mercredi 10 octobre 2012

Le Pacte Budgétaire : halte aux idées reçues

Blogapares                         

Selon un sondage qui vient de paraître, 64% des Français sont favorables au traité européen. Loin de nous l’idée d’affirmer que leur opinion résulté d’une erreur ou d’une ignorance flagrante. Sous réserve de la crédibilité qu’on peut accorder à un sondage quel qu’il soit, il est clair cependant que la médiacratie a bien réussi son coup et que le a été extorqué par le rouleau compresseur favorable au traité qui s’abat sur nos esprits et qu’en cas de doute, les esprits les plus inquiets ont cédé à la peur provoquée  par les arguments partiels et fallacieux des fabricants de sur commande.

Le traité mérite un débat au moins aussi important que le vote des immigrés, le mariage homosexuel, la candidature à la tête de l’UMP, les primaires socialistes ou l’intégrité des joueurs de hand-ball professionnels. Mais il est vrai que les contre-feux ne manquent jamais lorsqu’il s’agit d’enfumer le débat politique. On n’entend parler  de redonner la voix au peuple, de politique participative et pourtant dès qu’une raison valable se présente, les belles paroles fondent comme neige au soleil.
C’est vrai que le peuple peut ne pas aller dans le sens voulu mais les « penseurs pour nous » décident alors contre nous. Vous n’avez pas voulu de Maastricht, vous aurez Lisbonne. Et vous les Grecs et les Italiens, c’est bon, pas la peine de voter, on vous a choisi Papandréou et Monti. Et quand Papandréou, sous sans doute les effets d’une brève hallucination de démocratie, a voulu soumettre le plan de redressement (lequel déjà? on en est déjà au sixième…) de la Grèce à un référendum, certains hauts dignitaires démocratiques ne l’ont pas voulu (comble de l’absurde, on a même vu alors des dirigeants des anciens pays de l’est s’offusquer de cette décision et donner des leçons de démocratie)
Contrairement à ce que prétendent les économistes libéraux, ultra-présents sur toutes nos antennes télé et radio, cette n’est pas due à la publique.
La montée des déficits publics est une conséquence de la chute des recettes fiscales due en partie aux cadeaux fiscaux faits aux plus aisés (71 milliards en 5 ans pour des résultats en termes d’emploi et de salaire pour le moins nuls…ah pardon il y a eu la crise), de l’aide publique apportée aux commerciales et aux entreprises (qui en suivant ferment comme Mital, délocalisent comme Renault, distribuent des millions de dividendes comme Peugeot)  et du recours aux marchés financiers pour résorber cette dette à des taux d’intérêt élevés.
La crise s’explique également par l’absence totale de régulation du crédit et des mouvements  de capitaux, le dumping fiscal intra-européen et l’interdiction qui est faite à la BCE de prêter directement aux Etats pour des dépenses d’investissement, ce que fait allègrement  la Federal Reserve américaine.
Crise  due également au fait que ce sont toujours les mêmes qui tiennent les rennes du . Ils sont toujours là, nommés et renommés à des hautes fonctions. Ils proposent sans cesse des nouveaux remèdes aux maux qu’ils ont eux-mêmes provoqués.  Ils imposent des mesures et des traités et si ça ne marche pas, on en impose d’autres et ainsi de suite. Mais pas question pour eux d’envisager d’autres solutions, aveuglés par leurs certitudes et sans doute pour beaucoup par leurs intérêts. Pendant ce temps, la pauvreté augmente, le chômage s’emballe, les populations européennes émigrent, l’espérance de vie commence à baisser, les adultes reviennent vivre chez leurs parents, l’accès aux soins se ferme.
Enfin la crise est due à la spéculation la plus infâme des marchés financiers. Un petit groupe de spéculateurs a volontairement coulé la Grèce afin de faire s’effondrer l’ par effet de dominos. Il faut sauver le soldat Dollar.
La guerre économique a été déclarée contre l’Europe pour sauver la suprématie américaine. Il s’agit de savoir qui va s’opposer à l’avenir aux pays qui montent en puissance comme la Chine, L’Inde , le Brésil. Les Etats-Unis ou l’Europe? Il n’y aura pas de place pour les deux.
Les Etats-Unis sont exsangues. La dette des États-Unis est estimée à 14 000 milliards de dollars, mais son déficit fiscal basé sur ses engagements futurs dépasserait 200 000 milliards de dollars. C’est le pays le plus endetté du monde, qui paye sa dette en créant de la monnaie, en imprimant des billets, en comblant ses dettes avec des dettes et encore des dettes, en pillant un futur qui n’est plus crédible.
Le dollar a perdu 97 % de sa valeur depuis 1913, date de création de la FED. La fin des pétrodollars arrive, la demande de dollars, parce qu’il est surévalué, commence à s’effondrer.
