Ikram Ghioua
D’aucuns
n’ignorent que les prémices d’une nouvelle carte, notamment au
Proche-Orient, constituaient déjà dès 1957 un objectif pour les
Étasuniens.
Plusieurs révoltes, présumées populaires, ont marqué le monde arabo-musulman.
Des soulèvements pour ainsi dire programmés, d’où s’est dessinée la nouvelle carte de cette partie du monde [1].
Des soulèvements pour ainsi dire programmés, d’où s’est dessinée la nouvelle carte de cette partie du monde [1].
Dans la rubrique Opinion de son édition du 28 septembre dernier, le New York Times a publié une analyse d’une spécialiste en géopolitique, Robin Wright, experte du monde arabo-musulman où elle souligne clairement « que la carte du Moyen-Orient pourrait être lentement redessinée, de sorte que cinq États (l’Arabie Saoudite, l’Irak, la Syrie, le Yémen et... la Libye) pourraient éclater en 14 entités, sans oublier la possibilité de trois cités-États à Misrata (Libye), Baghdad et Jabal Druze (Syrie) ».
L’auteur
de l’article redessine, selon sa lecture basée sur les donnes du
terrain, une nouvelle carte « homogène » du monde arabo-musulman. Selon
elle, la naissance d’un État kurde entre la Syrie et l’Irak, un État
sunnite qui regrouperait les sunnites irakiens et syriens. La minorité
chiite alaouite, estime-t-elle, qui gouverne actuellement la Syrie
serait repoussée dans un corridor le long de la Méditerranée. Comme
souligné plus haut « la Libye serait fractionnée en trois États sur des
bases ethniques et tribales », c’est le cas de le dire d’ailleurs.
Plus loin, dans son intervention sur les colonnes du NYT,
Robin Wright pense que le sud de l’Irak deviendrait un État chiite,
alors qu’« une partie du Yémen du Sud pourrait rejoindre l’Arabie
Saoudite désireuse d’avoir de nouveaux débouchés maritimes à cause de la
menace iranienne potentielle de fermer le détroit d’Ormuz » d’où la
division du Yémen en deux États.
Mais pas que ça, pour cette spécialiste, l’Arabie Saoudite n’échappera pas au grand changement de la carte géopolitique, ce pays « pourrait se disloquer en cinq États correspondant aux cinq régions qui ont précédé l’actuel régime ».
Mais pas que ça, pour cette spécialiste, l’Arabie Saoudite n’échappera pas au grand changement de la carte géopolitique, ce pays « pourrait se disloquer en cinq États correspondant aux cinq régions qui ont précédé l’actuel régime ».
Cette analyste n’a certainement pas tort. L’un
des pays, à savoir la Libye, qui a été ravagé par ce qu’on appelle le
« printemps arabe », a déclaré ouvertement sa partition en trois
départements indépendants. Les violences qui ont éclaté dans ce pays
sous prétexte de la liberté et la démocratie, ont plongé la population
libyenne dans un sombre présent sans lendemain. Il ne s’agit plus d’une
crise politique que peuvent traverser même les pays les plus développés,
mais d’une insécurité totale et des rivalités sanglantes tribales. Le
gouvernement mis en place n’a pas été en mesure d’unifier les rangs et
d’imposer la loi. En un mot, ce fut une « somalisation » de la Libye.
Pour cette analyste, le même cas pourrait être cadré avec des pays en
pleine crise politico-sécuritaire.
D’aucuns n’ignorent que les
prémices d’une nouvelle carte, notamment au Proche-Orient constituaient
déjà dès 1957 un objectif pour les Étasuniens, mais surtout pour l’État
qu’on appelle Israël dont la stratégie, rapportent plusieurs articles
publiés depuis 1982, « consiste à favoriser l’éclatement des pays arabes sur des bases confessionnelles ou ethniques ».
Le
site Étude Géopolitique met en évidence un article de Charles
Saint-Prot (octobre 2006) qui reprend une publication purue, en février
1982, par la revue de l’Organisation sioniste mondiale Kivunim (Directions), sous le titre « Une stratégie pour Israël dans la décennie 1980 », où un journaliste israélien qui avait travaillé pour le ministère israélien des Affaires étrangères, « soutenait
que le plan de décomposition du Liban en petits cantons confessionnels,
à laquelle les Israéliens travaillaient depuis la fin des années 1960
avec la complicité de certains extrémistes maronites, devait être
appliquée à tout le monde arabe, notamment à l’Irak (trois États :
sunnite, kurde et chiite), à la Syrie (trois Etats : alaouite, druze,
sunnite), à la Jordanie (une partie pour les Bédouins et l’autre pour
les Palestiniens) et à l’Arabie Saoudite qui devait être amputée de ses
provinces pétrolières et ramenée à une mosaïque tribale ».
La
machine est en route, elle est pilotée par les commanditaires du
printemps arabe et la sous-traitance est assurée par ces groupes
terroristes sous la bannière d’Al Qaîda au Maghreb islamique et on se
demande encore qui est derrière cette organisation criminelle par
excellence.
(1) La carte ICI
L'Expression

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