tgb
Pour rejoindre la grande cohorte du bourrage de mou médiatique aux éléments de langage rudimentaires pas besoin d’avoir fait polytechnique, puisqu’il vous suffit d’apprendre par cœur une poignée d’éléments de langage rudimentaire, summum de la pensée dans toute sa vacuité :
Baisser : les charges, les dépenses publiques, les impôts, le coût du travail !
Briser le tabou de : l’assistanat, de l’état providence, du smic…
Réduire le nombre de fonctionnaires…
En intégrant adroitement le mot « compétitivité » quelque part.
Félicitations donc à Valérie Pécresse qui aura réussi l’exploit de placer quasiment tous les mots clés en une seule phrase :
" Le gouvernement dit que notre politique est la bonne, la baisse des charges, la compétitivité, l'emploi marchand, la baisse des dépenses, la baisse des impôts. Maintenant, qu'il le prouve !"
On regrettera toutefois qu’elle n’ait pas pu placer le « coût du travail » pour réussir d’emblée le grand chelem et le côté un peu scolaire et laborieux du procédé façon Valou.
Avec ce bréviaire basique et minimal, vous pouvez maintenant courir en tant qu’expert les émissions radios télés, tenir chroniques dans quasiment tous les journaux hebdos et mensuels rédiger ou faire rédiger une dizaine de best-seller opportunément déclinistes ou entreprendre une brillante carrière politique.
On notera l’économie de moyens, le peu d’investissement intellectuel nécessaire et la facilité d’assimilation de cette méthode. Ne reste plus ensuite qu’à la décliner inlassablement avec une évidence de conviction.
Bien sûr, dans la vraie vie, tout le monde sait qu’appliquer ce discours ne fonctionne pas. Qu’il est folie de répéter les mêmes erreurs en espérant des résultats différents.
Sauf qu’en fait, personne n’espère de résultats différents.
Dans la vraie vie, Hollande sait que Moscovici sait que la CFDT sait que Gattaz père et fils savent que tout cela n’est qu’un vulgaire habillage pour au final « défaire méthodiquement le programme du CNR » comme l’a déclaré explicitement et sans complexes Denis Kessler vice président du Merdef.
Bref, qu’il s’agit dans un esprit revanchard de détruire ni plus ni moins l’état social, profitant d’un rapport de force favorable.
Prochaine cible miam -miam : la sécu !
Dans la vraie vie, l’on mesure depuis 30 ans que pas plus la niche fiscale Copé, que la suppression de la taxe professionnelle, ou la baisse de TVA pour restaurateurs, ou quelque CICE ou ANI quelconque n’a crée le moindre emploi ou « libéré » quelque croissance que ce soit.
Dans la vraie vie quand papa Gattaz déclarait «Supprimez l’autorisation administrative de licenciement, et je m’engage à échéance de trois ans à créer 540 000 emplois.» tout le monde sait que 3 ans plus tard, la France comptait 200 000 chômeurs de plus et que Gattaz senior s’engageait à que dalle.
Dans la vraie vie, l’on s’insurge surtout du coût du capital, des salaires dépassant tout entendement, du creusement des inégalités, des paradis fiscaux et d’une nouvelle forme de communisme inversé : le nivellement par le bas.
Dans la vraie vie, l’on se doute qu’avoir pour toute utopie un taux de croissance à 3% ne peut constituer sérieusement le socle d’un projet de civilisation durable et enthousiasmant. Qu’il faut avoir toute la finesse d’un expert-comptable flatulent pour saliver devant une courbe power point.
Il faut donc bien du décervelage pour nous persuader que l’on peut envisager le 21éme siècle avec une mentalité du 19éme et bien du matraquage pour nous contraindre à faire notre malheur nous-même.
rue-affre


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire