mardi 25 septembre 2012

La Vie pendant la vie

Gaëtan Pelletier                

On a, à un certain moment de sa vie, un choix à faire : se laisser tricoter par les imbus, les conseillers, les « savants » englués dans la matière, sans intuition, ou alors s’éloigner un peu du grand fatras de la vie de tous les jours.

On peut livre une page, mille pages de titres pour vous « renseigner » et devenir – par la confusion de plus en plus ignorant.
L’humilité n’a jamais été la force des nations. Elle est la force en soi, car elle est le creuset qui permet la réception de la fluidité de la vie. L’attention sur la nôtre et celle des autres. Car nous sommes tous de la même eau.
À travers la culture des requins sociaux, les humbles ont la vie dure. Leur humilité est perçue comme une faiblesse. Et la prétendue force des « meneurs » est leur faiblesse et leur rigidité qu’ils ignorent.
Mais ils se clament « savants », instruits et clament leur vérité. Puis vous l’imposent. Ils n’ont pas de dialogue avec les autres, ni avec leur être supérieur endormi en eux.
C’est le règne de la mission qui est de « changer les autres ». En ce sens le « chef », le « leader » est le plus souvent un dictateur inconscient de sa rigidité. C’est un mort qui se débat. Et vous êtes les cadavres dont il se nourrit en vous figeant dans la « certitude ». La certitude, la « figitude », sont des étangs. Ils ne coulent pas pour nourrir, ils s’arrêtent pour vous empoisonner, vous capter.
Au refus, ils vous rendront coupables de votre « rébellion à l’autorité ». C’est de cette pâture que se délectent les dictateurs que vos rencontrez chaque jour.
Nous sommes tous en combats contre les zombies. Même celui qui est en nous.

L’automne amenait ses dents de froidure. Les arbres dansaient de couleurs valsant. Les légume, au jardin, séchaient comme les os des vieillards, s’affalaient. La nourriture du potager avait fini son cycle.
Les feuilles se détachaient des arbres pour aller nourrir les racines. On pouvait voir la douleur des plantes. Elles retournaient à la terre…
L’ours se trouva une niche et dormit tout l’hiver.
Qui donc lui avait appris que la nourriture mourrait et comment avait-il su qu’il fallait attendre de par un sommeil que reviendraient les fruits? 


Méditer, c’est hiberner de tous les bruits et de tous les morts séchées à l’arbre de la Vie. L’autre est parfois un hiver qui veut poursuivre, prolonger à travers vous sa froideur matérielle.
Il faut choisir que la vie soit une danse entre les petites morts quotidiennes, les apparats qu’on nous vend.
Acheter n’est pas vivre : c’est éviter de cueillir sa propre nourriture.

Gaëtan Pelletier - 21 septembre 2012 -

Photo : Arbre de vie, Séraphine de Senlis

La Vidure

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