mardi 29 avril 2014

Des mauvais choix et des errements politiques

Jean-Jacques Rey              


Le modèle néolibéral qui affecte grandement l’économie de marché, est basé sur la Croissance, la Consommation, la "libre" Concurrence et la Compétitivité : les quatre grandes « Clefs » d’un pseudo développement… De fait il entraîne l’exclusion et/ou l’élimination de tout ce qui ne lui est pas utile (selon certains concepts) dans les trois grands règnes sur Terre : minéral, végétal, animal. Ainsi il se révèle le meilleur hara-kiri de la Civilisation... 
 
Voilà, on a fait le tour !
 
Ceux qui gardent l’illusion de pouvoir le réformer un jour, même progressivement, sont toujours à la recherche de leur pierre philosophale, et en attendant, ils s’affaiblissent… En premier lieu parce qu’ils semblent incapables de choisir le moindre mal, ce qui a le mérite de mécontenter tout le monde ! Aucune politique de la sorte n’a jamais réussi.
Et surtout, cela ne change rien au fond du problème, le temps est compté : répondre aux frustrations et à la souffrance sociale, grandissantes, vis à vis des choix économiques et par conséquent de société, sur lesquels s’est fondée (effondrée ?) l’Europe, tout de travers…
D’ailleurs, les « lois » du Marché, quand elles ruinent la Société, on se demande bien ce qu’elles ont de respectable…
 
Alors, à certains politiques ou hauts fonctionnaires, je dirai : vous savez commander les choses, mais pas les diriger…et vous y mettez volontiers dans ces « choses », les êtres humains et leurs sentiments que vous ne savez prévoir, tout comme les phénomènes naturels, du moins voudrait-on nous le faire croire !
Êtes-vous donc les adeptes si bornés de l'utilitarisme : un ordre de valeurs qui mène la nature humaine à sa négation ? … Je vais répondre à votre place : Oui, bien sûr, puisque vous êtes les héritiers de la bourgeoisie égotiste et que vous avez du mal à sortir de son pot de confiture.
Donc la démocratie, c’est à la gueule du client dans le cabaret occidental : une bonne gestion, même avec des plumes au derrière, cela ne suffit pas à la défendre !
 
Mais voilà, il se passe en ce moment qu’une énorme partie des citoyens : las, apeurés et dégoûtés de la politique, en particulier dans les pays riches de l’Occident, en est venu à « laisser faire » les rapports de force dans les joutes électorales ; c’est à dire à s’abstenir d’y choisir son camp (du reste un faux choix), un peu comme Ponce Pilate dans le cas de Jésus ; ce qui revient à laisser décider à sa place : une option particulièrement prisée par les plus radicaux, souvent doués de raisonnements sectaires qui, fatalement, font payer un jour la note à ceux qui ont «laissé faire», croyant bien faire ! …
Nous sommes donc condamnés à faire le tour de leur prison morale, si nous ne sommes pas capables d’abattre leurs murs, quitte à courir bien des dangers par la suite pour reprendre notre destin en main ; mais comme le dit un proverbe, vérifié maintes fois : « celui qui ne risque rien n’a rien » ; et de toute manière, ce qui doit se perdre, se perdra si nous ne faisons rien.
 
Mais je vais quand même vous donner une raison de vous réjouir (oh ! juste un pincement) !
Toute l’équipe de frappadingues que nous avons eu à la Commission Européenne ces dernières années, celle qui a fait de l'austérité, une règle draconienne en matière de gouvernance, doit s’en aller à l’automne prochain 2014 , dans le cadre d'un renouvellement normal et programmé ; alors pourquoi s’intéresser maintenant à leurs discours plein de fiel, qui visent à faire réagir négativement contre un carcan institutionnel, et par contrecoup à retarder l'évolution des idées sur le sujet de l'Europe, surtout avant les élections parlementaires européennes qui prennent de l'importance cette année ? … En effet, le Parlement européen devrait avoir un peu plus de pouvoirs d'après le dernier traité : celui de Lisbonne (confer son article 14 entre autres) ... C'est un début et nous verrons bien après la réalité du nouveau rapport de force, certains craignent sans doute qu’il ne soit plus autant en leur faveur… N'est-ce pas ? À force de charger la mule, on risque la mise à pied… 

D’une manière générale, voyez-vous, les néo-libéraux ne sont plus aussi sûrs d’imposer leurs «idées fixes» en Europe, donc ils préfèrent préparer le terrain aux forces rétrogrades pour geler une évolution défavorable... Voilà la vérité qui point (qu'on n'entendra évidemment pas dans les médias liges).
Du balai, messieurs-dames, préparez plutôt vos bagages !
 
 

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