lundi 27 août 2012

TES YEUX

Camille Loty Malebranhe   


Tes yeux, montagne et porte de beauté,
 
Félicité d’ange, regards d’arc-en-ciel aux volutes spatiales
 
Tes yeux, Pégase du temps qui va, et puis, demeure !
 
Tes yeux, chevelure d’orage, ondée frappante aux échos des toitures,
 
Tes yeux, perle d’azur, plaines de fraîche brise, de chaude verdeur,
 
Tes yeux, carrière naturelle de richesses,
 
Tes yeux, faim et soif ardente de stupre, de frémissement
 
Tes yeux, promesse brûlante d’extase, froissement fluidique sans limite,
 
froissure De monolithes
                                                                                                 
Tes yeux, pierre angulaire, forme de ma demeure,
 
Tes yeux, miroirs d’aube, pastel ocre à l’étincellement vagissant du jour
 
Tes yeux, boucle des vieux dédales et bouche du nouveau
 
Tes yeux, refuge et crépuscule marin au havre du coeur, au port des images
 
Tes yeux, gaufres intimes au sirop de mon sang
 
Tes yeux cime, tes yeux abysse,
 
Tes yeux magie,
 
tes yeux ! ô féérie et sorcellerie des dunes !
 
Tes yeux, bras maternels, tendus solaires à l’esseulé des ombres
 
Tes yeux, char des étreintes aux nuages des voûtes
 
Tes yeux, Ah! ma seule bâtisse aux murs de fleurs! Cloisons de feuilles vertes Printanières!                                                                                            
                                                     
Tes yeux, délire, tes yeux frissons, ressac de brillance dévorante, déchirantE qui captive,


Tes yeux, regard éberlué d’enfant épris d’âme, de sang et de vie
 
Tes yeux, espérance violente, force d’être, pétillement d’essence-multitude,
 
Explosion des voiles, conscience retrouvée des douceurs
 
Connivences des rayons à la croisée d’iris
 
Tes yeux rage, tes yeux folie, tes yeux raison
 
Déluge de gaz, de feu et d’eau submergeante
 
Tes yeux-pétale, tes yeux pistil, tes yeux corolle,
 
Tes yeux-racine, tes yeux sève !
 
Et moi, écorce ligneux,
 
Tronc de verdeur-poreuse, pupille affective de tes poils,
 
Par ta face-lumière, rugissement de tes ailes
 
L’admirable miroir de tes yeux,
 
Je renais au flanc de ton corps,
 
Dévorant visage,
 
fondement des essors !
 
O splendeur de tes prunelles !
 
O ! Monstre féroce, accrocheur-fauve de tes yeux !

 Camille Loty Malebranhe

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