Patrick Mignard
En France, comme dans d’autres pays européens, on arrive cette fois au bout
d’une logique, celle qui ne permet plus à la politique, politicienne, de compenser
les contradictions sociales engendrées par l’économique.
Tant que les conditions de valorisation du
capital – qui est le principe fondamental du système dans lequel nous sommes –
permettait à la Droite et à la Gauche alternativement – et apparemment
contradictoirement – de satisfaire aux conditions de cette valorisation en
garantissant la paix sociale… tout allait bien ou presque. Le système
capitaliste pouvait fonctionner avec une marge de manœuvre politique qui était
assurée par les contorsions gestionnaires et médiatiques des politiciens au
pouvoir… car tout en étant les garants du système, ils donnaient des gages aux
salariés pour assurer la paix sociale.
Le glissement progressif du Parti Socialiste
vers un social libéralisme désormais
assumé par lui, sonne le glas de ce que l’on pourrait attendre de sa part,
c'est-à-dire une politique économique « de gauche » (défense et extension des
services publics, des acquis sociaux, relance par la consommation, taxation du
capital…). Les choix faits par lui sont clairs et sans ambiguïté… le peu de
sérieux de ses « alliés » (les écologistes), rend encore plus incertain un
éventuel retournement de situation…De plus, ce qu‘il a sur sa gauche est loin de
convaincre et de rassurer.
Aujourd’hui les choses sont claires… il n’y a pas de différence entre le modèle
économique de gestion de la Droite et celui de la Gauche. Les
coquetteries idéologiques qui trouvent une différence entre les deux se fondent
sur des considérations totalement obsolètes, issues d’une période révolue. Pour
la France comme pour tous les pays de l’Union Européenne, la dimension
européenne limite de plus les marges de manœuvre d’une politique nationale.
On est donc au pied du mur, ou dans une
impasse. Les schémas classiques politiciens d’autrefois ne jouent plus. Cà, le
Front National le sait et en joue avec virtuosité. Bien sûr, son programme
économique ou ce qui en tient lieu, n’est qu’illusion… il promet tout et n’importe quoi…
espérant le réflexe : « Les autres ont
échoué, essayons-le ! »…. Et ça peut marcher si l’on continue à entretenir
l’illusion d’une « alternance Droite/Gauche
salvatrice ».
Le Capital ayant besoin de stabilité
politique, une fois que le vieux schéma politique de l’alternance ne marchera
plus et que l’agitation sociale règnera, il lui faudra trouver une solution
« stabilisante »… et on sait ce que c’est : un état fort. Le Front National est bien sûr
la « roue de secours » du système, une fois
épuisées toutes les solutions politiques classiques. Ce n’est d’ailleurs pas un
hasard si, dans la plupart des pays européens en crise, le néofascisme
progresse.
L’heure ne sera plus alors aux
tergiversations stériles avec des politiciens incapables ! Il faudra peut-être
alors commencer à s’occuper sérieusement du
politique !


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