SuperNo“L’enquête se poursuit”. C’est par ces mots que les chaines d’infos résument ce soir la rencontre entre les avocats de DSK et l’accusation.
Pourtant, cela fait plusieurs jours que le pilonnage intensif du DSKakorps se poursuit. Ce matin, sidération sur France Inter, Élisabeth Badinter a renié des dizaines d’années de féminisme pour prendre la défense de son ami (présumé) DSK et fustiger celles de ses “collègues” qui auraient pu insinuer qu’il se serait comporté comme un gros dégueulasse. Quand le copinage prend le pas sur la philosophie… “Il vaut mieux perdre son âme plutôt que de faire perdre les élections à son copain”.
Force est de constater que ce martelage démentiel et permanent provoque des dégâts importants sur le cerveau de bon nombre de “journalistes”, laquais des puissants.
Celui qui était de service sur France Info ce soir m’a particulièrement énervé, répétant en boucle que (de mémoire) “l’accusation s’étant totalement dégonflée, le dossier était désormais vide, toutes les charges allaient donc probablement être abandonnées et DSK blanchi”.
Même si ce n’est pas toujours énoncé avec autant de péremptoiritude et de servilité, c’est ce qui se répétait avec insistance depuis plusieurs jours déjà, sans que cela ne se traduise par une quelconque annonce de Cyrus Vance, celui qui détient les clés du problème.
On en était sûr, l’entrevue d’aujourd’hui avec les avocats des deux parties devait précipiter l’annonce tant attendue.

Et bien non, apparemment. Tout ce qu’ils ont pu trouver à dire aux milliers de journalistes qui les attendaient à la sortie est que l’entretien fut “constructif”. Dans la bouche de ces deux baratineurs impénitents, c’est un aveu d’échec cuisant.
Au contraire, les derniers développements de l’affaire sont très défavorables à DSK. Lisez donc cet article du Monde d’aujourd’hui. Après l’avoir lu, on se demande vraiment comment l’accusation pourrait être abandonnée.
La victime présumée a certes perdu beaucoup de son crédit, mais il reste les preuves matérielles et les autres témoins, tous accablants.
Les horodatages des cartes magnétiques de l’hôtel qui confirment à la minute près la version de la femme de chambre. Et des cartes magnétiques, c’est un peu comme les taches de foutre : ça ne ment pas, ça ne se prostitue pas, et ça n’a pas de mari caché en prison pour trafic de drogue.
La directrice du “Centre de traitement des victimes de crime”, elle-même violée dans sa jeunesse, et qui a recueilli le premier témoignage de la femme de chambre l’a trouvée sous le choc, et n’a pas pensé une seconde qu’elle pût affabuler. Comme tous les autres témoins, flics compris. Le seul truc qui a choqué cette femme, ce sont les méthodes de baltringue des enquêteurs. “La frénésie médiatique, les fuites dans les journaux, l’enquête elle-même… tout est insensé.”
Il est de plus en plus probable que la rumeur lancée par le torchon “New York Post”, rencardé par la défense de DSK, soit une calomnie pure et simple. Mais on voit l’effet dévastateur qu’elle a pu produire. Si vous interrogez 100 personnes dans la rue en France, 80 croient probablement que la femme de chambre était une prostituée. Ce qui n’empêcherait d’ailleurs pas que DSK se fût comporté comme un gros dégueulasse, mais l’accusation de viol deviendrait évidemment intenable.
L’adage bien connu fonctionne décidément bien : “Calomniez, il en restera toujours quelque chose…”
Il se peut que d’ici le 18 juillet, prochain rendez-vous programmé, ou même 5 minutes après la publication de ce billet, Cyrus Vance Jr décide d’abandonner les accusations contre DSK. Aussitôt, le DSKakorps va venir exulter dans tous les médias, et délivrer le message préalablement concocté par la clique d’euro RSCG, et dont on peut prédire que le leitmotiv sera “DSK est blanchi de toutes les accusations qui pesaient sur lui”. Quant à ceux qui auront osé douter une seule seconde de l’immaculée blancheur du Grand Homme, ils pourront commencer à numéroter leurs abattis, la meute ne les lâchera plus.
Alors que la seule vérité, c’est que le procureur Cyrus Vance Jr, craignant pour sa réélection, pourrait ne pas vouloir prendre le risque que DSK soit acquitté lors d’un procès, alors que la victime présumée a désormais au-dessus de sa tête la réputation d’une menteuse, parce que principalement elle a rusé pour entrer aux Etats-Unis, faute paraît-il impardonnable. La probabilité de faire l’unanimité des 12 jurés, intoxiqués par la frénésie médiatique, est devenue quasiment nulle. Violer une menteuse ne serait donc pas punissable.
En attendant, ses communicants lui ayant intimé l’ordre de sourire, DSK ne dit rien, mais sourit. On attend impatiemment sa version des faits, qui promet d’être un grand moment, mais on n’a que son sourire. Espère-t-il que cette méthode Coué va finir de lever les doutes du procureur, qui, certain qu’un mec qui sourit avec tant d’assurance ne peut qu’être innocent, ne pourra que rendre les armes…
[J’imagine aisément que certains d’entre vous puissent éprouver une légitime lassitude quand ils voient ou entendent le mot DSK. Je les comprends. Mais je ne dérogerai pas pour autant à ma ligne de conduite : j’écris ce que j’ai envie d’écrire. J’ai d’autres bouts de billets en cours, j’arriverai bien à en glisser un entre deux DSK un jour ou l’autre… Merci de votre compréhension]
SuperNo

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