Chahid Slimani
« Et je m'en irai.
-Où l'ami ?
- Où les colombes se sont envolées, où les
blés les ont acclamées.
Pour étayer cet espace avec un épi qui
attend.
En mon nom, poursuis ton chant
Et ne pleure pas, l'ami, un air perdu dans
les souterrains.
C'est une chanson,
Une chanson ! »
Mahmoud Darwich, « La terre nous est étroite
et autres poèmes »
Le « négociateur
palestinien en chef », Saeb Erekat, a adressé une lettre au Secrétaire d'État
américain John Kerry, dénonçant la « mauvaise foi d’Israël » et son « manque de
sérieux » dans les négociations, après la construction de 1000 logements
supplémentaires en Palestine. Le pauvre Saeb Erekat n’a même pas eu le temps de
jouir de sa lune de miel avec son « amie » Tzipi Livni, qui n’arrêtait pas de
l’appeler par son prénom « Saeb », lors du « premier cycle de négociations »
tenu à Washington le 31 juillet.
« Saeb » a donc découvert pour la première fois
après plus de 60 ans de fourberies sionistes[1], que les
Israéliens sont de « mauvaise foi ». Hibernation de conscience et d’esprit
oblige.
Mais « Saeb », le négociateur palestinien en
chef sur la sécurité d’Israël et rien d’autre, ne m’intéresse pas aujourd’hui.
Ce qui m’intéresse à vrai dire c’est la réponse de Benyamin Netanyahou, Premier
ministre colonisateur. Dans sa lettre au Secrétaire d'État américain John Kerry,
Netanyahou charge la chanson palestinienne, responsable selon lui de cette
impasse et de la poursuite des constructions.
Netanyahou charge
plus précisément le jeune chanteur palestinien Mohammed Assaf, dernier vainqueur
de la seconde saison de Arab Idol ,
une version saoudienne et émiratie du célèbre show américain, organisée et
diffusée par le groupe MBC[2], un réseau
saoudien wahha-bite de chaînes satellitaires basées à Londres et à Dubaï. C’est
une autre histoire. Vous devinez à quoi je pense !
«Incitement and peace cannot coexist »
(l’incitation et la paix ne peuvent pas coexister), nous apprend Netanyahou. Les
Palestiniens privés de la vie, de la terre, de l’eau et de l’air, ne devraient
pas chanter et conter leur souffrance et mémoire. Le « spectacle » du drame
palestinien doit être mis sur « Mute » (muet) selon Netanyahou.
Le Jerusalem Post[3] rapporte comment Netanyahou « also included a link to a
YouTube video that depicts the popular winner of Arab Idol Muhammad Assaf
singing a song at the Barcelona soccer game in Hebron that spoke longingly of
Israeli cities within the pre- 1967 lines as belonging to Palestine. ».
Netanyahou a donc envoyé le lien d’une vidéo sur le site YouTube, montrant le jeune chanteur
gazaoui en train de reprendre une célèbre chanson palestinienne devant les
joueurs et les responsables du club espagnol FC Barcelone, venus rendre « visite
» aux fans palestiniens à Hébron.
Les paroles de la
chanson Ya Tir Ya Tayer ! (Ô oiseau
qui vole !), invoquent un oiseau de voler sur les villes palestiniennes et
d’augurer et de promettre le retour des réfugiés palestiniens. On comprend bien
que Benyamin Netanyahou, Mahmoud Abbas, Tzipi Livni et Saeb Erekat préfèrent
danser et « négocier » sur l’air « Sugar baby love » !
Notes
[1] Lire les « Chroniques de la Palestine occupée» de la philosophe Aline
de Diéguez
[2] Middle East Broadcasting Center
[3] “Netanyahu to Kerry: Palestinian incitement undermines
peace” The Jerusalem Post, 10/08/2013
© Photo Hamdi Abu Rahma
Vidéo Arab Idol ICI


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