Qu’on laisse les gens vivre comme ils veulent, ou ils peuvent, manger ce qu’ils
ont l’habitude de manger, porter des turbans, des robes, des voiles, des
minijupes ou des claquettes, se prosterner à toute heure devant des dieux
fatigués, se photographier les uns les autres avec force courbettes ou parler
des jargons pittoresques. Ce genre de "différences" n’ayant pas la moindre
portée universelle, ni elles n’entravent la pensée, ni elles ne la soutiennent.
Il n’y a donc aucune raison, ni de les respecter, ni de les vilipender. Que
"l’Autre", – comme disent après Levinas les amateurs de théologie discrète et de
morale portative – vive quelque peu autrement, voilà une constatation qui ne
mange pas de pain.
Alain Badiou - " Derrière la loi foulardière, la peur " -

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