Jean-Luc Mélenchon
Les indécrottables gogos du « vote utile » sont servis. Valls va les tondre à souhait comme nous tous le serons ! Et il est à craindre que ce ne soit pas suffisant pour les faire cesser de faire les moutons. Si vous avez le moindre doute, lisez ce qui suit et pour saurez pourquoi il faut vraiment laisser vos bâtons à la maison avant de monter marcher samedi 12, tellement ça pourrait vous démanger de vous en servir !
Le discours de Manuel Valls devant l’enclos de moutons du groupe socialiste enthousiaste est un reniement écœurant. Mais la paille des mots poudrait l’air jusqu’à l’hallucination. Valls brillait par la force du souvenir calamiteux de Jean-Marc Ayrault. Et l’illusion a bien fonctionné si j’en juge par ce que je lis à ce sujet dans la « bonne presse ». Ce post devrait dégriser ceux des nôtres qui se seraient abandonnés à réduire encore toute la politique au verbiage médiatique ! Le discours de Valls est d’abord et surtout un coup de barre à droite d’une violence égale aux milliards qu’il va prendre au peuple tout entier pour payer la nouvelle pluie de faveurs qu’il va faire ruisseler sur le patronat financiarisé au nom de la glorieuse « politique-de-l’offre-qui-créé-la-demande » de François Hollande. Baisse des cotisations sociales, coupes drastiques dans les dépenses publiques, baisse de l’impôt sur les sociétés, suppression des départements et baisse du nombre de régions… Rien de tout cela n’était dans le programme de François Hollande en 2012. Mais Manuel Valls n’a rien inventé pour autant. Il a seulement pillé le programme de Nicolas Sarkozy, de l’UMP, du MEDEF et même du FN !
Séance tenante cet homme a encore affaibli ce qui reste de majorité parlementaire.
Après avoir perdu la participation ministérielle des Verts, il perd contre toute attente la moitié du groupe parlementaire de ce parti pourtant élue sur des circonscriptions cédées par les socialistes. Comment le leur reprocher ? Onze députés socialistes ont eux aussi refusé la confiance en s’abstenant. Et le groupe que préside le communiste André Chassaigne est même passé de l’abstention pour Ayrault au vote contre la confiance au gouvernement ! S’il en est ainsi c’est que l’addition est particulièrement salée et les privilèges promis aux puissants spécialement colossaux !
Le Père-Noël du MEDEF a parlé
Au-delà des formules de communicants, Manuel Valls a adressé une fin de non-recevoir à la gauche naïve, celle de l’indécrottable « vote utile » qui espérait trouver avec lui la fin de sa honte. Bien sûr, comme Jean-Marc Ayrault avant les élections, Manuel Valls répète les poncifs du MEDEF : « le coût du travail doit baisser. Il pèse lourd ». Le pacte de responsabilité est confirmé et précisé. Les 20 milliards d’euros de Crédit d'impôt compétitivité seront bien complétés par 10 milliards d’euros de nouveaux cadeaux. Manuel Valls a aussi prévu de supprimer toutes les cotisations patronales sur les emplois payés au SMIC. Et de baisser les cotisations sociales patronales pour la famille de 1,8 point sur tous les emplois payés jusqu’à 3,5 SMIC soit « 90% des salariés ».
Le pacte de responsabilité est même complété par de nouveaux cadeaux fiscaux pour le patronat.
Manuel Valls a annoncé plus de 12 milliards d’euros de baisse d’impôts pour les entreprises ! Ainsi, la « C3S », Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés sera purement et simplement supprimée. C’est un cadeau de 6 milliards d’euros ! Sans aucune contrepartie. Et comme c’était une contribution basée sur le chiffre d’affaires, les plus grosses entreprises gagneront le plus ! D’autant que les 500 000 plus petites entreprises du pays ne gagneront rien du tout puisque la C3S n’est payée que par les entreprises dont le chiffre d’affaire dépasse 760 000 euros par an. La suppression de cette taxe était la revendication numéro un du MEDEF dans les Assises de la fiscalité des entreprises. C’est un cas typique de l’égoïsme du grand patronat. Car la C3S sert pour l’essentiel à financer le régime social des travailleurs indépendants et des commerçants. Valls satisfait donc le MEDEF sur le dos des travailleurs indépendants !
Le MEDEF peut aussi se frotter les mains pour une autre raison.
Manuel Valls prépare un deuxième cadeau fiscal. Il a ainsi annoncé une baisse du taux de l’impôt sur les sociétés. Actuellement de 33%, Manuel Valls a annoncé qu’il serait abaissé à 28% ! Selon les années, un point d’impôt sur les sociétés rapporte entre 1,2 et 1,5 milliards d’euros. Une baisse de 5 points devrait donc coûter au moins 6 milliards d’euros par an de manque à gagner pour l’Etat. Tout le monde n’est pas frappé par l’austérité ! Là encore, c’est un chèque en blanc que fait Valls : la baisse du taux d’impôts sur les sociétés sera aveugle. Elle ne fera pas la différence entre les grandes et les petites entreprises. Et les grandes entreprises pourront continuer à cumuler les niches pour faire encore plus baisser leur facture fiscale. Manuel Valls n’ayant rien dit sur le sujet, il n’y aura pas de contrepartie exigée à cette baisse d’impôt sur les sociétés, ni pour les créations d’emplois, ni en obligation d’utilisation des bénéfices pour l’investissement. Aucune contrepartie au Crédit d’impôt compétitivité, aucune contrepartie au pacte de responsabilité, aucune contrepartie à la suppression de la C3S, aucune contrepartie à la baisse de l’impôt sur les sociétés ! Rien qu’avec ces quatre mesures, le montant total des chèques en blanc de Hollande au grand patronat atteint plus de 42 milliards d’euros par an ! Plus de la moitié du déficit public ! Même Sarkozy n’avait pas fait autant de cadeaux au MEDEF.
Hollande méprise le vote populaire.
En guise de réponse, il avait inventé un « pacte de solidarité ». Ce pacte de solidarité a fait pschit. Il aura vécu à peine une semaine. La seule mesure d’apparence favorable aux travailleurs que Manuel Valls a précisée est directement tirée du programme du Front national ! Il s’agit de la baisse des cotisations sociales payées par les salariés les moins bien payés. La proposition Valls-Le Pen a tout pour plaire au MEDEF : augmenter le salaire net pour calmer les revendications salariales sans augmenter le salaire brut ! Dans la campagne présidentielle, Marine Le Pen proposait de « faire prendre en charge par l'Etat 200 euros de cotisations sur tous les salaires jusqu'à 1,4 fois le smic ». Elle ajoutait « Quelle va être la conséquence ? C'est que tous les salaires, jusqu'à 1,4 fois le Smic vont immédiatement augmenter de 200 euros net ». Manuel Valls l’a entendue, elle. Il reprend son idée. Voila ce qu’il en a dit à l’Assemblée nationale mardi 8 avril : « Le meilleur moyen [d’agir sur le pouvoir d’achat] c’est d’agir sur les cotisations salariales pour augmenter le salaire net, celui que l’on touche à la fin du mois. Dès le 1er janvier 2015, elles seront diminuées pour les salaires au niveau du SMIC pour procurer 500 euros par an de salaire net supplémentaire. C’est presque la moitié d’un 13e mois pour un salarié payé au SMIC. Ce gain sera dégressif entre le SMIC et 1,3 fois le SMIC » ! Du Le Pen dans le texte !
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Jean-Luc Mélenchon


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