mercredi 17 mars 2010

LA CHIENLIT NEOLIBERALE

Jean-Jacques REY

Quand on voit comment des Merkel et consort s’en prennent aux responsables grecs du moment (coupables d’être de mauvaise tendance) pour exiger des sacrifices humains au nom de la Finance internationale qui, entre parenthèse, s’en prend à l’euro pour redonner de l’attrait au dollar, on peut imaginer tout le programme qu’ils ont dans la tête pour le développement social, ces gens-là. Ils ressemblent à un nœud de vipères qui s’entre-déchirent devant les autels d’un dieu courroucé. Ce qu’ils exigent d’une nation, ils l’exigent tout autant, jour après jour, des citoyens de leur propre pays qui ont eu la mauvaise idée de leur confier les rênes du gouvernement, pour eux et contre nous !

Les néolibéraux et leurs alliés réactionnaires, vampires du social, qu’on appelle néocons sous d’autres cieux, vident autant de son sang que de son sens, les sociétés humaines. En France, ils en sont rendus à mettre sous tutelle les comptes bancaires des pauvres et vouloir imposer le couvre-feu aux mômes, en se torchant le cul avec les droits fondamentaux ; d'ailleurs ils ne s'embarrassent plus guère avec des formes juridiques, quand ils ne veulent pas les faire disparaître carrément ! ... Même les hommes des cavernes devaient avoir plus de sagacité qu’eux ! La preuve, c’est qu’ils ont laissé des traces, alors que les spécimens en question ne laissent que des ruines ! Là-dedans, nous retrouvons les individus broyés sans pitié au nom du dieu Baal des argentiers, qu’ils ont paré d’un drapeau bleu, sur notre continent européen, pour satisfaire à nos idéaux romantiques peut-être… Mais je vous laisse augurer de la couleur qu’il aura demain, s’ils continuent à célébrer la messe !

Le néolibéralisme, c’est une maladie de société, ni plus ni moins. Les destructions déjà faites dans le tissu social par les chancres de cette idéologie sont effrayantes. Nous avons affaire à un système pathogène qui, ô misère morale, n’a cessé de corrompre nos « élites », pour des intérêts bassement matériels, au point d’apparaître l’incontournable, seule et unique « réalité », mise en forme par des appointés sur les médias, qui, eux, ô comble de la stupidité sans gêne, viennent nous ressasser ensuite des mises en garde contre la "virtualité". Ah ! système de rente quand tu nous obliges !

La « réalité » ainsi fabriquée finit par donner des monstres de « pragmatisme » comme Sarkozy qui sont la négation même de l’identité nationale. Vous avez remarqué comme il aime bien, autant par dérision que par calcul politique, s’en faire un pagne de notre identité ? Si c’est ainsi, vous comprenez alors que ce type s’attaque à tout ce qui fait l’honneur de la France, en premier lieu sa culture et ses acquis sociaux. Ce n’est quand même pas une simple tactique pour s’asseoir sur le « trône ». Non, beaucoup plus grave, selon desiderata de ses mentors : confer le zoo de Davos, c’est une entreprise de démolition de notre identité (et de notre fierté) nationale. L’encouragement aux communautarisme n’est certainement pas un phénomène purement conjoncturel. Nous retournons bien à un certain féodalisme qui est la vision profonde du néolibéralisme. Alors quand on entend les mots « réforme » et « modernité », dans la bouche de ces gens-là, on peut s’interroger sur la nature réelle de leur défi, sur la perte de sens qu’ils véhiculent, et comprendre mieux où ils veulent en venir, presque malgré eux, dans leurs courtes vues.

Le « petit roi » qui s’est emparé présentement du pouvoir n’a jamais pensé "Français", et je suis agréablement surpris de voir comment ce constat est largement partagé à travers tout le corps social, et qui concerne au moins tout l'espace de la Francophonie ! Sous les apparences, c’est le vide ou le toc si le tambour bat son plein dans la tête ou la poitrine ! Il ne fait même pas les utilités dans le populisme, contrairement à ce qu’on avance ici ou là, car le peuple le dégoûte trop facilement, et cela finit par se remarquer… Non, il fait tout simplement dans le mercantilisme, et il tourne à tous les vents, et bien sûr, on ne gouverne pas ferme, en étant une girouette ! …

Retournons à une vue plus large… Le but ultime de la chienlit néolibérale est de domestiquer l’idée même de civilisation à son profit. En ce sens toute création qui ne sert pas l’utilitarisme à courte vue, doit être étouffé dans l’œuf, c’est à dire en abrutissant l’esprit ; et c’est marrant comme les instigateurs trouve en nombre des collaborateurs zélés, prêts à s’oublier eux-même en tant que conscience humaine, jusqu’à se faire hara-kiri ! Regardez faire les artificiers de la chienlit néolibérale, repérez leurs cibles, et vous comprendrez les voies qu’ils percent, le paysage social qu’ils nous dessinent pour demain, si vous ne marchez pas déjà à l’aveuglette dans les projections ! Après, la suite n’est qu’une affaire de procédés, plus ou moins avoués, toujours immondes. Ma petite histoire personnelle en illustre quelque forme, mais elle est vraiment anecdotique, il y a pire !

Disons-le tout net, les néolibéraux, qui peuvent être chargés de titres comme des bêtes de somme(s), sont autant un défi qu’un fléau pour l’intelligence humaine et sa création. Le développement harmonieux de sociétés intelligentes et la préservation de la Vie sur Terre commandent leur neutralisation rapide et définitivement. Nous devons faire sauter la camisole qu’ils imposent de force au monde entier et au peuple français en particulier, puis leur faire manger cet article de contention, jusqu’au dernier nœud s’il le faut !

En attendant, moi, esprit libre, ils peuvent toujours courir pour me mettre au pas. Ceci n’est pas une promesse, mais un engagement, et celui-là, je le signe en connaissance de cause !

Jean-Jacques REY

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