Rojbin assassinée : Il n’y a pas de mots pour exprimer notre chagrin et notre colère.
Qui a osé assassiner Rojbin ? Il n’y a pas de mots pour exprimer
notre chagrin et notre colère devant ce geste absurde et abominable.
Rojbin (Fidan Dogan), c’était un véritable soleil qui rayonnait au-delà de la communauté kurde.
Née il y a 32 ans dans la région kurde alevie de Malatya (Turquie),
elle est arrivée en France avec sa famille alors qu’elle était encore
une petite fille et c’est donc avec cette double culture qu’elle a
grandi. Très jeune, elle est devenue une militante passionnée de la
cause kurde pour la défense des droits du peuple kurde.
Figure emblématique de la jeune femme kurde, moderne, luttant contre
l’oppression turque mais aussi contre "l’oppression féodale",
l’enfermement les femmes dans un état de soumission face à l’autorité
machiste et patriarcale, Rojbin était pour cette cause aussi, une
avocate souriante mais ferme, et totalement engagée. Sa force de
conviction était la seule arme qu’elle savait manier avec élégance et
efficacité.
Rojbin était une personnalité qui, en tant que directrice du Centre
d’Information du Kurdistan (CIK), était une véritable ambassadrice des
Kurdes et un relais utile auprès de tout le mouvement associatif, de la
presse, des personnalités politiques et des cabinets ministériels. C’est
sans doute l’un des motifs de ce meurtre : il fallait faire taire cette
voix qu’on pouvait difficilement taxer de "terroriste".
C’était notre amie à tous.
Elle nous manque déjà.
André Métayer
Le commanditaire est connu
Le commanditaire de ce geste inqualifiable exécuté par des
professionnels du crime ne fait aucun doute : il s’est désigné lui-même
en se défaussant, dès les premières heures, sur un prétendu règlement de
comptes entre Kurdes. L’Etat turc est coutumier du fait de mentir avec
aplomb. Nous en apportons les preuves à longueur de colonnes. Nous ne
sommes pas étonnés non plus qu’il commandite cet assassinat au moment où
il ouvre, semble-t-il, des négociations avec Abdullah Öcalan, le
Président du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) : ce ne serait
pas la première fois que le dictateur en puissance, le Premier ministre
turc R.T. Erdogan, jouerait double jeu.
Manuel Valls, Ministre de l’intérieur, a qualifié d’insupportable
l’assassinat de ces trois militantes kurdes après s’être rendu sur les
lieux dès le début de la matinée :
"Je suis aussi venu exprimer ma compassion à l’égard des proches de ces trois femmes. Beaucoup de gens connaissaient la présidente du centre d’information kurde, Fidan Dogan (Rojbin), une des trois victimes"
a déclaré le ministre qui s’est refusé à tout commentaire sur une éventuelle motivation politique à ces meurtres.

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