Le bilan du naufrage, au large de Lampedusa, du
bateau de pêche parti de Libye où s'entassaient 500 migrants Erythréens et
Somaliens se monte désormais à plus de 300 morts. Les médias, les politiques
européens de tous bords parlent à qui mieux mieux de « drame » ou
de « tragédie ». Ils veulent ainsi se dédouaner de toute responsabilité
comme si ce drame n'était pas la conséquence de leur politique dite de
« maîtrise des flux migratoires » qui condamne des dizaines de milliers
d'hommes, de femmes et d'enfants à risquer leur vie.
Derrière les larmes de crocodile
Cette nouvelle tragédie n’est que le dernier
épisode d'une longue série. Au total, plus de 20 000 morts depuis 25 ans ! Et
les responsables des politiques qui engendrent ces drames n'ont pas d'autre
solution à proposer que de renforcer les barrières en place, c'est-à-dire
d'aggraver la situation. En dépit des déclarations de compassion, cela durera
tant que les multinationales continueront de piller les matières premières,
polluer les sols, l'air et l'eau, détruire les populations et leur
environnement. Cela continuera tant que les Valls et ses amis rivaliseront avec
Copé et Le Pen pour développer la peur et la haine de l'autre, de l'étranger.
Cela durera tant que les puissances européennes affirmeront qu'elles ne peuvent
accueillir « toute la misère du monde » alors qu'elles sèment la
misère et la guerre dans le monde.
Des frontières mortelles
La cause de ces drames en série ce sont les
dispositifs de surveillance qui obligent les migrants à utiliser des moyens de
plus en plus dangereux, les abandonnent dans la détresse entre les mains de
passeurs sur les frêles barques de pêcheurs eux-mêmes ruinés par le
développement de la pêche industrielle. Le budget de l’Agence Frontex, créée
pour gérer la coopération policière aux frontières extérieures de l’Union
européenne, est passé de 6,3 millions d’euros en 2005 à plus de 118 millions en
2011. Elle disposait en février 2010 d’une
flottille de 113 navires, 25 hélicoptères et 22 avions ! Et Laurent Fabius
demande d'augmenter ses moyens ! Ce nouveau drame le prouve, aucun dispositif,
aussi brutal soit-il, n'empêchera des êtres humains de tenter de fuir la
violence et la famine.
Pour une Europe de la coopération des
peuples.
Dans le même temps, les patrons voyous continuent
de surexploiter les sans papiers taillables et corvéables, désignés à la
vindicte des racistes, les plus exposés aux accidents de travail parfois
mortels, au risque des logements insalubres, au développement de maladies que
les entraves à l’accès au système de santé ne leur permettent même pas de
traiter…
La réponse n'est pas plus de répression, mais
plus de solidarité et la régularisation des sans-papiers qui leur permettra
d'en finir avec la peur et de défendre leurs droits. L'issue n'est pas plus de
barbelés mais la liberté de circulation.
NPA

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire