Ça commence par quelques boulettes sur la
plage, puis ce sont de véritables flaques qui polluent le sable, enfin c’est par
vagues qu’elle surgit, au mépris des barrages flottants, dérisoires et des
efforts des nettoyeurs armés de pelles et de seaux. Il est alors trop tard…
D’accord, la comparaison est osée, facile et
un peu mécaniste…Pourtant la dynamique ressemble à ça.
La surexcitation médiatique, suite à
l’élection cantonale de Brignoles, si elle est d’une certaine manière dérisoire,
vu la masse d’électeurs concernés (20 728 votants), n’en pose pas moins, en
filigrane, la question essentielle de la crédibilité des formations politiques
traditionnelles et de la nécessaire alternative pour sortir de la situation
économique et politique actuelle. La crise aggravant la situation
politique.
Oui, Brignoles a valeur de test. Même s’il
s’agit d’une « cantonale partielle dans un petit canton », la situation
reproduit in vitro, aux regards d’enjeux nationaux, la problématique générale de
la situation politique.
Oui, le Front National est en passe de
réussir son opération de dédiabolisation. Non pas parce qu’il
change de nature, de valeurs, de référents historiques, mais parce que, face à
l’incurie totale des partis politiques traditionnels, démagogie aidant, il
apparaît comme une « possible alternance ».
Oui, de plus en plus de citoyens/nes
déboussolé/es disent « : « Après tout
pourquoi ne pas essayer le Front National ». Habilement, il donne
l’impression d’avoir réponse à tout, de promettre tout… Nous avons toutes et
tous cru, à une époque de notre vie, au Père Noël !... En période de désarroi, on
arrive à se raccrocher à ce genre de chimère.
Oui, Brignoles consacre la faillite du
dérisoire Front Républicain qui, par la
manière dont il est présenté et fonctionne, conforte le FN ainsi que celles et
ceux qui sont tentés par lui : « UMP-PS,
tous les mêmes…la preuve ! ».
Oui, et la famille LE PEN l’a bien perçu, il
existe aujourd’hui une « dynamique
FN » qui, lors des prochaines échéances électorales, risque de faire « carton plein ».
L’heure n’est plus à la simple dénonciation
du FN – quoique toujours nécessaire – elle est aussi, et surtout, à l’abandon de
ce qui est en train de lui offrir un strapontin vers le pouvoir : la légitimation d’organisations politiques qui,
depuis des décennies, nous manipulent et nous mentent et sont impuissantes face
à la crise.
Maintenir l’illusion d’une quelconque
efficacité de celles et ceux qui se succèdent et profitent du pouvoir, à nos
dépends, est le meilleur moyen de faire « monter le FN ». Refusons leur toute
légitimité.

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