|
Palestine – CPI
Les occupants sionistes montrent un grand intérêt
pour ce qui se passe en Cisjordanie. Ils ont peur que la colère s’étende jusqu’à
l’intérieur des territoires occupés en 1948.
Raymond Mergier, envoyé spécial militaire, croit que
les manifestations de la rue palestinienne en Cisjordanie sont plus importantes
qu’une simple colère populaire contre la vie chère. Les gens ont brûlé des
pneus. Les commerces ont fermé leurs portes. Des milliers de chauffeurs du
transport public ont entamé une grève. Les camions ont fermé les carrefours. Les
manifestants visent deux ennemis : le premier ministre Salam Fayyad et l’accord
économique avec "Israël", l’accord de Paris.
Tel Aviv regarde ces développements avec beaucoup
d’inquiétude. Elle a peur qu’elle-même soit montrée du doigt. Elle a aussi peur
d’une troisième Intifada.
Monter les prix des carburants et la TVA conduira à
l’augmentation de tous les prix, des prix de produits de première nécessité
comme le pain et le lait. Les explications de l’autorité non seulement ne sont
pas arrivées à calmer les esprits, mais elles ont de plus mis de l’huile sur le
feu. Les gens appellent de plus en plus à l’annulation de l’accord de Paris qui
rattache l’économie de l’autorité à "Israël".
En outre, l’autorité de Ramallah n’est pas dans la
capacité de payer le salaire de ses fonctionnaires pour le mois d’août. Cette
incapacité ajoute encore de l’huile sur le feu et augmente la colère des
manifestants qui exigent plusieurs mesures : boycotter les produits sionistes,
encourager les produits palestiniens, annuler l’accord de Paris, augmenter les
taxes sur les produits importés, investir et cultiver dans les terrains classés
C se trouvant sous la mainmise de la sécurité de l’occupation sioniste.
Raymond Mergier remarque qu’on essaie d’attiser le
feu des manifestations et d’y ajouter des couleurs politiques. Par exemple, dans
plusieurs villes, des drapeaux jaunes du mouvement du Fatah ont été déployés et
de grands responsables de ce mouvement ont montré Fayyad du doigt, l’accusant
d’être le responsable direct de la montée des prix.
La coordination
sécuritaire
Pendant ce temps, l’autre mouvement, le concurrent,
le Hamas, ne reste pas les bras croisés. Il rend Fayyad, l’autorité et la
coordination avec "Israël" responsables de toutes ces protestations.
Cependant, les Israéliens mènent de chaudes
discussions exprimant leurs craintes de la transformation des protestations en
une révolte populaire conduisant à la démission de Fayyad, conduisant ensuite à
une troisième Intifada contre "Israël", puis à l’effondrement du Fatah en
Cisjordanie, et ensuite à l’attaque des colonies, ensuite à des réactions des
habitants de ces colonies, dit Elie Brednestein.
Puis l’autorité se verra obligée de prendre des
mesures unilatérales, comme se retirer de l’accord de Paris et aller à l’ONU
pour avoir un fauteuil d’Etat « observateur non membre ».
Elie croit qu’il n’y a qu’une solution : sauver
l’économie palestinienne en crise par des donations financières importantes.
Le Shabak et
l’Aman
Dans le même contexte, des milieux militaires
sionistes ont peur que les protestations palestiniennes mènent à des attaques
contre les colons de la Cisjordanie.
Les services de renseignements sionistes du Shabak et
d’Aman viennent d’écrire un rapport à Benyamin Netanyahu, le premier ministre
israélien, l’avertissant d’une possibilité de l’effondrement de l’autorité de
Mahmoud Abbas, jetant le ballon dans le camp d’"Israël", le mettant devant ses
responsabilités face au monde entier en tant qu’Etat d’occupation. Et le Hamas
planifie de mettre la main sur la Cisjordanie, calmement.
Amira Haas, la journaliste israélien spécialisé dans
les affaires palestiniennes, croit de son côté que les membres du Fatah avaient
mijoté les manifestations pour isoler Fayyad, ce qui prouve qu’ils sont loin de
connaître la gravité de la crise économique et du désespoir. Chaque
manifestation est une allumette qui pourrait incendier beaucoup plus que les
pneus et les poubelles. Les Palestiniens parlent, de Jénine à Al-Khalil, de
l’autorité palestinienne comme étant une autorité étrangère, comme une deuxième
occupation !
Ces manifestations restent une conséquence naturelle
de la position que l’autorité palestinienne se donne, loin de son peuple. Ses
leaders croient qu’ils ont le droit de se comporter comme des «grands» dans un
Etat souverain, mais sous l’auspice de l’occupant. Elle est devenue un
sous-traitant de cet occupant pour les arrestations et les interrogations,
surtout dans les rangs du Hamas et de ses opposants, ajoute la journaliste.
Enfin, elle souligne qu’en 2006, l’autorité et le
Fatah ont reçu un coup de massue, en perdant les élections. Tout le monde
croyait qu’ils en avaient tiré les leçons et qu’ils allaient changer leur
conduite. Cependant, ils ont collaboré avec l’Occident afin de renverser le
Hamas, qui avait été légitimement, dans le dessein de satisfaire les pays
donateurs.
Informations
données par la 2ème chaîne israélienne en 2012, traduites et résumées par le
département français du Centre Palestinien d’Information (CPI)
|
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire