mercredi 26 septembre 2012

Christophe Barbier rase (les riches) gratis

Sébastien Fontenelle                 

Le patron de L’Express se précipite au secours des riches nécessiteux.
Christophe Barbier, big boss de l’hebdomadaire L’Express, est comme on sait le talentueux journaliste qui a su s’hisser vers les sommets de l’éditocratie duhamélienne (1) en s’astreignant, pendant plus d’années que nous n’en pourrions compter sur les dix doigts de nos deux mains, à ne jamais rester plus de quelques heures sans psalmodier, courageusement (car ce sont là des opinions qui ne sont portées que par les neuf virgule neuf dixièmes des oligarchies du temps), qu’il fallait (d’urgence) réduire la dépense publique. (Mais ne pas négliger non plus de se défier des mahométan(e)s - même s’ils ne sont bien sûr pas tou[te]s méchant[e]s, me faites pas dire ce que j’ai pas dit.)
De surcroît : Christophe Barbier excelle dans l’art difficile de la plaidoirie - et ne serait sans doute pas moins brillant dans un prétoire qu’aux divers comptoirs médiatiques où il récite, jour après jour, son commentaire de l’actualité.
Et certaines fois : ces deux dons se fondent, pour n’en plus faire qu’un.
Dans le dernier numéro de L’Express, par exemple, Christophe Barbier développe un vibrant plaidoyer, pour la défense d’une catégorie sociale qui endure selon lui, dans l’époque, une terrible persécution : les riches. PITIÉ POUR LES RICHES
Et certes : nul ne saurait sans se ridiculiser soutenir plus d’un quart de seconde que Christophe Barbier aurait jamais témoigné, à l’endroit des possédant(e)s, de plus d’hostilité qu’ils n’auraient pu le supporter.
Mais il mobilise, cette fois-ci, dans un éditorial de marque, des arguments spécialement usinés. (Où le respect de certains faits n’entre qu’en faible proportion, mais qui sommes-nous, je te prie-je, pour nous étonner de ce qu’un si réputé forgeron de l’opinion en soit encore, plusieurs semaines après la parution des œuvres complètes de George Orwell, à réarranger le réel pour le faire mieux coïncider avec ses partis-pris ?)
Selon lui, en effet : « les “riches“ », les pauvres, sont désormais « condamnés » - ce n’est pas rien -, sous le double joug d’un gouvernement sédimenté dans un redistributisme d’inspiration ouvertement léniniste et des hourribles oukazes d’une presse outrancièrement bolchevisée, « à choisir entre le statut de salaud et celui d’idiot » (2).
Car, explique-t-il, « s’ils fuient la France », où règne désormais le socialisme homicide – avec son horrible penchant pour les décollations : les riches « atterrissent en même temps dans un paradis fiscal et dans un enfer médiatique », où ils sont « plus honnis encore que les émigrés sous la Terreur ». (Par ces quelques mots : Christophe Barbier nous signifie que feu Maximilien Robespierre, dont quelques réputés historiens des idées ont rigoureusement démontré qu’il était le papa biologique de Reinhardt Heydrich, était aussi le grand-père caché de quiconque s’offusque aujourd’hui de ce que tel ou telle milliardaire planque du pognon au Benelux.)
Mais en même temps : si les riches « restent au pays et paient sans broncher, ils passent pour des moutons benêts qu’il convient de tondre jusqu’au dernier poil ». (Là, Christophe Barbier suggère, un peu nettement, que l’augmentation (provisoire) de la taxation des revenus des nanti(e)s équivaudrait à la ponction – la tonte - de la totalité de leur patrimoine : cette divagation hallucinée n’a bien sûr aucun rapport avec la réalité des (très) modestes efforts que le gouvernement « socialiste » prétend vouloir demander aux riches - durant que de la main droite il continue de les flatter -, mais pourquoi brider son imagination, quand elle est si fertile ?)
De ce (pénible) constat que les possédant(e)s sont traités comme des moins que rien, Christophe Barbier tire, au sortir de cinq ans de règne d’un président des riches (et dans le moment précis où ses successeurs hollandistes multiplient les tortillements qui pâment le Medef), l’enseignement, extraordinairement nouveau, que, minée par un sournois « mélange de “culpabilisme“ judéo-chrétien et d’égalitarisme marxiste, la France n’aime pas la réussite matérielle : les poètes doivent être maudits et les industriels, désintéressés ».
Puis, totalement débondé : le taulier de L’Express constate que la démocratie française, à force de se laisser corroder par ce judéo-christiano-bolchevisme, a de grosses fuites sous la ligne de flottaison.
FAIS GAFFE À TOI, FRANÇOIS HOLLANDE
À quoi se voit-ce ?
À ce qu’« il manque 30 milliards d’euros pour les finances publiques », que « l’État » français, décidément soviétisé, veut piocher dans les poches des « contribuables » - au lieu de faire « l’effort de se réformer ».
Christophe Barbier se dresse de toute sa hauteur contre ce totalitarisme : « Dans une vraie démocratie, avec des dirigeants comptables de chaque centime dépensé, les 30 milliards d’économies seraient entièrement à la charge de l’État », assène-t-il.
Car : « Arrive un jour où l’on constate que les vaches à lait n’ont plus de lait », mais « qu’elles ont des pattes pour fuir ou des cornes pour foncer ».
Nous voilà prévenu(e)s : faudra pas non plus que le chef de l’État s’étonne, si un(e) contribuable excédé(e) ou un(e) riche poussé(e) à bout par trop de collectivisme lui ouvre la tripe d’un coup de corne – n’est pas Manolete qui veut, et ce triste Rouge l’aura bien cherché (3).

Notes

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