Le 9 mai 1926, la France a ratifié le Protocole de la Société des Nations
concernant la prohibition d’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou
similaires ainsi que de moyens bactériologiques.
Au début
des années 1990, elle a également ratifié la Convention sur l'interdiction des
armes chimiques (CIAC) entrée en vigueur en 1997 qui lui interdit la mise au
point, la fabrication, le stockage et l'usage des armes chimiques et lui impose
la destruction des arsenaux existants.
Or, un
article paru dans le Nouvel Observateur du 31 octobre 2013 révèle que,
jusqu'à une période très récente, des ingénieurs de l’armement ont produit
secrètement des agents toxiques militarisés dans le centre d'études du Bouchet à
Vert-le-Petit, situé à 40 kilomètres de Paris.
En
contradiction avec leurs engagements internationaux, le but des
autorités françaises était de pouvoir, dans un délai de quelques mois, doter
l'armée d’un vaste arsenal chimique.
S'ils
n'étaient pas tous produits en masse, tous les produits potentiellement
utilisables étaient expérimentés. Parmi ceux-ci, les organophosphorés comme le
sarin neurotoxique, le gaz VX, version
plus mortelle du gaz sarin, ou encore le soman dont il suffit
de 6 milligrammes pour tuer un homme sans qu'il y ait d’antidote.
Certains
de ces produits ont connu une production massive dans les années 1960 : une
centaine de kilogrammes de sarin et une dizaine de tonnes de
tabun, un autre organophosphoré.
D'autres
produits ont été étudiés et testés, notamment les incapacitants et les binaires
; les premiers neutralisent sans tuer ; quant aux binaires, ils sont constitués
de deux agents peu nocifs qui, mélangés, produisent un toxique.
La loi
de programmation 1987-1991 prévoyait encore la production de plusieurs centaines
de tonnes d’agents binaires, dans le cadre d’un programme secret au nom de
code Acacia.
À noter
que le centre disposait d'une animalerie et que des tests ont été pratiqués sur
des animaux, essentiellement des rats mais aussi des chiens, des porcs, voire
des chimpanzés.
À noter
également que le centre du Bouchet entretenait des rapports très proches et très
secrets avec les spécialistes américains. Au point de permettre à ceux-ci de
faire des expérimentations dans le camp militaire de Mourmelon, près de
Châlons-en-Champagne, la législation des États-Unis étant devenue trop exigeante
sur les questions de pollution.
Pour les
auteurs de l'article, il ne fait pas de doute que tout ceci appartiendrait au
passé. Le passé récent mais le passé, quand même... En est-on si sûr
?

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