mercredi 22 mai 2013

Casse des retraites : casse finale

Martine Lozano                                  

Hollande et Ayrault viennent d’annoncer une nouvelle réforme des retraites qui sera soumise au Parlement en septembre ! Pour légitimer sa méthode, le gouvernement embringue les organisations syndicales dans une négociation avec le patronat en juin. C’est ainsi que les organisations syndicales se sont succédées lundi 13 mai 2013 à Matignon, pour préparer la seconde conférence sociale qui se tiendra le 20 et 21 juin 2013 !

Les positions des uns et des autres ont été entendues, comme par exemple celle de Parisot qui s’est déclarée pour un allongement de la durée des cotisations de 43 ans ! avec un recul de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 65 ans ! C’est la casse finale. La CGT préconise d’augmenter les salaires et un retour à la croissance : avec un salaire minimum à 1700 euros on n’aurait pas de problème de retraite ; en revanche la CFDT n’est pas fermée sur la durée des cotisations.
Rappelons que La première négociation a déjà abouti à l’ANI qui flexibilise le travail ! C’est l’ espérance de vie qui est souvent évoquée sans tenir compte que si l’espérance de vie a pu augmenter, c’est aussi grâce à un départ à la retraite à 60 ans. « Les meilleures années de retraite sont de 60 à 65 ans » « Les années les plus dures de travail sont de 60 à 65 ans ». Il est fort à parier qu’avec une telle reforme qui se prépare, l’espérance de vie reculerait.
Ils exaltent les mêmes prétextes qui seraient l’allongement de la durée de la vie, la dette et les déficits sans tenir compte des exonérations patronales, la contrainte européenne. Les opposants à cette réforme s’interrogent sur le chômage notamment des jeunes(4 millions de chômeurs) et les séniors qui ne trouvent pas d’emplois, trop vieux dès 55 ans alors pourquoi allonger l’age de la retraite à 65 ans, voire 70 ans !

Rappelons que LES JEUNES SONT LES PREMIÈRES VICTIMES DE LA PRECARITE.
La jeunesse peut de plus en plus se définir comme l’âge de la précarité qui peut résulter de deux composantes : l’allongement des études et la multiplication des contrats à durée déterminée, des stages non rémunérés, des intérims. Rappelons que les jeunes restent les plus touchés par le chômage avec les femmes et les immigrés.
Du point de vue économique, la précarité c’est l’insuffisance des revenus. Mais c’est aussi l’instabilité de la situation sociale au niveau du travail, des revenus et par conséquent dans l’ensemble de la vie sociale de l’individu sur le logement, la culture, les loisirs.

LA REFORME DES RETRAITES va aggraver le chômage des séniors car ils vont se retrouver plus longtemps au chômage. Rappelons que les deux tiers des séniors sont au chômage lorsqu’ils liquident leur retraite. C’est ce qui explique la grande différence entre l’âge de cessation d’activité, 58 ans, et l’âge de liquidation de la retraite, Statistiquement, pour ces Français, le maintien plus longtemps en activité signifie maintien au chômage : la réforme transforme de « jeunes retraités » en « vieux chômeurs ».

SUR LES SENIORS : Le patronat se débarrasse des seniors par de méthodes de management stressantes, pénibles voir inhumaines, refus de réembaucher une salariés après sa maladie à peine poli ! La crise du travail, le management par l’humiliation et le stress est parfois plus intenable qu’une petite pension qui ne permet plus de vivre dignement. Les seniors évoquent la pénibilité, le stress, les horaires déclarés, les mise à l’écart, les congés fractionnés d’astreinte, qui compliquent des problèmes de tension de diabète etc...plus fréquents à ces âges. En effet, les seniors ont la vie dure alors qu’ils devraient être considérés comme de la richesse pour notre pays.
Les pistes avancées seraient :
 un allongement de la durée de cotisation ! Nouvel allongement jusqu’à 44 annuités de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension complète.
 une hausse de la CSG, notamment pour les retraités eux-mêmes !
 un allignement vers le bas de tous les régimes !

Alors que la solution serait :
 de réaliser l’indexation des retraites sur le salaire moyen
 d’en finir avec le scandale des exonérations de cotisations patronales !
En revanche, une hausse du SMIC et le rétablissement d’une échelle mobile des salaires effaceraient automatiquement le besoin de financement des retraites.
C’est là le cœur, le moteur de notre système solidaire qu’il faut défendre et reconquérir ! Il aurait mieux valu changer le système économique de retraite qui génère des inégalités ainsi que la répartition des richesses :
En effet rappelons que :
700 000 personnes vivent avec le minimum vieillesse (677 € par mois) ; 30% des fonctionnaires touchent le minimum de Pension (944,87 € par mois) ; 40 % des salariés du privé partent en retraite avec le minimum Contributif (environ 600 € par mois) hors retraite complémentaire ; près d’un retraité sur dix (1,2 million) vit avec des Revenus inférieurs au seuil de pauvreté ; la retraite des femmes est inférieure de 40% à celle des hommes.
Si le régime de financement des retraites est menacé, c’est parce que depuis des années tous les gains de productivité ont été accaparés par les patrons et par les actionnaires. Ce sont les multiples exonérations et subventions combinées aux bas salaires et l’explosion du chômage car rappelons plus de salaires c‘est plus de budget pour les retraites ainsi que plus d‘emplosi c‘est plus de budget pour les retraites.

Ce n’est pas un problème de démographie, c’est un problème d’emploi, de salaire, de recettes. Sur les retraites il n’y a rien à négocier si ce n’est de revenir aux 37 ans et demi de cotisation à taux plein à 60 ans ; le projet de réforme de retraite est indécent dans la mesure où le taux d’emploi des seniors est le plus bas d’Europe pour les plus de 50 ans et notamment ceux de 55 ans, en France.

Martine Lozano, militante associative.

Bellaciao

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