mercredi 27 juillet 2011

De royaux émoluments pour les questeurs du Sénat ?

Anticor

Depuis sa création notre Association est soucieuse de réhabiliter l’éthique en politique, avec le souci de l’intérêt général plutôt que de privilégier des intérêts particuliers. Il s’agit pour nous plus que jamais que les citoyens retrouvent la confiance qu’ils semblent avoir perdue dans leurs représentants.

Or sujet d’une controverse récurrente, amplifiée par la crise économique et les mesures d’austérité annoncées, le train de vie de nos représentants ne laisse pas de surprendre le contribuable, tenu à l’écart d’une certaine « cuisine parlementaire », mais de plus en plus soucieux de la destination et de l’emploi des deniers publics.

Dernièrement, c’est aux soupçons de conflits d’intérêt de certains députés qu’il revenait de raviver les braises d’une polémique mal éteinte, car souvent escamotée par les intéressés, auquel profite un système de rémunération d’une rare sophistication et dont la transparence n’est pas, pour le moins, la vertu cardinale …

À noter cependant, le projet d’une réforme porté par quelques parlementaires de ce que l’on peut appeler un régime d’exception. Ce projet a bénéficié d’un groupe de travail au Sénat, mais dont la modestie des propositions, à quelque réserve près, marque un net recul compte-tenu des ambitions initiales.

C’est toutefois une autre illustration de cet état des choses qui suscite l’attention, depuis les révélations d’un article de Médiapart consacré aux questeurs du Sénat.

Car aux confortables émoluments issus de leur activité parlementaire, pour ces élus préposés à la gestion financière et l’administration intérieure de la chambre haute viendraient s’ajouter des sources complémentaires de revenus non négligeables, et autres compensations, privilèges de leur fonction.

Cette charge est très convoitée, ils valident les dépenses, ont autorité sur les services, distribuent les bureaux, attribuent les marchés publics, les trois sénateurs et questeurs actuels – un PS et deux UMP – se comporteraient en « demi-dieux » selon les propos rapportés de certains fonctionnaires du Sénat.

Côté rétribution, le traitement serait pourtant des plus enviables, si l’on s’en réfère à l’énumération des divers frais, indemnités et autres services dont ces élus seraient les heureux bénéficiaires, quand bien même les sommes placées sous leur contrôle seraient considérables : plusieurs centaines de millions d’euros (347 selon Mediapart), dont l’emploi échapperait à tout regard de l’exécutif.

L’opacité régnant sur les rémunérations de ses représentants pour le simple citoyen, c’est aux investigations de journalistes curieux qu’il faut s’en remettre pour bénéficier d’information sur les
modalités d’attribution et le montant de celles-ci. Encore l’accès n’en est-il pas forcément plus aisé pour ces limiers de l’information qui, de leur propre aveu semble-t-il, ont en l’espèce dû se
restreindre à ne détailler que la situation du questeur PS Jean-Marc Pastor, à défaut de disposer d’éventuels renseignements sur la situation de ses homologues questeurs René Garrec et Gérard Dériot.

L’article de Mediapart laisse apparaître ce qui pourrait être un certain laxisme, alors que les autorités du Sénat sont seules à même de sanctionner s’il s’agit d’abus.

Pour en savoir plus : mediapart

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