Un quart du budget de reconstruction a été dépensé dans des projets sans
relation avec la catastrophe, selon une série d'audits indépendants.La réfection d'un stade à Tokyo pour 3,15 millions d'euros, 4,8 millions d'euros pour entretenir des routes à Okinawa, à 1600 km des lieux du désastre, 22 millions pour la protection de la flotte baleinière japonaise contre les militants écologistes: ce ne sont que quelques exemples de l'emploi des quelque 184 milliards d'euros votés pour la reconstruction des zones dévastées par le tsunami, qui avait fait 19.000 morts.
Selon une série d'audits indépendants,
dénoncés avec véhémence par la presse japonaise, un quart du budget de
reconstruction a été dépensé dans des domaines n'ayant rien à voir avec la
catastrophe. La colère des victimes est d'autant plus grande que les villes et
villages dévastés n'ont pratiquement pas été reconstruits. Selon le
correspondant à Tokyo du Times britannique, les débris s'entassent
toujours le long des côtes touchées, et les 325.000 déplacés ne retrouveront
sans doute pas leurs maisons.
La presse japonaise révèle chaque jour de nouveaux détails ahurissants. Des
milliards de yens ont été affectés à la construction d'une tour de
télécommunication à Tokyo. L'argent a également permis de subventionner
l'édification d'une fabrique de lentilles de contact au centre du pays, ou
encore de payer l'entraînement aux États-Unis de pilotes de l'armée de l'air
japonaise et l'achat de six avions de transport
Le scandale illustre la toute-puissance de la bureaucratie japonaise et sa
collusion avec l'armée et le monde des affaires. Il prend un tour politique et
embarrasse le premier ministre, Yoshihiko Noda, qui avait
promis plus de transparence financière. Le chef du gouvernement a répondu aux
critiques de l'opposition en l'accusant de lui avoir en partie forcé la main.
Selon M. Noda, c'est à la demande du Parti libéral démocrate que la loi sur la
reconstruction a été formulée de façon vague, de façon à donner un coup de fouet
à l'économie en général
Le premier ministre a néanmoins promis de supprimer les projets sans rapport
avec le tsunami.
Photo : Les débris s'entassent toujours le long des côtes touchées par le tsunami de mars 2011. Crédits photo : KAZUHIRO NOGI/AFP
Le Figaro

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