La journaliste Colette Braeckman s'interroge sur les
raisons qui font qu'en dépit du feu vert de l’ONU la France semble se trouver
isolée et dans l'impasse en Centrafrique. [1]
Elle
rappelle, tout d'abord, que l’opération Sangaris représente la 11ème
(onzième !) intervention de l'armée française en Centrafrique depuis que ce pays
a accédé à l'indépendance.
C'est
ainsi qu'en 1965 la France impose Jean-Bedel Bokassa à la présidence pour, en
1979, l'en chasser et amener son remplaçant, David Dacko, « par vol spécial ».
En 2003,
elle approuve le coup d'État du général François Bozizé contre le président élu
Ange-Félix Patassé.
Dix ans
plus tard, le 24 mars 2013, elle laisse Michel Djotodia et ses milices Seleka
[2] renverser Bozizé celui-ci étant tombé en disgrâce pour avoir osé ouvrir aux
Chinois les champs pétroliers et les mines d’uranium de son pays...
Colette
Braeckman dresse également un constat sévère de la colonisation française : un
pays sans routes, sans encadrement administratif, à peu près aussi peu développé
que le Sud Soudan.
Dans ce
contexte - explique-t-elle - il faut prendre conscience de « la sophistication
des moyens militaires dont dispose la Seleka » et qui explique son « avancée
fulgurante ». Ces « guerriers sans frontières » ont déjà opéré au Tchad, au
Soudan, dans toutes les zones grises de la frange sahélienne, ils sont formés et
endurcis.
Avec
d'autres mouvements comme les ADF-Nalu, opérant au Nord du Congo, la Seleka
représente une avant-garde qui menace toute la zone forestière, du Cameroun
jusqu’au nord du Kénya ; c'est une poussée de fond des populations
sahéliennes, nomades et marquées par l’Islam, en direction des verts pâturages
de l’Afrique centrale.
Face à
ces combattants, les armées d’États aussi faibles que la Centrafrique ne font
pas le poids. Quant aux Français, en nombre insuffisant, ils sont à peine
secondés par les 4.000 hommes de la Force africaine dont les 850 Tchadiens à la
neutralité sujette à caution.
« Ceux
qui tablaient sur une opération de courte durée, de nature à redorer le blason
présidentiel, ont péché non seulement par excès d’optimisme mais surtout par
ignorance ou présomption. », constate Colette Braeckman. Ce
pourrait être la conclusion...
Le général Moussa
Assimeh, chef militaire de la Seleka ayant participé au coup d’État qui a
renversé François Bozizé le 24 mars 2013

[1] Colette
Braeckman,La France isolée face aux guerriers sans
frontières : http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2013/12/28/la-france-isolee-face-aux-guerriers-sans-frontieres/
[2] Seleka
signifie Coalition ou
Alliance en langue sango.

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