Avec son calamiteux appel téléphonique à Netanyahou,
le 9 juillet, pour exprimer « sa solidarité » au premier ministre
israélien qui, dans le même temps, faisait bombarder Gaza, François
Hollande a perpétué la pire tradition coloniale de la SFIO. Celle de Guy
Mollet et de la Bataille d’Alger.
Comme les dirigeants SFIO de 1957, François Hollande
nie le caractère colonial du conflit israélo-palestinien. Comme ses
devanciers, les colonisés qui se révoltent sont toujours des
« terroristes ». Des « terroristes » innés qui pratiquent la violence
sans cause. Non seulement, il y a là une négation du fond de l’histoire,
la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, et le blocus de
Gaza, mais il y a une négation des événements de ces derniers jours.
Après l’enlèvement et le meurtre des trois jeunes colons israéliens,
le 12 juin, Netanyahou s’est en effet empressé de désigner le Hamas et
de lancer en Cisjordanie une offensive contre toutes les infrastructures
et associations liées au Hamas. Le mouvement islamiste a alors répliqué
en lançant une pluie de roquettes depuis Gaza en direction d’Israël.
Mais, comme toujours dans ce conflit, le récit dominant a inversé la
chronologie des évènements. À moins que l’on tienne, contre toute
évidence, l’assassinat des trois jeunes israéliens pour la nouvelle
stratégie du Hamas. Ce que personne ne croit. Surtout pas M. Netanyahou
qui a surtout voulu profiter de ce triple assassinat pour briser le
gouvernement de « réconciliation nationale » qui venait d’être conclu
par le Fatah et le Hamas.
François Hollande a pris sa petite place dans
cette stratégie de l’extrême droite israélienne, on ne peut plus
cynique. Son appel embarrassé, le lendemain à Mahmoud Abbas, n’efface
évidemment pas cette énorme faute politique.
Photo : François Hollande et le Premier ministre israélien Benjamin
Netanyahu, le 19 novembre 2013, à Tel Aviv (AFP PHOTO / POOL / JACK
GUEZ).


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