vendredi 27 décembre 2013

...la sotte plaisanterie de François Hollande sur l'Algérie.

Jean-Luc Mélenchon           
 
Au moment où je bouclais mes lignes, j'ai découvert la sotte plaisanterie de François Hollande sur l'Algérie.

Je la trouve extrêmement significative d'un état d'esprit. Elle exprime une forme d'arrogance que l'ambiance de la réunion a sans doute contribué à libérer. Car nous ne perdons pas de vue que le chef de l'État s'exprimait devant une association prétendument représentative d'une communauté qui ne s’y implique que très peu. Il participait en effet à une réception pour les 70 ans du CRIF, association qui est surtout connue pour son dîner annuel. Cet évènement mondain, haut lieu de toutes les vanités, est sans doute un des lieux les plus stupéfiants de notre pays. Les responsables gouvernementaux se bousculent pour y être invités, alors même que la laïcité de l'État devrait leur recommander exactement le contraire ! Une fois rendue sur place, ceux-ci se font admonester et tancer à propos de la bienveillance plus ou moins grande de leur gouvernement à l'égard de celui d'Israël, sujet qui, à mon avis, devrait être réservé aux dîners de l'ambassade de ce pays ! Enfin, cette association prétend délivrer, avec ses cartons d'invitation, des brevets de respectabilité. Les esprits faibles les savourent. Car, à l'inverse, elle prétend aussi  stigmatiser ostensiblement ceux qu'elle déclare « ne pas inviter ». Ainsi, l'an passé, l'association avait fait sonner tambours et trompettes pour faire savoir qu'elle « n'invitait pas le Parti Communiste ». Cette année, dans un amalgame encore plus insupportable compte tenu du contexte dégradé que nous connaissons, les mêmes ont décrété qu'ils n'invitaient pas, « le Front National naturellement pas plus que le Front de Gauche ». L'offense que contient cette assimilation autant que le communautarisme échevelé de la circonstance auraient dû conduire François Hollande à passer sa soirée ailleurs ou, au minimum, à ne pas se laisser entraîner par l'ambiance. C'est le contraire qui s'est produit, et je crois que cela fait sens. Bien sûr, le dommage passera. L’attention ira ailleurs, par distraction autant que par nécessité. Mais ces sortes de parole font un mal que des frivoles comme Hollande et sa cour ne mesurent pas ! Elles travaillent l’imaginaire collectif en flattant ses plus bas instincts, elles enkystent les préjugés les plus bornés, elles ont la fonction émolliente qu’ont dans leur domaine les prétendues « blagues » machistes ou racistes !

Pour trois qui rigolent, cent qui ont la nausée.

Lire l'article entier du 23 décembre ICI

Jean-Luc Mélenchon

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