mercredi 26 septembre 2012

Laissez Vallser les petits papiers

Jean-François Probst                             

L'ancien conseiller de Chirac et Pasqua revient sur la polémique autour des contrôles au faciès.
«Laissez brûler les petits papiers!» Pour la xième fois en trente ans revient la question des contrôles d'identité, souvent réalisés à la gueule du client (faciès dans le jargon médiatique), et la polémique prend autour d'un bout de papier (récipissé) que le catalan de l'Intérieur, Manuel Valls a finalement abandonné. Reprenons un peu depuis le début.
En croissance, la France a toujours fait venir des travailleurs immigrés, histoire de leur donner le boulot que ne voulaient pas faire les locaux tout en minorant les salaires. C'était vrai sous De Gaulle, sous Pompidou, sous Giscard, et le Marseillais Defferre, qui s'y connaissait en mélange de cultures dans sa ville et dans son lit, a régularisé en masse. Puis ? Plus rien….
Sous Mitterrand, Chirac et Sarkozy, on a gentiment laissé glisser la question des travailleurs immigrés, sans s'en préoccuper sinon avec des rodomontades de Matamore pour flatter l'électorat de l'extrême bord. Des discours politiques, rien de pragmatique.
 
Pourtant la réalité suinte. Les principaux demandeurs et bénéficiaires des filières clandestines sont les grands patrons, dont le goût pour les travailleurs qualifiés et sous-payés ne s'est jamais démenti. On trouve ainsi des immigrés bossant en France depuis 10 ans, payant des impôts mais sans papiers et candidats à l'expulsion après un simple contrôle. Ubuesque… et dans la grande tradition de l'administration française, où les démarches pour les étrangers, en situation légale ou pas, dans les méandres des préfectures/sécu/mairie ressemble à un roman initiatique kafkaïen. Les mauvaises manières en plus.
En 1970, je me rappelle avoir filé un coup de boule à un paltoquet du guichet de la préfecture de police de Paris. Le morveux avait osé tutoyer ma grand-mère d'origine italienne, qui venait faire refaire ses papiers. Non mais, freluquet!
Tout cela pour revenir au petit papier qu'a fait vallser le genre idéal de l'Intérieur. Ne pas rajouter un récépissé dans la lourdeur de l'Etat français ne me choque en rien. En revanche, je comprends bien les Français un peu colorés qui en ont ras la claque de se faire contrôler/tutoyer/rudoyer 5 fois dans la journée. Si le contrôle d'identité, pour dégoter les gros truands est nécessaire, le petit papier est un pis aller. Ce qu'il faut, c'est ouvrir un peu l'esprit des policiers ...et commencer dès les écoles de police. Leur rappeler que blanc, jaune, noir etc... cela n'a jamais défini un Français, un voyou, un resquilleur de la loi ou un bon citoyen.

L'une des meilleures méthodes serait de faire procéder aux contrôles par des policiers un peu malins, franchement ouverts, empathiques et adeptes du vouvoiement pour tous.
Alors il sera alors temps de laisser voler les petits papiers.


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