Une série de rapports a été publiée sur la catastrophe de Fukushima, tous plus accablants les uns que les autres.
Commandés par le Gouvernement, le parlement, les agences de régulation … Ces rapports d’experts s’accordent tous sur un point : la crise a été une catastrophe d’origine humaine, qui aurait pu être évitée.
Commandés par le Gouvernement, le parlement, les agences de régulation … Ces rapports d’experts s’accordent tous sur un point : la crise a été une catastrophe d’origine humaine, qui aurait pu être évitée.
Le mythe de la sûreté nucléaire
Le dernier rapport en date a été publié le 23 juillet dernier. Comme
le rapport précédent, il dénonce la sous-estimation des risques et la
gestion calamiteuse de la catastrophe. Confié par le gouvernement au
professeur Yotaro Hatamura, un spécialiste des accidents industriels, ce
deuxième rapport souligne la croyance dans le “mythe de la sûreté nucléaire” à l’origine de cette catastrophe.
Comme pour celui du Parlement, le rapport Hatamura dénonce “une gestion de crise déficiente”
Comme pour celui du Parlement, le rapport Hatamura dénonce “une gestion de crise déficiente”
L’état des réacteurs demeurant préoccupant, le comité a donc demandé l’autorisation de poursuivre son travail d’enquête…
Scandales et révélations se succèdent
On apprenait la semaine dernière que les ouvriers de Fukushima ont été “invités” à truquer leurs dosimètres par l’entreprise Build-Up, sous traitant de Tepco.
Un responsable de Build-Up a donné l’ordre à ses employés de couvrir
les dosimètres d’une plaque de plomb, pour truquer les chiffres
indiquant les doses de radiations reçues. La plupart des ouvriers ont accepté de le faire, mais trois s’y sont opposés.
L’objectif ? Sous-déclarer leur exposition afin que la société puisse continuer à travailler sur le site.
L’objectif ? Sous-déclarer leur exposition afin que la société puisse continuer à travailler sur le site.
Des manipulations multiples … Le Japon a présenté des candidatures
pour le renouvellement de cinq membres de la Commission de régulation
nucléaire y compris de son président. Cette initiative intervient après
le scandale qui a éclaté la semaine dernière, lorsque les noms ont été
divulgués aux médias, au mépris de la loi japonaise. Récemment, le journal Asahi Shimbun a publié des documents révélant que deux des candidats,
Fuketa et Shimazake, ont reçu une rémunération de la part de
l’industrie nucléaire japonaise au titre de conférenciers. Bien que les
montants sont probablement en deçà de la limite de 500 000 yens sur
trois ans, cet état de fait pose question sur la neutralité des
candidats…. À nouveau, l’indépendance des autorités de
régulation du nucléaire est entachée de collusion… la grande famille
nucléaire reste un entre soi.
La très légitime colère des japonais
Seize mois après l’accident de Fukushima, le traumatisme reste
immense. Mais c’est surtout la colère qui gronde. La multiplication des
rapports accablants les pouvoirs publics et l’opérateur, notamment sur
l’information de la population contribuent à renforcer la méfiance des
Japonais vis-à-vis du gouvernement.
Les manifestations contre le nucléaire se multiplient au Japon, avec
des rassemblements chaque vendredi soir devant la résidence du Premier
ministre Yoshihiko Noda. Le 16 juillet, 170 000 personnes ont manifesté à
Tokyo contre le redémarrage des réacteurs nucléaires, un chiffre qui
est d’autant plus impressionnant que le Japon, culturellement, n’est pas
coutumier des rassemblements citoyens.
Plusieurs milliers de manifestants ont formé une chaîne humaine dimanche dernier autour du Parlement à Tokyo, pour protester contre le nucléaire et la remise en service récente de deux réacteurs de la centrale d’Ohi.
Plusieurs milliers de manifestants ont formé une chaîne humaine dimanche dernier autour du Parlement à Tokyo, pour protester contre le nucléaire et la remise en service récente de deux réacteurs de la centrale d’Ohi.
Et pourtant, le Japon à redémarré deux de ses réacteurs…
Après avis favorable du gouvernement, les réacteurs n° 3 et n° 4 de
la centrale d’Ohi (dans le sud-ouest du pays) ont récemment été remis en
route. Alors que 80 % de la population souhaite sortir du nucléaire. La
centrale d’Ohi est pourtant située sur une faille sismique… Le
gouvernement a procédé à des tests de résistance de ces centrales aux
séismes et aux tsunamis après l’accident de Fukushima. Mais il a évité
de vérifier si ces sites nucléaires sont situés ou non sur des failles
sismiques et encore moins sur des failles actives !
Cette décision va donc à l’encontre du principe de
précaution. C’est un déni démocratique, et un déni de réalité car autre
chose est possible, et le premier pas a déjà été franchi ! En
effet , depuis le 1er juillet, les compagnies d’électricité japonaises
sont désormais tenues d’acheter toute l’électricité produite à partir de
sources d’énergie renouvelable (éolien, solaire, biomasse, géothermie) à
des prix plus élevés et déterminés par l’État. Cette mesure, ayant pour
objectif de favoriser une dynamique industrielle dans les renouvelables
fonctionne déjà : il y aurait en construction ou en projet plus de 100
parcs photovoltaïques sur l’archipel nippon.
Les énergies renouvelables ne représentent aujourd’hui au Japon que
2% de la production totale (hors hydraulique) … l’effort doit donc être
poursuivi. Non par la population, déjà déterminée. Mais par les pouvoirs
politiques !
Opacité, manque de dialogue, manque de décision politique … ça vous rappelle quelque chose non...?
Photo : Image satellite des dégats à l'Unité 1 de la centrale de Fukushima Daiichi
Greenpeace


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