dimanche 1 septembre 2013

Punir Assad ou... rien.

Théophraste

Donc, des armes chimiques ont été lancées en Syrie. Et les armes chimiques, c’est comme les frisbees, ça se lance pas tout seul. Il y a donc un ou plusieurs coupables qui ont franchi "la ligne rouge". Mais écoutons attentivement le bruit de fond médiatique :
"Il faut punir Assad" disent-ils. Certains rajoutent "Attendez, on n’a pas de preuves qu’Assad soit coupable". Jusqu’à là, j’arrive à suivre. Et ensuite ? Ensuite... rien. Car étrangement, il manque la phrase qui devrait naturellement s’enchaîner : "Néanmoins, le coupable sera puni, quel qu’il soit". Et quel qu’il soit, ça voudrait dire bombarder les rebelles, l’Arabie Saoudite, Israël, les Etats-Unis ou même le Vatican... Mais toutes ces dernières options sont par définition impossibles, la culpabilité d’Assad devient donc obligatoire.
Oui, disent-ils, en cas de crime, nous punirons le coupable, mais à condition que le coupable soit X, car nous ne punirons jamais Y ni Z. Il faut donc que X soit le coupable, sinon... sinon rien. Ce qui, soit dit en passant, laisse une belle marge de manoeuvre et devient sacrément tentant pour tous les Y et Z.
Mince, on dirait qu’il s’agissait d’une invitation à peine voilée.

Théophraste R.

Les non-dits en disent parfois long.

Le Grand Soir

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