mercredi 20 mai 2009

Le G8 de l'agriculture sans agriculteur/trices : la faim et la pauvreté en hausse

par Vía Campesina
(version française et espagnole)


La paysannerie par les frères Le Nain.
Musée du Louvre. Photo E. Buchot

La déclaration finale du premier G8 sur l'agriculture qui a pris fin le 20 avril à Cison di Valmarino, admet son propre échec dans le passé et laisse entrevoir un avenir plein de contradictions. Le G8 ne pourra jamais réduire la faim dans le monde en prenant ses décisions à porte close en l'absence des principaux acteurs du débat global sur l'agriculture – les millions de paysans et de paysannes qui nourrissent le monde.

L'affirmation du G8 que “les paysans doivent être les tout premiers protagonistes” sonne particulièrement faux quand on sait que la réunion de ce week-end à été explicitement conçue pour limiter l'accès des organisations paysannes et pour réduire leur visibilité. Les membres du G8 ont tenu leur réunion dans un château isolé dans la montagne, et le ministre Italien de l'agriculture a refusé de rencontrer les représentants des organisations de la société civile italiennes et internationales qui désiraient lui présenter leurs opinions.

Le texte final du G8 est extrêmement contradictoire. S'il reconnaît bien le rôle des producteurs de denrées alimentaires ainsi que la crise qui affecte les zones rurales, il ne réussit pas à définir une vraie stratégie qui puisse surmonter cette crise. D'une part la déclaration parle de mettre “agriculture et développement rural...au centre de la croissance économique durable en renforçant le rôle des familles de paysans et des petites fermes ainsi que leur accès à la terre” et souhaite d'autre part la conclusion des « accords de Doha d'une manière équilibrée, complète et ambitieuse”. Or ces deux politiques sont incompatibles – l'OMC ayant montré que la libéralisation des marchés agricoles et la privatisation des ressources naturelles qu'elle préconise ont eu des effets catastrophiques sur l'agriculture paysanne. Par ailleurs, la déclaration du G8 soutient la proposition du Partenariat Global pour l'Alimentation et l'Agriculture, tout en reconnaissant en même temps le rôle central de la FAO,- deux positions irréconciliables. Les Institutions existantes des Nations Unies doivent être au centre de la solution de la crise actuelle, - et non pas la Banque Mondiale et le FMI représentés par le Partenariat Global.

Indépendamment de la nature de leur déclaration, les membres du G8 ont au moins reconnu une évidence flagrante pour le reste du monde depuis de nombreuses années – que le monde a échoué lamentablement dans ses efforts pour réduire de moitié le nombre des affamés pour 2015 comme prévu dans les objectifs de développement du Millénaire. Ce sont bien les politiques du G8, imposées aux pays du Sud durant des décennies, qui en sont responsables.

Toute vraie politique visant à mettre les paysans, les paysannes et l'agriculture familiale au centre du scénario rejetterait automatiquement l'agenda du libre marché ainsi que le Partenariat Global et permettrait aux états de protéger le droit de leurs citoyens à travailler et à manger. Les paysans et les paysannes qui représentent environ la moitié des travailleurs du monde sont les premiers à souffrir la faim et la sous-alimentation. Les représentants du mouvement paysan international La Via Campesina se sont rassemblés à Trévise ce week-end pour faire entendre leurs propositions.

Leurs demandes son simples – autoriser les peuples et les pays à définir et à protéger leurs propres systèmes d'agriculture sans affecter négativement les autres. Transformer le modèle d'exportation agricole tant dans le Nord que le Sud en un modèle basé sur une production agricole locale et durable basée sur une agriculture paysanne durable. Au cours d'un séminaire organisé par la Plateforme Italienne pour la Souveraineté Alimentaire, Ibrahim Coulibaly, président de la CNOP au Mali l'a exposé très clairement - “L'Afrique est capable de se nourrir” - “elle n'a nul besoin des politiques agricoles globales qui lui sont imposées par un groupe illégitime de pays riches... ce n'est pas le rôle du G8 de décider de la politique agricole internationale !

