lundi 14 juillet 2014

Hollande perpétue la tradition coloniale de la SFIO

Denis Sieffert

Avec son calamiteux appel téléphonique à Netanyahou, le 9 juillet, pour exprimer « sa solidarité » au premier ministre israélien qui, dans le même temps, faisait bombarder Gaza, François Hollande a perpétué la pire tradition coloniale de la SFIO. Celle de Guy Mollet et de la Bataille d’Alger.

Comme les dirigeants SFIO de 1957, François Hollande nie le caractère colonial du conflit israélo-palestinien. Comme ses devanciers, les colonisés qui se révoltent sont toujours des « terroristes ». Des « terroristes » innés qui pratiquent la violence sans cause. Non seulement, il y a là une négation du fond de l’histoire, la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, et le blocus de Gaza, mais il y a une négation des événements de ces derniers jours.

Après l’enlèvement et le meurtre des trois jeunes colons israéliens, le 12 juin, Netanyahou s’est en effet empressé de désigner le Hamas et de lancer en Cisjordanie une offensive contre toutes les infrastructures et associations liées au Hamas. Le mouvement islamiste a alors répliqué en lançant une pluie de roquettes depuis Gaza en direction d’Israël. Mais, comme toujours dans ce conflit, le récit dominant a inversé la chronologie des évènements. À moins que l’on tienne, contre toute évidence, l’assassinat des trois jeunes israéliens pour la nouvelle stratégie du Hamas. Ce que personne ne croit. Surtout pas M. Netanyahou qui a surtout voulu profiter de ce triple assassinat pour briser le gouvernement de « réconciliation nationale » qui venait d’être conclu par le Fatah et le Hamas.

François Hollande a pris sa petite place dans cette stratégie de l’extrême droite israélienne, on ne peut plus cynique. Son appel embarrassé, le lendemain à Mahmoud Abbas, n’efface évidemment pas cette énorme faute politique.

Photo : François Hollande et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 19 novembre 2013, à Tel Aviv (AFP PHOTO / POOL / JACK GUEZ).


 

Aucun commentaire: