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De jeunes français djihadistes exaltés, en lutte contre le régime d’Assad qui prennent en otage des journalistes français venus couvrir la guerre en Syrie et témoigner des utilisations présumées des armes chimiques du même Assad, c’est déjà pas banal.
De jeunes français djihadistes (entre 250 et 700) en lutte contre le régime d’Assad, dénoncés et traqués par les autorités françaises qui étaient pourtant à deux doigts, il y a moins d’un an, de foutre sur la gueule ce même Assad, avant de se retrouver seules en rase campagne à pousser du triporteur, ça devient abscons.
Surtout pour les mômes embrigadés.
Des journalistes français otages du groupe de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) en guerre contre Assad mais également en confrontation directe avec d’autres groupes islamistes comme le Front Al-Nosra ou le Front islamique de libération (FILS) à se décapiter à qui mieux mieux mais toujours d’accord au final pour dézinguer de l’ASL (armée syrienne libre) ça devient franchement illisible.
Mais des journalistes français otages libérés sans que la France n’ait payé de rançon puisque, pour jouer sur les mots, si ce n’est nous qui y allons du chéquier, ce sont nos amis du Qatar ou des Emirat Arabes Unis qui, il n’y a pas si longtemps pourtant, finançaient encore directement ou indirectement ces mêmes organisations ou les armaient par le biais d’ONG, ça devient carrément le merdier.
Quand vers l'Orient compliqué De Gaulle volait avec des idées simples, Fabius vers l’Orient complexe fait du rase motte avec pas d’idées du tout. (ou celles d’hollande ce qui revient au même).
Quand on sait, dans la continuité de la politique étrangère atlantiste et otanesque tout à l’émancipation des peuples, ce qu’il advint :
- de l’Irak supplicié aux attentats quotidiens
- des massacres ethniques du Soudan du sud autrefois nommé Darfour avant partition occidentale
- de la Libye en plein chaos et régression, base arrière et poudrière de tous les trafics
- de la Bosnie où les communautés séparées et meurtries se réconcilient aujourd’hui dans la révolte sociale
- de l’Amérique du sud, ce modeste continent méprisé à envoyer du coursier aux obsèques de Chavez, avant d’interdire hors usage diplomatique et pour complaire aux ricains le survol de notre territoire par l’avion officiel de Morales avant de platement s’excuser tout ça pour finir par aller quémander quelques affaires juteuses à Cuba
- de l’Ukraine, dans ce suivisme béat fabricant officiel de guerre civile à bien s’aliéner la modique Russie…et à soudain défendre de l’unité nationale quand la spécialité de l'empire est généralement de la découper en morceaux...on peut en conclure raisonnablement que la France n’a pas plus de politique étrangère que Valls de logiciel gauche ou Botul d’aptitude pour la géostratégie.
Pour une fois, devant ce constat navrant mais lucide, Grolardos l’ectoplasme qui nous sert de président eut enfin une idée géniale : confier à ce grand ministère des affaires étrangères devenu parfaitement inutile, le tourisme. (et accessoirement le commerce extérieur.)
Enfin Fabius, délaissant les relations internationales taillées un peu larges pour ses frêles épaules et partisan inspiré du travail dominical, à considérer qu’un estivant trouvant un magasin fermé le dimanche ne reviendra pas jeudi (mais peut-être mardi ?) trouve enfin ici sa pleine mesure et peut déployer toute l’envergure de son immense talent visionnaire.
La cinquième puissance mondiale détenant un siège permanent au conseil de l’ONU peut enfin jouer de toute son influence grâce à l’invention fulgurante de la diplomatie par le tourisme dominical.
Devant de telles pointures, on n’est plus très étonné que le solférinien lambda se fasse cirer les pompes, à domicile. Même si on ne doit pas oublier toutefois que c’est à ce mec-là dans un moment d’égarement qu’on confia la mallette nucléaire.

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