Les matières premières augmentent parce que le dollar, monnaie de référence, dévalue. La dette américaine ne sera jamais remboursée. La confiance et l’armée la plus puissante du monde, qui maintiennent la valeur du dollar, s’effritent et l’illusion se dissipe. L’économie réelle réagit aux attaques spéculatives américaines qui la
menacent.
En juin 2012, le Japon et la Chine ont cessé de commercer en Dollar entre eux, la Russie et l’Arabie Saoudite sont en train de suivre le mouvement.
On revient à l’or. La Grèce risque de se faire confisquer tout son or par les banques européennes insolvables, et de manière tout à fait légale. La Grèce possède 111 tonnes de réserves d’or. Combien de tonnes seront effectivement pillées par les banques ? Le Portugal, l’Italie, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne possèdent, à eux cinq, 3234 tonnes d’or, qui représentent 183 milliards de dollars. Il est fort probable qu’ils subissent tous le même sort (Source: « L’invention de la crise » de Lukas Stella). La Roumanie réclame actuellement à la Russie 93 tonnes d’or.
Alors c’est l’incompréhension la plus totale et la plus sincère d’ économistes non seulement français mais aussi du Monde entier. Pourquoi ce texte?  En quoi va-t-il arranger cette situation? La crise de la dette n’est que poudre aux yeux, cet n’est qu’un arbuste qui cache l’Amazonie. Et puis quel est son fondement? Pourquoi 0,5 %? Pourquoi de déficit structurel et pas global? Pourquoi favoriser en permanence le système bancaire et les marchés? Qui a rédigé le texte?  La dette est-elle légitime? Pourquoi ne pas faire un audit de la dette? Depuis plus de 10 ans, les Etats font des économies sur les dépenses (suppression des postes de fonctionnaires, diminution des aides, des remboursements et des subventions,…) et pourtant la dette continue de s’accroître, pourquoi? 
La  « solidarité européenne »a bon dos.  Le fait de devoir faire des économies aussi. L’austérité devient automatique, et est imposée aux représentants des peuples, qui doivent soumettre  leurs décisions budgétaires à  une instance non élue de bureaucrates qui eux ne s’estiment  pas de trop. Ne pas adhérer au traité, c’est ne pas bénéficier du Mécanisme européen de stabilité (MES), institution antidémocratique par excellence, qui , sympa, pourrait  proposer des prêts à des taux un peu moins élevés (5 % en moyenne). Mais ces prêts seraient conditionnés à l’application d’une austérité drastique imposée aux peuples  (MES=FMI, ces sont les mêmes qui sont aux commandes)  alors qu’un financement des Etats par la Banque Centrale, permettrait un remboursement à 1 voire 2%….
Le Traité a été signé ce jour par 9 Etats et sera appliqué dès que 12 pays y auront adhéré. C’est sûr que là, la majorité est de trop. Si c’est pas pour faire pression, qu’est-ce-que c’est? Drôle d’Europe: Certains Etats ont l’euro, d’autres pas, certains « bénéficieront » de  ce traité, d’autres pas, certains ont un niveau de vie déplorable (savez vous que 80% des Roumains n’ont accès qu’à de l’eau « portée » et non courante?), d’autres ont un niveau de corruption endémique, certains ont un salaire minimum, d’autres pas, les salaires moyens sont disparates… La Tour de Babel. Le principe d’unification des peuples est belle mais autant se donner les moyens. Et là on fait le contraire. La finance d’abord. On sait que l’Europe ne doit être solidaire que quand ça arrange les Etats puissants (voir article).
À beaucoup d’égards ce traité est un crime contre les peuples qui ne se trompent pas toujours. Faire référence à la Révolution Française en permanence et louer le courage du peuple français qui a renversé des siècles de despotisme féodal, tout le monde le fait. Mais lorsque les foules à Athènes ou Madrid se font charger, c’est parce  ce sont des petits gauchistes et anarchistes, ignares et sans conscience sociale et politique qui « refusent de se faire violer. »

Pendant la Grande Dépression, le président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt, pointait déjà l’insuffisance des mesures purement matérielles du progrès. Dans son discours sur l’état de l’Union en 1934, il affirmait : « L’immense majorité de nos concitoyens recherche de meilleures opportunités pour l’humanité de prospérer et de trouver le bonheur. Ils sont conscients que le bien-être ne s’est pas amélioré et ne s’améliorera pas à travers le simple matérialisme ou le luxe, mais qu’il progressera grâce à l’intégrité, la générosité, le sens des responsabilités et la justice. » Les choses sérieuses quoi.

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