Le député Steven Benoît, initiateur de la loi fixant le salaire minimum à 200 gourdes, s'attaque au « matraquage médiatique orchestré par la présidence » pour faire échouer une « loi salutaire ». Dans une lettre-réponse au chef de l'Etat, le transfuge de Lespwa s'attaque aussi au secteur privé des affaires.
Hier alliés politiques et beaux-frères par surcroît, les chemins du président René Préval et ceux du député Steven Benoît se décroisent depuis le vote de la loi sur le salaire minimum. « Je me vois dans l'obligation d'apporter une réponse au matraquage médiatique orchestré sur le salaire minimum par la présidence de la République, une partie du secteur des affaires et cette fameuse association de chômeurs si satisfaite de son état, si subitement très active et dotée de fonds extraordinaires et inépuisables », dénonce le parlementaire qui a la paternité de la nouvelle loi sur le salaire minimum. Dans une lettre-réponse au chef de l'Etat qui souhaite la continuité des débats avant de sanctionner ses objections sur la nouvelle loi sur le salaire minium, le parlementaire s'interroge sur le maigre salaire, par exemple, d'un professeur de la 6ème année fondamentale à Mare-Rouge ainsi que sur le profit réalisé l'année dernière par les 26 entreprises de la sous-traitance.
Dans cette lettre dont une copie a été acheminée à la rédaction de Le Nouvelliste, le député Steven Benoît réprouve implicitement la stratégie du président Préval pour faire échouer sa loi qu'il estime salutaire. « Il ne s'agit plus d'objections, mais d'une invitation au dialogue, un dialogue qui promet de s'étendre sur des semaines et des mois, voire des années, jusqu'à l'avènement de la 49ème législature ou l'enterrement pur et simple d'une loi salutaire, mais que la présidence juge irritante pour la sérénité d'un mandat qu'elle entend à tout prix irriguer à l'eau de rose », craint l'élu de Pétion-Ville. Les populations, estime-t-il, doutent de plus en plus que la présidence se préoccupe réellement de la problématique du salaire minimum.
« L'opinion publique haïtienne répugne de voir ses dirigeants s'évertuer à la convaincre que l'insignifiance du salaire engendre la ruée des investisseurs en Haïti. C'est sans doute dans cette dynamique improbable que les pouvoirs publics se sont gardés de l'indexer, au mépris de la loi. Peut-être même faudrait-il le ramener à 35 gourdes pour générer une création massive d'emplois », ironise Steven Benoît dans sa longue lettre adressée au président Préval ! « Alors Monsieur le Président, combien d'emplois ont été créés depuis votre avènement ? Quel a été le salaire moyen de ces emplois perdus depuis juin 2006 à la Téléco, à l'APN...et aux SMCRS ? », s'interroge perplexe le député Steven Benoît, fondamentalement accroché à la loi faisant passer le salaire minimum de 70 à 200 gourdes ?
Elu sous la même plateforme Lespwa que le président, le député Benoît demande au chef de l'Etat de publier la loi votée par le Parlement. « Nos rudes travailleurs attendent le salaire qui leur permettra au moins de maintenir et de renouveler leur force de travail. Publiez les 200 gourdes du salaire minimum. C'est un premier pas sur la voie de cette justice sociale et d'une redistribution équitable de la production nationale qui ne doit pas bénéficier à une seule classe de la communauté haïtienne », plaide Benoît.
« Investissez dans l'agriculture, dans l'agro-industrie, dans le tourisme. Empêchez que les milliers de sacs d'engrais destinés à nos paysans n'aboutissent en pays voisin. Arrêtez l'achat de voitures luxueuses pour l'Etat, ainsi que la valse des voyages coûteux et inutiles des hauts commis. Construisez trois grands centres universitaires d'Etat pour nos étudiants incompris, maltraités, méprisés. Débarrassez-vous des corrupteurs et des corrompus, encouragez l'intégralité de l'excellence dans le service public... », sont les souhaits du député, en fin de mandat, formulés au chef de l'Etat.
Claude Gilles
Hier alliés politiques et beaux-frères par surcroît, les chemins du président René Préval et ceux du député Steven Benoît se décroisent depuis le vote de la loi sur le salaire minimum. « Je me vois dans l'obligation d'apporter une réponse au matraquage médiatique orchestré sur le salaire minimum par la présidence de la République, une partie du secteur des affaires et cette fameuse association de chômeurs si satisfaite de son état, si subitement très active et dotée de fonds extraordinaires et inépuisables », dénonce le parlementaire qui a la paternité de la nouvelle loi sur le salaire minimum. Dans une lettre-réponse au chef de l'Etat qui souhaite la continuité des débats avant de sanctionner ses objections sur la nouvelle loi sur le salaire minium, le parlementaire s'interroge sur le maigre salaire, par exemple, d'un professeur de la 6ème année fondamentale à Mare-Rouge ainsi que sur le profit réalisé l'année dernière par les 26 entreprises de la sous-traitance.
Dans cette lettre dont une copie a été acheminée à la rédaction de Le Nouvelliste, le député Steven Benoît réprouve implicitement la stratégie du président Préval pour faire échouer sa loi qu'il estime salutaire. « Il ne s'agit plus d'objections, mais d'une invitation au dialogue, un dialogue qui promet de s'étendre sur des semaines et des mois, voire des années, jusqu'à l'avènement de la 49ème législature ou l'enterrement pur et simple d'une loi salutaire, mais que la présidence juge irritante pour la sérénité d'un mandat qu'elle entend à tout prix irriguer à l'eau de rose », craint l'élu de Pétion-Ville. Les populations, estime-t-il, doutent de plus en plus que la présidence se préoccupe réellement de la problématique du salaire minimum.
« L'opinion publique haïtienne répugne de voir ses dirigeants s'évertuer à la convaincre que l'insignifiance du salaire engendre la ruée des investisseurs en Haïti. C'est sans doute dans cette dynamique improbable que les pouvoirs publics se sont gardés de l'indexer, au mépris de la loi. Peut-être même faudrait-il le ramener à 35 gourdes pour générer une création massive d'emplois », ironise Steven Benoît dans sa longue lettre adressée au président Préval ! « Alors Monsieur le Président, combien d'emplois ont été créés depuis votre avènement ? Quel a été le salaire moyen de ces emplois perdus depuis juin 2006 à la Téléco, à l'APN...et aux SMCRS ? », s'interroge perplexe le député Steven Benoît, fondamentalement accroché à la loi faisant passer le salaire minimum de 70 à 200 gourdes ?
Elu sous la même plateforme Lespwa que le président, le député Benoît demande au chef de l'Etat de publier la loi votée par le Parlement. « Nos rudes travailleurs attendent le salaire qui leur permettra au moins de maintenir et de renouveler leur force de travail. Publiez les 200 gourdes du salaire minimum. C'est un premier pas sur la voie de cette justice sociale et d'une redistribution équitable de la production nationale qui ne doit pas bénéficier à une seule classe de la communauté haïtienne », plaide Benoît.
« Investissez dans l'agriculture, dans l'agro-industrie, dans le tourisme. Empêchez que les milliers de sacs d'engrais destinés à nos paysans n'aboutissent en pays voisin. Arrêtez l'achat de voitures luxueuses pour l'Etat, ainsi que la valse des voyages coûteux et inutiles des hauts commis. Construisez trois grands centres universitaires d'Etat pour nos étudiants incompris, maltraités, méprisés. Débarrassez-vous des corrupteurs et des corrompus, encouragez l'intégralité de l'excellence dans le service public... », sont les souhaits du député, en fin de mandat, formulés au chef de l'Etat.
Claude Gilles

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