(...) Les préparatifs s’accélèrent pour de nouvelles guerres d’agression, qui sont soutenues par le président Barack Obama et son challenger républicain Mitt Romney.
Le
plus important exercice militaire commun américano-israélien jamais
organisé a commencé dimanche 21 octobre, conçu pour tester les
systèmes antimissiles intégrés de l’Etat sioniste.
Des
jeux de guerre de trois semaines impliquent plus de 3.500 personnels
militaires américains en Israël et en Europe, 1 000 membres
des Forces de défense israéliennes et le déploiement de batteries
antimissiles Patriot et d’un navire de guerre américain équipé du
système de missiles antibalistiques Aegis.
Selon
les généraux américains et israéliens, les exercices sont conçus pour
simuler une guerre multi-fronts avec un rythme élevé de
salves visant des cibles israéliennes, dont des tirs de missiles
balistiques de courte et de longue portée ainsi que de mortiers et de
roquettes.
Le
Lieutenant général Craig Franklin a minimisé l’importance de ces
exercices, déclarant : « Il n’y a pas de message particulier.
C’est pour prouver les capacités de défense d’Israël. » En fait,
les jeux de guerre ne sont ni purement défensifs ni dépourvus d’une
cible. Comme le scénario le met en évidence, l’objectif
consiste plutôt à se préparer aux conséquences immédiates
susceptibles de résulter d’une attaque américano-israélienne sur l’Iran
et de tester la capacité de Washington et de Tel-Aviv à
neutraliser les représailles de Téhéran et de ses alliés.
Aussi
bien l’administration Obama que le gouvernement israélien ont maintenu
un battement de tambour constant de menaces belliqueuses
contre l’Iran à propos de son programme nucléaire. Prenant la
parole à l’Assemblée générale des Nations Unies le mois dernier, le
premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a insisté pour
dire qu’une « ligne rouge » devait être définie, prétendant
faussement que l’Iran était à quelques mois de construire une bombe
atomique. Une ligne rouge n’a qu’un seul sens : elle établit le
prétexte pour la guerre.
L’exagération américaine et israélienne à propos de la menace que poserait Téhéran est totalement hypocrite.
Contrairement à l’Iran, Israël a refusé de signer le traité de non-prolifération nucléaire, ou de permettre des inspections
de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Elle
dispose déjà d’un arsenal important d’armes nucléaires et des moyens
pour les envoyer n’importe où au Moyen-Orient. En outre,
les États-Unis et Israël ont une longue expérience pour mener des
guerres illégales d’agression dans la région, et sont en train d’en
planifier une nouvelle contre l’Iran.
Les
tests des systèmes antimissiles d’Israël renforcent seulement la
capacité d’Israël et des États-Unis de lancer une attaque
injustifiée contre l’Iran en toute impunité. Les jeux de guerre se
tiennent en tandem avec un exercice majeur de la défense civile
d’Israël qui a commencé le week-end dernier. Sous prétexte de
faire face à un tremblement de terre, le Commandement du front
intérieur des Forces de défense israéliennes, ainsi que tous les
services d’urgence et les ministères du gouvernement, ont mené un
exercice « pour se préparer aux situations d’urgence qui pourraient nous prendre par surprise. »
Ces
activités en Israël ne sont qu’une partie de plus vastes préparatifs de
guerre. Les États-Unis ont également renforcé les
systèmes de défense antimissile protégeant leurs alliés dans les
États du Golfe. Le mois dernier, la marine américaine a tenu son
exercice le plus important jamais mené dans le golfe Persique,
impliquant des navires de guerre provenant de 30 pays. Le but
était de neutraliser toute tentative iranienne de miner le détroit
d’Ormuz en représailles à des attaques américaines.
En
outre, depuis le début de l’année, le Pentagone a doublé le nombre de
ses groupes aéronavals de combat et a stationné un escadron
d’avions de combat F-22 sophistiqués dans la région, renforçant
considérablement sa capacité à mener une guerre contre l’Iran. Toute
attaque américaine viserait non seulement les installations
nucléaires iraniennes, mais une grande partie de l’infrastructure
militaire et industrielle du pays, avec des conséquences dévastatrices
pour l’économie et le peuple iranien.
Dans leur troisième débat présidentiel, lundi, Obama et Romney se disputaient pour montrer leur détermination à soutenir
Israël, à augmenter les sanctions économiques paralysantes contre l’Iran et à se préparer à la guerre.
Alors qu’il y avait un accord bipartisan sur cet agenda militariste, c’est Obama qui, sur chaque point, a été son avocat le
plus belliqueux.
Obama s’est référé spécifiquement aux jeux de guerre en cours comme la preuve que son administration avait mis en place « la plus
forte coopération militaire et de renseignement » avec Israël.
Avec une complète indifférence quant aux conséquences pour le peuple iranien, il s’est vanté d’imposer «
les plus fortes
sanctions de l’histoire contre l’Iran… Leur devise a chuté de 80%.
Leur production de pétrole a plongé au niveau plus le bas [depuis la
guerre avec l'Irak]… Leur économie est en ruine.
»
Quand
Romney a demandé des sanctions plus sévères et a appelé à une
intervention militaire en dernier ressort, Obama a répondu que le
temps pour des négociations tirait rapidement à sa fin. «L’horloge tourne» a-t-il dit.
«
Nous n’allons pas permettre à l’Iran de s’engager indéfiniment dans des
négociations qui ne mènent nulle part… Si elles ne
satisfont pas aux exigences de la communauté internationale, nous
allons prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer qu’ils
n’aient pas d’arme nucléaire. »
Dans
le dos de la classe ouvrière en Amérique, au Moyen Orient et à l’échelle
internationale, les préparatifs avancés d’une nouvelle
guerre criminelle sont en cours. Comme les interventions
militaires en Afghanistan, en Irak et en Libye, c’est une guerre fondée
sur des mensonges et des tromperies.
L’impérialisme américain n’a pas l’intention d’attaquer l’Iran pour l’empêcher de construire une arme nucléaire, mais pour
mettre en place un régime à Téhéran qui soit conforme à
ses ambitions pour la domination des régions riches en énergie du
Moyen-Orient et de l’Asie centrale.
La
politique irresponsable de Washington menace de déclencher un conflit à
l’échelle régionale qui a le potentiel de mobiliser de
grands rivaux des USA tels que la Chine et la Russie, qui ont tous
deux en jeu des intérêts économiques et stratégiques très importants.
La seule force sociale capable de mettre un terme à une
telle catastrophe est la classe ouvrière internationale. La lutte
contre le militarisme et la guerre exige la construction d’un mouvement
de masse basé sur l’internationalisme socialiste pour
mettre fin au capitalisme et à son système périmé d’État-nations
qui est la cause fondamentale de la guerre.
Article original, WSWS, publié le 25 octobre 2012

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