lundi 16 mai 2011

Une riche semaine politique…

Jean Dornac

Riche, oui, mais plutôt pour remplir les cases de l’inutile, du ridicule, voire du criminel. Deux événements ont retenu mon attention. Un film et une arrestation à New York ! Sont touchés, un Président encore en exercice et un autre qui, sans doute, aspirait à prendre sa place.

Le cas « D.S.K. »

L’arrestation, vous le savez, concerne Dominique Strauss-Kahn. Pour des raisons de « présumé innocent », je ne m’étendrai guère sur cette affaire à l’heure qu’il est en ce dimanche 15 mai. Tout dépend si les faits sont avérés ou non. Dans le premier cas, à mon avis, la carrière de Strauss-Kahn, en tant que Président du FMI, mais également en tant que candidat aux prochaines présidentielles françaises, est terminée. Et s’il est innocent, nous en serons quittes, nous qui sommes restés très gaulois, pour rire un grand coup. Il est probable que j’aurai l’occasion de reparler du cas Strauss-Kahn dans les jours à venir…

« La conquête »

Il s’agit d’un film. Pour ceux qui n’auraient pas suivi les infos de ces dernières semaines, c’est un film sur la conquête du pouvoir par Nicolas Sarkozy juste avant 2007. Loin de moi l’idée de remettre en cause les acteurs, réalisateurs, producteurs, etc., de ce film, mais je me demande tout de même ce qui s’est passé dans leurs têtes pour choisir un thème à ce point dénué d’intérêt !

Personnellement, je n’irai pas le voir, en tout cas pas avant une bonne dizaine d’années, une fois que je serai « décontaminé » de l’ère catastrophique de Sarkozy. Car enfin, depuis quatre ans, et même plus lorsqu’on songe à l’époque où il n’était que ministre de l’Intérieur de Chirac, nous avons subi une surdose grave d’apparition au petit écran de ce personnage ! Jusqu’à la nausée ! Je trouve que l'on a rarement, du côté des médias, mis autant en avant et en image un personnage ayant aussi peu d’intérêt. Je peux faire comme je veux, ces quatre années ne sont dignes, au mieux, que des pires télés réalités. Ce sont les médias, très complices au début, qui ont fabriqué ce personnage et qui, d’une certaine manière, nous l’ont imposé. Et vous verrez que si, d’aventures, Carla Sarkozy est enceinte, nous n’aurons encore rien vu, rien entendu, jusqu’ici !

Sincèrement, je me demande qui, hormis les rares qui l’admirent encore, ira se déplacer, payer un certain nombre d’euros pour voir encore du Sarko ! Nul doute qu’il faudrait être franchement maso ! Au cours de la semaine écoulée, dans les quelques émissions que j’ai suivies où l’on parlait de ce film, bien que personne ne l’avait encore vu, j’ai souvent été amusé par les commentaires de certains journalistes, experts ou autres intervenants. Presque tous, maintenant que le « roi est à terre », disaient combien ce personnage avait été choquant ou agaçant dans ses attitudes avant et après son élection. Mais beaucoup ajoutaient qu’ils avaient été « fascinés » par lui !

Peut-être parce que je suis un opposant des premières heures, Sarkozy ne m’a jamais fasciné ! Et je ne vois pas en quoi il pourrait provoquer un tel sentiment ou une telle attitude en moi. Nul brute colérique ne m’a jamais fasciné ; nul ambitieux ne me fascine ; nul riche avec ou sans «bling bling» ne peut me fasciner ; aucun homme de pouvoir, par ailleurs, ne peut me fasciner. J’ai admiré De Gaulle en son temps, et Mitterrand à son époque. Mais l’admiration n’a rien à voir avec la fascination. Que pourrais-je bien admirer au point d’en être fasciné chez Nicolas Sarkozy ? Rien ! Le vide n’a rien d’admirable ni de fascinant.

En fin de compte, même si je peux comprendre qu’un réalisateur ait eu envie de faire un film sur Sarko, même si des acteurs ont aimé tourner ce film, ce dont je ne doute pas, pour moi ce n’est pas un événement ou alors tout juste quelque chose à rapprocher à cette époque dingue d’admiration et d’idolâtrie des « peoples ». C’est un état d’esprit que je déplore profondément. Et cela m’attriste de voir combien de concitoyens se laissent piéger comme des mouches à ce « papier collant » enduit de parfums capiteux pour mieux les « tuer ». Combien parmi tous ceux-là réalisent à quel point ils sont manipulés au point d’en arriver à admirer, à aimer des valeurs qui n’en sont en aucun cas ?

En ce sens, ce film n’aurait jamais dû sortir quelques mois avant les Présidentielles. Quelle publicité en effet pour ce personnage honni par une grande foule. D’une manière ou d’une autre, certainement sans que cela fût la volonté des créateurs de ce film, ce dernier participe déjà à la campagne présidentielle sans qu’il n’en coûte un centime à Sarko. On le sait, Sarko n’a qu’un désir, qu’un souhait permanent : Que l'on parle de lui ! C’est la seule façon pour lui d’exister ! Que l'on parle en bien ou en mal, peu lui importe dans le fond, ce qu’il faut c’est qu’on parle de lui autant que possible quotidiennement ! Ce film est donc du pain béni pour le locataire de l’Élysée.

Qu’aillent le voir tous ceux qui le souhaitent, mais pour ma part, je ne me prêterai pas à ce petit jeu sans intérêt. Et, de plus, n’en doutez pas, à mesure que nous approcherons des élections, nous allons devoir en « bouffer » du Sarko et jusqu’à l’indigestion garantie !

Jean Dornac
Paris, le 15 mai 2011

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