C’est un manuel qui se glisse dans la poche. 90 pages pour identifier les logos
des organisations « terroristes, militantes ou insurgées », à travers le
monde, pays par pays.
Conçu en 2009, ce manuel de reconnaissance a été récemment
déclassifié. D’après le centre d’entraînement de l’armée étas-unienne, qui l’a
rédigé à l’intention des « formateurs, leaders et soldats », la menace ne vient
pas seulement des « islamistes », « communistes », « anarchistes » ou
« séparatistes »… Mais aussi des organisations environnementales. On y découvre, par exemple, qu’aux États-Unis, le Front de
libération des Animaux, le Front de Libération de la Terre ou Earth First sont
considérés comme terroristes. Pour le Royaume-Uni, le Front de libération des
Animaux se trouve cité juste après Al-Qaida !
De quoi poser un sérieux problème d’image à ces organisations
environnementales, qui se retrouvent placées au milieu de groupes violents.
« Ce guide d’entraînement n’offre pas d’informations sur les types de menaces
que ces groupes [environnementaux] posent », écrit Will Potter, un journaliste américain
spécialiste de l’éco-terrorisme (lire notre
interview). « Ainsi, ce guide présente des activistes non-violents comme
des groupes susceptibles d’utiliser la violence. »
Le groupe Earth First utilise par exemple la désobéissance civile et la
non-violence pour protéger l’environnement. Des militants de l’organisation
américaine, créée en 1979, occupent actuellement des arbres de la
Loyalsock State Forest, en Pennsylvannie. Ils s’opposent à l’exploitation des
gaz de schiste dans la région par l’entreprise Anadarko. « Apprendre aux
militaires ou à ceux qui sont chargés de faire appliquer la loi que ces
activistes sont comparables à Al-Qaida, et que celui qui porte ce logo
représente une menace, peut avoir de dangereuses conséquences ! », estime
Will Potter.
Pas sûr non plus que ces amalgames aident les forces de l’ordre
dans la lutte contre le terrorisme.
Bastamag

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