Trévise, 21 Avril 2009

Pour en savoir plus: http://www.viacampesina.org/

Regardez les vidéos sur http://www.wsftv.net/


http://alainet.org/active/30066



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Un G8 sobre agricultura sin campesinos = más hambre y pobreza

Vía Campesina


La primera reunión del G8 sobre agricultura que terminó ayer en Cison di Valmarino produjo una declaración final que no solamente admite sus propios fallos en el pasado, sino que prevé un futuro lleno de contradicciones. El G8 no podrá nunca aliviar el hambre en el mundo tomando decisiones a puerta cerrada, en ausencia de los actores principales del debate mundial sobre agricultura- los millones de campesinos y familias de agricultores, hombres y mujeres, que alimentan al mundo

La afirmación del G8 de que “los campesinos tienen que ser los principales protagonistas” suena particularmente vacía cuando la reunión de este fin de semana fue explícitamente planificada para limitar el acceso de las organizaciones campesinas y reducir su visibilidad. El G8 realizó el encuentro en un castillo aislado en las montañas, y el ministro de Agricultura italiano rechazó reunirse con representantes de las organizaciones de la societad civil italianas e internacionales que querían expresar sus opinions.

El texto finalmente producido por el G8 es extremadamente contradictorio. Aunque reconoce el rol de los productores de alimentos y la crisis que afecta a las áreas rurales, falla al definir una estrategia real que pudiera aliviar la crisis. La declaración por una parte habla de poner “la agricultura y el desarrollo rural... en el centro del crecimiento económico al reforzar el papel de la agricultura familiar y los pequeños agricultores y su acceso a la tierra”, y por otra parte habla de “alcanzar una conclusión equilibrada, global y ambiciosa de la Ronda de Doha”, dos políticas que son incompatibles- la OMC ha mostrado repetidamente que tiene efectos catastróficos en la agricultura campesina porque liberaliza los mercados agrícolas y privatiza los recursos naturales.

La declaración también apoya la propuesta de creación de la Alianza Mundial para la Agricultura y la Alimentación, reconociendo al mismo tiempo el papel central de la FAO — dos posiciones que no pueden reconciliarse. Las instituciones existentes de la ONU deberán estar en el centro de la solución de la crisis actual, no el Banco Mundial y el FMI representados por la Alianza Mundial.

Además de la naturaleza contradictoria de la declaración, el G8 por lo menos admitió algo que ha sido absolutamente obvio para el resto del mundo durante muchos años- que el mundo ha fracasado totalmente en sus intentos para reducir a la mitad la proporción de hambrientos en el mundo para el 2015, en correspondencia con las metas del Milenio. Son precisamente las políticas del G8, impuestas a los países del sur, las que son responsables.

Cualquier política verdadera para poner en el centro a los campesinos, las campesinas y la agricultura sostenible rechazaría la agenda de libre comercio y la alianza mundial y permitiría a los estados proteger los derechos de sus pueblos a trabajar y a alimentarse. Los campesinos y las campesinas, que representan cerca de la mitad de la población activa del mundo, son los primeros en ser afectados por el hambre y la desnutrición

Representantes del movimiento internacional de campesinos de la Vía Campesina se reunieron en Treviso este fin de semana para hacer oír sus alternativas. Sus demandas son sencillas- permitir a los pueblos y países que definan y protejan sus propios sistemas agrícolas, sin afectar negativamente a los demás. Transformar el modelo agro-exportador en el norte y en el sur en otro basado en la producción local sostenible, basado en la agricultura familiar. Al hablar en el seminario organizado por la Plataforma Italiana para la Soberanía Alimentaria, Ibrahim Coulibaly, presidente del CNOP (Comité Nacional de Organizaciones Campesinas) de Malí dijo muy claramente: “Africa puede alimentarse a sí misma, no necesita de políticas agrícolas impuestas por un grupo ilegítimo de países ricos.... ¡el papel del G8 no es decidir la política agrícola internacional!”

Más información en: http://www.viacampesina.org/

Los videos de las entrevistas están disponibles en: http://www.wsftv.net/

Treviso, 21 de Abril del 2009


http://alainet.org/active/30056

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