Il est des mots qui, selon les tendances, se voient remis au goût du jour.
Pour qui suit un minimum l’actualité politique du moment, il est clair que le
substantif « couac » est un bon exemple.
Selon les médias, nous voilà affublés d’un gouvernement qui enchaîne les
couacs. Pas un jour sans couac. Couac sur la dépénalisation du cannabis, couac
sur les 35 heures, couac sur le projet de loi relatif à la tarification
progressive de l’énergie, couac, couac, couac, couac, couac, couac…
Ce qui a le don d’énerver le gouvernement, le premier de ses ministres en
tête. Et il faut le comprendre : pourquoi un tel acharnement médiatique à
vouloir à tout prix associer ce mot à l’image du premier gouvernement socialiste
de ce vingt et unième siècle ? Tous ces médias ne pourraient-ils pas, au
contraire, mettre en lumière et insister sur la solidarité exemplaire qui existe
au sein de cet exécutif ?
Regardez donc la complémentarité qui existe entre Matignon et la place
Beauvau : tandis que Jean-Marc Ayrault met la pression sur le Conseil
constitutionnel pour lui interdire l’abolition de la corrida, se répand dans la
presse quotidienne régionale du Sud de la France pour rassurer les aficionados
inquiets quant à une éventuelle sortie de leur sadique plaisir de la liste du
patrimoine culturel immatériel français, eh bien le petit matador du ministère
de l’Intérieur envoie ses cargaisons de pandores à Notre Dame des Landes pour
chasser, traquer (et si l’aubaine se présente matraquer ) les opposants au
projet d’aéroport, lubie multi-décennale de l’ancien député-maire de Nantes
ayant pris du galon depuis peu. C’est ce qui s’appelle un prêté pour un
rendu.
Et les médias revenant à la charge sur ce projet d’aéroport comme ils
l’avaient fait sur le récent vote du traité budgétaire : les ministres
écologistes vont-ils démissionner au vu des positions du gouvernement dont ils
font partie ?
Question, permettez-moi, d’une idiotie incommensurable. Où les médias ont-ils
été chercher qu’il y avait des ministres écologistes dans ce gouvernement ?
Certainement faisaient-ils référence à Cécile Duflot et Pascal Canfin, les deux
ministres estampillés « Europe Écologie – Les Verts ».
Mais suffit-il d’avoir le mot « Écologie » présent dans le nom du parti au
sein duquel on est encarté pour avoir la qualité d’écologiste ? Apparemment la
réponse est oui pour les individus concernés.
Un véritable ministre écologiste n’aurait-il pas depuis longtemps démissionné
en voyant son Premier ministre soutenir mordicus la barbarie des arènes ? En
entendant son Président de la République réciter l’argumentaire préparé par le
comité interprofessionnel du foie gras afin de consoler les producteurs du
Sud-Ouest après la décision de la Californie de ne plus commercialiser ce
produit issu de la torture sanitaire des oies ? En apprenant que sa ministre de
l’Écologie soutenait la destruction du loup en Métropole et du requin à la
Réunion ? En observant son ministre de l’Intérieur prendre son pied à détruire
les camps de Rroms et à affronter des citoyens qui jugent des zones humides et
cultivables plus utiles que le béton de pistes d’atterrissage ?
Et Europe Écologie – Les Verts dans tout ça ? Que pensent-t-ils de l’attitude
de lèche-bottes vaille que vaille de ses deux représentants gouvernementaux ?
Hormis Yves Cochet s’affichant ici ou là pour fustiger la corrida ou la chasse à
courre, c’est silence radio.
Et qui ne dit mot consent. Alors bientôt EELV : Ensemble Écrasons Le
Vivant ?
DJ.

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