Je m’adresse à vous au nom de cette culture européenne dont je me sens si
proche et dont je partage les valeurs et les principes.
J’ai été choqué par la décision de l’Union européenne d’inscrire l’aile
militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes. En effet
cette décision est en contradiction notoire avec la Charte des Nations-Unies qui
reconnaît le droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans
le cas où un Membre des Nations Unies est l’objet d’une agression armée.
Cette aile militaire aujourd’hui accusée de terrorisme, est celle-là même qui
força Israël à se retirer du Liban sans conditions en mai 2000. C’est elle qui
assura la mise à exécution de la résolution 425 adoptée le 19 mars 1978 par le
Conseil de sécurité 22 ans après l’occupation par Israël du sud-Liban.
La résolution 425 stipule en effet que le Conseil de sécurité de l’ONU exige
d’Israël de cesser immédiatement son action militaire contre l’intégrité
territoriale du Liban et de retirer sans délai ses forces de tout le territoire
libanais ; elle est restée sans effet durant 22 longues années ; car c’est ainsi
qu’Israël interpréta alors le terme « sans délai ». Le Liban ne dut la
libération de ses territoires qu’à la volonté sans faille de sa Résistance, dont
est également témoin l’issue de la guerre que mena Israël contre le Liban durant
l’été 2006.
Car le Liban continue à faire face à trois agressions israéliennes avérées
:
1) L’occupation des fermes de Chebaa et des collines de Kfarchouba et du village El-Ghajar
2) Le problème des réfugiés Palestiniens au Liban
3) Les violations répétées de son intégrité territoriale, aérienne, et maritime
1) L’occupation des fermes de Chebaa et des collines de Kfarchouba et du village El-Ghajar
2) Le problème des réfugiés Palestiniens au Liban
3) Les violations répétées de son intégrité territoriale, aérienne, et maritime
À ceci, il faudra ajouter les visées israéliennes injustifiées sur les eaux
territoriales libanaises et son refus obstiné de respecter les frontières
maritimes tracées selon les conventions internationales en vigueur.
On aurait souhaité que, plutôt d’accuser de terrorisme la Résistance
libanaise, les États-membres de l’Union européenne soutiennent le droit du Liban
à préserver son intégrité territoriale, ainsi que le droit du peuple Palestinien
à retourner sur ses terres. Certains des motifs invoqués dans le passé pour
étayer cette accusation avaient été rejetés tant par l’Argentine pour les
attentats de Buenos Aires que par la Bulgarie dont le ministre des Affaires
étrangères avait déclaré il y a quelques jours, que rien ne justifiait une
décision européenne à l’encontre du Hezbollah qui serait basée sur son
implication non prouvée dans l’attentat de Burgas.
Quand l’Europe réunie renie le droit d’une nation à se défendre, un droit
consacré par la Charte des Nations Unies. Et quand elle tourne le dos à ces
nations qui luttent pour préserver leur liberté et leur souveraineté, cette
Europe renie alors ses propres valeurs et ses principes ; elle tourne le dos aux
leçons de son Histoire ; car chacun des peuples qui la constituent a versé un
jour son sang pour résister au joug de l’occupation.
J’exhorte ainsi l’Union européenne à rester fidèle à ses principes, à ses
idéaux, et à son Histoire qui vit tant de sacrifices consentis sur l’autel sacré
de la Liberté. Il faudra surtout qu’elle prenne conscience de la gravité de ses
responsabilités et qu’elle les assume pleinement concernant son rôle dans la
guerre qui ensanglante la Syrie et sur ses graves répercussions sur la situation
au Liban ; une guerre que certains de ses États membres continuent d’alimenter
ouvertement en hommes et en matériel.
Photo : Tayyar
Palestine Solidarité

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