mercredi 25 décembre 2013

La marmite et la fournaise

Gaëtan Pelletier   

De tous les temps, de tous les temps, les peuples n’ont aspiré qu’à vivre une vie simple: travailler, nourrir ses enfants, et faire d’eux quelqu’un de bien. De tous les temps…

L’appât appâté

De tous les temps, les humains ont donné à leurs petits dieux, soi disant "savants", leurs enfants, leur sueur, leur avoir, en pensant qu’ils – eux les petits dieux pochoirs – allaient régler les petits problèmes que cette vie nous apporte. Qu’EUX, seulement EUX, pouvaient faire mieux que l’amour des parents dans un cheminement de vie pas toujours facile. Comme ils avaient trouvé une formule pour vous épargner la maladie, la misère, le travail, voire la mort.
Or, ils ont tuméfié tout, tout,tout, tout.
Vous leur avez donné votre argent, ils en ont fait des armes. Plus encore, ils vous ont demandé de faire fondre le chaudron pour fabriquer des armes. Des armes à tuer ceux que vous nourrissiez.

Sushi pensant  

Le petit poisson s’est fait goulûment avaler par le requin. À froid ! Sans cuisson ! Sec.
Puis, avec toutes ses armes pour régler les douleurs du monde, ils sont là à vous en demander davantage pour régler les problèmes du monde. Pas foutus de vous donner de quoi remplir votre chaudron et nourrir vos enfants.
Et pendant ce temps, écrasés, agenouillés, vous priez un dieu … qui est en vous. Il faut se prier pour un peu de vérité. Pour ouvrir les yeux. Bien voir.

L’école 

C’est à la mode en France : l’internat. Les enfants travaillent huit heures par jour pour… apprendre. Et on se plaint du système chinois… La mode est d’envoyer les enfants en internat. Ils ne sont pas chez vous, en famille, mais ils réussiront leur "vie".
Celle qui fait que l’on continue de fabriquer des chaudrons, qu’on enferme les enfants dans un goulag rose, en parents participatifs  à ce monde qui tourne en rond.
Les enfants, dans la marmite de l’État, vous échappent… Pour plagier Khalil Gibran : ce ne sont plus les enfants de la vie, mais les enfants de l’État.
Subrepticement, on vous a vendu un produit : vous.  En y croyant, dans ce petit luxe de bourgeois coiffé vous reproduisez un "vous" sans le savoir. L’État n’est plus au service des citoyens. Mais vous leur donnez vos enfant comme on donne des bûches pour faire surchauffer l’économie livrée à une bande d’idiots psychopathes qui transforment le réel en un avoir abstrait. "No use", comme disent les anglos. Inutile ! Inutile ! Inutile !

La fournaise 

Ce matin, j’ai changé le brûleur de la fournaise. Je n’ai pas changé ni amélioré la fournaise: une pièce de la même machine. Une fournaise à granules de bois, avec une vis sans fin qui grince parfois… Bon ! On s’en accommode!
En changeant – par le vote – de dirigeant, de  système, on ne change rien : on ne change qu’une pièce de la même machine.

La mèche mouillée des analyses 

Tous les jours, toutes les heures, quasiment toutes les minutes, vous avez affaire à des analystes qui décortiquent le monde comme nous décortiquions ce rat-muqué  dans le laboratoire de mon collège en 1966.  Tous les jours, vous vous gavez de ces insignifiances qui ne changent rien. Mais vous continuez. Vous êtes si surpris d’apprendre que vous finissez par croire que cela va changer quelque chose. Et vous rencontrerez sur votre route des brouillés confondus. Le monde ne s’est pas simplifié au chaudron, il est rendu complexe par des joueurs "mondialistes" qui jouent avec "notre" argent. Le chaudron n’intéresse pas les riches, les mégalomanes, qui sont repus jusqu’aux bulles du champagne.

La mèche séchée des analyses 

Une fois que le chaudron de la faim est rempli à n’en plus savoir que mettre dedans, vous passez à autre chose… Vous avez faim du grandiose qui a plongé – de tous les temps, de tous les temps -  les gens dans la famine. Vous êtes alors passés dans une autre sorte de famine : celle de créer des gens qui changeront d’abord la pièce de la fournaise, puis, voulant créer des génies, une fournaise améliorée.
Tout cela par la magie de ceux qui vous ont fait croire que "l’éducation" améliore la vie.
Un vieux concept idiot. Si l’éducation devient  hyper-intellectuelle, amusante, sans rapport avec la vie, c’est un amusement aussi minus qu’un jeu vidéo. Même dans les grands livres et dans les "grandes" analyses. Comprendre n’est pas changer. Comprendre, c’est saisir les mécanismes et s’enivrer de cette compréhension peut mener à un "étang".

The End

Et c’est ainsi que va "le monde". Les pseudos "connaissants", même "outsiders", continuent de croire qu’ils peuvent changer le monde en comprenant les mécanisme sociaux de la vie. Et plus ils sont complexes, plus il faut de connaissances fournies par l’État. Et plus d’enfants… Le cercle est vicieux….
La petite bourgeoisie  s’étrangle elle-même, convaincue que dans la fin de la faim, le "monde" est terminé. Une idée n’a jamais nourri personne. Mais c’est elle qui fait la religion de l’État. Elle ( la petite bourgeoisie à quatre chaudrons) finit par en être les prêtre engraissant la maigreur du monde. Elle finit dans la surchauffe du nombril.
Quand l’État vous permet une certaine culture, il sait bien que vous n’avez pas la distance nécessaire ( ni l’État d’ailleurs), de voir à long terme les dégâts.
Il a fait de vous un cerveau-chaudron qui a faim. Faim de savoir, faim de décider, faim – mais surtout "droit" – de participer à ce pseudo et hypocrite changement. Alors, non seulement vous êtes un abonné de la "revue" État, mais un participant honnête mais floué.

Il suffit de cultiver l’honnêteté des citoyens pour en faire des participants invisibles et ignares du monde – toujours présenté comme "moderne"- pour faire rouler la machine à ne rien faire, sauf mensonger sur les changements, et vous y faire participer.
Rock ans "Rôle".

Gaëtan Pelletier - 22 décembre 2013 -

La Vidure

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