Dans son communiqué du mercredi 7 novembre, le chef de file de la droite
populaire, sœur jumelle du Front National, le Français d’origine Italienne
Thierry Mariani demande que l’Algérie règle à la sécurité sociale française sa
dette de 20 millions d’euros.
La démarche de l’auteur du projet de loi sur le rôle positif de la
colonisation est sincèrement plus respectable que l’histoire à dormir debout de
Le Pen au Chocolat du Français d’origine algéro-roumaine François Copé dans la
mesure où chacun sait que le Ramadan de cette année, comme d’ailleurs celui des
trois dernières années, a été observé pendant les vacances scolaires. On ne voit
donc pas comment un garçon peut-il se faire arracher son pain au chocolat à la
sortie d’une école fermée. Elle est beaucoup moins vulgaire que le « bras
d’honneur » de celui que les tribunaux français ont maintes fois déshonoré. Je
souscris totalement à cette demande du « Macaroni » d’autant qu’un traité
d’amitié entre notre pays et l’Hexagone est plus que jamais d’actualité et
qu’aucune bonne amitié ne peut se construire sans de bons comptes.S’il n’est déjà pas évident que le contribuable algérien finance les soins à l’étranger des ses gâtés de la République pendant que le petit peuple meurt dans la souffrance dans nos hôpitaux plus crasseux que jamais, il l’est encore moins pour le Français dont la sécurité sociale est largement déficitaire. Il sera par contre question d’assainir TOUT le passif entre les deux pays pour se tourner résolument vers l’avenir. Sur ce chapitre précis, il me semble que la dette contractée par le Directoire de la République française auprès de la Régence d’Alger après la révolution de 1789 n’ait jamais été honorée. Napoléon repoussait à chaque fois son échéance jusqu’à la défaite de Waterloo et les rois sous la Restauration refusaient catégoriquement de s’acquitter d’une dette contractée par des «putschistes».
Rappelons enfin à Monsieur le député qu’en 1942, 173 000 hommes, toutes confessions et origines confondues, avaient débarqué de cette terre d’Algérie pour former la première armée du maréchal Delattre De Tassigny, soit les deux tiers des Forces françaises de libération (FFL) et lutter courageusement contre les folies allemandes et italiennes. Ceci dit, on comprendra pourquoi les Algériens en général et les Français d’origine algérienne en particulier ne cultivent aucun complexe vis-à-vis de leur passé et n’ont donc aucunement besoin de cultiver quelque zèle pour se racheter.
Ce n’est pas le cas de tous.
C’est ainsi que médusés, il nous a été donné, lors du sinistre débat sur l’identité nationale, de voir à la télévision Madame Nadine Morano, une Française d’origine italienne et la plus zélée de tous, sermonner un petit-fils d’un tirailleur sénégalais le sommant de rentrer chez lui. Ce n’est également pas anodin de voir Michel Platini, Français d’origine italienne, exprimer son exaspération de voir passer le P-SG sous tutelle qatarie. Pour lever toute équivoque sur le dernier sujet, je précise que mes origines berbères font que les branches de mon arbre généalogique n’ont jamais eu d’intersection commune avec celles des Qataris ou de leurs cousins germains.
L’heure de la revanche du Rital, bouc émissaire du mal français des années 30, semble bien sonner.
Pour terminer, je tiens à rapporter une discussion que j’ai eue tout récemment avec une enseignante bretonne à la retraite. Je lui avais dit que moi, petit-fils d’un sergent de l’armée française qui s’est battu comme un lion à Verdun lors de la Grande Guerre (14- 18), dispose de moins de droits sur cette terre libérée que les descendants de ceux qui ont orienté les canons de leurs armes contre le peuple français. Elle a baissé les yeux avant de me répondre : « J’ai honte.»
Yahia Ouazib

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