgar o extraditar :

“¿Por qué finalmente Washington no responde a la solicitud formal de extradición a Venezuela de Luis Posada Carriles? La misma fue recibida hace más de cuatro años y no ha tenido respuesta.
Las convenciones internacionales contra el terrorismo son muy claras y no dejan a Estados Unidos ninguna salida. Posada debe ser extraditado para que continúe su juicio por la destrucción en pleno vuelo de un avión civil o Estados Unidos está en la obligación de procesarlo por el mismo crimen “sin ninguna excepción en absoluto.” Extraditar o procesar inmediatamente a Posada, o Estados Unidos continuará violando el Artículo 7 de la Convención de Montreal para la Protección de la Aviación Civil y todos los otros instrumentos legales contra el terrorismo internacional y la Resolución 1373 del Consejo de Seguridad de Naciones Unidas de septiembre de 2001
” .15

El presidente Obama está incumpliendo las promesas que hizo a la opinión internacional. Así, después de mostrarse implacable con los tribunales de excepción instaurados por la administración Bush en Guantánamo – territorio cubano ocupado ilegalmente por Estados Unidos – a las cuales había calificado de “fracaso monumental”, el inquilino de la Casa Blanca decidió simplemente conservar las comisiones militares, anulando de facto el cierre de la prisión de Guantánamo y suscitando la ira de las organizaciones internacionales.16 También decidió vetar la publicación de las fotos que mostraban los actos de tortura que cometió la CIA , contradiciendo otra vez su voluntad, afirmada en varias ocasiones, de demostrar transparencia sobre las exacciones cometidas bajo el mandato de Georges W. Bush.17

El mundo entero tiene los ojos fijos en Barack Obama, que dispone de una oportunidad histórica de acabar con una larga agresión de cincuenta años contra el pueblo cubano. No existe justificación alguna para el statu quo actual.

Revisado por Caty R.

Notas

1 Salim Lamrani, «El primer gesto de Barack Obama hacia Cuba», Rebelión, 19 de abril de 2009. http://www.rebelion.org/noticia.php?id=84026 (sitio consultado el 16 de mayo de 2009).

2 Agence France-Presse, «Presidenta argentina pide a Obama que levante embargo contra Cuba», 17 de abril de 2009; Agencia Bolivariana de Noticias, «Cristina Fernández abogó por Cuba en discurso inaugural de Cumbre de las Américas», 17 de abril de 2009; Agencia Bolivariana de Noticias, «Daniel Ortega rechazó política intervencionista de Estados Unidos», 17 de abril de 2009.

3 The Associated Press, «Obama Seeks ‘New Beginning’ With Cuba», 17 de abril de 2009.

4 Macarena Vidal, «Obama ofrece ‘un nuevo comienzo’ en las relaciones con Cuba», EFE, 17 de abril de 2009.

5 EFE, «Asesor de Obama: EEUU está lejos de levantar el embargo», 19 de abril de 2009.

6 Agence France-Presse, «Clinton afirma que régimen de Castro en Cuba ‘está finalizando’», 22 de abril de 2009.

7 Frances Robles, «Obama a Raúl Castro: ‘Ahora es su turno’», The Miami Herald, 19 de abril de 2009.

8 The Associated Press, «Castro Says Cuba Willing to Talk on Equal Terms», 16 de abril de 2009.

9 Agence France-Presse, «Raúl Castro responde a Obama: No es Cuba la que tiene que hacer gestos», 29 de abril de 2009.

10 Juan Carlos Chávez, «Informe sugiere ‘más realismo’ en nexos con Cuba», El Nuevo Herald, 21 de abril de 2009.

11 EFE, «Piden que se pueda viajar a la isla desde más aeropuertos», 28 de abril de 2009.

12 Néstor Ikeda, «Dueños de empresas y congresistas piden comercio con Cuba», The Associated Press, 6 de mayo de 2009.

13 Wilfredo Cancio Isla, «Multa a petrolera por exportar tecnología a Cuba», El Nuevo Herald, 7 de mayo de 2009.

14 El Nuevo Herald, «EEUU deja a Cuba en la lista de países terroristas», 1 de mayo de 2009.

15 Ricardo Alarcón de Quesada, «Cuba: The Imperial Ignorance», Znet, 13 de mayo de 2009. http://www.zcommunications.org/znet/viewArticle/21446 (sitio consultado el 16 de mayo de 2009).

16 Le Monde, «Barack Obama maintient les tribunaux d’exception», 16 de mayo de 2009.

17 Jennifer Loven, «Obama Seeks to Block Release of Abuse Photos», The Associated Press, 14 de mayo de 2009.


Salim Lamrani es profesor encargado de cursos en la Universidad París Descartes y en la Universidad Paris-Est Marne-la-Vallée y periodista francés, especialista de las relaciones entre Cuba y Estados Unidos. Ha publicado, entre otros, Doble Moral. Cuba, la Unión Europea y los derechos humanos (Hondarriaba: Editorial Hiru, 2008). Su nuevo libro se titula Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (París: Editions Estrella, 2009) con un prólogo de Nelson Mandela.

Contacto: lamranisalim@yahoo.fr ; salim.lamrani@parisdescartes.fr

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