samedi 12 décembre 2009

Divorce

par Jean Dornac


Divorce


Ils étaient tant et plus
A attendre que pivote
Le tourniquet du divorce
Dans les bras de la Dame aux yeux bandés.
Les uns, tout sourire et soulagés,
D’autres sombres et tourmentés,
Pareils à un lac sans fond
Hanté de créatures macabres.

Pour certains,
La branche s’est cassée brutalement,
Sans orages,
Sans scènes légendaires.
En silence,
Sans signes précurseurs.
Subsiste, l’obsédante question
A l’autre, désormais muet.

Pour d’autres,
Les feuilles sont tombées peu à peu,
Au rythme des saisons
D’une vie trépidante
De travail et d’acharnement
Ou d’amours butinés ailleurs,
Fruits du réel ou d’un imaginaire
Comblant les absences…

Quelques-uns
N’ont connu que l’ouragan
Et les coups d’une âme borgne
Après les promesses ensoleillées.
Même les roseaux les plus souples
Finissent par se rompre
Sous la chape de glace
De l’amour transi.

Et les bourgeons prometteurs
N’y font rien.
De ciment, ils deviennent
Sables mouvants
Qui prennent tout
Et ne rendent rien.
Sans amour, ne se trouve que le vide,
Que désert et soif jamais comblés.

Sans rien y pouvoir,
Les jeunes souches assistent à la furie
Qui couvait depuis trop longtemps
Et finit, lors d’un orage ou d’un émoi de trop,
Par dévorer ce qui restait
D’un spectre d’amour qui s’étiolait
Au champ des amours perdues.

Feu destructeur ou purificateur ?
Fin ou recommencement ?
Il suffirait d’aimer
Pour voir l’éternité
Et goûter aux fragrances
D’une tendre mélopée.

© Jean Dornac
Paris, le 28 novembre 2009

Source image : http://www.stielec.ac-aix-marseille.fr/

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