Ainsi donc, un accord est trouvé entre les médecins spécialistes
d’organes et la caisse nationale d’assurance maladie. Il entérine une
médecine à deux vitesses.
Le gouvernement capitule et accepte un prix de consultation et
d’actes (interventions…) chez les spécialistes de secteur 2 (40% des
spécialistes) à 2,5 fois la base du tarif remboursable (pour une
consultation : 70€ au lieu de 28 euros). Pour faire croire que c’est un
accord de progrès, la CNAM propose un « contrat d’accès aux soins » pour
les médecins qui, en échange d’une prise en charge de leurs cotisations
sociales, accepteraient de ne pas faire de dépassement pour les
bénéficiaires de « l’accès à la complémentaire santé » et de ne faire
payer que le double du prix des actes aux autres !!!!
Les consultations, au delà de 70 €, ne seront considérées comme
abusives que si elles sont répétitives. De plus, de nombreux critères
spécifiques sont prévus pour analyser le caractère abusif. De toute
façon, ce sont les médecins qui jugeront les autres médecins, au sein
d’une procédure si compliquée que l’on peut, sans risque, parier
aujourd’hui que les sanctions ne tomberont qu’aux calendes grecques.
Et pour arracher l’accord des médecins généralistes, ceux-ci auront
des clopinettes et un « forfait médecin traitant » de 5 €. On n’est
même pas à la hauteur du « forfait médecin référent » qui avait été
supprimé sous la droite, sous la pression des syndicats de spécialistes,
alors qu’il réalisait un autre mode de rémunération des médecins que le
paiement à l’acte, ce qui serait une mesure urgente pour reconnaître le
rôle de coordination et de prévention des médecins de premier recours.
Cet accord est un affront aux valeurs de la médecine. Le gouvernement
se gargarise avec le mot justice, mais il accepte un accord qui
confirme un système qui réalise l’exclusion des soins. Il a tout fait
pour que le débat ne sorte pas du huis clos entre médecins, direction de
l’assurance maladie et complémentaires santé. À quoi et à qui sert
alors d’avoir une majorité parlementaire de gauche ?
- Nous exigeons que la question des dépassements d’honoraires fasse l’objet d’un débat public
- Nous exigeons une refonte complète des modes de rémunérations des médecins
- Nous exigeons, à l’heure où le gouvernement demande des sacrifices au pays, que les dépassements d’honoraires soient abolis
smg

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