Michel Soudais
Les indiscrétions en provenance de l’Elysée nous annonçaient des vœux de combat et d’avenir. La communication traditionnelle du Président de la République en cette Saint-Sylvestre aura confirmé son combat pour un avenir d’austérité.
L’an dernier il avait promis que « la taxe sur les transactions financières sera enfin introduite au niveau européen » ; l’un des principaux opposants à cette taxe, reportée à... 2015, aura été Pierre Moscovici, son ministre de l’Economie. Il avait également annoncé que « la prochaine loi bancaire nous préservera de la spéculation » ; au dernier étage de la tour de la Société générale à La Défense, on en rigole encore.
Le chef de l’Etat avait surtout promis de tout faire pour inverser la courbe du chômage d’ici à cette fin 2013. Le résultat n’est pas au rendez-vous. François Hollande a bien été obligé de le concéder, ce soir. Mezza voce. La crise a été plus profonde et plus rude que prévu, a-t-il expliqué en substance. Les boursiers n’ont pas fini d’en rire, eux qui clôturent un excellent millésime.
Au nom de cette « crise », que ne connaissent que ceux qui forment le cœur de l’électorat de gauche, François Hollande a donc expliqué ce soir que pour réduire le chômage, il ne faut pas s’’attendre à un miracle : « Les résultats sont forcément longs à apparaître mais ils sont là. » Là ? Où ça ?
Au rayon des annonces concrètes, le Président de la République a annoncé qu’après le pacte de compétitivité décidé en novembre 2012, dont une des traductions est l’augmentation des taux de TVA dès demain, le gouvernement va proposer aux entreprisses « un pacte de responsabilité », sorte de deuxième étape de l’abaissement du coût du travail (et de la baisse du pouvoir d’achat qui l’accompagne). Il a enfin confirmé le mot d’ordre de l’année 2014 : « Réduire la dépense publique. » Ramener le déficit structurel à 3,7% du PIB, c’était l’objectif l’an dernier. Il sera vraisembablement plus proche de 4% du fait de dépenses imprévues. D’où l’obligation (européenne) de rattraper cela en 2014, qui sera une année d’austérité renforcée. Selon Bercy, 80% des efforts de réduction du déficit passeront par la diminution des dépenses de l’Etat.
« Nous pouvons faire mieux en dépensant moins », a-t-il martelé, reprenant une antienne sarkoziste, confirmant que le grand dessein de son gouvernement consiste à « réduire notre déficit pour pouvoir à terme baisser les impôts ». C’est d’ailleurs, à le croire, « le sens de la réforme fiscale » engagé par Jean-Marc Ayrault.
« Nous pouvons faire mieux en dépensant moins », a-t-il martelé, reprenant une antienne sarkoziste, confirmant que le grand dessein de son gouvernement consiste à « réduire notre déficit pour pouvoir à terme baisser les impôts ». C’est d’ailleurs, à le croire, « le sens de la réforme fiscale » engagé par Jean-Marc Ayrault.
Pas question donc d’envisager une réforme fiscale qui réduirait les inégalités en engageant une redistribution des richesses, ce serait là l’objectif d’un gouvernement de gauche.
À un seul moment, nous nous sommes senti d’accord avec le Président de la République : « La France a tous les atouts pour réussir. » Son seul problème est qu’elle n’est pas gouvernée comme il faudrait.
Politis


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire